La Guerre perpétuelle contre les Juifs - par Michel Garroté

Publié le 19 Février 2015

 

Aujourd’hui, l’antisémitisme est-il très répandu, plutôt répandu, plutôt rare ou très rare ? Il y a aujourd’hui plusieurs formes d’antisémitisme.


L’antisémitisme est aujourd’hui très répandu. Cela tient notamment à l’islamisme et à l’imposture antisioniste, une forme particulièrement dangereuse d’antisémitisme. 
Le sionisme, c’est, concrètement, le simple droit des Juifs, à disposer, d’un Etat juif, dans des frontières, réellement défendables. Alors que l’antisionisme, c’est, concrètement, la négation, pure et simple, de l’Etat d’Israël, quelles que soient ses frontières. L’imposture antisioniste, fait passer le sionisme, pour une idéologie raciste et impérialiste.

En clair, on veut bien, ne pas être antisémite. Mais à condition que tous les palestiniens de la planète, puissent vivre, à l’intérieur, des frontières actuelles, d’Israël. Autrement dit, on veut bien, ne pas être antisémite, mais à condition qu’il n’y ait plus d’Etat Juif au Proche Orient. 
Il y a pire. L’Arabie saoudite et l’Iran notamment, avec leurs pétrodollars, investissent des sommes folles, dans des médias et des publications, viscéralement antisémites, y compris en anglais et en français. Enfin, il y a « l’antisémitisme ordinaire », dans les pays occidentaux. Concrètement, dès qu’un Juif occupe une fonction dans les médias ou dans la banque, on amplifie le phénomène. Et on raconte, que « la presse et la finance, sont contrôlées par ».


Quelles sont les conséquences de cette structure autocratique attribuée au judaïsme ?

La principale conséquence, c’est le maintien des mythes destructeurs : le mythe du lobby juif, le mythe du complot juif, etc. Il a suffi, qu’un jour, De Gaulle, parle, du peuple juif « dominateur et sûr de lui » et le mythe destructeur, a retrouvé, ses lettres de noblesse, dans la France post-vichyssoise. Or, les mythes destructeurs, en période de difficultés, engendrent des boucs émissaires. Dans les démocraties occidentales, on parle du soi-disant « pouvoir des Juifs », une fiction. Mais on ne dit rien du réel péril islamique, qui sévit, dans certaines banlieues, devenues des zones de non droit. Au lieu de soulever le vrai problème avec courage, on entretient des mythes avec lâcheté. Et dans ce cadre, on a recours à l’alibi antisioniste.


Qu’est-ce qui unit les Juifs et les non-juifs pour lutter contre la judéophobie ?

L’unité chez les Juifs est insuffisante. Comme est insuffisante l’unité chez les Chrétiens. Et comme est insuffisante l’unité entre Juifs et Chrétiens. L’unité n’est pas insuffisante en soi. L’unité est insuffisante face à l’urgence du danger islamique. En temps de paix, la diversité est une excellente chose. En revanche, en temps de guerre, la diversité, tout en demeurant vivante, ne doit pas porter atteinte à l’unité. Or, l’islam radical, nous impose, une guerre terroriste. Les cibles de cette guerre terroriste sont Israël, les Juifs et les Chrétiens.


L’historienne Bat Ye’or dit et écrit cela depuis plus 25 ans. Les Juifs ont droit à la diversité comme n’importe quelle autre communauté humaine. Cela dit, le mémorial de la Shoah et la survie d’Israël devraient plus unir les Juifs. Les Juifs ne peuvent pas se permettre d’oublier la Shoah et de rester divisés sur Israël. Il existe des Juifs antisionistes et des alter-juifs. Il y a trop de Juifs qui sont devenus indifférents à la destinée d’Israël. Je suis très enthousiaste, de la diversité, des sites et des blogues juifs francophones et je les connais bien. Cependant, pour défendre et valoriser leur cause, je suis souvent obligé de recourir à des sites juifs anglophones ou simplement à des sites américains.


Est-ce que l’Iran est l’expression d’un élément de la psyché anti-juive ?


