Le sentiment d’impunité totale des « racailles » dans les transports en commun.

Publié le 5 Avril 2015

Sûreté ferroviaire

La Suge a une réputation plutôt martiale, c’est vrai, mais la pédagogie et la prévention n’ont pas fonctionné. Les médiateurs, les affiches, ça ne suffit pas. Les amendes non plus: les  »racailles » ne les paient pas, leur sentiment d’impunité est total. Ils n’ont peur de rien … sauf des chiens ! Évidemment, nous ne travaillons pas de la même façon que nos collègues de province. Mais en Île-de-France, nous n’avons pas le choix. Quand nous arrêtons des délinquants, ils sont armés de gazeuses, de pistolets à grenaille, de couteaux, de barres à mine, de matraques – des armes qu’ils n’hésitent pas à sortir pour nous menacer.
Parfois, ils se battent entre eux, à coups de couteau ou de barre de fer. De véritables batailles rangées où s’affrontent des dizaines de bonshommes. Ethnie contre ethnie: Pakistanais contre Sri-Lankais, Cap-Verdiens contre Maghrébins …
Nous tombons parfois dans des guets-apens, où nous sommes fermement attendus, munitions en main pour nous caillasser. Ces gares sont évidemment situées dans des cités  »sensibles ». Si nous appelons la police en renfort, ils nous demandent ce que nous faisons dans ces zones: eux, ça fait un moment qu’ils ont ordre de ne plus y patrouiller. Mais nous, nous ne pouvons pas abandonner nos gares, quand même ! Sans compter les milliers de voyageurs qui n’en mènent pas large.
« S’ils n’ont pas commis de délit passible de prison, ils sont immédiatement relâchés … «
Les actes d’incivilité, on pourrait penser que ce n’est pas le pire des problèmes. Pourtant, une gare squattée par des personnes qui fument des cigarettes et de la drogue, qui s’alcoolisent, crachent, jettent leurs déchets à terre, écoutent de la musique fort, insultent les voyageurs, c’est vraiment anxiogène. Sans compter ceux qui font leurs besoins dans les trains. j’ai déjà vu une mamma africaine qui tenait son enfant pour qu’il se soulage sur les banquettes !
Nous n’avons pas de chiffres, mais je dirais que la plupart de ceux qui commettent des infractions ou des délits sont des personnes avec un titre de séjour ou qui sont en attente de titre de séjour, en demande d’asile ou en situation irrégulière. S’ils n’ont pas commis de délit passible de prison, ils sont relâchés immédiatement. C’est-à-dire que toutes les infractions au code des transports restent impunies. Or, les sanctionner, c’ est censé être le coeur de notre métier …
Beaucoup ferment les yeux sur cette réalité. Pour certains, nous serions même « racistes » ! Notre direction a donc signé une convention avec SOS Racisme qui va se charger de nous former pour, je cite, « décortiquer l’ensemble des préjugés polluants qui, s’ils deviennent agissants, peuvent entacher les procédures habituelles de la Suge ou perturber la vie d’une brigade» !
À Montpellier où une affaire montée par des syndicats a éclaté, les agents ont dû retirer le drapeau français de leurs vestiaires après la visite de SOS Racisme.
Mais cela ne changera rien ni à la réalité du terrain ni à la sécurité des voyageurs ! »
Interventions 16 000 délinquants arrêtés chaque année
La Surveillance générale de la SNCF (Suge) ne doit pas être confondue avec le service national de la police ferroviaire, créé en 2006. La Suge, aux frais de la SNCF (1,2 million d’euros par jour), se charge de la sécurité du personnel, des voyageurs et des infrastructures ferroviaires, notamment des très convoités stocks de cuivre. Depuis le 1er janvier, elle peut également être affectée à la sécurité de trains d’autres compagnies, si celles-ci en font la demande. Les 2 850 agents, dont 60 % sont affectés en Ile-deFrance, patrouillent en uniforme, gilet pare-balles et armes de catégories B et D (pistolet, tonfa et gazeuse). Les agents de la Suge remettent 16 000 délinquants par an au service national de police ferroviaire.
Propos recueillis par Camille Laplanche pour Valeurs actuelles.

Rédigé par Gérard Brazon

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Pivoine 06/04/2015 17:52

Et dire qu'il y en a qui continuent de voter pour l'UMPS !