La police en colère? Qu’on lui donne de la brioche ! Par Gérard Brazon

Publié le 15 Octobre 2015

20151014_140335La police est en colère ! Elle manifeste son désarroi, son incompréhension et elle a raison. Le délinquant victime de fait, le clandestin qui devient par la magie du vocabulaire le réfugié, le policier coupable par définition, la société anxiogène et raciste forcément.

Les policiers n’en peuvent plus et cela ne date pas d’hier. Je me souviens dans les années 1990, sous l’ère de Mitterrand  et Chirac, je faisais partie d’une brigade de surveillance assurant le contrôle et la protection des voyageurs et du personnel de mon entreprise. Je ne compte plus le nombre de fois où nous sommes sortis des commissariats après le « sans papier », ou le jeune délinquant. À tel point que nous en étions arrivé à ne plus nous formaliser.

Je me souviens de la réflexion d’un policier lorsque je lui faisais remarquer mon étonnement face à sa bienveillance et surtout sa familiarité avec le délinquant guère traumatisé par sa présence au commissariat, familiarité qui m’agaçait prodigieusement: nous habitons dans leurs immeubles, nos enfants vont à l’école avec eux ! Que croyez-vous que je puisse faire d’autres?  Imparable ! Les policiers, les gendarmes ne vivent pas en vase clos. Ils sont dans la foule et leurs familles vivent avec cette épée de Damoclès ! Les gardiens de l’ordre sont enfermés dans une prison sociétale et sous surveillance de l’entourage. Gare à la femme de policier, gare aux enfants de policiers et de gendarmes, gare aux voitures et appartements. Ils ont les habits de l’ordre, ils parlent en gardien de l’ordre et ne sont en fait que des gardiens de l’ordre nus et sans défense. La corde au cou, le couteau sous la gorge, la peur au ventre, l’inquiétude pour leur famille. C’était déjà ça la face cachée de l’ordre républicain d’hier et c’est encore celui hélas, d’aujourd’hui.

Plus de vingt ans après, rien n’a changé ! Mitterrand, Chirac, Sarkozy et désormais Hollande. Depuis 1981, rien n’a changé, et tout à continué chanteraient les Poppys.

Après 14 ans de Mitterrandie, 12 ans de Chiraquie, 5 ans de Sarkozy (celui qui devait passer le Karchër) et 3 ans d’hollandisme ! En tout, 34 ans d’impuissance, d’abandons, de renoncements, de lâchetés, d’explications oiseuses, de compréhensions douteuses, de justifications scabreuses, de foutages de gueule des citoyens fuyant les cités quand ils le peuvent ou réduit à se convertir pour s’effacer, se diluer, s’évanouir dans l’air ambiant ! 34 ans, Une carrière entière et encore des politiciens qui, comme le sonneur de minuit, affirment et expliquent que tout va bien ! Il est minuit, dormez bien braves gens ! Milan Kundera disait: être dans l’air du temps,c’est être dans la stratégie de la feuille morte. Cela fait 34 ans que cela dure, nous ne serons bientôt plus que de l’humus !

Ce sont des policiers et des gendarmes en rupture de ban et pour cause, puisque ce sont eux désormais qui se retrouvent sur les bancs de la justice, et pire le plus souvent, sur la sellette, ce petit tabouret du moyen-âge ou était cuisiné le coupable d’avance !

Les policiers en colère ? Et comment ne le seraient-il pas ? Eux qui se retrouvent entre le marteau Cazeneuve et l’enclume Taubira. Entre les diktats d’un ministère à la Don Quichotte et la décision laxiste d’un autre. L’un mouline, et l’autre fait du vent. Tant pis si les policiers et les gendarmes s’enrhument, voire pire…

Les policiers en colère n’ont pas la main, les syndicats de police ont trop à perdre. Il y a fort à parier que leurs gesticulations ne seront qu’un pet de lapin dans l’air du temps. Chacun fera avec les discours rassurants, les promesses politiques, les retours de bâtons qui suivront pour les plus récalcitrants et tout redeviendra comme avant et l’on abordera la 35 iém année sans que rien n’aura véritablement changé !

Le changement nécessaire est d’ordre politique et sociétal, il est dans la vision de la société post soixante-huitarde. Il est dans un retour au bon sens, à l’autorité naturelle du policier. Qui a peur du gendarme hormis l’automobiliste qui craint pour ses points, son permis de conduire?

Le changement passe par une justice qui cessera de considérer les victimes comme de potentiels coupables ! Une justice qui ne supposera pas que les coupables d’agressions, de vols à la tire, de viols sont des potentiels victimes de la société, de leur environnement, du biberon que maman n’a pas donné, du prof tentant d’enseigner son savoir, du policier, et aussi des magistrats qui trouvent drôle d’afficher sur un mur, des photos de ceux qu’ils considèrent êtres des « cons », et particulièrement des parents dont les enfants ont été assassinés ! Très drôle en effet mais surtout révélateur de cette société du mépris !

Le changement serait que les parents soient de réels responsables, des justiciables des faits de leur progéniture, des citoyens payants s’il le faut les dégâts de leurs enfants, y compris mensuellement s’ils sont abonnés à l’assistanat ! Ce n’est pas la pauvreté qui est délinquante de facto, c’est le laxisme éducatif ! Qu’ils cessent aussi de prendre leurs enfants pour des rois, qu’ils sachent qu’un enfant ne se balade pas dans les magasins en hurlant et en faisant des scènes à sa mère, une mère et un père tétanisés par les doltoistes, ces gauchistes éducatifs, qui considèrent que l’enfant est intouchable et traumatisable sitôt qu’il se prend une remontrance ou une gifle. Ah Françoise Dolto, que de mal vous avez pu faire avec votre discours sur l’autorité et l’enfant roi ! Il est le premier à en payer le prix fort.

Le changement passera par la volonté de renverser dans le bon sens, cette pyramide sociale qui fait que chacun reviendra à sa place et fera son devoir ! Les parents au centre, citoyens d’une nation respectueuse des libertés, des droits et des devoirs de chacun, soutenus par une hiérarchie judiciaire, sociale, politique et policière respectueuse des lois qui s’appliquent à tous et à chacun.

Quand des politiques sont exempts de justice, quand la justice devient laxiste pour les uns, et dure pour les autres, quand elle sanctionne la liberté d’expression au nom des libertés, quand des associations s’auto-décrètent porte-parole de la vérité sans appel, quand les gardiens de l’ordre se retrouvent victimes, il ne peut pas y avoir dans ces conditions, de véritables changements.

Les policiers sont en colère? Cela finira bien par passer se disent nos énarques, nos dirigeants, nos responsables ! Je crains hélas, que c’est exactement ce qui va se passer. Jusqu’au prochain coup de « colère » ou changement réel de politique !

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Commenter cet article