L’Iran, c’est l’Iran des mollahs intégristes et génocidaires, c’est l’Iran du Guide suprême, un ayatollah, et ce, depuis 1979, au temps de l’ayatollah Khomeiny. La différence entre 1979 et 2013, c’est qu’avec l’uranium enrichi et les missiles dont dispose aujourd’hui l’Iran, ce pays peu dès maintenant lancer une « bombe sale » sur Israël. L’Iran n’a pas besoin d’attendre d’avoir une bombe atomique. Une « bombe sale » avec 500 grammes de poudre d’uranium enrichi et un seul missile suffissent déjà.


Quant à la doctrine iranienne, elle est, en effet, un élément de la psyché anti-juive. Elle en est même l’expression la plus radicale, la plus dangereuse et la plus concrète. Il y a une similitude frappante entre le parcours des mollahs et celui d’Hitler. Ils sont partis de rien. Ils se sont retrouvés au pouvoir. Ils ont des tics nerveux lorsqu’ils parlent en public. Ils ont fait de l’antisémitisme une pathologie obsessionnelle. Ils tiennent un discours délirant qui néanmoins enthousiasme les foules. Ils choisissent de plonger leur pays et leur peuple dans une spirale infernale qui mènera à l’inéluctable chaos.


La question n’est pas de savoir si l’Iran veut l’apocalypse. La question est de savoir qui va empêcher ou limiter cette apocalypse. L’Imam chiite de jadis — dont la mémoire est véhiculée par le régime iranien — est sensé « revenir ». Et toujours selon ce même régime iranien, Israël doit être détruit avant le « retour » de l’imam en question.


Quelle est l’influence de l’Iran sur la politique du Hezbollah envers les Juifs d’Israël et envers les Juifs du monde entier ?


Le Hezbollah est une organisation terroriste armée et financée par l’Iran. Le Hezbollah veut détruire le christianisme au Liban et le judaïsme en Israël. La politique du Hezbollah envers les Juifs d’Israël et envers les Juifs du monde entier est la politique des mollahs intégristes et génocidaires iraniens. Il n’y a pas de politique du Hezbollah. Il y a une politique iranienne mise en pratique par le Hezbollah.

Le représentant du Hezbollah en Iran est aux ordres des mollahs iraniens. Faire la nuance entre l’Iran et le Hezbollah, c’est comme si l’on faisait la nuance, entre le régime hitlérien en Allemagne et les Waffen SS de la Division Charlemagne française, de la Division Azul espagnole et du Mouvement rexiste belge. Ces Divisions et mouvements étaient sous les ordres des Hitlériens, point final.


Les antisémites sont-ils en train de développer un complexe de supériorité comme jadis les nazis ?

Il y a toujours un complexe de supériorité et une exaltation de pseudo-valeurs soi-disant supérieures chez les chantres de l’anti-quelqu’un. C’est le cas du national-socialisme (anti-juifs), du communisme (anti-bourgeois), du fascisme (antidémocrates) et de l’islamisme (anti-non musulmans). Dans les quatre cas, il s’agit de détruire la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne.


Les arabo-musulmans souhaitent-ils une réconciliation avec les Juifs?

En français, réconciliation veut dire rétablissement de l’amitié entre personnes brouillées. La question n’est pas si la réconciliation est possible. La question est si les arabo-musulmans souhaitent une réconciliation avec les Juifs. Or, si souhaiter la réconciliation veut dire souhaiter le rétablissement de l’amitié entre personnes brouillées, encore faut-il souhaiter et prouver cela par des actes clairs et concrets. Hélas, côté arabo-musulman, les actes ne sont ni clairs ni concrets.


Il existe des sites qui traduisent en anglais les discours politiques et les interviews qui paraissent dans les médias arabo-musulmans. C’est vraiment très éclairant. Car le même chef politique arabo-musulman qui se la joue sympathique dans une interview accordée à un média européen, devient carrément odieux dans les interviews qu’il accorde aux médias de son pays. Il y a double langage. Et donc il y a mensonge. Aux occidentaux, les dirigeants arabo-musulmans parlent de « paix ». A leurs coreligionnaires, les mêmes dirigeants parlent de guerre, de djihad et de destruction de l’Etat d’Israël. Sur dreuz.info, nous croirons au souhait arabe de réconciliation avec les Juifs quand il y aura concordance entre les déclarations arabes faites en Occident et les déclarations arabes faites en Orient. Dans l’intervalle, nous n’y croyons pas, nous prônons la vigilance ainsi que la fermeté.


