Les Factions Anti-Fascistes (FAF) : un néo-racisme de caste - Par Lucien Samir Oulahbib

Publié le 15 Avril 2015

En France, les Factions Anti-Fascistes (FAF) sont, comme le sigle l’indique, aux antipodes de ce que leur nom complet prétend signifier. Ce sont d’authentiques totalitaires (ils séquestrent par exemple en ce moment le service radiophonique public français et la grande majorité des médias et de l’Éducation nationale, surtout le lycée et l’Université).
 
Issus de la Faction léniniste, elle-même ayant intégré les résidus herbertistes, guesdistes, soreliens, ses membres, ont atteint comme résultat effectif (dépouillé des habillages idéologiques) celui de remplacer l’élite en réalité (comme l’a démontré Claude Lefort dans La complication) mais en pis : la culture et la classe en moins, propulsant plutôt les envieux à peine dégrossis avec quelques pensums fabriqués à la hâte par les plus clercs d’entre-eux, ayant par exemple aujourd’hui quelques vernis intellectuels et autres doctorats issus de thèses aussi insipides que celle d’un Cambadélis (comme l’a révélé Laurent Mauduit de Mediapart).
Ce grand remplacement a été effectué au nom d’une supposée lutte pour « l’émancipation de l’Humanité » alors qu’ils n’ont émancipé qu’eux-mêmes en fin de compte, ils se sont ainsi sentis « affranchis » du réel objectif (celui de la complexité du social et sa ventilation en groupes liées pour une grand part à la compétence et non pas seulement au patrimoine) par le double langage (mensonge et dénonciation) en montrant du doigt les éternels manques et autres tricheries des sociétés humaines (avidité des Crésus du jour) ; une accusation aisée (puisque le combat contre l’injustice est permanent tout autant que la régulation de la lutte de tous contre tous comme l’a montré Hobbes) qu’ils ont réussi à maquiller par quelques résultats, certes, mais qui cependant ont pu être accomplis ailleurs sans eux (comme la santé et l’enseignement).
Les membres de cette secte des « Affranchis » ont en un mot profité des inconséquences et des refus de se réformer des anciennes élites pour abuser du besoin de changement propre à toute société, surtout de masse, à leurs profits. Ils se sont diffractés après l’écrasement injustifié de la Commune, et surtout après le coup d’État bolchevik de 17, en diverses obédiences (bakouninistes, léninistes, trotskistes, spartakistes, conseillistes) tandis que certains après 20 devinrent mussoliniens, et enfin nationaux socialistes dont, Doriot et sutout Marcel Déat (présenté comme le dauphin de Blum) et désireux de créer un parti unique.
Mais ce sont les staliniens qui accomplirent ce projet, après s’être débarrassés de leurs concurrents trotskistes ; ils se sont en effet taillé la part du lion en faisant croire qu’ils luttaient (à partir de 40) pour la France alors qu’ils ne faisaient que défendre Staline et « la patrie du socialisme ». Grâce à cette spoliation et au fait d’avoir écarté de Gaulle, ils se sont présentés en sauveurs et éducateurs de la Nation via le CNR (Conseil National de la Résistance) dont le programme aujourd’hui est le principal obstacle à la réforme du pays puisque loin de protéger il fragilise en fabriquant une bureaucratie et un gaspillage qui vont de plus en plus à l’encontre des intérêts du plus grand nombre.
Ils ont réussi à faire croire tout le long des années après guerre jusqu’à maintenant (alors qu’ils sont de plus en plus minoritaires dans le pays) que leurs solutions servent le pays alors qu’en réalité elles le desservent et ne servent qu’à leurs propres clientèles qu’ils tiennent d’une main de fer puisque pris individuellement nombre de fonctionnaires vous diront qu’ils préfèreraient mille fois être payés selon leur travail effectif et non pas par avancement mécanique, nombre d’assistés préfèreraient un travail, nombre de salariés préfèreraient voir leur salaire être augmenté plutôt que leur RTT, nombre de travailleurs aimeraient pouvoir se former à autre chose y compris dans des métiers considérés comme déclassés, alors qu’ils sont souvent bien mieux payés (ainsi un garagiste gagne bien mieux au niveau horaire qu’un maître de conférence). D’où sans doute la hargne de celui-ci à le mépriser, surtout s’il vote « mal ».
En fait dans cette conception les individus sont renvoyés à leur réalité physique, uniquement et non pas à leur dextérité (c’est un naturalisme non dit). En un mot il vaut mieux être bien fait de sa personne et avoir du bagout qu’ingrat physiquement et timide pour pouvoir monter dans la hiérarchie totalitaire de gauche puisque cette montée se fait par cooptation dans les rouages syndicaux médiatiques artistiques et politiques, du moins en récitant à la perfection le catéchisme qui ne mange pas de pain (la paix dans le monde, lutter contre l’injustice).
