Le prof. Sami Aldeeb prévoit que l’islam ne survivra pas jusqu’en 2050. Par Anne Lauwaert

Publié le 16 Juillet 2015

Le prof. Sami Aldeeb prévoit que l’islam ne survivra pas jusqu’en 2050 J’aimerais rappeler cette réflexion qui a été publiée sur le site “Enquête et Débat” en  2011.

 Par Anne Lauwaert pour Les Observateurs Suisse, à ne pas confondre avec l'Obs français bien pensant.

Un jour ou l’autre il fallait se décider à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. C’est ce qui a été fait le 18 décembre 2010 lors des “Assises internationales sur l’islamisation de nos pays » organisées par Riposte Laïque.

Les faits ont été exposés. Maintenant il s’agit de trouver le moyen de résoudre les problèmes. Durant cette conférence on a parlé du fondamentalisme islamique. Toutefois nous ne pouvons ignorer la violence démontrée par d’autres religions. Certaines manifestations hindouistes ou chrétiennes évangélistes ou orthodoxes etc. inspirent, elles aussi, de l’appréhension. N’a-t-on pas vu des moines bouddhistes attaquer des églises chrétiennes dans le Sri Lanka ?
14 chamans ont-ils été tués par des « fondamentalistes protestants » 
en Amazonie ?
La question fondamentale est donc de savoir si les religions sont fondées c’est-à-dire si les dieux existent : quand et pourquoi les dieux sont-ils apparus dans l’histoire de l’humanité ?
Quand les premiers humains ont observé les phénomènes naturels ils ont cru que des puissances surhumaines géraient les éléments. Le savoir était concentré entre les mains d’initiés.

Aujourd’hui l’enseignement est entre les mains de l’éducation nationale, la santé est gérée par les médecins, la justice par les lois civiles et les tribunaux, l’astronomie étudie l’univers, etc. La connaissance est décentralisée, se spécialise et continue à approfondir la recherche. Quand on butte sur un problème incompréhensible, on ne dit plus « c’est dieu », on dit « on ne sait pas encore mais la recherche scientifique est en cours ».
 

De tous temps les hommes ont voulu « comprendre ». La Genèse ne raconte pas comment le monde a été créé, mais est une tentative d’explication que les gens de l’époque ont donné à ce qu’ils voyaient autour d’eux, une tentative de réponses aux questions qu’ils se posaient.
C’est le principe du poisson rouge : si je ne connais pas l’histoire de la sélection des carassins et que je me demande pour quelle raison mon poisson rouge est rouge, je peux suggérer qu’il est fâché, qu’il a trop chaud, etc.
-« D’où vient ce monde qui est autour de nous ? »
-« Quelqu’un de supérieur à nous l’a créé. »

Les dieux ont été des réponses que les hommes du passé ont donné aux questions auxquelles alors ils n’avaient pas de réponses. C’est ce que nous lisons dans les mythologies.

 

Les religions ont été parmi les premières tentatives pour donner aux humains des règles d’hygiène et des codes de comportement pour permettre le vivre ensemble. Progressivement les connaissances et les lois civiles ont remplacé les commandements religieux.
Les esprits particulièrement brillants étaient forcément inspirés par des êtres supérieurs : anges ou dieux alors que maintenant nous parlons de QI.
Aujourd’hui nous devons nous interroger sur ce qui subsiste des dieux dans notre monde.
Quand quelqu’un croit que dieu existe, il doit se demander où ? comment ? pour quelle raison ?

Notre civilisation n’est pas basée sur la foi, mais sur la raison : aucune machine ne fonctionne avec une croyance mais avec la réalité rationnelle et concrète. (Si la Suisse est à la pointe du progrès c’est parce que l’éducation, l’enseignement, la recherche scientifique sont parmi les meilleurs au monde).