La négation de la shoah est une liberté d’expression ou un délit raciste ?


Ce n’est pas une question de liberté d’expression. C’est une question de conscience. Il y a eu et il y a encore des génocides. Il y a eu le génocide arménien. Il y a le génocide du Darfour. Sur une échelle plus grande et sur une période plus longue, il y a eu les 100 millions de victimes du communisme dans le monde entre 1917 et 1992. Cependant, il demeure ce que j’appelle l’exception de la shoah avec six millions de Juifs tués entre 1939 et 1945, soit en six ans. Et en conscience, je ne peux pas tolérer la négation de cette exception qu’est la shoah.

Parce que, justement, c’est une question de conscience et non pas une question de liberté d’expression.

Pourquoi, en conscience, dis-je qu’il y a l’exception de la shoah !

C’est très simple. Certes, il y a eu et il y a encore des génocides. Certes, le communisme a fait plus de victimes que le national-socialisme. Mais il y a une particularité unique qui est propre à la shoah. C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que dans des pays de culture judéo-chrétienne le peuple choisi par Dieu a fait l’objet de déportations et d’exterminations minutieuses, planifiées jusque dans les moindres détails logistiques et administratifs.


Des Allemands et des collaborateurs ont organisé cette monstruosité en terre judéo-chrétienne avec la même discipline et la même sérénité que s’il s’agissait des bêtes contaminées, de bovins atteints de la maladie de la vache folle ou de poules atteintes de la grippe aviaire. Après cette monstruosité, ces mêmes Allemands et ces mêmes collaborateurs ont déclaré à leurs juges, qu’ils avaient simplement obéi aux ordres et qu’ils n’avaient pas eu le choix. En ma qualité de catholique et en ma qualité de journaliste, j’ose affirmer ici que nous avons tous une conscience. Et que par conséquent, nous ne pouvons pas dire que nous obéissons simplement aux ordres et que nous n’avons pas le choix.


En conscience, nous avons le droit de choisir, le droit de désobéir et le droit de résister. C’est pour cela que la négation de la shoah est non seulement un délit raciste mais une offense envers la mémoire des victimes et une offense envers leurs descendants. Le national-socialisme a voulu supprimer le peuple choisi (et non pas « élu ») par Dieu. Autrement dit, le national-socialisme a voulu supprimer Dieu. En voulant supprimer les créatures créées et choisies par le Créateur, le national-socialisme a prétendu supprimer le Créateur lui-même.


Un catholique ne peut donc pas assimiler le négationnisme à une liberté d’expression. Ce n’est pas un acte libre que de nier la shoah. C’est au contraire une forme diabolique d’esclavage. Un négationniste de la shoah est un esclave du Mal absolu et un esclave de la fausse liberté. La vraie liberté, la liberté intérieure, la liberté en conscience et la liberté de conscience, face à l’exception de la shoah, c’est la liberté de dire, en conscience, que la shoah est une exception et que cette exception ne peut pas tolérer l’intolérable, c’est à dire que cette exception ne peut pas tolérer le négationnisme. La shoah fut le fruit mauvais d’une société gravement malade. La négation de l’exception de la shoah est, elle aussi, le fruit mauvais d’une société gravement malade.


Pourquoi la négation de la shoah est-elle devenue la pensée dominante dans la plupart des pays arabes ?


Les nationaux-socialistes ont eu des alliés dans le monde arabe dès les années 1920. Puis, ce fut le grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin Al Husseini, qui devint l’allié palestinien du Reich hitlérien. Aujourd’hui, ce même monde arabe vit sous la férule de dictatures laïques ou de théocraties intégristes selon les cas. Ces dictatures et ces théocraties maintiennent leurs populations dans la misère et la répression. Pour justifier cela, il leur faut inventer un bouc émissaire. Le bouc émissaire c’est Israël en particulier et les Juifs en général.


