Les impacts de l'immigration sur le marché du travail.

Publié le 24 Avril 2015

L'effet de l'immigration sur le marché du travail est un sujet qui revient régulièrement à chaque période de difficultés économiques.

 Source: L'économiste

Le réflexe pavlovien consiste, en substance, à dire qu'en supprimant l'immigration le chômage diminuera. L'hypothèse sous-tendue par cette idée est que les immigrés seraient la cause du chômage en prenant le travail des natifs. La réalité est plus complexe que cela. Il convient de souligner que l'immigration peut avoir des effets divers sur le chômage selon l'horizon temporel étudié et selon la situation des travailleurs. Egalement, le degré de flexibilité du marché du travail et les contraintes législatives peuvent influer sur le lien entre immigration et marché du travail.

Carte de l'immigration par département en France

 La situation particulière des immigrés sur le marché du travail

En ce qui concerne l'Europe, les statistiques sont très claires à ce sujet. A l'exception de quelques cas particuliers tels que la Pologne ou la Hongrie, le taux de chômage des travailleurs immigrés est supérieur à celui des natifs (les autochtones).

En effet, le taux de chômage des populations immigrées excède en moyenne de 70% celui des autochtones. Il convient cependant de relativiser cette statistique car les travailleurs immigrés ont une propension plus élevée à occuper des emplois non déclarés. Dès lors, un taux de chômage plus élevé ne signifie pas nécessairement, dans les faits, un différentiel de taux d'emploi si important.

Les écarts de chômage entre ces deux populations s'expliquent essentiellement par des caractéristiques différentes qui influencent la productivité et l'employabilité des populations. De plus, certains travailleurs étrangers font parfois face à une discrimination à l'embauche.

En pratique, la propension au chômage diminue globalement avec le niveau de qualification, quelque soit la catégorie de la population : immigrée ou autochtone. Cependant, à niveau de qualification égale, il convient de souligner que les populations immigrées subissent des taux de chômage plus élevés que les autochtones. L'écart est en partie lié à des pratiques discriminatoires mais les raisons sont plus complexes. En effet, parmi les non diplômés, la population immigrée n'ayant jamais été scolarisée est plus élevée. Egalement, un part de cet écart s'explique par un niveau de qualification effectif plus faible dans le contexte du pays d'accueil. En effet, les compétences acquises dans le pays d'origine ne correspondent pas forcément aux besoins et sont parfois peu transférables. Enfin, notons que le degré de maitrise de la langue n'est parfois pas suffisant, tout comme l'intégration des us et coutumes de travail. Au final, cette situation particulière participe à faire augmenter les taux de chômage nationaux, sans pour autant peser sur l'emploi des autochtones.

Les impacts de l'immigration sur le marché du travail à court et moyen terme

A court terme, le marché du travail se caractérise par la présence d'un salaire minimum contraignant et rigide. Dès lors, sur un marché du travail contraint et peu flexible, l'augmentation de l'immigration accroît l'offre de travail (demandeurs d'emploi) sans augmenter la demande de travail (nombre d'emplois disponibles). Ainsi, cela se traduit à court terme par une augmentation du niveau (nombre de chômeurs) et du taux de chômage (proportion de la population active qui est au chômage). En effet, l'augmentation de l'immigration se traduit par un accroissement du nombre de travailleurs, sans pour autant que cela n'affecte le niveau d'emploi car les niveaux de salaires sont fixés (rigidité).

L'afflux de travailleurs se traduit donc par  une augmentation du chômage car un même nombre d'emplois doit être réparti entre un plus grand nombre de travailleurs. Dans ce cadre, les économies dont le marché du travail est rigide (à commencer par la France) sont les plus touchées. Inversement, des économies telles que les Etats-Unis, où le marché du travail est plus flexible, sont moins touchées par ce phénomène.

Toutefois, cette augmentation du taux de chômage est transitoire. En effet, l'augmentation du chômage lié à la hausse de l'immigration modère les revendications salariales. Dès lors, les salaires diminuent, ainsi que les prix.

