Zone de turbulence au sein de l’UOIF. Par Caroline Artus

Publié le 9 Avril 2015

L'UOIF ? La vitrine des Frères musulmans, dont l'objectif clairement revendiqué est de lutter contre les influences occidentales afin d'installer, partout dans le monde, la loi islamique (la charia).
Alors que des féministes d’origine algérienne alertent sur « l’islam politique rigoriste qui s’est progressivement imposé en France », et craignent qu’Aubervilliers devienne la banlieue de Kaboul, l’UOIF organisait ces jours derniers – comme chaque année depuis trente-deux ans -, au Bourget, une foire musulmane qui draine des milliers de visiteurs. L’UOIF ? La vitrine des Frères musulmans, dont l’objectif clairement revendiqué est de lutter contre les influences occidentales afin d’installer, partout dans le monde, la loi islamique (la charia).
Alors que des repentis de l’UOIF alertent sur les visées conquérantes de l’organisation – qui ne sont en aucun cas la mise en place « d’un islam français mais plutôt de faire de la France une République islamique », le gouvernement laisse à l’UOIF la liberté de revendiquer 65 mosquées et 285 associations adhérentes.
Le président de l’UOIF ? Amar Lasfar, qui est aussi celui du lycée Averroes, à Lille – établissement privé sous contrat – dont le but poursuivi, nous dit Mohammed Louizi, ne fait aucun doute : la diffusion de l’idéologie des Frères musulmans. L’ingénieur Louizi décrit les méthodes d’infiltration de l’UOIF pour parvenir pacifiquement, à l’aide de tous les moyens démocratiques à disposition, par une stratégie à long terme, à l’islamisation du pays. Au lycée Averroes, pas de livres d’Averroes, mais ceux des frères Ramadan. À Averroes, qui bénéficie des subsides de l’État, des interventions de prédicateurs radicaux en cours de chimie…
UOIF et CFCM ? Dalil Boubakeur, président du Conseil, annonçait en 2012, au micro de Yves Thréard, vouloir se rapprocher de ses « frères »« des musulmans très rigoureux », dont « les différences de vision ne doivent pas nous diviser, car nos objectifs sont tous convergents, seules nos méthodes diffèrent ». Les objectifs ? L’islamisation de la République française. Le recteur est d’ailleurs parfaitement explicite lorsqu’il déclare : « Pour moi, la vérité se situe plus dans la position de mes frères de l’UOIF. » La vérité ne serait donc pas du côté de l’islam… modéré ?
D’ailleurs, Boubakeur se réjouit que de moins en moins de maires refusent la construction de mosquées, et en réclame même le double dans deux ans.« Irresponsable, saugrenue, dangereuse », s’est insurgé le Front national.
Ici, Manuel Valls appelle à « combattre le discours des Frères musulmans dans notre pays ». En gypte, leur parti – Liberté et Justice – a été dissous par la justice en décembre 2014.
Ici, Manuel Valls veut « aider les musulmans qui ne supportent pas d’être confondus avec ces discours » – des djihadistes […] de l’intégrisme […] du radicalisme – en les combattant « par la loi, par la police, par les services de renseignements ». En Égypte, la quasi-totalité des cadres de la confrérie islamiste est emprisonnée, et des centaines de Frères musulmans ont été condamnés à la peine capitale.
Hier, Boubakeur ; aujourd’hui, Amar Lasfar qui fantasme sur des mosquées-cathédrales ayant pignon sur rue. Un islam qui aspire à la notoriété ?
Mais Manuel Valls veut combattre des « discours » ? Il n’y arrive déjà pas avec 2.502 mosquées, alors, avec 5.000…

Rédigé par Gérard Brazon

Commenter cet article