En niant la shoah, les dictateurs et les mollahs croient pouvoir nier Israël. Comme si Israël se justifiait par la shoah et rien que par la shoah ! Israël se justifie par la shoah et aussi par le droit des Juifs à avoir un Etat juif, un Etat pour les Juifs, dans ce vaste espace du Proche et du Moyen Orient où il reste encore beaucoup de place disponible pour d’autres, au Sinaï et en Jordanie par exemple…


La littérature négationniste et les émissions radio télévisées négationnistes sont choses courantes dans le monde arabe. Le nazisme, le néonazisme et les nazis réfugiés dans le monde arabe (Aloïs Brunner etc.) ont donné une impulsion à ce phénomène. Mais aujourd’hui, ce phénomène est de la responsabilité des dictateurs et des mollahs en place. Les dictateurs et les mollahs sont responsables de cette situation. Les dictateurs et les mollahs prouvent, par cette situation, qu’ils ne veulent absolument aucune forme de paix avec les Juifs, quoi que les Juifs fassent ou ne fassent pas, à travers Israël, cet Etat minuscule, pas plus grand que la Picardie, dans l’immense Proche et Moyen Orient, avec ses vastes espaces encore inhabités…


Quel danger représente la résurgence de cette négation en Europe ?


Cette résurgence est d’autant plus grave qu’elle est subtile. Aujourd’hui, le négationnisme en Europe n’est pas aussi franc et massif qu’à Damas ou à Téhéran. Le négationnisme en Europe est plus subtil, en ce sens qu’il est insinué, sous-entendu. On commence par dire que « la shoah ne justifie pas ce que font les Israéliens ». On continue en disant que « selon certains, il n’y aurait pas eu, dans les camps nazis, six millions de morts, mais beaucoup moins ».


Bref, de mauvaise foi en mauvaise foi, on finit par insinuer à la fois la négation de la shoah et la négation d’Israël. Cela arrange bien l’Europe de véhiculer tous ces sous-entendus et toutes ces insinuations, car cela « justifie », en quelque sorte, le fait que les Européens soient à la fois très pro-palestiniens et très anti-israéliens. Ne pas combattre le double négationnisme à l’européenne (non à la shoah et non à Israël), c’est rester passif face à cette volonté, de plus en plus évidente, d’en finir avec Israël, l’Etat qui gêne, soi-disant.


Qui gêne, soi-disant, uniquement parce qu’en réalité, les Européens, sont prêts, à s’allier aux Arabes, aux Russes, aux Chinois, pour mettre en échec les Américains. C’est l’eurobêtise et l’eurorgueil. Les Européens ne comprennent pas que l’antisémitisme est toujours un précurseur de l’antichristianisme. Les haïsseurs d’Israël sont souvent les haïsseurs de l’Eglise catholique. Ce n’est pas nouveau. Dans « Mein Kampf », Hitler maudissait les Juifs et l’Eglise catholique. Aujourd’hui, c’est toute la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne, qui est en danger. On peut, hélas, dire que les propagandistes palestiniens et islamiques et leurs « idiots utiles », dans les médias européens, font du bon travail. Heureusement, il y a Internet où l’on peut lire nos opinions, celles de dreuz.info, sur toutes ces questions.


Le rôle d’Internet dans la lutte contre la négation de la shoah?


Il se trouve que, justement, les négationnistes ont recours à Internet. Internet est l’espace privilégié des négationnistes de la shoah. Pourquoi ? Parce qu’il est beaucoup plus difficile, techniquement, de faire justice de délits commis sur le Net, que de faire justice des délits commis dans un média traditionnel. Mais cela signifie, aussi, que nous-mêmes, nous devons recourir à Internet le plus possible, notamment via nos blogues.


Comment ressent-on les effets de la négation de la shoah quand on appartient à la génération de descendants des victimes de cette tragédie ?


