Faut-il brûler Doha au Qatar ? Par Ludovic Portier

Publié le 17 Juillet 2015

PSGfootFaut-il brûler Doha ? Peut-être pas en vrai, mais politiquement il devient urgent de dégonfler cette grenouille qui, comme celle de la fable, veut se faire aussi grosse qu’un bœuf. Depuis 20 ans, ce micro-Etat désertique a dépensé des milliards d’Euros pour acquérir les richesses produites en Occident. Mais si au Royaume Uni et en Allemagne, les acquisitions qataries ont revêtu un aspect commercial, en France, celles-ci ont pris une dimension politique, voulue par Nicolas Sarkozy. L’achat du Paris Saint-Germain en particulier a donné à ce pays un poids politique et médiatique inversement proportionnel à sa taille réelle. Le Qatar s’est si profondément incrusté dans la vie politique française que certains auteurs ont parlé d’une France sous influence. Les élites politico-médiatiques qui lui ont facilité la tâche se sont justifiées en arguant de leur désir de faire entrer ce pays dans la modernité. Or, force est de constater que le Qatar n’a connu aucune évolution politique ou sociétale. La femme qatarie est toujours exclue de l’espace public.

Adepte d’un Islam rigoriste, sa législation est fondée sur la Charia. Celle-ci est caractérisée, entre autres, par les inégalités hommes-femmes, musulmans non musulmans, l’application de la peine de mort (généralement par décapitation ou pendaison) et l’application de châtiments corporels, tels que l’amputation des membres, la lapidation, la flagellation et autres « joyeusetés » islamiques. Le code pénal qatari autorise toutes ces peines ; de même qu’il interdit les relations extraconjugales. L’homosexualité peut être punie de mort. La vie politique est réduite à l’activité de la famille régnante. Les partis politiques et la presse libre n’ont pas droit de cité. Al Jazeera n’est pas autorisée à couvrir l’actualité nationale, sauf événement exceptionnel. Lors de la succession au trône de l’émir Tamim, en juin 2013, cette chaine, qui passe son temps à donner des leçons de démocratie aux autres pays arabes, s’est montrée d’une indigne obséquiosité.

Les principes de la déclaration universelle des droits de l’homme, en particulier son article 18, (droit pour toute personne à la liberté de pensée, de conscience et de religion) ne sont pas reconnus. En 2012, le poète Mohamed El Ajami a été condamné à la perpétuité puis à 15 ans de prison pour avoir déclamé cette petite phrase : « Puisque nous importons tout de l’Occident, pourquoi ne pas importer le droit et la liberté ? ». L’état des travailleurs étrangers confine à l’esclavage. Leurs conditions de travail sont inhumaines et beaucoup, notamment ceux engagés sur les chantiers de la coupe du monde, mourront avant de retourner chez eux.

Ce pays qui fricote avec l’Occident, donne asile à deux figures connues de l’extrémisme musulman : le théologien, d’origine égyptienne aujourd’hui de nationalité qatarie, Youssef El Karadawi et le « palestinien » Khaled Mechaal. Youssef El Karadawi est membre de la confrérie des frères musulmans. Ce chantre de l’islamisation forcenée du monde est judéophobe, homophobe et partisan de la Charia. Pour lui, il est licite de tuer des apostats. Il est aussi le théoricien de la conquête pacifique de l’Occident, grâce à une immigration de masse. Son émission, « Al Charia wa Al Hayat », diffusée par Al Jazeera attire jusqu’à 60 millions de téléspectateurs dont beaucoup de musulmans installés en Europe.

Le « palestinien » Khaled Mechaal est le leader de l’organisation terroriste Hamas, elle aussi affiliée à la confrérie des frères musulmans et dont la charte prône la destruction d’Israël, un Etat membre de l’ONU. A n’en pas douter, ces deux hôtes du Qatar, tous deux antisémites et antioccidentaux, ont une part de responsabilité dans les scènes de guerre civile qui se sont déroulées à Paris le 19 juillet 2014. Le premier nommé, plusieurs fois invité par l’UOIF, l’est à cause de ses prêches télévisés incendiaires et l’autre pour sa haine armée contre Israël. Mais peu rancunière, la France tend l’autre joue en vendant à l’émirat perfide des avions de guerre.

Jouant sur tous les tableaux, Hamad ben Khalifa, après avoir permis aux américains de construire une grande base militaire sur son territoire offre un cheval d’or au journaliste iraquien qui a jeté sa chaussure sur George Bush. Qu’attend l’Occident pour mettre un terme à cette duplicité ? Monarque « moderniste », il déboulonne illico presto la statue de Zinedine Zidane, figé dans son célèbre coup de boule contre Materazzi : Une idolâtrie ont crié ses bigots. Allant plus loin dans sa schizophrénie moderniste, il a, avec la complicité des autorités françaises « dhimmisées », baptisé du nom de Voltaire, un lycée où est enseignée la Charia et où est pratiquée la séparation des sexes ! Ces faits illustrent le caractère factice de son « modernisme ». Le grand réformateur musulman, Kemal Atatürk, était autrement plus courageux !

