Construction de mosquées en France : la fausse équation Par Lucien Samir Oulahbib

Publié le 7 Avril 2015

av mosquée

Il est totalement faux de prétendre, comme l’avance l’actuel responsable français du culte musulman, que  cette exigence de construire  » 2000 mosquées » serait liée à la présence de « six à 7 millions de musulmans ». En effet, ce n’est pas parce que l’on est originaire d’Afrique du Nord (comme moi) que l’on est, automatiquement, non seulement musulman (ni moi ni mes parents ne le sont) mais que tous les musulmans, eux-mêmes, veuillent vivre ainsi, si religieusement, et non pas seulement culturellement via quelques rituels comme le font nombre d’autres croyants, d’autres obédiences religieuses dans nos sociétés sécularisés.
Sauf que, si l’on comprend ce responsable, et c’est d’ailleurs rappelé par l’OCI (Organisation de la Coopération Islamique), étant donné, d’une part, que l’islam serait la religion même, la religion « naturelle de l’Humanité », et, d’autre part, que l’on serait issu de ces pays où l’islam domine alors on doit (sollen) « naturellement » puis, héréditairement en quelque sorte, se déclarer musulman, surtout si les parents le sont.
Ainsi on ne « deviendrait » pas, on naitrait musulman ; ou on le reconnaitrait, à terme, pour les convertis ; voilà d’ailleurs pourquoi il suffit de quelques phrases pour « devenir » musulman : puisqu’il s’agit de le confirmer en réalité étant donné qu’on le serait déjà, tous, sans le savoir, en puissance, en potentiel comme l’a réaffirmée récemmentla déclaration islamique des droits de l’homme.
C’est un « essentialisme » donc, et dans toute sa splendeur. Mais, bien sûr, aucun intellectuel critique français, qui, d’habitude, aura sans cesse ce mot à la bouche pour mieux le dénoncer, ne viendra à analyser la mise en équivalence de ce responsable ; puisqu’il est émis non pas par un chrétien ou un juif, non pas par un(e) critique de la théorie du genre, mais « seulement » un musulman dont la position sera alors automatiquement considérée non pas pour ce qu’elle est à savoir le désir d’être de cette essence , mais plutôt comme la position réactive d’un « dominé », une conséquence au fond « tardive » de la « domination coloniale » d’antan, voire de la « discrimination » d’aujourd’hui.
Pourtant cette analyse reste toujours fausse bien sûr puisque la présence musulmane en Afrique (du Nord) par exemple est elle-même issue d’une colonisation et que la grande majorité de la population originaire d’Afrique du Nord n’est pas discriminée (certains, de plus en plus nombreux, votent même FN et se présentent comme candidats sous ses couleurs, ou celles de partis affiliés).
Les responsables musulmans français actuels ont sans doute peur, bien au contraire, que cette population leur échappe, se sécularise, pire, qu’elle s’intègre, s’assimile même pour certains (sans voir lu Zemmour en plus) puisque déjà leur présence dans les mosquées actuellement construites n’est pas tant que cela si pressante.
Ainsi la Grande Mosquée de Paris est souvent vide par exemple ; et lorsque l’on interroge certains musulmans qui préfèrent aller prier dans les rues du 18ème arrondissement, c’est bien plutôt parce qu’ils ne partagent guère la lecture tiède des textes qu’en fait l’imam.
Par ailleurs, comme il a été rappelé cent fois, Notre Dame a mis cent ans pour se construire, et la Grande Synagogue de Turin n’a pu être finie faute de financement et est devenue aujourd’hui un musée du cinéma.
Enfin, il est tout de même inconvenant que des responsables, surtout aujourd’hui, aient de telles exigences du genre « il faut au moins 2000 mosquées de plus » alors que la réciproque en matière de construction d’églises de synagogues et de pagodes non seulement n’existe pas dans les pays dominés par l’islam mais est strictement interdit…
Mais pour ces responsables musulmans français il semble bien que tous ces pays ne soient pas musulmans, que seul l’islam de, en, France soit réellement musulman (comme le « vrai » communisme qui ne peut être que français, voyez son dernier représentant décomplexé, Badiou) ; du moins si l’on écoute ces responsables, ainsi que les responsables de l’islam made in Obama bien sûr puisque celui donne même des leçons d’islam ces temps-ci, mais oui, en considérant que toute lecture djihadiste au sens contemporain de l’islam ne fait pas partie de celui-ci, du tout, alors que, par exemple les sanctions juridiques qui sont en vigueur en Arabie Saoudite, grand allié des USA, sont les mêmes ou quasiment que celles émises par ledit « État islamique », cherchez l’erreur, il n’y en pas…
En fait, les responsables français du culte musulman voient bien que la majorité de la population d’origine (nord) africaine refuse de les suivre, et si en apparence on voit proliférer des voiles barbes et tuniques combien sont-ils en réalité parmi les six à 7 millions dits « d’origine musulmane », combien ? De plus en plus de femmes originaires ou descendantes de ces contrées acceptent au contraire de ne pas exiger que leurs compagnons et maris deviennent musulmans pour les aimer, elles s’habillent par ailleurs comme leurs mères et grand mères (et non pas comme leurs arrières grand mères), et certaines réintègrent la religion de leurs ancêtres comme le christianisme et le judaïsme ou ne professent aucune religion (un crime en islam au côté de l’apostasie). Ne parlons pas des hommes…
Ces responsables du culte musulman qui exigent ainsi « au moins » deux mille mosquées (pourquoi pas 10.000 comme l’exigeait Boumedienne afin d’arabiser par l’islam) refusent en réalité qu’il y ait du métissage culturel, spirituel, ils veulent maintenir leur serres spirituelles et donc politico-juridiques sur la population issue de l’immigration nord africaine. Pis, en refusant de demander la réciprocité, ne serait-ce qu’en tant que Français, dans les pays où l’islam est religion d’État, ils avouent qu’ils refusent en réalité la compétition, la concurrence des idées, ils la rejettent, de fait (ils ne sont pas les seuls en France il est vrai) puisqu’ils n’avanceraient pas de telles équivalences et autres fausses affirmations.
Plutôt que de rassembler cette exigence divise et renforce l’idée que l’islam en France exige une place qu’il refuse de concéder aux autres obédiences religieuses dans les pays où il domine. Il ne suffit pas de dire qu’il se veut « de » France pour échapper à cette exigence universelle de la liberté de croyance qu’il semble refuser comme s’en inquiétait autrefois certains dirigeants musulmans proches d’Oumma.com :
 » c) La liberté de croyance : aucun article ne mentionne la liberté de croyance ou la liberté de manifester sa religion ! L’article 10 explique, seulement, « Aucune forme de contrainte ne doit être exercée sur l’homme pour l’obliger à renoncer à sa religion… ».  »
On ne saurait mieux dire…
Lucien Samir Oulahbib

Rédigé par Gérard Brazon

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Louvois 08/04/2015 07:12

Augmenter le nombre de mosquées ?
Autre solution :
Diminuer le nombre de musulmans !
Comment ?
Délocaliser la CAF au Maghreb...