C’est le combat entre le bien et le mal. L’enfer des camps fut le triomphe apparent du mal absolu. Et comme si cela ne suffisait pas, le mal absolu passe une deuxième fois par le négationnisme. Mais en réalité, le mal, même absolu, ne triomphe pas éternellement. L’existence même du peuple juif, l’existence même d’Israël, traduisent la victoire du bien sur le mal. Cela dit, ce mal a tué six millions de Juifs. En cela, la négation de la shoah est non seulement un délit raciste mais une offense envers la mémoire des victimes et une offense envers leurs descendants. Quand on appartient à la génération de descendants des victimes de cette tragédie, les effets de la négation de la shoah sont, humainement, insoutenables. C’est pour cela que j’invite toujours les gens à croire fermement que le bien finit par triompher du mal. Mais nous devons participer à ce processus. Le bien ne peut pas triompher sans notre participation active à son avènement.


Contre les prédateurs de la mémoire, que faire ?


Ne pas s’endormir. Rester éveillé et vigilant. Ne pas avoir peur de témoigner à contre-courant. Rester unis. Les Juifs, savent que, depuis le Père Etienne Richer (« Aimer Israël: pourquoi ? », Pneumathèque, 1995), Jean-Paul II (l’Eglise catholique reconnaît que les prémices de la foi catholique se trouvent dans les patriarches, Moïse et les prophètes dans « Nostra Aetate ») Jacques Maritain et même depuis saint Bernard (« les branches ne doivent pas être ingrates envers la racine, les branches ne disputeront pas à la racine la sève qu’elles tiennent d’elle ») ou, encore, bien avant, depuis saint Jean l’évangéliste (Jn 4, 22 : « Le salut vient des Juifs »), les Juifs savent, avec ces personnes citées, qu’ils ont des vrais amis parmi les non-juifs. Pratiquants ou non pratiquants, les Juifs sont nos frères aînés dans la foi.


Sans le judaïsme, il n’y aurait jamais eu de christianisme. Dans le prolongement de saint Jean, de saint Bernard, de Jacques Maritain et des autres, je pense que nous sommes sur le même bateau, pour dire les choses simplement.


A cet égard, n’oublions pas que depuis une quarantaine d’années, la majorité des politiciens et des journalistes français  –  sans même s’intéresser à l’opinion publique israélienne  –  font une fixation obsessionnelle sur la Judée Samarie, dite Cisjordanie. A les lire et à les entendre, on croirait que la priorité de la planète la plus urgente se concentre, essentiellement, pour ne pas dire exclusivement, sur ce petit bout de terre disputé qu’est la Judée Samarie, dite Cisjordanie ; et non pas sur la Russie, l’Ukraine, la Centre Afrique, la Chine, la Corée du Nord, le Pakistan, l’Iran, la Syrie, la Turquie, l’Irak, l’Asie centrale, le Mexique, le Venezuela, le Nigeria, le Kenya, le Soudan, l’Indonésie, la Somalie etc.


Depuis 65 ans, Israël est victime d’une effroyable imposture, celle du paradigme inversé. La Terre des Hébreux est juive depuis 5’000 ans. Alors que l’islam ne compte que 1’400 ans d’histoire. Et alors que les Arabo-musulmans de la Péninsule arabique, dès le VIIe siècle, ont envahi et occupé militairement la Terre des Hébreux et d’autres terres encore, où ils n’avaient pourtant pas leur place et où ils ont imposé l’islam par la force du sabre.


Serait-il un fait patent et constant que les dirigeants palestiniens, et ceux qui les soutiennent, haïssent les Juifs ? N’est-il pas exact que depuis soixante ans, tous les dirigeants palestiniens sans exception, lorsqu’ils s’expriment en terre d’islam, déclarent « qu’un bon Juif est un Juif mort » ?

Et le fait que ces mêmes dirigeants palestiniens ne disent pas cela dans leurs déclarations aux médias occidentaux y change-t-il quelque chose ? 

Non, car dans la presse mahométane, les dirigeants palestiniens disent bel et bien « qu’un bon Juif est un Juif mort », que l’Etat hébreu « n’est pas juif » et autres amabilités du même acabit.


Il y a soixante ans, les dirigeants palestiniens ont refusé l’Etat qu’on leur proposait, alors que jusque-là, il n’y avait jamais eu d’Etat palestinien. Les nations mahométanes ont ordonné aux palestiniens de quitter Israël afin que les armées arabes puissent anéantir le peuple israélien sans effets collatéraux côté palestinien.