Sur le plan écologique, ce minuscule Etat rejette dans l’atmosphère dix fois plus de CO2 par habitant que les Etats-Unis. Cette grave pollution de la planète devrait le mettre au banc des nations. Mais profitant de l’ambiguïté de la politique internationale des grandes puissances, non seulement il n’est pas sanctionné mais s’est rendu indispensable sur plusieurs théâtres d’opération. En Libye, il a participé aux côtés de la France Sarkozienne, à l’élimination de Kadhafi ; aujourd’hui, il prend part à la guerre contre Bachar el Assad, pour le remplacer par qui, si ce n’est par des Wahhabites. Par ailleurs, qui peut croire à une simple coïncidence entre la montée en puissance financière de l’émirat dont la rente annuelle avoisine les 520 Milliards d’Euros et celle militaire des associations djihadistes criminelles? L’appui aux sinistres Talibans est public puisque ces derniers possèdent une représentation à Doha. En France, la radicalisation des musulmans est intimement liée aux acquisitions réalisées par ce pays, à ses pseudos plans de développement destinés, dit-on, aux banlieues islamisées (les territoires perdus de la république) et à ses subventions pour la construction de mosquées et autres chevaux de Troie d’où surgiront, (ils ont déjà commencé), les soldats d’Allah.

Frappés de cécité intellectuelle ou corrompus, les leaders d’opinion, de droite comme de gauche, y compris Marine Le Pen, étrangement affadie ces derniers temps (peur du combat ?), ne veulent pas comprendre que le message envoyé à travers ces achats tous azimuts, grandement facilités par un statut fiscal avantageux, généreusement octroyé par « Don » Sarkozy, est le suivant : Musulmans ! N’ayez pas peur de la France, elle n’est qu’une vieille putain décatie qui se donne au plus offrant et au plus viril. Nous l’avons achetée grâce à notre argent, conquerrez la par votre virilité !

Contrairement à ce que pensent des personnalités ayant assumé de hautes fonctions politiques comme « l’ami » Sarkozy ou Dominique de Villepin, qui s’est mis, susurre-t-on, au service de cet Etat encourageant le djihadisme, le Qatar ne renoncera ni à son islam rigoriste ni à sa volonté de l’imposer partout dans le monde. Pauvre ou riche, le musulman ne s’éloigne jamais d’Allah ; dans les deux cas, il redouble de zèle religieux soit pour retrouver les faveurs de son Dieu soit pour le remercier de ces mêmes faveurs. Etat opulent, le Qatar remercie Allah de lui avoir octroyé ces richesses en pratiquant un prosélytisme ouvert ou sournois.

Par ailleurs, grâce à son inépuisable rente, cet Etat a participé à la corruption d’un certain nombre d’institutions internationales à l’image de la FIFA, actuellement engluée dans un inextricable scandale. De quels atouts dispose en effet ce micro-pays désertique où la pratique du sport est quasi inexistante pour lui confier l’organisation de la coupe du monde de football, si ce n’est celui d’avoir copieusement arrosé les décideurs ? Ce pays achète tout, y compris les consciences. Acculé, Sepp Blatter a accusé Nicolas Sarkozy d’avoir pesé de tout son poids dans cette décision.

Des économistes ont relevé que le retour sur investissements réalisés par ce pays est quasi-nul. Les dirigeants de Canal plus ont même jugé économiquement irrationnelles les sommes mises sur la table par le Qatar pour décrocher la retransmission exclusive de certaines manifestations sportives comme la ligue 1. Ces têtes d’œufs…vides semblent ignorer que ces calculs d’épicier n’intéressent pas ce pays; ce Méphistophélès du désert compte recueillir les fruits de sa stratégie dans une vingtaine d’années lorsque la France et d’autres pays occidentaux seront sous sa botte ou conquis par les musulmans reconnaissants.

Jugeant ses propos offensants, comme si une dictature pouvait avoir de l’honneur, l’émirat outrecuidant a porté plainte contre Florian Philippot. Est-il décent de jouer à la vierge effarouchée quand on a soi-même condamné un poète à une lourde peine pour une parole anodine. Cette condamnation moyenâgeuse ne constitue-elle pas un acte terroriste ? Une chose est sûre : Le Qatar ne deviendra jamais la Suisse, c’est-à-dire une démocratie économiquement prospère, parce qu’il lui manque l’aiguillon de la liberté. Malgré les milliards d’Euros dépensés, il n’a pas profité du moindre transfert technologique et n’a gagné aucun arpent de terre arable sur le désert. Il continue à tout importer de cet Occident honni. Il vient d’acquérir 24 Rafale qu’il ne pourra pas utiliser sans l’assistance technique de la France.

Faut-il donc brûler Doha ? Qui douterait de la réponse maintenant que nous connaissons la nocivité de cet Etat et le danger qu’il représente pour l’Occident en général et la France en particulier. Caton l’ancien répétait sans cesse « Delenda Carthago est !». Nous dirons aujourd’hui « Delenda  Doha est !».

Ludovic Portier

Rédigé par Gérard Brazon

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