Syrie toujours: 1941 : la Légion se bat pour l'honneur

Publié le 24 Octobre 2015

Voici une page d'histoire qui m'était totalement inconnu il y a peu et qui mérite d'être mis à l'honneur. Certes, ces soldats luttèrent contre 'Empire britanique, la perfide Albion. Certes, il n'est pas question d'en faire un sujet de contreverse, mais à cette époque particulière, les Français étaient en face de choix difficile à faire.
Nous savons que la résistance ne fut pas immédiate, que la collaboration fût quasi systématique et particulièrement par les administrations judiciaires, médiatiques, policières et politiques. Singulièrement d'ailleurs par les radicaux-socialistes et les communistes (jusqu'en juin 1941, c'est à dire au moment ou Hitler décida de trahir son copain Staline). 
 
A la question de savoir si nous, Français d'aujourd'hui, nous aurions été des résistants et parmi les premiers, la réponse est quasi impossible compte tenu du contexte de l'époque.
Il est sûr par contre que c'est l'imposition du STO qui poussa la plus grande partie de la jeunesse a entrer dans la résistance. D'autres comme George Marchais firent le choix d'aller en Allemagne nazi. 
 
En attendant, voici une page de militaires de la légion qui eux, ont fait le "mauvais" choix de rester fidèles à leurs armes ! La légion étrangère !
 

Pour leur rendre hommage aux légionnaires du régiment du Levant, et pour rappeler les sacrifices de la France dans cette région déchirée par la guerre, nous avons voulu évoquer l’héroïsme des Képis blancs en ces jours tragiques de juin et de juillet 1941.

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En septembre 1939, la guerre embrase de nouveau l’Europe. Une modification des structures des unités de Légion va intervenir une fois de plus afin de faciliter l’administration des corps, dont les bataillons sont dispersés de par le monde. Les unités de Légion qui stationnent au Levant dépendent du 1er et du 2e REI, basés respectivement en Algérie et au Maroc.

La situation de guerre ne peut que compliquer la conservation des liens entre les bataillons du Moyen-Orient et leurs corps de rattachement.
Par décision ministérielle, le 6e régiment étranger d’infanterie est créé le ler octobre à Homs. Le colonel Imhaus en prend le commandement. Le lieutenant-colonel Barre, ancien commandant du GLEL, occupe le poste de commandant en second. Le 20 décembre 1939, il devient chef de corps du plus jeune des régiments étrangers, qui regroupe administrativement en son sein les quatre bataillons du Levant. Ces derniers restent cependant dispersés sur le territoire :
— le 1er bataillon (ancien 4/1 REI), stationné à Soueda, est commandé par le chef de bataillon Édart ;
— le 2e bataillon (ancien 1/1 REI), stationné à Baalbek et Der-Es-Zor, est commandé par le chef de bataillon Brisset ;
— le 3e bataillon (ancien 2/2 REI), stationné à Damas, est commandé par le chef de bataillon Taguet ;
— le 4e bataillon (ancien 6/1 REI), stationné à Homs et Palmyre, est commandé par le chef de bataillon Boitel.
La numérotation des bataillons suit l’ordre chronologique d’arrivée sur le territoire des anciennes unités. Pour assurer le commandement de ce nouvel ensemble, une compagnie hors rang est adjointe à l’état-major et implantée à Homs.


La nouvelle unité est rapidement connue sous le nom de régiment du Levant de la Légion étrangère. A ce titre, elle est pour le Proche-Orient ce que sont respectivement le 4e REI-régiment du Maroc et le 5e REI-régiment du Tonkin pour le Maroc et le Tonkin. Leur emploi spécialisé sur ces territoires respectifs justifie ces appellations, qui feront date. Si le 6e REI apparaît pour la première fois dans l’histoire de la Légion, signalons par souci d’exactitude historique qu’un 6e régiment étranger avait déjà existé plus de cent vingt ans auparavant dans l’armée française.


Depuis novembre 1939, un drapeau est officiellement prévu pour le nouveau régiment. Les événements ont retardé sa remise solennelle. Cette cérémonie ne se déroulera qu’en décembre 1940 à Homs. Les inscriptions auxquelles son héritage lui donne droit ont été oubliées lors de la réalisation du drapeau. Le chef de corps les fera peindre sur sa soie. Elles clament, en lettres d’or, les liens qui l’unissent à la vieille Légion et au Levant : Camerone 1863, Musseifre 1925, Syrie 1925-1926.


La création de son insigne souffrira elle aussi des difficultés de liaison entre la Syrie et la métropole. Le projet, imaginé par les lieutenants Bouchard et Favreau, du 2e bataillon, une tête de légionnaire devant les colonnes du temple de Baalbek, arrivera de France en peu d’exemplaires, alors qu’un modèle simplifié, de fabrication locale, a déjà été mis en circulation.
Mais peu importent ces obstacles, le régiment existe, et il est de haute lignée. Ses trois bataillons de Légion sont décorés de la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures. Et, comme l’ont fait ses aînés, il est prêt à servir avec « honneur et fidélité ».


 

Pour former le 11e BVE de la Légion étrangère, s’embarquent à Marseille 20 officiers, 82 sous-officiers et 729 légionnaires aux ordres du commandant Knocker.