Le monde arabo-musulman a transformé, par la contrainte, les palestiniens en « réfugiés » ; et soixante ans plus tard, ces mêmes palestiniens sont, encore et toujours, des « réfugiés », dans les pays du Proche et du Moyen Orient où les arabo-musulmans les ont parqués dès 1948.


De toute évidence, ceux qui aujourd’hui soutiennent les dirigeants palestiniens actuels, feignent d’ignorer que Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, n’est pas plus modéré que les psychopathes du Hamas, notamment lorsque Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, parle des Juifs, à ses coreligionnaires palestiniens en particulier et arabes en général.


Je prends un exemple : lorsque nos médias parlent d’Israël, ils disent indistinctement « L’Etat d’Israël » ou « L’Etat hébreu ». Autrement dit, nos médias, par les mots qu’ils emploient, reconnaissent implicitement que l’Etat d’Israël est un Etat hébreu. Or, les Hébreux étant des Juifs, l’Etat hébreu est un Etat juif. Un Etat juif où vivent un million d’arabes.


Un million d’arabes qui pour rien au monde – quoi qu’ils puissent raconter et radoter auprès des médias palestiniens – n’aimeraient vivre sous la férule du Hamas ou même du Fatah. Car l’Etat hébreu – et donc l’Etat juif – est un Etat démocratique, libre et souverain. Alors que les territoires dominés par le Fatah et le Hamas restent des espaces qui selon Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen et selon les psychopathes du Hamas devraient être des espaces Judenrein.


Autrement dit, ceux qui soutiennent les actuels dirigeants palestiniens, soutiennent, conséquemment, un futur Etat palestinien Judenrein. Un Etat palestinien Judenrein, qui, lui-même, refusera de reconnaître l’Etat hébreu.


Un futur Etat palestinien Judenrein qui refusera de reconnaître l’Etat hébreu parce que – selon tous les dirigeants palestiniens passés et actuels sans exception – il ne devrait pas y avoir un seul Juif dans cette partie du Proche Orient, ni en Israël, ni en Judée Samarie, ni dans la bande de Gaza, ni d’ailleurs nulle part au Proche et au Moyen Orient.


Les Juifs n’ont rien à faire au Proche Orient, mais les mahométans sont en France une communauté ayant droit à des égards particuliers. Au Proche Orient, les Juifs sont une « anomalie » (avec 5’000 ans d’histoire tout de même…), mais en France, les mahométans vont vivre publiquement, je cite un ancien ministre français, un « ramadan, mois de jeûne, d’effort, de quête spirituelle, de retour sur soi mais aussi d’ouverture aux autres, de partage et de réconciliation ».


Si en France les mahométans constituent, comme cela a été souvent dit et écrit, une communauté qui pratique « l’ouverture aux autres, le partage et la réconciliation », alors ne peut-on pas dire aussi que les Juifs au Proche Orient pratiquent également l’ouverture aux autres, le partage et la réconciliation, notamment dans la mesure où un million d’arabes vivent en Israël ?

Et également dans la mesure où Israël n’a toujours pas liquidé les combattants maffieux du Hamas, du Hezbollah, du Fatah et des Pasdaran qui, tous sans exception, considèrent « qu’un bon Juif est un Juif mort » ?


L’argument des post-sionistes (antisionistes ?) est de dire « Cessez d’être obsédés par la Shoah et renoncez à votre identité » et « Cessez de croire à la Shoah et disparaissez de la surface de la terre » ?


En tant que catholique, je me demande quelle serait la réaction de mes coreligionnaires si quelqu’un proclamait : « Cessez d’être obsédés par vos Martyrs, renoncez à votre identité chrétienne, cessez de croire aux Martyrs, disparaissez de la surface de la terre ».


Ma réaction serait de dire : « Nous n’oublierons jamais nos Martyrs, nous ne renoncerons jamais à notre identité chrétienne, nous croirons toujours en nos Martyrs et nous ne disparaîtrons jamais de la surface de la terre ».


Les Juifs Israéliens seraient donc en droit de dire : « Nous n’oublierons jamais la Shoah, nous ne renoncerons jamais à notre identité juive, nous croirons toujours que la Shoah a eu lieu et nous ne disparaîtrons jamais de la surface de la terre d’Israël ». En théorie, oui, les Juifs Israéliens seraient en droit de le dire. Et en pratique ?