Nous savons que l’univers n’a pas été créé mais est constitué d’une masse chimique qui éternellement se combine et se défait.
Si certaines combinaisons sont évoluées au point de produire des êtres aussi magnifiques que les fleurs ou les animaux, il ne s’agit là que d’un long raffinement obtenu par le fait que ne survivent et ne se reproduisent que les combinaisons les plus judicieuses alors que les autres disparaissent.
C’est aussi simple que ça, il n’y a pas de mystère.
Chacun doit avoir le droit de croire ce qu’il veut. Toutefois personne ne peut avoir le droit d’enseigner des erreurs ou d’empêcher qu’on enseigne la réalité scientifique dans le cadre de l’éducation nationale.
C’est le rôle de la protection de la jeunesse et des mineurs que de leur assurer, dans le cadre de l’obligation scolaire, un enseignement basé sur la rigueur scientifique.
Les personnes éduquées dans une ambiance « croyante » partent du postulat que les dieux existent, ne se posent pas la question et souvent, ne savent même pas qu’on puisse se la poser. Il est urgent de les informer de cette possibilité.
Même la Constitution Helvétique commence par : "Au nom de Dieu Tout-Puissant! Le peuple et les cantons suisses, Conscients de leur responsabilité envers la Création, Résolus à renouveler leur alliance pour renforcer la liberté, la démocratie, l’indépendance et la paix , etc.…"
Aujourd’hui, l’effervescence des fondamentalismes nous accule à affronter la question. La conclusion que les dieux n’existent pas va entraîner un bouleversement non seulement dans les organisations aussi monumentales que le Vatican, mais aussi dans tous les pays théocratiques où Église et État ne sont pas séparés.

Si dieu n’existe pas, la loi de dieu devient caduque et ces pays tombent dans l’absence de loi c’est-à-dire le chaos. La laïcisation ne peut se faire que progressivement, mais est inévitable et indispensable pour mettre fin aux conflits religieux.
Nous vivons une époque de grands bouleversements comparable à ce qu’a été la Renaissance. Pendant la Renaissance des questions révolutionnaires ont été posées. Les réponses qui ont été données, au départ, ne semblaient pas possibles.
Des hommes de science ont été tués parce qu’ils ont décrit la réalité et dit la vérité.
La révolution actuelle remet en question les valeurs qui pourtant semblaient définitives et étaient sacrées.
La famille traditionnelle n’existe plus : les noyaux familiaux se font et se défont.
Nous savons que les humains sont des mammifères et que les mammifères ne vivent pas en couple. Cela va nous obliger à moderniser tout ce qui a trait à la famille par exemple les lois sur la transmission des biens : avec les mariages successifs les héritages deviennent inextricables. Il devient de plus en plus inacceptable de ne pas pouvoir décider soi-même du partage de ses propres biens. La fragmentation des patrimoines conduit à l’appauvrissement général.
La « mobilité » et l’insécurité de l’emploi empêchent la stabilité du logement et du couple.
Pour sauver la planète il faut réduire la pollution et donc la production qui elle doit en premier lieu satisfaire, non pas l’exportation, mais les besoins locaux sinon le mécontentement et la faim produisent la révolution mais aussi les migrations.
La vie elle-même a changé de valeur : on crée des enfants artificiellement, on avorte, on euthanasie et ce n’est plus le hasard ou la volonté divine mais le planning qui décide de la procréation.
Si dieu n’existe pas, alors ni la vie éternelle, ni le paradis n’existent. Donc ceux qui s’aiment ne vont pas trouver le bonheur éternel après la mort, mais doivent vivre leur amour ici et maintenant car après ce sera trop tard.
Les gentils, ou les pauvres ne seront pas récompensés et les méchants ou les riches punis, dans l’au-delà par un dieu juste. La justice doit être rendue ici et maintenant.
Tuer et mourir dans les guerres, souvent au nom de dieux, en espérant le bonheur éternel après la mort, s’avère un mauvais calcul.
Plus aucun gouvernement ne pourra pousser ses citoyens à partir en guerre sur la base des « Gott mit uns ».
Chacun va vouloir être heureux, il va falloir organiser le partage du bien-être… « Les pauvres » vont vouloir leur part du gâteau, mais « les riches » ne vont pas vouloir être les seuls à travailler pour produire du gâteau… Donc « les pauvres » vont devoir retrousser leurs manches… Qui veut le bien-être occidental doit appliquer les règles occidentales : éducation et travail. L’égalité en droits impose l’égalité en devoirs.
Puisque les enfants ne vont plus être considérés comme des « cadeaux » de dieu, on va contrôler la démographie. Le gâteau de notre planète est limité. Plus il y a de bouches à nourrir, moins les assiettes sont garnies. On arrivera enfin à la gestion rationnelle de la population mondiale.
Au moment où la procréation devient un acte délibéré, la réflexion s’impose sur le fait que personne ne demande à naître et que donc obliger un être à vivre comporte une grande responsabilité. Ceux qui ne veulent pas vivre ont-ils droit à la drogue, l’alcool, le suicide ?
Ce sont des questions délicates, mais il vaut mieux anticiper et se les poser paisiblement plutôt que d’y être acculés dans l’urgence.
On n’a pas encore pris la mesure des changements qui se préparent.
La Renaissance a commencé au XIV et s’est prolongée pendant les XVème et XVIème siècles. Les idées nouvelles ont été diffusées pendant ces 300 ans grâce à l’invention de l’imprimerie.
Pendant notre Renaissance actuelle, les idées nouvelles se répandent à la vitesse d’Internet et de l’@mail … Une fois que le mouvement sera lancé, il va aller très vite…
Or le mouvement est lancé car la réflexion sur les nouvelles religions, nous oblige à examiner toutes les religions et la réponse va concerner toute l’humanité. Que les églises catholiques se vident signifie que quand les personnes sont obligées d’examiner la religion (par exemple en cas d’abus sexuels) elles la rejettent. Comment la crise économique et sociale va-t-elle pousser les Grecs à réagir par rapport à l’église ?
Que parallèlement les conversions à de nouvelles religions augmentent signifie que l’éducation nationale ne fournit pas une base philosophique et morale suffisante à former des individus autonomes.
Les puissances religieuses ont senti venir l’orage et au travers d’organisations comme l’ONU elles cherchent à imposer des lois qui empêchent la critique des religions, punissent le blasphème et suppriment la liberté d’expression. Mais ces freins ne peuvent arrêter le cours de l’Histoire.
Nous chérissons encore nos illusions romantiques au sujet des religions et aimerions tant retrouver ceux qu’on aime dans un paradis parfait et éternel, mais petit à petit il faut bien se résigner à examiner les croyances: même le fabuleux bouddhisme tibétain n’est-il en fait qu’une théocratie moyenâgeuse ?…

