Un pays en feux avec des journalistes qui font les trois petits singes: rien voir, ni entendre, ni dire !

Publié le 16 Juillet 2015

Le monde s'agite ! Notre pays est submergé par l'information. Un fait bouscule l'autre, feux d'artifice ici, incendie de voitures là, et des cris de joie devant les flambées pour les uns et les gerbes pétillantes et éphémères dans les ciels étoilés de la  nuit parisienne!
Certains feux sont, semble-t-il plus méritoires que d'autres pour les médias. Allez savoir pourquoi. Les feux des incendies de voitures et de poubelles d'Issy les Moulineaux, de Boulognes-Billancourt, de Nantes, de Marseille, de Paris et dans tellement d'autres villes de France, n'éclairent pas nos charmants journalistes de la bien pensance qui ne les voient pas ! Forcément, puisqu'ils ont le nez en l'air à regarder d'autres feux plus ludiques et plus festifs.
Et puis après tout, ce ne sont que des voitures brûlées, des feux de poubelles, des CRS sur le pied de guerre et des pompiers aux feux ! Normal!
Photos de Julien Dufour (@dufour92100)
On ne peut pas être sur les Champs, même élyséens, et dans les périphéries des banlieues en émeutes. Nos journalistes ont bien compris que "l'information" aujourd'hui doit-être souriante, faire plaisir au bon peuple, le rassurer, lui dire les mots bleus, ceux qui rendent les gens heureux. Alors nos communicants et pour notre plus grand bonheur bien sûr, transforment les mots vrais, ceux qui ont un sens commun, compris par tous, mais qui malheureusement rendent les citoyens tristes, voire souvent désespérés devant la dureté des "choses de la vie". Cette fâcheuse vérité si tenace qui traduit dans ce pays, un véritable champ de misère relativiste, et à tous les points de vue.
Nos braves journalistes suivent, et décrivent la réalité en prenant des précautions élémentaires de type Polnaréfien: Je l'appellerai sans la nommer, je suis peut-être démodé, le vent d'hiver souffle en avril, j'aime le silence immobile. Entendez cette musique des mots qui disent… sans rien vous dire.
Nous sommes devant notre télévision et d'année en année, nous entendons les mêmes bruits de nos intervenants. En hiver il fait froid, pensez à vous couvrir, aux SDF, au Restaurant du cœur, etc. Et puis, c'est bientôt le Printemps, en avril ne te découvre pas d'un fil, etc. En été, il fait chaud, forcément trop chaud, et attention aux petit vieux, sans compter la sécheresse qui, on se demande pourquoi, n'a jamais lieu au mois de mars. En automne, les feuilles mortes se ramassent à la pelle, et c'est reparti pour un tour.
Entre temps, il y a eu la Grèce, les mensonges des uns, les promesses des autres que l'on peut mettre dans le même panier d'ailleurs. On a joué à se faire peur ? Non, chers lectrices et lecteurs, on joue à faire peur à Ducon et à Dugland qui s'interrogent, se demandent si l'€uro finalement, ce n'est pas une escroquerie, un piège à con-tribuables béats.
Dugland pense que la Grèce va sortir de l'€uro et que ce sera l'occasion de voir si les Grecs ont des couilles !
Ducon pensent que c'est lui qui va encore payer la facture des Grecs et n'a pas envie de vérifier de prés si les grecs en ont !
Bien entendu, tous nos journalistes de la bien pensance aux ordres, nous disent le regard grave, que la situation va être catastrophique, sortir de l'€uro, quelle folie n'est-ce pas ?
Monsieur Ducon commence à gueuler assis dans son canapé en sirotant une bière, et Dugland se marre d'avance.
Sauf que les dés sont pipés, le Grec Tsipras, premier ministre de service à Bruxelles, est sorti d'une nuit blanche et a dit à la Presse: "même pas mal" ! Dugland s'est demandé pourquoi on dit "va te faire empapaouté chez les Grecs" si à Bruxelles c'est l'inverse ? Ducon a ricané et imagine encore qu'il va se faire rembourser. Les journalistes lui ont dit que c'était son argent !
Au fond du fond, et bien profond,  Dugland et Ducon n'ont pas compris que l'argent que l'on va leur prendre demain, va servir uniquement à payer non pas le Capital, mais seulement des intérêts aux financiers, ceux des marchés boursiers et renflouer les banques ! Peut-être et accessoirement, dans une moindre mesure, il servira à relancer l'économie Grec dont tout le monde se fout royalement. Les Grecs vont crever à petit feu, mais ils ont la plage, le soleil et ne dit-on pas que la misère est moins triste au soleil !