Le Proche et le Moyen Orient constitue un territoire immense qui, avant d’être devenu, par la conquête armée et la colonisation religieuse, un territoire musulman, a été, pendant plusieurs millénaires, un territoire juif et chrétien.


La vraie raison pour laquelle les Arabes ont quitté la Terre des Hébreux, lors des guerres arabo-israéliennes du 20e siècle, c’est que les Nations arabes leurs ont dit de quitter la Terre des Hébreux que ces Nations arabes voulaient anéantir.


Et la vraie raison pour laquelle les Arabes qui ont quitté la Terre des Hébreux sont devenus des « réfugiés palestiniens », c’est que les Nations arabes qui leurs ont dit de quitter la Terre des Hébreux et qui les ont parqués chez eux dans des camps d’internement ne leur ont jamais donné – pas même en 2013 au bout de 65 ans – la possibilité d’acquérir la nationalité de leur nouveau pays de résidence.


Les Arabes de la Terre des Hébreux sont ainsi devenus des « réfugiés palestiniens » ; et dans cette même logique dépourvue de bon sens, ils sont supposés « revenir » en « Palestine ».


Depuis 1948, la majorité des médias européens et israéliens prennent la défense de la « cause palestinienne ». Pendant 65 ans et encore aujourd’hui, la majorité des médias européens et israéliens se sont rangés – et se rangent toujours, systématiquement – du côté de l’OLP, du Fatah et du Hamas.


Et encore aujourd’hui, la majorité des médias européens et israéliens reprennent à leur compte la propagande de l’OLP, du Fatah et du Hamas. Une propagande qui constitue un véritable révisionnisme et un véritable négationnisme de la vérité géographique et de la réalité historique. C’est cela que j’appelle l’effroyable imposture du paradigme inversé.


Ainsi, Mahmoud Abbas, à la télévision de l’Autorité palestinienne, « autorité » qu’il « préside », a raconté, sans rire et sans rougir : « Quant à la [reconnaissance par les Palestiniens] d’un Etat juif, elle n’a jamais été un thème. Tout au long des négociations, entre les Israéliens et nous, de 1993 à aujourd’hui, nous n’avons jamais entendu les mots « Etat juif ». Maintenant, ils commencent à en parler et notre réaction a été : « Allez à l’ONU vous appeler comme bon vous semble. Ce n’est pas à nous qu’il faut en parler. Et ce n’est pas tout : nous refusons de reconnaître un Etat juif. Essayez de soutirer [cette reconnaissance] de l’ONU ou de quelqu’un d’autre ».


Mahmoud Abbas : « Pourquoi Israël insiste-t-il pour obtenir cela de nous et de nous seulement ? Il ne l’a demandé ni aux Arabes, ni à l’Egypte, ni à la Jordanie, ni à aucun autre pays avec qui il a mené des négociations. Nous savons pourquoi et notre réponse est : non, nous refusons ».


Le charabia de Mahmoud Abbas s’appuie sur l’effroyable imposture du paradigme inversé. Israël est l’Etat du peuple juif. Israël n’est pas un Etat de religion juive. Mais Israël est l’Etat du peuple juif. Au 21e siècle Israël est naturellement l’Etat du peuple juif. Auparavant l’on utilisait la formule « Foyer juif », « Terre d’Israël » ou « Royaume de David ». Les Britanniques, jusqu’en 1948, utilisaient les mots « Palestine » et « palestinien » pour qualifier les entités juives palestiniennes, en clair, les Juifs ; les autres étaient qualifiés « d’arabes locaux ».


Dans toutes ces formules, il est implicite et explicite qu’Israël était et demeure l’Etat du peuple juif. A ce propos, Mahmoud Abbas prétend que la Judée et la Samarie seraient un « Etat palestinien » et il veut que cet « Etat palestinien » soit vidé de toute présence civile juive.


Lui qui ne supporte pas qu’Israël était et demeure l’Etat du peuple juif veut un « Etat palestinien » Judenrein, purifié de toutes personnes juives, femmes juives et enfants juifs inclus. C’est encore l’effroyable imposture du paradigme inversé.


