Quelques petits rappels au gugusse Sarkozy - Par Guillermo Dias

Publié le 3 Mars 2015

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Nicolas Sarkozy n’en finit pas de se ridiculiser et de nous faire rire. Reprenons brièvement sa  chronologie de la semaine passée: – Jeudi 26 février 2015: Nicolas Sarkozy condamne le déplacement à Damas de quatre députés français (UMP et PS). Critiquant cette initiative dissidente face à la ligne diplomatique du gouvernement, il a qualifié de « gugusses » (sic) les quatre parlementaires qui ont rencontréBachar Al-Assad, principal adversaire local, rappelons-le, de l’Etat islamique.
Atteint d’amnésie sélective de manière précoce, ce mal étrange qui frappe nombre de nos élus, l’actuel patron de l’UMP a manifestement oublié qu’il avait lui-même invité le président syrien à la tribune présidentielle, à l’occasion du défilé du 14 juillet 2008, sur les Champs Elysées. – Vendredi 27 février 2015: à l’insu de la diplomatie officielle française, Nicolas Sarkozy rencontre le président rwandais Paul Kagamé, en déplacement à Paris à l’occasion d’une conférence sur l’internet et le haut débit. Il est utile de rappeler que Kagamé est à peu près autant démocrate que francophile et qu’il distille régulièrement reproches et accusations à l’encontre de la France.
Il n’est pas inutile non plus de rappeler qu’un éminent africaniste comme Bernard Lugan ou qu’un journaliste d’investigation sérieux comme Pierre Péan, ont accusé le dictateur rwandais d’être le commanditaire de l’assassinat, en 1994, de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, événement déclencheur de l’un des plus grands génocides du XXème siècle. On peut admettre que Kagamé s’intéresse désormais à l’internet à haut débit – tant mieux, c’est tout de même plus acceptable que le découpage humain à haut débit. Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s’intéresse-t-il à un dictateur-détracteur de la France ? Envisage-t-il une prochaine conférence à Kigali –  il est vrai que celles-ci sont facturées environ deux millions d’euros, selon Le Parisien.
Mais soyons sérieux, Nicolas Sarkozy n’est pas amnésique pour un sou, il est même en pleine forme. Il est juste cynique, sûr de lui, arrogant et surtout décomplexé. Il se souvient très bien avoir invité Bachar Al-Assad à la tribune présidentielle en 2008, comme il se souvient très bien avoir invité à Paris le colonel Mouammar Kadhafi, en décembre 2007, dans le but de négocier des contrats, notamment de nature militaire. A cette occasion, on se souvient que le dictateur libyen avait planté sa tente bédouine dans les jardins de l’hôtel Marigny, résidence officielle des hôtes de l’Etat.
Ces salamalecs inappropriés ont fait honte à la République et ont contribué à discréditer la France au sein de l’Europe. A titre de contre-exemple, la chancelière Angela Merkel n’a jamais organisé de visite officielle pour Bachar Al-Assad ou pour Mouammar Kadhafi, ce qui n’empêche pas l’Allemagne d’être respectée ou de commercer avec les pays arabes.
Quatre ans plus tard, Nicolas Sarkozy, inspiré par son mauvais génieBHL, lançait l’opération Harmattan - il ne s’agissait pas d’une OPA sur la maison d’édition mais bien d’une intervention militaire en Libye… Nicolas Sarkozy n’est pas amnésique mais il croit que les Français le sont. Il espère que les Français oublieront le faste des visites officielles des dictateurs Mouammar Kadhafi et Bachar Al-Assad, il espère également que les Français oublieront l’intervention française en Libye, les armes fournies et l’aide apportée aux islamistes, décision à l’origine d’un enchainement d’événements consécutifs : meurtre du colonel Kadhafi, destruction de l’Etat libyen, déjà très fragile, renforcement des groupes djihadistes subsahariens, invasion du Mali en 2013 par ces mêmes groupes. Nicolas Sarkozy espère que les Français ne feront pas le rapprochement entre la chute du régime de Tripoli qu’il a provoquée et l’activité florissante des trafiquants libyens, ces nouveaux esclavagistes, organisant de façon massive le transport de centaines de milliers d’indigents africains vers la généreuse Europe.
On pourrait comparer l’assurance exagérée d’un Sarkozy à celle desHollandeValls et Fabius, qui n’ont de cesse depuis trois ans, d’accuser Bachar Al-Assad de tous les maux. Ce gouvernement espère que les Français vont leur pardonner d’avoir armé l’opposition, essentiellement des groupes islamistes. Il espère que les Français vont oublier que notre pays était sur le point de s’engager en Syrie, aux côtés des combattants djihadistes, pour faire tomber Bachar Al-Assad. Il faut dire que ce  difficile exercice de manipulation mentale est plus aisé pour notre gouvernement qu’il ne l’est pour le pathétique Nicolas Sarkozy. En effet, ce dernier n’est pas aidé par les médias.
Guillermo Dias

Rédigé par Gérard Brazon

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