Jours d’attente et d’inquiétude

Dès que la mise sur pied du régiment du Levant est terminée, le 6e entame une nouvelle carrière. Les mois s’écoulent sans que les occupations habituelles de l’unité subissent de grands changements. On a bien déclaré officiellement le Moyen-Orient théâtre d’opérations, mais il ne s’y déroule aucun combat. Il a bien été envisagé que les forces françaises du Levant interviendraient dans le Caucase soviétique pour aider la Finlande, mais le projet n’a pas dépassé les premières ébauches.


Dès le début, la vie du régiment est marquée par des tentatives de réorganisation. Le 1er janvier 1940, le 6e REI est articulé en deux fractions distinctes ; l’une, de type « montagne », rassemble l’état-major, la compagnie hors rang (CHR) et les deux premiers bataillons ; l’autre, de type « outre-mer », regroupe les deux bataillons qui restent.


En mars, la fraction « montagne » devient le 6e REI proprement dit, alors que la fraction « outre-mer » reprend l’appellation de groupement de Légion étrangère du Levant, qui a été dissous six mois auparavant. Le 15 avril 1940, venant de Barcarès, le 1er bataillon de marche de volontaires étrangers débarque à Beyrouth. Le 17 avril, il est incorporé au 6e REI sous le nom de 11e bataillon de volontaires étrangers (11e BVE) et s’installe à Baalbek. Aux ordres du chef de bataillon Knocker, il compte vingt officiers, quatre-vingt-neuf sous-officiers et sept cent vingt-neuf légionnaires, en majorité d’origine espagnole.


Les événements dramatiques de France viennent bientôt semer la consternation au sein de l’armée du Levant. Les nouvelles de l’effondrement jettent la stupeur, en même temps qu’on s’attend à une attaque italienne sur les côtes du Levant. La signature de l’armistice et l’appel du général De Gaulle provoquent dans les rangs un trouble profond, qui n’épargne ni le haut-commandement territorial ni la Légion, prête en grande partie à poursuivre la lutte.

Après quelques jours d’indécision et de confusion, le choix des Français du Levant est fait. En dehors de quelques-uns qui tentent l’aventure, la discipline l’emporte bientôt. Il faut dire que les événements du 3 juillet 1940, à Mers el-Kébir et ailleurs, ravivent les sentiments anglophobes des militaires français du Levant. Ils n’ignorent pas les agissements du Royaume-Uni, depuis longtemps désireux d’évincer la France de cette partie du monde. Le sang qui a coulé lors de l’opération Catapult ranime la rancœur contre les ex-alliés, qui sont présents en Palestine, en Transjordanie, en Irak et à Chypre.
Mais l’ennemi potentiel reste toujours les armées de l’Axe, que l’on espère voir battues un jour. Invaincus sur le terrain, les soldats de Syrie et du Liban connaissent un regain de patriotisme qui en font les gardiens jaloux de l’honneur du drapeau tricolore et de l’intégrité des territoires confiés à leur protection.
Cette volonté de « tenir » est bien marquée dans le refrain du régiment :

T’en fais donc pas, jeune 6e, il en restera pour toi !


 

Une automitrailleuse britannique de la RAF, composant de la force Kingcol, photographiée le 17 mai 1941 en Irak quand les Anglais interviennent dans ce pays.
 

La fin des hostilités entraîne la dissolution du 11e bataillon de volontaires étrangers. Les nouvelles lois françaises réservent à beaucoup de ces étrangers un sort peu enviable.


Le 1er janvier 1941, une nouvelle organisation des unités est mise en place. Le groupement de Légion étrangère du Levant est de nouveau dissous pour que le 6e REI retrouve sa plénitude. Ce dernier est reformé sur le pied d’un état-major, d’une compagnie régimentaire et de quatre bataillons à trois compagnies.


Parallèlement, il est doté d’un groupe d’artillerie comprenant trois batteries portées de canons de 75. Si cette création est une innovation pour les Képis blancs du Levant, ce n’en est pas une au sein de la Légion, puisque, dans les années 1930, les régiments étrangers d’infanterie stationnés au Maroc avaient déjà leurs batteries. Plus récemment, une batterie saharienne portée de Légion a vu le jour en 1940 dans le Sud algérien.


Pour constituer ce groupe d’artillerie de Légion du Levant, on puise dans les rangs du régiment, qui fournit sous-officiers, caporaux et légionnaires. L’encadrement en officiers est fourni par du personnel métropolitain venu de France. Pour se distinguer de leurs camarades fantassins, les légionnaires artilleurs portent l’écusson au chiffre du régiment sur fond rouge.


Pendant ce temps, le conflit évolue. La guerre, qui a jusque-là épargné les territoires libanais et syrien, se rapproche chaque jour davantage.

La Méditerranée, trait d’union entre la métropole et l’Afrique du Nord, n’offre plus la sécurité d’avant juin 1940. Non seulement l’entrée en guerre de l’Italie a changé les choses, mais le blocus naval que les Britanniques font peser sur les territoires français obéissant au gouvernement de Vichy complique la situation.

Les combats qui se déroulent dans les sables africains de Libye et d’Égypte, comme ceux qui se livrent dans la péninsule balkanique, rendent les liaisons de plus en plus aléatoires.

Le 8 juin 1941, à l’aube, les troupes britanniques franchissent la frontière. Ayant mission de défendre l’Empire français contre quiconque, les troupes du général Dentz vont s’opposer à l’intrusion. C’est la guerre.
 

Engagé dans une campagne victorieuse en Libye et préparant une intervention en Grèce, le général Wavell ne souhaitait pas attaquer en Syrie et préférait entretenir de bonnes relations avec le général Dentz.