Comment dire à Ducon et Dugland que le jeu consiste à endetter les peuples et ensuite, les obliger à rembourser des intérêts qui s'accumulent à grande vitesse sans jamais pouvoir rembourser le capital.  Imaginez que vous payez à vie votre voiture, votre logement sans jamais pouvoir rembourser le premier centime de votre dette originelle. L'enfer, l'esclavagisme, la soumission, c'est la perte de votre  liberté comme au 18iém siècle où des Patrons prêtaient sous forme d'avance, les salaires calculés pour ne pas permettre de vivre décemment ! L'ouvrier s'endettait en permanence. Coincé à vie.  Les peuples vont vivre cet esclavage, cette soumission à la finance, celle d'ailleurs le plus souvent et particulièrement celle des États-Unis. Endettés à vie, et donc soumis à vie. L'UE comme machine à cash !
Nos journalistes sont ravis, heureux, ils ont fait le job ! Le boulot est fait, le bon peuple est intoxiqué et accepte déjà la "vaselinade attitude". Hollande se prend pour le sauveur de l'Europe, et Dugland et Ducon vont aller se coucher. Demain est un autre jour !
Demain c'est la fête, le 14 juillet ! Ducon se vautre dans son canapé pour regarder la télé et le défilé. Il est content le bonhomme, la bière est fraîche. Dugland regrette de ne pas pouvoir aller aux feux d'artifices à Paris.
C'est deux-là habitent le même HLM, la même cité, le même quartier, la même ville, le même département, la même région, le même pays et c'est la bagnole de Ducon qui crame la première dans la soirée. Il hurle, appelle les pompiers, mais les pompiers sont sur d'autres feux de poubelles, de bagnoles. C'est reparti pour un tour.
Dugland s'en fout car il y a bien longtemps qu'il n'a plus de voiture ! Depuis que des "jeunes" défavorisés issus de sa cité difficile, lui ont barbotée. Il l'a retrouvée en pièces détachées… Quand il a gueulé après ceux qu'il soupçonnait, il s'est pris une mandale et a dû filer son futal ! Depuis c'est laisse béton !
Si les flics s'en foutent, que la justice ne fait que rappeler à la loi pour la 50 iém fois le même délinquant, pourquoi va-t-il risquer la vie de ses gosses ! D'ailleurs, ces gosses ont fini par se convertir, pour avoir la paix, mais sa femme refuse de mettre les voiles ! Combien de temps ?
Les journalistes ne connaissent pas la vie de Ducon et Dugland! Ils sont tranquilles, ils sont peinards, assis au comptoir. Ils votent socialistes ! Normal.
De temps en temps, il est demandé à ces braves gens de la boucler! Normal.
C'est tout derniers temps, on leur a demandé de jouer avec le sens des mots! Par exemple, en plus de déséquilibré, il est conseillé de parler d'actes malveillants lorsque l'on ne peut pas taire l'information gravissime.
Deux citernes en flamme et un panache de fumée noire sur plusieurs dizaines de kilomètres, ce n'est pas comme des voitures qui crament dans les banlieues ! Il faut donner l'information. Pas question de faire le lien avec le vol des munitions qui s'est produit quelques jours avant à Miramas à deux pas des incendies.
Nous sommes dans des "actes malveillants". Avouez qu'il faut le faire quand même. Deux citernes explosent quasi en même temps, mais ce ne serait que des actes malveillants, commis sûrement pas des "déséquilibrés" qui, à défaut de couper une tête, se sont payés deux citernes. Amalgames ?
Pas de panique braves gens. Les journalistes veillent à calmer le jeu, à faire que Dugland soit content de ne plus avoir de voiture, des gosses convertis et qu'ils se disent que cela aurait pu être pire: il a encore la télé !
Ducon est passé au commissariat, et comme il était en rage, il a passé la nuit en garde à vue parce qu'il s'est laissé un peu aller. On ne peut pas dire que l'on va prendre un "déséquilibré" pour taper sur un autre ! En France, on ne fait pas justice soi-même ! Enfin pas tout le monde, car dans les cités, certains se font descendre dans l'indifférence la plus totale. Normal, ils sont tous déséquilibrés !
Dugland et Ducon ne votent plus depuis longtemps, il paraît que les politiques sont tous des pourris. Normal ?
Gérard Brazon 

Rédigé par Gérard Brazon

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