Force est de constater, une fois encore, que « l’autorité palestinienne » est un panier de crabes (subventionné par nos impôts depuis 65 ans). Et que dans ce panier de crabe, l’on trouve, comme toujours, une kyrielle de clans qui opèrent à travers l’OLP, le Fatah et le Hamas, sans que l’on sache ce qu’ils veulent vraiment.


Mis à part, bien sûr, leur volonté d’entretenir l’image d’Epinal de la « cause palestinienne » (avec notre argent) auprès de l’opinion publique occidentale. Tout en continuant d’adresser, sans relâche, à l’opinion publique arabo-musulmane, ses messages de haine des Juifs, tant prisés en terre dite d’islam ; islam lui-même qualifié de religion de paix, toujours selon le paradigme inversé.


Aucun doute, le peuple israélien est victime d’une effroyable imposture, celle du paradigme inversé. L’imposture dure depuis plus de 65 ans. Il faudra donc, sans doute, 60 ans ou plus, pour remettre le paradigme à l’endroit, dans le bon sens. Dans ce cadre, il serait bon de continuer à défendre, sans peur et sans complexe, la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne. Car l’enjeu global s’étend bien au-delà d’Israël, l’Etat du peuple juif.


Rappelons aussi que les intentions de Mahmoud Abbas sont plus que douteuses. L’incitation à la haine contre Israël, contre ses citoyens et contre les Juifs, ne fait qu’empirer, dans les écoles, les médias et les sites Internet contrôlés par Mahmoud Abbas.


Ce qui se dit et s’écrit dans les livres d’écoles de Mahmoud Abbas, c’est qu’un jour Israël disparaîtra et que les Palestiniens retourneront à Haïfa, à Jaffa, à Beersheva, à Tibériade, Safed, Eilat, Beit Shéan et Ashdod. Les livres d’écoles de Mahmoud Abbas éduquent les jeunes palestiniens à la haine d’Israël, à l’idée que les Juifs seront éliminés de Palestine, du Proche-Orient ou éliminés tout court. Ce n’est pas un extrémiste palestinien isolé qui dit et écrit cela. C’est l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas qui dit et écrit cela.


La source du conflit israélo-arabe, ce n’est pas les implantations ou la frontière parce que ce conflit a commencé il y a 100 ans, alors qu’il n’y avait pas d’implantations en Judée-Samarie. Dans les années 1930, le grand mufti de Jérusalem, le leader palestinien dominant d’alors, soutenait ouvertement les nazis, affichait la croix gammée à Jérusalem, avait voyagé à Berlin pour rencontrer Hitler. Après le procès de Nuremberg, on a appris qu’ils avaient même évoqué l’extermination des Juifs lors de cette rencontre et que le mufti avait encouragé Hitler dans cette voie.


L’antisémitisme et le refus de reconnaître les droits fondamentaux des Juifs ont commencé bien avant l’« occupation » de 1967. Les Palestiniens ont refusé de reconnaître l’existence d’Israël dès le plan de partage de 1947 et il y a eu de nombreux actes terroristes jusqu’en 1967. La question est surtout de savoir si Mahmoud Abbas et le peuple palestinien sont prêts à un compromis historique. Compromis où ils reconnaîtraient non seulement Israël, mais aussi le droit d’Israël à exister.


On ne peut reconnaître ce droit sans reconnaître l’existence du peuple juif et son droit à posséder un pays qui lui est propre. A l’heure actuelle, Abbas ne reconnaît pas le droit d’Israël à exister. Il reconnaît que l’Etat existe, à la manière des Iraniens. Même ceux qui veulent exterminer Israël sont bien obligés de reconnaître qu’Israël existe, puisqu’on ne peut pas détruire ce qui n’existe pas.


Mais Abbas reconnaît-il le peuple juif ? Non. En général, il ne dit même pas le mot « juif » ou « peuple juif ». Si on le pousse dans ses retranchements, en anglais, il dira qu’il y a une religion juive ou des gens qui pratiquent la religion juive. Car s’il reconnaissait le peuple juif, alors ce dernier aurait peut-être les mêmes droits que le peuple palestinien.

Rédigé par Gérard Brazon

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