Le contexte politique et militaire

Depuis longtemps, le chef des Français libres redoute une mainmise de l’Axe sur les États du Levant, qu’il ne désespère pas de rallier un jour à sa cause.

Le chef du gouvernement britannique partage ses inquiétudes. Les succès militaires allemands et italiens en Grèce et en Libye menacent toute la Méditerranée orientale, les possessions britanniques du Moyen-Orient, les champs de pétrole, le canal de Suez et la route des Indes.


Un événement va précipiter leur volonté de contrôler ces lieux. En avril 1941, un coup d’État éclate en Irak, royaume sous influence anglaise. Le nouveau maître du pays, fortement nationaliste et pro-allemand, proclame la guerre sainte contre le Royaume-Uni et réclame l’aide de l’Allemagne, qui décide de le soutenir. En raison de la distance, les avions des armées de l’Axe ont besoin de faire escale sur les aéroports de Syrie. Ils doivent transiter en zone française, ce qu’ils font avec l’autorisation du gouvernement de Vichy.
 

La décision Britannique d’attaquer la Syrie et le Liban fut prise à Londres le 20 mai 1941 à la suite d’intenses pressions des gaullistes qui mettaient en avant les risques d’intervention allemande en Irak. Toutefois, quand les opérations débutent le 8 juin, tout danger en Irak est écarté. Ce décalage entraînera de profondes incompréhensions de la part de l’Armée française stationnée au Levant.



Pour les Anglais et les Français libres, cet événement signifie que l’ennemi allemand est déjà dans la place. A leur avis, l’Axe sera maître de cette région en quelques jours.

Le 14 mai, l’intervention militaire est décidée à Londres ; par souci politique, le général De Gaulle associe ses forces armées aux Britanniques, mais il se méfie des arrière-pensées de son allié ; l’avenir prouvera d’ailleurs qu’il n’avait pas tort. Les troupes du général Maitland Wilson, responsable des opérations, comprennent un nombre important de soldats du Commonwealth (Australiens et Indiens, notamment), persuadés pour beaucoup que c’est l’Allemand qu’ils vont combattre.

Dans la division française libre, on trouve une unité de Légion : la 13e demi-brigade de Légion étrangère.


Quand la nouvelle de l’invasion est connue, le réflexe professionnel joue : il faut accomplir la mission fixée. L’armée du Levant a aussi une hantise : si elle n’oppose qu’une résistance symbolique ou ne réagit pas du tout, les Allemands pourront en tirer prétexte pour s’emparer de la zone restée non occupée en Métropole et même débarquer en Afrique du Nord, ce qu’il faut éviter à tout prix.


Les sentiments anti-anglais vont accroître le désir de riposte. La présence des « gaullistes » aux côtés des hommes de la « perfide Albion » exacerbe la rage de vaincre et le souci de ne pas laisser le terrain à ceux qui sont considérés comme des faux frères.


Pour les personnels du 6e REI, le problème ne se pose en ces termes que pour les cadres. Les légionnaires, « étrangers », ont des visions plus simples: obéissance aux ordres, respect de la parole donnée, souci de servir avec « honneur et fidélité ».

Dans cette guerre qui verra des Français s’affronter, la Légion est, pour la première fois de son histoire, divisée entre deux camps rivaux. La chance voudra que, à une exception près, jamais légionnaires du « 6 » et légionnaires de la « 13 » ne se trouvent face à face.
 

Poste d’observation de la section Clément de la 6e compagnie du capitaine Deluy qui perdit 65 % de ses effectifs au cours d’un sanglant corps à corps à la grenade et à la baïonnette. Tous les survivants seront faits prisonniers par les Australiens.


Une défense difficile

Le premier jour des hostilités, le régiment du Levant totalise environ trois mille cinq cents hommes aux ordres du colonel Barre. A Homs, en Syrie, se trouvent l’état-major, la compagnie régimentaire et le 1er bataillon.

Le 2e bataillon et le groupe d’artillerie sont à Baalbek. Située dans la banlieue de Damas, la ville de Mezzé regroupe les 3e et 4e bataillons, sauf la 15e compagnie qui stationne à Palmyre où, depuis longtemps, une unité de la Légion surveille les installations de pompage de l’oléoduc qui permet la circulation du pétrole irakien.


L’offensive du général Wilson se déroule selon deux directions principales. Dans un premier temps, ses forces en provenance de Palestine (comprenant aussi les Français libres) remontent du sud vers Beyrouth et Damas.

C’est pour contrer cette avance que le plus gros du 6e étranger va opérer dans cette zone, principalement au Liban. Dans un deuxième temps, les Britanniques, ayant réussi à rétablir à leur profit la situation en Irak, se servent de ce pays pour pénétrer dans les zones orientales de la Syrie, visant particulièrement la vallée de l’Euphrate et Palmyre.


Dès le début de l’engagement, les légionnaires du 6e REI se trouvent répartis par bataillon sur l’ensemble du théâtre d’opérations, conformément aux plans de défense déjà établis, puis ils sont déplacés en fonction de l’évolution des combats dans les différents secteurs. L’état-major du régiment connaît lui aussi la même situation. Le chef de corps prend le commandement d’un groupement composé de légionnaires, de tirailleurs sénégalais, d’artilleurs autochtones et de spahis pour opérer au Liban. Le lieutenant-colonel Vias, commandant en second, prend la tête d’un groupement qui, placé initialement en réserve à proximité de Damas, est composé de tirailleurs algériens et marocains.

