Une vision de la Syrie pour mieux comprendre les racines.

Publié le 24 Octobre 2015

Par La connectrice (extrait)

Il apparaît que tous les systèmes y sont vains, car nul pays n’est plus complexe, plus difficile, plus révolté par nature que la Syrie

Joseph Kessel (journaliste et écrivain), venu en Syrie en 1927 se rendre compte des progrès de la pacification (après le soulèvement nationaliste des années 1925-1926) : « I. »

Lors de la création du monde,

l’Intelligence dit : « Je vais en Syrie ».

L’esprit de Discorde ajouta : « J’y vais avec toi ».

Vieux dicton syrien

La Syrie n’a pas de chance et la France qui s’y est embourbée pendant son mandat -1919-1946- n’a pas de chance non plus. Le Liban ami de la France et voisin de la Syrie n’est pas plus chanceux. Je me demande donc ce que nous pourrions aller faire dans cette galère qui nous a valu  des morts, des otages, des blessés, des soucis tant en Syrie, qu’au Liban et sur le territoire national.

Avec l’effondrement de l’empire Ottoman et la fin de la première guerre mondiale, les Européens se partagèrent les états nations qui venaient de voir le jour. L’Angleterre prit l’Egypte et l’Irak, la France la Syrie et le Liban. Pour l’occasion, la Société des nations (future ONU) qui venait elle aussi de naître, leur inventa un statut de mandataire devant conduire ces pays vers indépendance. Le mandat français dura un quart de siècle au cours duquel il du faire face à la création de la Confrérie des Frères musulmans, à la fermentation du futur parti Bass et à la coalition de la Syrie avec le gouvernement de Vichy et les Allemands.

En 1924, Hassan Al -Banna, le grand-père du médiatique Tarik Ramadan, fondait la Confrérie des Frères musulmans pour rétablir la toute puissance de la charia selon le Salafisme, et se libérer de l’influence occidentale en s’inspirant des méthodes du nazisme et de celles du stalinisme. Le grand mufti de Jérusalem, proche de Hasssan-Al-Banna rejoignit Hitler à Berlin en 1941et créa un régiment nazi bosniaque et, après la chute d’Hitler exhortera les Musulmans à finir le travail -le génocide- une mission toujours vivace en Islamie et régulièrement rappelée par les racailles musulmanes ancrées aujourd’hui sur le sol de France. On sait que Mein Kampf est toujours un best-seller en Egypte et dans les autres dictatures musulmanes.

Les Frères musulmans ne faisaient pas la différence entre chiites et sunnites et réveillaient la haine contre les juifs et les mécréants, des boucs émissaires tout désignés pour souder la communauté musulmane « rénovée ».

De sa proximité avec les nazis à ses liens avec al-Qaïda, en passant par sa myriade de filiales (Ennahda en Tunisie, UOIF en France, Hamas à Gaza), ce reportage diffusé en mai 2013 sur France 3 décortique l’internationale islamiste des Frères Musulmans.

Il n’est pas impossible que le récent refus du parlement britannique d’intervenir militairement en Syrie s’inscrive dans la continuité de son attitude en 1945 et surtout la promesse faite en 1914 L’Angleterre, pendant la guerre de 1914, avait fait au Chérif Hussein, par l’intermédiaire de son haut commandement militaire en Egypte, la promesse formelle de la constitution d’un grand Empire arabe. Elle y est restée fidèle, de même que les populations auxquelles elle avait été faite l’ont toujours retenue.

L’attitude de la France en Syrie fut très différente de celle qu’elle avait au Liban car elle ne voulait contrôler la Syrie que pour assurer la sécurité du Liban qui était sa priorité. Il faut lire l’exposé fait devant le groupe de l’Islam, le 9 mars 1939, par M. Pierre Viénot, député, ancien ministre, sous la présidence de M. Henri Bonnet, directeur de l’Institut International de Coopération Intellectuelle. Cet exposé raconte par le menu le contexte du mandat français sur la Syrie, ses motifs et la difficile entente pour l’élaboration d’un traité franco-syrien qui devait mener le pays vers l’indépendance. Du fait de dissensions internes, les gouvernements français de l’époque ne purent finaliser le traité et refilèrent le bébé aux britanniques.

