Donbass : elle est belle la République de Charlie ! Par Caroline Alamachère

Publié le 19 Février 2015

Pour Riposte-Laïque

Une manifestation de soutien aux victimes du Dombass tuées et déportées par le président ukrainien Piotr Porochenko aura lieu le samedi 21 février de 14h à 17h à Paris devant l’ambassade d’Ukraine – 21 avenue de Saxe, 75007 Paris.

Depuis des mois maintenant, le gouvernement ukrainien non élu mais né d’un coup d’état, avec son armée, massacre des civils dans un silence médiatique et politique assourdissant, ou plutôt dans un mensonge ahurissant, avec la bénédiction des « démocraties » occidentales. Vladimir Poutine, présenté par les politiques comme un dangereux foudre de guerre, avait rappelé en décembre dernier que la crise ukrainienne avait été fomentée par Washington et l’Union Européenne, précisant que « même sans la Crimée et l’Ukraine, les Etats-Unis et leurs alliés auraient inventé autre chose pour freiner les opportunités de la Russie. Et cette manière de faire ne date pas d’hier ».

Et sur Causeur, on nous donne des chiffres : Poutine a doublé le pouvoir d’achat des Russes, l’inflation est passée de 100 % à presque rien et la balance commerciale est devenue excédentaire, le taux d’emploi est en forte hausse, la dette publique est passée de 90 % du PIB à 10 %. Des résultats sans doute un peu trop gênants aux yeux des destructeurs de civilisation…

Le Donbass est un territoire russophone qui refuse obstinément d’entrer dans le moule de l’Union Européenne et la population paie au prix du sang son refus de se plier aux injonctions de Bruxelles et son désir de rester indépendante, malgré l’intimidation pratiquée par les pontes européistes, ceux que l’économiste Olivier Berruyer qualifiaiten 2014 de « frange extrémiste ».

Le sang coule dans les rues, dans les parcs, on bombarde des écoles, des charniers sont mis au jour, le viol est devenu la rétribution des femmes à l’insoumission de tout un peuple. La liberté se paie cher dans le Donbass quand on parle le russe.

C’est un crime de guerre, puisque selon l’ONU, le conflit aurait fait, d’après le bilan de novembre, 4 300 morts, dont 90% de civils. Et selon le site Novorussia on compterait aujourd’hui 5 000 morts et des milliers de blessés, outre le quotidien cauchemardesque de la population touchée aujourd’hui par la famine et le froid, puisque nombre d’habitations sont régulièrement touchées par des obus, et que beaucoup n’ont plus ni eau ni électricité. L’Organisation Mondiale de la Santé a récemment déclaré que cinq millions de personnes se trouvaient totalement démunies, abandonnées par les états autoproclamés « pacifistes » et « démocrates ».

 

L’ONU regarde ailleurs, l’UE se frotte les mains, l’OTAN ne fournit aucune preuve démontrant l’entrée en Ukraine du moindre véhicule militaire russe, les ONG ne disent mot, les médias occidentaux défendent le régime, évoquant des bavures regrettables mais normales dans ce contexte, le gouvernement Hollande se montre davantage occupé à traquer la bête immoooonde du FN. Circulez, m’sieurs-dames, y a rien à voir !

Ah, elle est belle la République des Charlie !

Charlie, tiens, parlons-en. Le 11 janvier dernier, François Hollande ne s’était pas senti trop gêné de défiler pour la liberté d’expression aux côtés du président Porochenko, l’homme à la tête d’une armée dont le bataillon Azov arbore avec fierté des insignes nazis. Aucun problème pour l’ONU qui, au vote pour une résolution destinée à lutter contre la glorification du nazisme, a vu le refus de trois pays : le Canada, l’Ukraine et… les Etats-Unis ! L’UE s’est par ailleurs abstenue.

A Minsk ce 15 février, en présence de Merkel et Hollande, a été conclu un accord entre les différentes parties, avec des négociations menées dans la douleur, sans garantie de respect des clauses signées, comme l’a laissé entendre le journaliste allemand Jürgen Elsässer : « des provocations vont avoir lieu par unités de la CIA contre la Russie ».

Sur le site de l’ineffable BHL, la Règle du Jeu, on peut lire qu’un massacre aurait eu lieu juste avant ce sommet, l’article précisant que « cela a tous les airs d’une provocation, d’un bras d’honneur ultime de la part de Poutine et de ses chiens de guerre ».

Plus c’est gros et mieux ça passe.

Selon Novorussia, au contraire, les propos des différents « responsables politiques de Berlin ou Paris et de leurs médias montrent la volonté de continuer la guerre. Cet accord de paix est plus une duperie pour gagner du temps afin de pouvoir installer des troupes américaines en Ukraine avec des armes ».