Pour l’aider dans sa mission, il s’est adjoint quelques éléments du 3/6e REI. Ces quelques légionnaires isolés vont vivre, sans l’avoir voulu, une situation unique dans l’histoire des Képis blancs : ils seront les seuls à se trouver opposés aux légionnaires de la 13e DBLE.


L’éclatement du régiment sur le théâtre d’opérations explique le sentiment de grande confusion qu’éprouve le lecteur lorsque, pour la première fois, il se penche sur cette partie de l’histoire du 6e étranger au Levant. Cette narration ne cherche pas à donner une vision historique complète et globale de l’action du régiment pendant les mois de juin et juillet 1941.
Son but est tout simplement de montrer que les légionnaires et leurs chefs se sont battus en soldats courageux et héroïques, dans la grande tradition d'« honneur et de fidélité » qui caractérise les Képis blancs.




Le 1er bataillon à Djezzine

Affecté au groupement Barre, le 1er bataillon rejoint le front dans le secteur de Djezzine le 16 juin, avec pour mission de conquérir les débouchés de cette ville dès le 17.


Sous les violents tirs de barrage de l’artillerie australienne, le bataillon doit arrêter son mouvement et s’installer défensivement, alors que deux sections, engagées dans un ravin, sont décimées à quatre cents mètres de leur objectif. Les positions se figent. Les légionnaires vont devoir pendant plusieurs jours résister aux assauts répétés des Australiens, toujours précédés de tirs d’artillerie et de mortier très denses.


L’arrivée des engins et des mitrailleuses le 18 et le renfort de la 1re compagnie le 20 ne permettent pas de débloquer la situation. Les murettes de protection établies par les légionnaires n’ont pas résisté à la violence des tirs d’artillerie, ce qui donne la possibilité aux assaillants d’engager le combat au corps à corps dans les positions. Le 24 juin, l’attaque est repoussée au prix de lourdes pertes. Le lieutenant Lezitzki est mortellement blessé au cours de l’action. Le bataillon tiendra devant Djezzine jusqu’au 6 juillet. A cette date, il rejoint le secteur de Damour, sur la côte libanaise, où se trouve le 2e bataillon. Seule la 2e compagnie reste attachée au groupement Barre. Installée à Amatour, elle subit d’intenses bombardements jusqu’au 11 juillet, jour de la fin des hostilités.
 

La Marine fait l’impossible pour soutenir les troupes à terre mais elle fait face à forte partie. Venu au secours du Liban, le contre-torpilleur Chevalier-Paul a été torpillé. Son équipage 
est secouru par le Valmy (dont le commandant Pierre Guiot a laissé des souvenirs téléchargeables en format pdf sur le site internet : http://www.philippe.tailliez.net).


Le 2e bataillon à Damour

Dès le début des hostilités, les compagnies ont quitté Baalbek en direction du sud. La section de commandement du bataillon, les 6e et 7e compagnies sont à Chtaura, alors que la 5e compagnie s’est installée à Rayak.

Le premier jour des combats, la totalité du bataillon fait mouvement vers la côte pour s’installer, du 13 au 17 juin, dans le secteur de Damour. Cette position est d’une importance capitale et doit être tenue coûte que coûte, car elle commande les accès vers Beyrouth. Officiers, sous-officiers, caporaux-chefs, caporaux et légionnaires « mettent la main à la pâte » pour organiser les installations de défense de cette bande côtière, dominée par des hauteurs.
Le 18 juin, la marine britannique, installée au large, canonne au gros calibre les positions du bataillon. Ce pilonnage impressionnant et efficace dure vingt jours ; à partir du 22 juin, il est renforcé par l’artillerie terrestre.


Les légionnaires résistent activement. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, le déluge de fer et de feu s’intensifie encore. L’adversaire veut en finir. En cinq heures, trente mille obus vont s’abattre sans discontinuer sur les défenses et bouleverser totalement le terrain. A l’aube, suivant au plus près le barrage d’artillerie, l’infanterie australienne se lance à l’assaut.


La 6e compagnie reçoit le choc principal ; à court de munitions, les légionnaires succombent après un sanglant combat à la baïonnette et à la grenade. Tous les survivants seront faits prisonniers, la compagnie a 65 % de ses effectifs tués ou blessés.

La même défense héroïque se rencontre à la 7e compagnie, qui rejette l’ennemi hors de ses positions. La 5e compagnie, implantée à proximité du P.C., connaît les mêmes souffrances et déplore la mort du lieutenant Lesueur.

Alors que l’ennemi se replie après un nouvel assaut infructueux, le clairon, à la demande du commandant de bataillon, joue le Boudin, et des légionnaires entament le Chant du départ, debout sur le parapet des positions de défense.


Le courage et l’abnégation de tous auront raison de la ténacité de l’adversaire. Son attaque massive est brisée, les Australiens doivent se replier. Les légionnaires reprennent toutes les positions assignées au début de l’action.


Cette victoire, coûteuse en vies humaines, sera malheureusement sans lendemain. A partir du 8 juillet, le bataillon doit, sur ordre, se replier sur les crêtes situées au nord de Damour et céder sans combattre le terrain si chèrement défendu.

Le 3e bataillon à Merdjayoun

L’ouverture du conflit provoque le déplacement du 3e bataillon vers Kissoué afin de couvrir Damas par le sud. Dans la nuit du 8 au 9 juin, deux sections de la 11e compagnie engagent le feu avec l’ennemi près de Cheikh Meskine.

