Syrie, en savoir un minimum sur ce pays avant de juger.

Publié le 24 Octobre 2015

Chronologie historique des relations entre la France et la Syrie dans leur contexte mondial

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Le territoire de la Syrie actuelle dans l’antiquité

3000 av. J.-C. – Les Amorites, peuple sémitique guerrier, et les Cananées habitent la région.

A partir de 1700 av. J.-C. – Le Sud de la Syrie fait partie de l’empire égyptien.

Vers 1480 av. J.-C. – Dans le Nord de la Syrie, divers royaumes fondent l’empire Mitanni.

Vers 1330 av. J.-C. – Toute la Syrie tombe aux mains des Hittites malgré les tentatives du pharaon Toutankhamon.

La Syrie juive

En 960 av. J.-C. – David, roi des Juifs, gouverne le royaume Ammon, au sud de la Syrie.

722 av. J.-C. – Les Assyriens menés par Sargon II dévastent Israël, le royaume d’Israël cesse d’exister.

333 av. J.-C. – Alexandre le Grand, en route pour l’Egypte, envahit la Syrie. Après sa mort, la Syrie tombe aux mains des Séleucides (à l’origine de la construction d’Apamée notamment).

La Syrie Romaine

64 av. J.-C. – Les Romains, conduits par Pompée, prennent Damas. L’ouest de la Syrie et de la Palestine qui devient la nouvelle province romaine de Syrie.

272 – Aurélien détruit Palmyre.

La Syrie chrétienne (527-658)

527/565 – Au cours du règne de Justinien, le christianisme s’impose. La Syrie est rattachée à l’empire d’Orient dont la capitale est Byzance.

615 – Les Perses prennent Damas. (aujourd’hui, les Perses sont les Iraniens)

636 – La Syrie tombe aux mains des Byzantins.

Invasion musulmane

On notera que l'islam s'est imposé par la conquête et a pratiqué l'éradication du fait chrétien. L'islam n'était déjà pas à l'époque, une religion "d'amour, de paix et de tolérance". L'islam était déjà un systéme politique conquérant, dictatorial et sans pitié pour les cultures qui l'ont précédées. ndlr GB

658 – Mu’awiya, gouverneur de Damas, se proclame successeur de Mahomet et fonde la dynastie des Omeyyades. Damas devient la nouvelle capitale politique, en remplacement de Médine, aujourd’hui en Arabie Saoudite. La période des Omeyyades qui s’ouvre est marquée par la construction de nombreux monuments (mosquée des Omeyyades à Damas).

Début du VIIIe siècle – La Syrie est le centre du nouvel Empire musulman qui couvre l’Espagne, l’Afrique du Nord, le Proche-Orient, la Perse (l’Iran actuel) jusqu’à l’Inde.

750 – Les Abbassides renversent les Omeyyades, prennent le pouvoir et transfèrent le califat à Bagdad. La Syrie connaît un rapide déclin.

Milieu du IXe siècle -Déclin de la puissance abbasside. La Syrie va être alors successivement dominée par les dynasties Tulunide puis Ikhshdide.

980 – Une partie de la Syrie dont Damas tombe sous le joug des Fatimides. Alep et le Nord de la Syrie sont sous le contrôle des Hamdanides, une dynastie chiite.

Fin du XIe siècle – La Syrie est rattachée aux dynasties seljouquide, zankide et ayyoubide. Unification de la Syrie et de l’égypte.

1096-1291 – La Syrie divisée est envahie par les croisés qui, durant cette époque, construisent une série de châteaux forts dont le Krak des Chevaliers. (Ce qui ne fait pas des croisés des envahiseurs mais des chrétiens qui à l'appel du Pape de Rome, ont tenté de revenir sur une terre chrétienne. ndlr GB)

1401 – L’Envahisseur mongol Tamerlan met à sac Alep et Damas. Son règne, de courte durée, provoque le déclin de la Syrie mamelouk.