Enfin, en 1935, l’Angleterre a ouvert, en vue de son accession à l’indépendance, des négociations avec l’Egypte, autre État Arabe, qui, s’il n’était pas soumis à la tutelle mandataire du gouvernement britannique, n’en était pas moins sous son emprise. Ces négociations, menées à bien dans le courant de 1935, ont, bien entendu, été suivies de très près par les Syriens. Elles ont, en fait, été à l’origine des graves événements qui marquèrent le début de l’année 1936 en Syrie.

Dans une assemblée solennelle, le 10 janvier 1936, le parti nationaliste syrien décidait, pour réaliser son programme à la fois d’indépendance et d’unification de la Syrie, de déclancher la longue et douloureuse série de grèves, de manifestations et de révoltes qui, du 10 janvier à fin février, ont fait environ 60 tués et des centaines de blessés. Notre Haut-Commissaire, devant la menace d’une insurrection générale qui risquait de gagner les campagnes, demande alors des instructions à Paris. Elles lui sont données par M. Flandin, ministre des Affaires Étrangères, et M. de Martel se décide alors à entrer en conversation avec les chefs du mouvement nationaliste et à conclure avec eux un accord qui porte, une fois de plus, sur la conclusion d’un traité mettant fin au mandat.

Mais, cette fois, les Syriens ne se contentent plus d’une promesse générale. La déclaration commune signée par le Haut Commissaire prévoit que le traité sera négocié à Paris par une délégation du parti nationaliste et qu’il reconnaîtra aux Syriens des droits qui ne pourront être inférieurs à ceux reconnus par l’Angleterre aux Irakiens. Enfin, la déclaration commune du 1er mars 1936 reconnaît le principe de l’unité syrienne, avec une simple référence aux principes de la Société des Nations quant aux autonomies à prévoir pour les minorités compactes.

Nous sommes là au cœur de la question du traité franco-syrien. C’est cette déclaration de mars, en effet, qui a engagé la France et qui a commandé toute la négociation du traité.

Or, il est certain qu’elle a donné une impression de faiblesse, car elle a été signée sous la pression même d’une émeute et sous la menace d’une insurrection générale à laquelle le gouvernement français n’a pas cru pouvoir résister.http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1939_num_4_2_5986#

On peut dire que, pour les Syriens, la France est une ennemie héréditaire du fait de son soutien inconditionnel au Liban et de son occupation de fait pendant son mandat.

Depuis son indépendance, la Syrie s’est maintenue grâce à une dictature féroce dont la famille Assad est le dernier exemple. Depuis plusieurs décennies, elle règne par la terreur et la duplicité de ses alliances opportunistes. Aujourd’hui, Alaouites et minoritaire sur son territoire, elle est soutenue par les Chiites iraniens, les Chiites irakiens et les milices du Hezbollah qui assurent le contrôle du Liban pour son compte. Autre bras armée, les « moukhabarat « , sa police politique est particulièrement redoutée car elle est soupçonnée de surveillances systématiques, de persécutions, de tortures et de l’organisation de nombreux attentats dont certains ont coûté la vie à des  libanais et leur alliés français.

Chez les amis libanais, les opinions sont partagées sur les conséquences d’une intervention armée. Ses partisans y voient surtout un moyen de ramener Bachar-al-Assad à la table de négociations d’un Genève2. Dans le même temps, quoi qu’ils pensent du dictateur féroce Al-Assad, ils ne sont pas totalement persuadés de son unique responsabilité dans l’utilisation de gaz Sarin le 21 août à Ghuta, dans la banlieue résidentielle de Damas. Certains pensent que les insurgés ont pu aussi en utiliser. Contrairement à nous, les Libanais s’interrogent essentiellement sur les conséquences pour eux-mêmes d’une intervention occidentale.

Rédigé par Gérard Brazon

Commenter cet article

Epicure 24/10/2015 14:44

les « moukhabarat « , sa police politique (Assad) est le fruit de la collaboration "fructueuse" entre les réfugiés nazis de la Gestapo-SD comme Aloys Brunner notamment, (Chef SD en France-Drancy)que nos "politiques" français n'ont jamais pu faire extrader de Syrie....Chirac-Menteur a bien promis d' "intervenir" auprès de Hafez el Assad...avec les succès que l'on sait.....et la CONVICTION dont on se doute!!!!