Elles découvrent après quelques instants de combat qu’il s’agit de Français : ceux de la division française libre du général Legentilhomme.

Dans cet affrontement extrêmement pénible contre le bataillon d’infanterie de marine, les légionnaires déplorent leurs premières pertes, et décrochent.


Le 14 juin, le 3/6e REI se trouve à Merdjayoun. Le sous-groupement dans lequel il est intégré doit absolument tenir cette position clé du Sud Liban qui verrouille la vallée du Litani. Dès le 15 juin, le bataillon se sépare de la 11e compagnie, qui reçoit pour mission de renforcer les troupes de la garnison de Djezzine.


Réduit à deux compagnies, le bataillon défend farouchement Merdjayoun que l’ennemi veut reconquérir. Le 17, la 9e compagnie repousse un assaut. Deux jours plus tard, les Australiens lancent une attaque générale, soutenue par l’artillerie. Installés dans la citadelle, les légionnaires de la 10e compagnie résistent. Ceux de la 9e luttent pied à pied dans les rues et les maisons, où l’on se fusille à bout portant.


Une section voit tous ses hommes tués à leur poste. Le sous-lieutenant Schluter tombe lors d’une contre-attaque. Pendant deux heures, le P.C. du bataillon est encerclé, mais les tentatives de l’ennemi pour s’en emparer sont repoussées.


Finalement, l’ennemi renonce, laissant, outre ses morts, quatre-vingts prisonniers aux mains de la 9e compagnie.
Le 20 juin, les légionnaires fouillent maisons et jardins pour chasser les isolés qui s’y maintiennent encore. Trois jours durant, ils tiennent leurs positions sous des tirs de harcèlement, jusqu’à ce que l’ordre de repli leur parvienne. Sur ses positions successives, le bataillon résiste aux attaques le 27 juin, puis, les 6 et 10 juillet. Les combats s’interrompent dans la nuit du 11 au 12.

Une chenillette Bren appartenant à une unité indienne roule sur la route de Damas. Devant elle un char français mis hors de combat.



Le 4e bataillon au Liban et à Damas

Le 9 juin, le 4e bataillon, moins la 15e compagnie, qui se trouve à Palmyre, se porte sur la côte libanaise, où il parvient le lendemain. Mission lui est donnée de barrer la route de Saïda (l’ancienne Sidon des Phéniciens) en s’établissant en bouchon à une dizaine de kilomètres au sud, à Hassaniyé, et d’en organiser un autre à Adloun, douze kilomètres plus bas.


Arrivée sous le feu à Adloun dans la nuit du 10 au 11 juin, la 13e compagnie subit rapidement un premier assaut de la part des Australiens. Repoussés, ces derniers reviennent à la charge au petit jour, soutenus par un copieux bombardement d’artillerie terrestre et navale.


Encerclés, pilonnés, attaqués par des chars, les légionnaires résistent avec acharnement avant d’être submergés dans cette lutte inégale contre toute une brigade. Le 11, à midi, c’est au tour des Képis blancs d’Hassaniyé de recevoir le choc. Leur résistance obstinée oblige l’ennemi à remettre son assaut général au lendemain. Le 12 juin au matin, il attaque.


Cinq heures durant, les légionnaires tiennent sous un feu d’enfer, privés de moyens modernes de défense. Bientôt pris à revers, les hommes de la 14e compagnie et de la SCB succombent, sauf quelques isolés qui rejoignent les lignes à la nuit.


Ces deux combats réduisent l’effectif de l’ensemble à la valeur de deux sections qui, dirigées sur Damas le 16 juin, sont aux avant-postes jusqu’au 18. Squelettique, le bataillon est alors chargé de défendre Mezzé, à l’ouest de la capitale syrienne.


Le 20 juin, une section forte de vingt-six hommes s’empare d’une ferme tenue par l’ennemi. A un contre treize, ils forcent les défenseurs à capituler : trois cents Britanniques sont faits prisonniers. En même temps, soixante-trois soldats français retenus prisonniers sont rendus à la liberté.


Le 30 juin, ce qui reste du 4/6 REI est regroupé à Homs. Le 2 juillet, la 13e compagnie est reconstituée et envoyée sans attendre à Forklos, sur la route de Palmyre, pour s’opposer à la progression de l’ennemi venant de l’est. Les 9 et 10 juillet, elle engage le combat. L’évolution générale des opérations entraîne rapidement son repli sur Homs, où elle se trouve quand intervient l’armistice.
 

En France, le gouvernement cherche à expliquer à l’opinion une politique complexe d’équilibre entre des impératifs contradictoires : ne pas inquiéter les Anglais, ne pas fâcher les Allemands.


La 15e compagnie à Palmyre

Cette unité du 4e bataillon mérite une place à part en raison de la situation excentrée qu’elle occupe par rapport au centre de gravité des opérations et du rôle glorieux qu’elle a tenu dans les combats. Installée à Palmyre, elle partage les lieux avec une compagnie de méharistes et un détachement d’aviation (en raison de la présence d’une base aérienne). Une de ses sections implantée à cent kilomètres à l’est de la ville, assure la garde de la station de pompage T.3 sur l’oléoduc de l’IPC.