Empire Ottoman (1510-1918)

De 1510 au XIXe siècle – Occupation des Turcs ottomans pendant quatre siècles. Mais la plus grande partie des régions désertiques du pays restent aux mains des tribus bédouines. Damas et Alep sont, durant toute cette période, d’importantes villes de commerce. Des marchands vénitiens, anglais et français s’installent à Alep. Des groupes d’intellectuels arabes raniment le sentiment d’identité arabe.

Invasions européennes

Fin du XIXe siècle – La campagne de Bonaparte en Egypte ouvre la voie à une série d’interventions militaires européennes.

1914 promesse faite en 1914L’Angleterre, pendant la guerre de 1914, avait fait au Chérif Hussein, par l’intermédiaire de son haut commandement militaire en Egypte, la promesse formelle de la constitution d’un grand Empire arabe. Elle y est restée fidèle, de même que les populations auxquelles elle avait été faite l’ont toujours retenue.

1914-1918 – Pendant la Première Guerre mondiale, la Syrie est le théâtre de combats entre les Turcs soutenus par les Allemands et les Syriens soutenus par les Britanniques.

Fin 1918 – L’armée britannique occupe la Syrie.

Septembre 1919

En septembre 1919, Loyd Georges et Clemenceau, chefs des gouvernement britanniques et français, s’accordent finalement sur le partage de l’empire ottoman au Moyen Orient. Après des mois de tergiversations en marge de la Conférence de Paix de Versailles, Clemenceau a laché la région de Mossoul riche en pétrole et les Britanniques ont accepté le protectorat français sur le reste de la Syrie et le Liban. Vidéo de Jakob Schlupmann  

Le mandat français

1920 – En mars, les nationalistes arabes proclament Faysal, roi de la Grande Syrie (qui inclut la Palestine et le Liban).

En avril, la Syrie est placée sous mandat français par la Société des Nations.

1925/1926 – Insurrection contre la présence française. La France bombarde Damas à deux reprises.

1928  L’Égyptien Hassan-el-Banna fonde l’association des Frères musulmans qui a pour objectif une renaissance islamique à travers la lutte contre l’influence occidentale, en particulier celles des Anglais et des Français.

1932 – Premières élections législatives.

1939 – Le sandjak d’Alexandrette (actuelle province turque d’Hatay) est rattaché à la Turquie.

1940 – La Syrie est placée sous le contrôle du gouvernement de Vichy. Création du parti Baas.

1941 – En juillet, elle passe sous le contrôle des forces alliées franco-britanniques.

29 mai 1945, alors que la lutte du parti Baath pour l’indépendance s’intensifie, le gouvernement français, sous la présidence du général de Gaulle, donne l’ordre au général Oliva-Roget de bombarder Damas. Une partie de la ville est détruite, on dénombre des centaines de morts. Événement comparable à la répression de Sétif en Algérie, qui a eu lieu trois semaines plus tôt, mais dont on ne parlera presque jamais, car elle n’a eu aucune suite sinon l’intervention des Anglais. Les Britanniques reprennent enfin la main, dans des conditions encore à élucider, et la Syrie obtient son indépendance en 1946.

1946 – Avril, indépendance de la Syrie.

1948 Création de l’Etat d’Israël. Deux nouveaux acteurs vont entrer dans l’histoire tumultueuse de la région, Israël et les Etats-Unis. La Cause palestinienne va devenir le prétexte à de nombreux affrontements dans la région et dans le monde entier

De 1949 à 1954 – Série de coups d’état.

1956 premier contrat d’armement signé par la Syrie avec la Russie

République arabe unie : la Syrie fusionne avec l’Egypte de Nasser

1958 – La Syrie fusionne avec l’Egypte sous la présidence de Nasser et devient la province septentrionale de la République arabe unie.

La Syrie reprend son indépendance

1961 – Septembre : restauration de l’indépendance syrienne à la suite d’un coup d’état militaire.

1963 – Reprise du pouvoir par le Baas. Amitié syro-russe

1964 – Révolte de Hama

1966 – L’aile radicale du parti Baas prend le pouvoir le 23 février et Hafez el-Assad, commandant en chef de l’aviation, devient ministre de la Défense.

Juin 1967 – Guerre des Six-Jours. Suite au conflit, le Plateau du Golan est annexé.