La demande de biens et de services et alors stimulée, ce qui contribue à diminuer le niveau de chômage. L'effet négatif initial de l'immigration sur le chômage est alors annulé. L'effet de la hausse de l'immigration aura été la nécessaire diminution des salaires et des prix pour permettre aux différents marchés de s'adapter à cette évolution des conditions. Néanmoins, soulignons que cette adaptation est d'autant plus rapide que la législation permet aux prix et aux salaires de s'ajuster. Plus la législation et les marchés sont rigides, plus l'effet transitoire de court terme pourra évoluer vers un effet transitoire de moyen terme. Enfin, l'augmentation de la population active liée à l'afflux d'immigration accroît la probabilité pour un employeur de pourvoir un poste vacant. Dès lors, le coût lié à un poste inoccupé, au temps et à l'énergie dépensés pour pourvoir ce poste diminue. (D'où le discours du Front National qui affirme à juste titre donc, que l'immigration tire les salaire vers le bas et fragilise les nationaux. ndlr Gérard Brazon)

Les impacts de l'immigration sur le marché du travail à long terme

 L'effet immédiat de l'immigration est l'augmentation de la taille de la population active (voir définition). Dès lors, évaluer l'impact de l'immigration sur le taux de chômage s'apparente à regarder les liens entre taux de chômage et accroissement de la population active. Il apparaît que dans ce cadre, l'immigration d'un certain type de travailleurs peut augmenter le chômage des travailleurs autochtones du même type, mais de façon localisée et modérée, notamment en Europe où les marchés du travail sont les plus rigides (protection de l'emploi plus élevée etc) et où les travailleurs sont les moins mobiles.

Le marché du travail américain, de par ses caractéristiques de fonctionnement, présente quant à lui une meilleure capacité d'absorption en terme d'impact sur le chômage.

Néanmoins, une économie crée des emplois en fonction du nombre de personnes vivant sur son territoire du fait entre autre de leur consommation. Dès lors, étant donné que les immigrés viennent accroître la taille de la population active, ils viennent également contribuer à accroître le nombre d'emplois proportionnellement à la taille de leur communauté.

La croissance potentielle du pays à long terme s'en trouve donc positivement impactée. De plus, il convient de garder à l'esprit que l'immigration permet de pallier certains besoins en main d'œuvre d'une économie. En effet, tout d'abord l'immigration est une réponse au vieillissement démographique et au financement de la protection sociale des économies développées et industrialisées. Elle peut également permettre d'améliorer la croissance économique, à fortiori si elle se constitue d'une main d'œuvre qualifiée. Enfin, l'immigration est une solution pour lutter contre les difficultés de recrutement dans certains secteurs.

Un paramètre qui est oublié par les économistes est la culture. Les économistes voient un acteur économique sans lien culturel et interchangeable. Il est clair qu'un Indou, un arabe musulman, un asiatique bouddhiste apporte avec lui sa propre perception du monde et sa propre culture. A petide dose, la société peut les absorber et eux s'intégrer. A haute dose, comme aujourd'hui, c'est le communautarisme et les conflits à prévoir. Mais l'économiste s'en moque... ndlr Gérard Brazon)

Citation

Sylvain Fontan, “Les impacts de l'immigration sur le marché du travail”, décryptage publié sur «leconomiste.eu» le 21/06/2013.

Les impacts de l'immigration sur le marché du travail.

Rédigé par Gérard Brazon

Commenter cet article

Parvati 25/04/2015 17:28

"En effet, tout d'abord l'immigration est une réponse au vieillissement démographique"
Pourquoi ne pas mener une politique nataliste ??? Au lieu d'aider les femmes à travailler toujours + et donc d'avoir des enfants de + en + tard, et donc moins, il serait + judicieux de leur donner une allocation pour qu'elles élèvent leurs enfants. Une fois grands, elles pourraient travailler, sans le souci de devoir aller les chercher à l'école, ou que sais-je....

Gerard Brazon 26/04/2015 10:06

Nous noys heurtons aux intérêt immediats des grands industries. Ce type de politique se mène dans la necociation et le long terme. Bien des femmes et des hommes aimeraient travailler ou élever leurs enfants. Un minimum pourrait-etre alloué à ceux qui souhaite elever des futurs citoyens et autres futurs cotisants. Au lieu de cela, des femmes et des hommes sans attaches, sans liens culturels, sans reconnaissance puique'on leur dit que c'est normal, voire juste ou pire... et qui viennent nous remplacer comme si nous etions des pieces mecaniques usagées. La Machine productiviste dévoreuse d'humanité et de culture.