La garnison de Palmyre ne prendra contact avec l’ennemi venant d’Irak que le 21 juin. Depuis le 8 juin, les journées sont mises à profit pour renforcer les défenses. Les combats commencent par un violent bombardement de l’armée anglaise. La résistance déterminée des Français oblige l’ennemi à renforcer ses moyens de jour en jour.


Attaques, contre-attaques et coups de main de nuit se succèdent sans relâche. Le 29 juin, les troupes britanniques encerclent la place. Le 30, la lutte s’intensifie encore. Appuyé par des tirs d’artillerie et par un bombardement aérien, l’ennemi s’infiltre autour des points d’appui, que la garnison défend avec acharnement.

Dans les ruines antiques, l’assaillant finit par être culbuté, abandonnant tués, prisonniers, armes et munitions. Le soir, une nouvelle tentative de sa part n’a pas plus de succès. Le 2 juillet, les munitions sont en voie d’épuisement. Assuré qu’il ne pourra être secouru, le commandant de la place décide de cesser la résistance.

Pour sa conduite exemplaire, la garnison recevra le 3 juillet une citation à l’ordre de l’armée.


Quant à la section de légionnaires isolée à la station de pompage, son comportement n’est pas moins valeureux. Commandée par un adjudant, elle compte un effectif de vingt-deux hommes et dispose de dix jours de vivres.

Pour ces légionnaires, le 21 juin marque le début de l’épreuve. L’après-midi, une colonne de quarante-cinq véhicules arrive en vue de la position. Les fantassins, soutenus par de l’artillerie et des mortiers, ne peuvent emporter la décision. Les jours suivants, tous les assauts seront encore repoussés.
Le 24 juin, une petite colonne amie (huit blindés et quatre camions) venue de Deïr-Es-Zor dégage provisoirement le poste, mais doit se replier.

Les Anglais sont environ deux cent cinquante, soit un contre dix. Pourtant, ils sont une fois de plus repoussés. Découragé, l’adversaire cesse ses tentatives de vive force jusqu’au 5 juillet, mais ne quitte pas ses positions.

Le commandement adverse adresse un ultimatum et apprend aux légionnaires la chute de Palmyre et celle de Deïr-Es-Zor. Sans vivres ni munitions, l’adjudant rend compte par radio au général commandant la région. Ce dernier prescrit l’évacuation et le repli sur Meskène, repli qui s’effectuera évidemment à pied, en terrain quasi désertique. Jugeant la chose irréalisable, le chef de section choisit la reddition sous conditions. Tout l’armement sera détruit, ses hommes seront autorisés à conserver leurs bagages et leurs effets personnels.

Le colonel britannique accepte sans aucune réserve. Le 6 juillet au matin, l’ennemi prend possession du poste devant lequel il piétinait depuis deux semaines, tenu en respect par vingt-deux braves.

L’embarquement des troupes pour la France se fait en bon ordre, sous la surveillance discrète des Australiens qui interdisent l'accès des quais aux gaullistes.

Le groupe d’artillerie

En quittant ses quartiers de Baalbek, l’unité voit ses trois batteries réparties au gré des besoins. La 1re, affectée au groupement Barre, est envoyée à Djezzine. Elle appuie de ses tirs les actions du 1er bataillon pendant tout le temps où ce dernier opère dans le secteur.


De leur côté, les 2e et 3e batteries sont envoyées vers Beyrouth, puis vers Saïda. Le 13 juin, elles sont au contact de l’ennemi au sud de cette dernière ville. Prises à partie par l’artillerie ennemie (terrestre et navale), elles appuient de toutes leurs pièces la défense des positions, canonnant les rassemblements repérés, bloquant les attaques par des tirs d’arrêt, réduisant une batterie adverse au silence. Seuls, les navires anglais qui canonnent depuis le large sont invulnérables. Dans la nuit du 14 au 15, elles reçoivent l’ordre de repli. A partir du 17 juin, les trois formations connaissent diverses implantations.


La 1re batterie, revenue à Chtaura, part pour Neteck, où elle est engagée du 28 juin au 1er juillet. Elle rejoint Alep le 3. Dans la nuit du 8 au 9, elle exécute un spectaculaire coup de main contre les unités indiennes qui ont occupé Rakka, sur l’Euphrate.

Parcourant cent cinquante kilomètres dans l’obscurité, les légionnaires artilleurs arrivent sur les positions ennemies au petit jour, les arrosent de projectiles et se replient sans aucune perte après avoir semé une panique générale.
La 2e batterie est envoyée dans le secteur de Damas jusqu’au 27 juin. Elle opère dans la zone de Machgara du 30 juin jusqu’à la fin de la lutte, barrant la vallée du Litani à l’ennemi.


Quant à la 3e batterie, elle se trouve à Chtaura le 21 juin, puis relève la 2e dans le secteur de Damas le 27. Jusqu’à la fin des combats, elle continue sa mission de soutien des unités d’infanterie. Elle perd le lieutenant Lagrange, tué dans la nuit du 10 au 11 juillet.

L’embarquement des troupes pour la France se fait en bon ordre, les légionnaires du 6e REI ont conservé un moral et une cohésion à toute épreuve.



Le 16 août 1941, le régiment quitte le Liban. Sur le quai, une section d’infanterie australienne rend les honneurs.


Les derniers jours en Orient

Le 11 juillet à minuit, le cessez-le-feu entre en application. Les différentes formations du 6e REI se regroupent les 13 et 14 juillet dans les zones qui leur ont été assignées.


