Ceux qui combattent l’islam ne sont pas islamophobes ar Olivier Pfister

Publié le 15 Mars 2015

 

 
Christophe Barbier a décrit la République française, entre autre, comme le refus de la peine de mort. Une bien bonne blague quand on sait ce qu’il est advenu de Mohammed Merah, Chérif et Saïd Kouachi : ils ont été tués bien vite et cela, en dépit de toutes les lois surprotégeant nos meurtriers et autres délinquants, sans que ça n’offusque personne, et pour cause : après de tels actes, la mort semble être le meilleur des remèdes pour la majorité des gens sensés.
Seulement, nos élus et autres bien pensants ne sont pas sensés, et sont prêts à excuser tout les crimes au nom de la diversité, alors pourquoi ne se sont-ils pas élevés, cette fois, contre ces exécutions ? Tout simplement parce que ces terroristes ne pratiquaient plus la taqiya, il devenait dès lors difficile de protéger l’islam de leurs exactions si ils s’en revendiquaient, versets à l’appui, alors, on a préféré les supprimer rapidement, ce qui arrangeait tout le monde : les terroristes qui allaient rejoindre leur paradis supposé, la communauté musulmane via leurs institutions « officielles » qui pourra dire qu’ils n’avaient rien à voir avec l’islam et nos politiques et bien pensants qui pourront, une fois encore, exonérer l’islam de ses méfaits et, pourquoi pas, tout mettre sur le dos du FN, ce que certains ne se sont pas gênés de faire.
Et pour illustrer ce point, quoi de mieux qu’une interview d’une des victimes ? On pourra donc mettre en avant une interview de Charb, réalisée le 11 septembre 2011 sur le site du théâtre du rond point et reprise dans le Charlie hebdo du 13 janvier 2015: « on s’inquiète de voir les musulmans modérés ne pas réagir. Il n y a pas de musulmans modérés en France, il n y a pas de musulmans du tout, il y a des gens qui sont de culture musulmane, qui respectent le ramadan comme moi je peux faire Noël et bouffer de la dinde chez mes parents, mais ils n’ont pas à s’engager plus que ça contre l’islam radical en tant que musulmans modérés, puisqu’ils ne sont pas musulmans modérés, ils sont citoyens. Et en tant que citoyens, oui, ils agissent, ils achètent Charlie hebdo, ils manifestent à nos côtés, ils votent contre des gros cons de droite. Ce qui me fait chier, c’est qu’on les interpelle toujours en tant que musulmans modérés, il n’y en a pas de musulmans modérés. C’est comme si on me disait à moi : « réagis en tant que catholique modéré. »
Je ne suis pas catholique modéré, même si je suis baptisé. Je ne suis pas catholique du tout. »
Ce n’est pas de l’égocentrisme, ni vraiment de l’anthropocentrisme, c’est une sorte de culturocentrisme : tout ramener à sa propre culture, à sa propre conception de sa culture, tout relativiser au point de mettre sur le même plan Noël et le ramadan, une fête d’un jour passée en famille et une contrainte d’un mois qu’on subit seul et durant lequel on se réunit, la nuit, en famille, pour un gavage en règle.
On pourrait même extrapoler jusqu’à dire que ceux qui pensent de telles choses sont des colonialistes en devenir puisque imposant aux autres leur propre définition du spirituel et de la pratique de la religion. Comme si leur vécu, leur conception des choses valaient pour tous les autres.
En fait, c’est comme tous ces gens qui traitent tout et n’importe qui d’islamophobe : en réalité, n’ont-ils pas plus peur que quiconque de l’islam ? Car l’islamophobie, c’est la peur de l’islam. Ceux qui le combattent en ont bien moins peur que ceux qui le défendent aveuglément, puisque ces derniers savent très bien ce qu’il peut devenir des critiques de l’islam, les exemples étant nombreux. C’est une argumentation assez simpliste, certes, mais pourquoi continuer à vouloir débattre profondément avec des gens qui ne pensent et ne parlent qu’en binaire ? Tout comme ces anti-racistes autoproclamés qui sont bien souvent racistes eux mêmes, contre les blancs, les occidentaux ou les Français, si ce n’est les trois catégories, multipliant les passes droits et les avantages envers celles et ceux qui ne le sont pas : n’est-ce pas là la définition exacte du racisme ?
Et l’islamophobe, n’est-ce pas strictement celui ou celle qui ne critiquera jamais l’islam, quelles que soient ses pratiques (ramadan, voile, halal, mosquées, salles de prières, etc), de peur de subir des réactions ou des gestes pouvant le mettre en cause ? A moins que ce ne soit lui-même un musulman…
Et que dire des soi-disant défenseurs de la vie à tout prix quand ils ne disent mot sur les massacres commis par de nombreuses factions islamistes ou pire, plus proche de nous, quand des meurtres sont commis quotidiennement dans l’indifférence générale ? Plus grave encore, quand ils menacent leurs opposants de mort ? Arrêtons donc de perdre notre temps à débattre avec ces gens, arrêtons de nous justifier à chacune de leurs accusations, concentrons nous sur des discours plus concrets et plus proches de la réalité.
Olivier Pfister

 

Rédigé par Gérard Brazon

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