Aussi longtemps que les religions respectent la séparation Église-Etat elles peuvent vivre en paix, mais au moment où une religion risque d’enfreindre cette séparation il est de l’intérêt d’un chacun d’analyser le phénomène religieux dans son ensemble.

 

En conclusion : oui l’arrivée de nouvelles religions en Europe va détruire la « vieille » Europe en ce sens qu’en nous obligeant à réfléchir sur la religion, elles vont nous pousser à devoir constater que les dieux n’existent pas, ce qui va détruire la « vieille vision » et réduire les religions à « faits culturels ».
L’Occident n’a pas déclaré la guerre aux religions, mais en venant en Europe, les religions nouvelles venues se confrontent à la laïcité et à l’athéisme, ce qui les entraînera dans une débâcle générale.

 

Partout dans le monde, des athées font leur “coming out”. Au lieu de combattre les religions dans la violence, ne peut-on pas les dépasser pacifiquement ?
Tel le fameux phénix renaissant de ses cendres, le monde, libéré du carcan théocratique, renaîtra démocratique : les lois imposées au nom des dieux auront eu leur utilité et fait leur temps et cèderont naturellement le pas aux lois votées par les hommes.
La Suisse est appelée à jouer un rôle capital car elle porte le flambeau de la démocratie directe.
La question est donc de savoir si l’humanité a besoin de passer par de nouvelles guerres de religion (menées par des chefs religieux accrochés à leurs pouvoirs) pour accéder à la démocratie ou si le bon sens (du citoyen de la base) permettra de franchir cette étape (grâce aussi aux moyens de communication) tout simplement en désertant pacifiquement les religions de façon à ce que cette guerre n’ait pas lieu faute de combattants.

Anne Lauwaert

Rédigé par Gérard Brazon

Commenter cet article