La convention d’armistice signée le 14 juillet à Saint-Jean-d’Acre (Palestine) entre les Britanniques et les Français accorde aux soldats du Levant les honneurs de la guerre, le maintien des unités, avec leur encadrement, en formations constituées, la garde de l’armement individuel.

L’armement lourd et le matériel sont livrés aux vainqueurs. Les soldats français pourront opter pour le rapatriement à bord de bateaux français. Le 20 juillet, tous les bataillons du 6e étranger sont regroupés dans la région d’Antoura. Le 31 juillet, le 4e bataillon, dont il ne subsiste qu’une compagnie, est dissous.


Entre-temps, le général De Gaulle a pu obtenir de ses alliés que soit proposée aux troupes du Levant la possibilité de rejoindre ses forces.

Quelques légionnaires du « 6 », prisonniers. de guerre, ont d’ailleurs déjà effectué cette démarche et intégré la 13e DBLE.
Le 9 août, le régiment gagne Damour, ce qui lui permet au passage d’inhumer les morts du 2e bataillon tombés un mois auparavant. Certains étaient restés sans sépulture, d’autres n’avaient eu droit qu’à un enfouissement hâtif de la part des Britanniques.

Le 12, le régiment est regroupé au camp T.4, près de Beyrouth. Deux jours après se déroule la séance solennelle, d’option. Colonne par un, légionnaires en tête, ensuite les caporaux, puis les sous-officiers et enfin les officiers, le régiment passe devant des officiers australiens avant de sortir par l’une des portes marquées : « Pétain » ou « De Gaulle ». Ce jour-là, seuls trois légionnaires choisissent les Forces françaises libres.
 

Après une brève captivité aux mains des Britanniques, le général Dentz est libéré grâce à des interventions diplomatiques.A son arrivée à Marseille il est accueilli par le général Laure et par une foule enthousiaste de Marseillais.


Le 16 août à 17 heures, l’Explorateur-Grandidier lève l’ancre dans le port de Beyrouth. Il emporte le 6e régiment étranger d’infanterie vers le sol de France et vers un nouveau destin. La musique du régiment joue la Marseillaise et le Boudin, tandis que, sur le quai, un détachement australien est venu rendre les honneurs.

Au cours de cette campagne, deux cent cinquante légionnaires de tout grade sont tombés au champ d’honneur et six cents blessés ont clairsemé les rangs du régiment. Après y avoir servi pendant vingt ans, la Légion quitte le Levant.
 

En octobre 1941, l’amiral Darlan, vice-président du Conseil, fait le général Dentz grand-officier de la Légion d’honneur pour son rôle au Levant. Patriote sincère, cet officier général sera la victime d’enjeux politique qui le dépassaient. Condamné à mort par la Haute Cour de justice en avril 1945, sa peine sera commuée en prison à vie le 24 octobre suivant. Le général Dentz n’en profitera pas car il meurt de froid et de privations à Fresnes le 13 décembre 1945.


La dissolution

Le 23 août 1941, le 6e REI, réduit à trois bataillons et au groupe d’artillerie, totalisant un effectif de mille deux cents hommes, débarque à Marseille. Les autres, on l’a vu, sont morts au champ d’honneur, sont en convalescence dans les hôpitaux ou captifs, ou ont rallié les F.F.L. La cité phocéenne réserve une réception chaleureuse à ces combattants revenant d’outre-mer.
Le 24 août, à 23 heures, le train emportant le régiment vers Pau quitte la gare maritime. Le 25 août, le 6e au complet défile dans la ville, devant une foule qui n’avait pas vu de légionnaires depuis… 1839, année où le 4e bataillon de la Légion étrangère y avait été formé avec des réfugiés politiques espagnols.


Le 6e étranger doit cantonner au camp d’Idron, à six kilomètres de la ville. Le 31 août, faute d’effectifs, le 3e bataillon est à son tour dissous, sort que subit également le groupe d’artillerie le 15 septembre.

A la fin du mois d’octobre, le colonel Barre quitte le régiment qu’il a vu naître pour aller prendre le commandement du dépôt commun des régiments étrangers. Il est remplacé par le lieutenant-colonel Delore.

Fin novembre, le régiment reçoit l’ordre d’embarquer pour l’Afrique du Nord. Le 1er janvier 1942, le 6e régiment étranger d’infanterie est dissous. Son drapeau est déposé au musée de la Légion à Sidib bel Abbes.
Après deux ans d’une courte existence, le 6e étranger disparaît pour quelques années. Son sacrifice à Djezzine, Damour, Merdjayoun ou Palmyre, lui a permis de rejoindre dans la gloire les anciens de Camerone et de Musseifre. Les faits d’armes des légionnaires du Levant sont à la hauteur de la réputation des Képis blancs, ils ne ternissent pas leur prestige. Cette page d’histoire militaire méritait bien qu’on la sortît de la discrétion.
Certains officiers, sous-officiers et légionnaires de l’ex-6e REI poursuivront glorieusement la lutte pour la victoire finale dans les rangs d’autre corps de Légion étrangère. La Légion continue.

 

Tibor Szecsko


Combattant de la liberté de la révolution hongroise de 1956, Tibor Szecsko quitte son pays pour échapper à la répression communiste. Il rejoint la France où il s’engage dans la Légion trangère en 1958 comme simple légionnaire. Il est affecté en Algérie successivement au 1er REI, puis au 3e REI. Tibor Szecsko rentre en France avec le 3e BMLE dans le cadre de la préparation de l’installation de la Légion à Aubagne. Il rejoint ensuite le 4e REI au Sahara puis le Ier REC à Bou Sfer. Il termine sa carrière au musée de la Légion dont il sera conservateur durant une quinzaine d’années.
 