Un lecteur russophone interpelait le 5 février dernier un journaliste de la RTBF sur une traduction erronée d’images montrant l’aéroport de Donetsk contrôlé par les rebelles mais dont la chaîne déclarait qu’il s’agissait de soldats de l’armée ukrainienne, usant de l’habituel numéro d’inversion entre agresseurs et agressés. Le journaliste se défendait en disant qu’il ne faisait que reprendre le reportage fourni par les « agences de presse », ajoutant qu’il était plus important pour les journalistes de fournir une « information » la plus rapide possible plutôt que la plus fiable possible, et que par conséquent toute vérification n’était qu’une perte de temps superflue. Le lecteur avisait alors le journaliste qu’on voyait clairement sur les images le drapeau des rebelles flottant sur le fronton de l’aéroport. A court d’argument, le journaliste a envoyé le texte initial de l’agence de presse, dans lequel il n’est à aucun moment mentionné que ce serait l’armée qui aurait pris le contrôle mais bien les rebelles, que le bataillon Sparta est celui de Novorossia et non celui de l’armée ukrainienne !

Nos médias, fidèles à eux-mêmes, silencieusement complices par lâcheté ou par négligence, noyés sous leur idéologie d’un côté et sous leur fainéantise à faire consciencieusement leur travail de l’autre, rechignent à chercher des informations et à les restituer avec honnêteté.

Le journaliste Olivier Renault, qui écrivait pour La Voix de la Russie,fustige les médias français qui s’ingénient à faire passer les Russes pour « des méchants », et confie que « pour les Russes, voir Porochenko à Paris aux côtés de Merkel et de Hollande est vécu comme une trahison de la France », même si le peuple russe a conscience que les Français eux-mêmes ne sont pas à blâmer, tout aveuglés qu’ils sont par la propagande mensongère qu’on leur fait subir. Et les Russes en connaissent un sacré rayon dans ce domaine… Il donne en exemple l’intervention mensongère de Caroline Fourest, chouchoute des plateaux télés, qui n’avait pas hésité à déclarer sur BFM TV que les pro-russes avaient arraché les yeux de prisonniers ukrainiens !

S’insurgeant, il ajoute que « pendant que de nombreux journalistes ou de sites internet sont censurés, on invite les Français à sortir dans la rue pour défendre la liberté d’expression et de la presse ». C’est vrai, quelle ironie ! Et le peuple se laisse volontiers berner devant son téléviseur chaque soir à 20h…

Le journaliste félicite l’impartialité de certains journalistes allemands qui ont eu le courage de démissionner de leur rédaction pour pouvoir donner une information libre et honnête dont on apprécierait fortement que les nôtres suivent l’exemple. Il défend Poutine qui, selon lui, « a tout fait pour limiter la guerre pendant que l’OTAN a mis de l’huile sur le feu ».

Toujours dans les bons coups quand il s’agit de faire s’exprimer les bombes, Bernard-Henri Lévy et son ami le nazi Piotr Porochenko se sont aimablement retrouvés, ce 10 février à Kramatorsk.

 

En août dernier, notre Botul national, présenté comme un auteur de « best seller » ( !), non mandaté par les services diplomatiques officiels mais qui avait tout de même cru bon de s’exprimer au nom de la France, avait été invité à l’inauguration d’une chaîne ukrainienne, Ukraine Today, chaîne appartenant à un certain Igor Kolomoisky, oligarque aux trois nationalités et fondateur de la PrivatBank, banque qui en mars 2014 avait reçu de la Banque Nationale d’Ukraine la coquette somme de 9 milliards.

Kolomoisky, fondateur et président du Parlement juif européen, finance plusieurs bataillons spéciaux chargés de réprimer le soulèvement pro-russe en Ukraine, dont le bataillon pro-européiste nazi Azov…

Depuis l’indépendance de l’Ukraine, les Etats-Unis financent les groupes politiques pro-européens en Ukraine par l’entremise d’ONG.Selon la représentante du Bureau des Affaires Européennes à Washington, ce financement serait de plusieurs milliards de dollars depuis 1991.

Kolomoisky est également propriétaire d’une télévision internet (une chaine ayant ses locaux à Bruxelles, Kiev et Tel Aviv), laquelle avait fièrement remis en décembre 2013 le « prix de l’activisme » à… Hassan Chalghoumi afin le remercier de ses actions favorisant l’amitié judéo-musulmane en France !

Aux dires du maire adjoint d’Odessa, l’attaque incendiaire dans laquelle ont péri 116 personnes aurait été organisée et financée par ledit Igor Kolomoisky afin d’obtenir le contrôle des raffineries pétrolières de la ville.

Nos élites politiques et autres branquignols philosophiques ont décidément de bien étranges fréquentations.

Caroline Alamachère

Pétition à l’attention : de l’Association Internationale Médecins Sans Frontières http://www.mesopinions.com/petition/sante/creation-couloirs-humanitaires-destines-evacuation-civils/13667/page146

Donbass : elle est belle la République de Charlie ! Par Caroline Alamachère
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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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