C’est un racisme métaphysique au sens de se sentir supérieur parce que l’on badine sur des vérités premières au nom de la Révolution française (tel Vincent Peillon par exemple) et que l’on se croit porteur de nouveaux critères esthétiques et moraux (ce qui n’est guère suffisant pour fonder une nouvelle matrice culturelle). On peut aussi monter dans sa hiérarchie en étant le plus servile intellectuellement, d’où le côté insipide, formaté, de tout le personnel médiatico-politique et universitaire qui en est issu, comme il est possible de l’observer chaque jour.
Tout cela est su, connu, bien sûr, mais sous le manteau ou quasiment hormis quelques exceptions de toute façon stigmatisées, ainsi P.A Taguieff, qui, depuis sa polémique avec Hessel, n’est plus en odeur de sainteté alors que Hessel a osé dire que l’occupation allemande était bien moins dure que ladite « occupation israélienne ».
Alors que la liberté de s’exprimer, y compris pour un Palestinien se disant « arabe », est bien plus probante en Israël que sous le joug du Hamas et de l’Autorité palestinienne: où est le débat dans ces territoires, les controverses sur la stratégie à suivre, où est-elle ?…
Et pourtant cela continue, les principales tueries de juifs en France et dans le monde ont été fait ces temps-ci « au nom des enfants de Gaza » parce que ces FAF ont réussi le tour de force de se trouver des boucs émissaires grâce à leurs deux mots tabous « droite » et « extrême droite » y compris pour Israël.
Ainsi les réticences effectuées en Provence envers l’immigration algérienne par les rapatriés de 1961 ne seront pas lues comme une totale incompréhension de ces derniers envers une population qui les a chassés de leur terre (car lorsque l’on naît en Algérie, et que ses parents, les parents de ses parents y sont nés aussi on fait partie de cette terre), non, ce sera lu comme du racisme, ce qui est faux, il s’agit plutôt, d’un rejet viscéral lié au traumatisme subi (je l’ai ressenti ainsi depuis deux jours étant en vacances dans le coin) : en un mot on ne va pas baiser la main qui vous a giflé.
Mais les élites totalitaires au pouvoir au lieu de comprendre cela et dans ce cas d’effectuer un enseignement adéquat vont renverser la charge de la preuve en inventant un « post colonialisme » comportemental qui serait la cause du rejet des populations issues d’Algérie alors qu’il s’agit du contraire : c’est bien parce que certaines d’entre-elles se comportent encore en demandeurs exigeants de réparations imaginaires que la tension s’est envenimée alors qu’elles sont moins issues de l’immigration de travail (les entrepreneurs préférant les Marocains comme l’a démontré Daniel Lefeuvre) que du regroupement familial.
Aussi traiter de raciste une population de traumatisés est équivalent au fait de répondre à une violée qu’elle ne l’aurait pas été si elle avait porté une burka. La comparaison n’est pas si osée puisque aujourd’hui un membre de l’élite totalitaire comme Laurent Mucchielli peut avancer sans rire que le trafic de drogues et les incivilités diminuent dans les quartiers contrôlés par les barbus salafistes. Il sera aussi un de ces sociologues qui fera le lien automatique entre passé post colonial milieu défavorisé et résultat scolaire alors que les filles issues de milieux immigrés réussissent mieux que les garçons autochtones (français depuis plusieurs générations)…Ce qui implique de se demander ce que l’on enseigne aussi aux garçons dans leurs propres familles, comment est perçu le camarade d’origine pied noir et juif, comment la culture de « c’est la faute à la bourgeoisie » (aujourd’hui aux USA, au « libéralisme ») a été enseignée comme excuse fondamentale de tout ce qui ne va pas afin de dédouaner les élites de FAF qui ainsi peuvent se la couler douce en se reproduisant dans la matrice étatique.
Nous en sommes là. Et la dérive incroyable d’un Edwy Plenel vers l’outrance idéologique (la critique envers l’islam sera chez lui d’emblée posée comme un racisme) dénote bien de cette volonté de cette élite à continuer de prospérer en s’alliant avec les ennemis de la démocratie dont la haine n’a rien à envier à celle qui suinte du journal Rivarol.
Sauf que l’élite post-léniniste est au pouvoir (la droite, décervelée depuis longtemps lui ayant confié ses neurones). Mais comme dans les années 30 on jouera le coup du Front antifasciste, alors que FAF signifie bien fascisme également, mais en creux dans l’incipit de l’hypocrisie petite bourgeoise dont ils sont à peu près tous issus et dont la haine de classe a toujours servi de corps social aux nervis de tout Ordre Nouveau y compris celui dans lequel nous baignons celui du social-étatisme.
Ce régime transforme tout un chacun en assisté, en pré-handicapé, en attendant la consommation d’organes artificiels qui viendra allonger ce semblant de vie par procuration qu’est fondamentalement ce type de régime, néo-monarchie absolue sans visage, on ne lui dira certainement pas « merci pour ce moment ».
Sauf que la relève se cherche et pour l’instant se meurt, même si elle ne se rend pas.
Lucien Samir Oulahbib

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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