Cette photographie résume tout l’esprit de la Légion quand les légionnaires n'étaient pas des mous du genou. Le 29 octobre 1989, sur la tribune d’honneur, les anciens du régiment du Levant assistent à la prise d’armes du 6e REG.A gauche, alors âgé de 99 ans, le général Barre, ancien chef de corps du 6e REI. Au centre : le colonel Jacquot, capitaine en 1941, il était le chef d’état-major du 6e REI. C’est notamment lui qui a organisé la difficile séance du choix après les combats. Par la suite, il a longtemps servi la Légion et a commandé le 2e REI de 1953 à 1956.
A droite, le général Pépin Lehalleur, sous-lieutenant puis lieutenant au IVe bataillon formant corps du 1er REI et au 1er bataillon du 6e REI, il sera blessé gravement le 4 juillet 1941. Souhaitons qu’un jour la mention
« Levant 1941 » soit ajoutée au drapeau du Ier REG pour 

que ne soit pas oubliée la conduite héroïque des légionnaires
du Liban et de Syrie.


La Légion étrangère en Indochine, 358 p., ill., biblio., Edi-Cats 1989.
La Légion, une légende en marche : Ier Étranger de cavalerie, 128 p., photogr. de Daniel Riffet et Ier REC, Atlas 1990 et 1994.
Le Grand Livre des insignes de la Légion étrangère, 214 p., ill., Institution des invalides de la Légion étrangère, 1991.
La Légion, une légende en marche : 6e étranger de génie, 128 p., photogr. de Daniel Riffet et 6e REG, Atlas 1991.

 

Quelques photos des archives australiennes

 

Après l’armistice, ce camp de prisonniers français affiche son attachement à la personne du maréchal Pétain.

 

Au large des côtes du Liban, combat de nuit entre la Marine nationale et la Royal Navy.


Une formation de Blenheim de la Royal Air Force largue ses bombes au-dessus du QG du général Dentz.

 

Les soldats français attendent leur tour devant une commission auprès de laquelle ils auront la possibilité d’opter entre De Gaulle et Pétain.

 

Un officier australien a astucieusement transformé ce char français immobilisé en observatoire d’artillerie.


 

Durant les négociations d’armistice, les troupes australiennes fraternisent avec leurs adversaires de la veille.

 

Le général Dentz arrive sous bonne garde à Jérusalem, contrairement à ce qui avait été convenu. Il sera libéré rapidement.

 

Face à face tendu entre le général Catroux (à gauche), représentant de la France libre et le général Verdilhac (à droite) commandant l'Armée française au Levant.

 

Au cours du vol de retour, l’équipage est radieux : il pense avoir mis hors de combat le général Dentz. Grave erreur !
s
Quelques photos des archives australiennes
 
Après l’armistice, ce camp de prisonniers français affiche son attachement à la personne du maréchal Pétain.
 
Au large des côtes du Liban, combat de nuit entre la Marine nationale et la Royal Navy.

Une formation de Blenheim de la Royal Air Force largue ses bombes au-dessus du QG du général Dentz.
 
Les soldats français attendent leur tour devant une commission auprès de laquelle ils auront la possibilité d’opter entre De Gaulle et Pétain.
 
Un officier australien a astucieusement transformé ce char français immobilisé en observatoire d’artillerie.

Durant les négociations d’armistice, les troupes australiennes fraternisent avec leurs adversaires de la veille.
 
Le général Dentz arrive sous bonne garde à Jérusalem, contrairement à ce qui avait été convenu. Il sera libéré rapidement.
 
Face à face tendu entre le général Catroux (à gauche), représentant de la France libre et le général Verdilhac (à droite) commandant l'Armée française au Levant.
 
Au cours du vol de retour, l’équipage est radieux : il pense avoir mis hors de combat le général Dentz. Grave erreur !
s

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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Epicure 24/10/2015 17:54

"""La fin des hostilités entraîne la dissolution du 11e bataillon de volontaires étrangers. Les nouvelles lois françaises réservent à beaucoup de ces étrangers un sort peu enviable."""
ça veut dire quoi au juste ?????? Pourquoi ce Vague et cet approximatif?????
Et qui étaient ces engagés de la Légion pour qui les LOIS FRANÇAISES ne Réservaient pas de situation enviable????? des Juifs apatrides et des Républicains espagnols....??? Pourquoi "survoler allègrement la Question" ? Tout ce baratin militaire et technique qui parle d'Honneur et Fidélité c'est exactement ce qui guide aussi, comme Devise, la SS Totenkopf et la Waffen SS : Mon Honneur s'appelle Fidélité "Meine Ehre Heisst Treue"...Si ces "Gars de la Légion" avaient eu deux sous de Pensée et une Vision au-delà de la dune la plus rapprochée, ils auraient compris que la guerre était mondiale et fatale...Même des Arabes et des Maghrébins "incultes"(?) l'ont compris par dizaines de milliers, et ont combattu contre l'Axe, à tout prix! Le courage physique et moral est bel et bon mais deux sous de jugeote (et de morale) aussi me paraissent de plus grande valeur. C'est contre ces Braves (couillons) qu'un Moshe Dayan a perdu un oeil précisément....!
Et que dit-on du courage des "Gaullistes" d'en face? Rien....?