Election de Hafez Al-Assad

1970 – Hafez el-Assad prend le pouvoir en novembre, devient Premier ministre et secrétaire général du Baas.

1972 – Hafez el-Assad est élu en septembre président pour un mandat de 7 ans.

(...)

En 1940 la Syrie est encore française. Fidèle à Vichy, elle est l’objet de tractations entre Darlan et les Allemands qui obtiennent, lors du traité de Paris, en 1941, des bases aériennes : on est au sommet de la collaboration militaire entre la France et l’Allemagne. Les Anglais sont furieux et mènent très vite campagne, soutenus par les forces naissantes des Français libres. La Syrie est une tache dans la mémoire française : la campagne de Syrie (juin-juillet 1941) voit s’affronter Français fidèles à Pétain et FFL…

L’an dernier, dans notre numéro 1966 consacré aux Compagnons de la Libération, Robert Galley nous confiait ses souvenirs de cette campagne : « J’ai su que les Vichyssois recevaient des avions allemands, ce qui m’a persuadé de me battre contre eux, même s’ils étaient français. Ils ont signé l’armistice avec les Anglais à 11 heures du matin, mais juste avant, de 9 à 11 heures, ils ont vidé sur nous tous leurs casiers à munitions. De vrais salopards. » Inutile de préciser que tout ne fut pas rose dans les camps de prisonniers vichyssois à Tripoli.

Autre épisode intégralement oublié des relations franco-syriennes, et même de l’histoire de notre pays : le 29 mai 1945, alors que la lutte du parti Baath pour l’indépendance s’intensifie, le gouvernement français, sous la présidence du général de Gaulle, donne l’ordre au général Oliva-Roget de bombarder Damas. Une partie de la ville est détruite, on dénombre des centaines de morts. Événement comparable à la répression de Sétif en Algérie, qui a eu lieu trois semaines plus tôt, mais dont on ne parlera presque jamais, car elle n’a eu aucune suite sinon l’intervention des Anglais. Les Britanniques reprennent enfin la main, dans des conditions encore à élucider, et la Syrie obtient son indépendance en 1946.

Il ne s’agit évidemment pas de comparer des bombardements français avec les bombardements actuels, intolérables, inadmissibles, sur les populations civiles. Il s’agit seulement, aussi désagréable cela soit-il, de rappeler des faits largement ignorés.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoires des peuples

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Ronaldegaule 24/10/2015 20:23

Il ne fait aucun doute que l'HISTOIRE, n'est jamais rapportée dans son intégralité et le plus souvent elle est aménagée, interprétée ou partiellement ignorée, pour soustraire les faits et les personnages pouvant porter atteinte au pouvoir du moment. Notre société actuelle a beaucoup plus à craindre le "futur" de l'Histoire que son Passé, car nous vivons le Présent des idéologues veules et serviles, ce qui ne sera pas sans conséquence pour l'avenir !!!

Ronaldegaule 24/10/2015 20:23

Il ne fait aucun doute que l'HISTOIRE, n'est jamais rapportée dans son intégralité et le plus souvent elle est aménagée, interprétée ou partiellement ignorée, pour soustraire les faits et les personnages pouvant porter atteinte au pouvoir du moment. Notre société actuelle a beaucoup plus à craindre le "futur" de l'Histoire que son Passé, car nous vivons le Présent des idéologues veules et serviles, ce qui ne sera pas sans conséquence pour l'avenir !!!

Epicure 24/10/2015 12:21

L'Histoire, parente pauvre depuis mon adolescence en 1954 58 de l'enseignement français....
Matière passionnante mais aride dans son enseignement et la nécessité d'exactitude digne des Mathématiques! dates chronologies organisations spatio-temporelles et structurelles des sociétés en mouvement etc..cohérences des archives, difficultés d'interprétation/compréhension des faits complexes! (voir l'Arrêt de la Wehrmacht devant Dunkerque "redécouverte" récente par deux ou trois historiens (Delpla)
99% des gens ont des OPINIONS mais Aucune connaissances des sujets dont ils débattent de façon souvent péremptoires et partisane passionnelle... Bon rappel en effet