Ces enfants sous l’emprise de Daech - Par Caroline Artus.

Publié le 24 Juillet 2015

Alors que Yahya, un Yézidi de 14 ans, n'a pu se résoudre à décapiter des poupées et rêve d'arracher sa famille des griffes de l'État islamique, des Français de 11 ans rêvent d'exterminer les non-musulmans. Drôle d'époque...
 
Yahya a 14 ans. C’est un jeune garçon yézidi irakien, enlevé avec toute sa famille par l’État islamique, en août 2014.
Durant plusieurs mois, dans le camp de rééducation Al Farouq, en Afghanistan, il a été forcé d’apprendre le Coran, de regarder des vidéos ultra violentes, et à s’entraîner à se battre avec les autres enfants capturés parce que, leur disait-on, « ça nous rendrait plus forts ». En cas de refus, promesse leur était faite de les tuer. « Je n’avais pas le choix », raconte le petit évadé en relatant les dents cassées à son frère. Des méthodes rappelant Le Choix de Sophie, à l’entrée du camp de concentration, confrontée par un nazi au dilemme inhumain de choisir – soi-disant – de sauver sa petite fille ou son petit garçon.
L’objectif de Daech ? Changer la « façon de penser » pour formater les jeunes esprits à la haine des infidèles – « des mauvais », scande-t-il – et la suprématie de la religion islamique sur toutes les autres. Le moyen d’y parvenir ? Leur couper la tête. Yahya n’a pas pu. Une fois, deux fois, trois fois, Yahya ne s’est pas résolu à décapiter les poupées.
Si l’État islamique enrôle des enfants dans le djihad, il réserve à d’autres, yézidis et chrétiens, des destinées mortelles. En mars 2015, l’ONU dénonçait, aussi, dans douze pays, les crimes perpétrés à leur encontre par les fous d’Allah. Décapitations, crucifixions, tortures, violences sexuelles, mariages forcés de fillettes de 11 ans violées, ensevelissements vivants, ventes en tant qu’esclaves, ou encore l’utilisation d’enfants déficients mentaux comme boucliers humains.
« L’islam, ce n’est pas ça », affirmait Dalil Boubakeur, suite à l’assassinat de 21 coptes égyptiens, en 2011. « L’islam sanctifie la vie », déclarait-il après les attentats de Charlie Hebdo. Il n’empêche, Yahya le répète : « Ils nous ont appris le Coran, la religion »
Et tandis que ce jeune Irakien, au mois de mars, a risqué sa vie pour s’enfuir de ce camp prônant la mort de son prochain non musulman, des gamins toulousains ou strasbourgeois de 11 ans se retrouvent en Syrie, posant, une kalachnikov à la main, se qualifiant fièrement de « moudjahidines ». C’est d’ailleurs l’unique objectif de leurs mères qui les élèvent dans « l’amour du djihad ». « C’est une situation totalement inédite », explique à ce propos David Thomson, reporter à RFI, ajoutant que « c’est la première fois qu’on a des enfants français élevés dans un groupe djihadiste ».
Des enfants français, donc, faisant partie de la soixantaine de familles ayant rejoint la Syrie. Selon l’UNICEF, des enfants utilisés comme messagers, espions, porteurs, guetteurs, agents de liaison, cuisiniers, avant d’être suffisamment entraînés pour devenir des combattants. Des enfants vivant dans un pays dont ses représentants et les médias n’ont de cesse de vanter les valeurs de paix, d’amour et de tolérance de la religion musulmane mais dont le rêve est néanmoins de tuer les non-musulmans. Des enfants français que l’école de la République, par le truchement des directives de Christiane Taubira ou Vincent Peillon, s’évertue à « arracher au déterminisme de la famille et de la religion », mais chez qui la religion se montre d’évidence déterminante…
Alors que Yahya, un Yézidi de 14 ans, n’a pu se résoudre à décapiter des poupées et rêve d’arracher sa famille des griffes de l’État islamique, des Français de 11 ans rêvent d’exterminer les non-musulmans. Drôle d’époque…

Rédigé par Gérard Brazon

Commenter cet article