Elisabeth Borne, savez-vous vraiment ce qui se passe à la RATP ? - Par Maud Orcel

Publié le 23 Novembre 2015

borne

Permettez que j’utilise le site Riposte laïque, par voie de lettre ouverte, plutôt que par la poste pour vous transmettre ce que j’ai à vous dire.

Vous avez assuré dans Le Parisien que «  si des écarts à la charte de laïcité de l’entreprise devaient être constatés, ils seraient sanctionnés. »

Le problème est que vous vous basez sur l’application d’un texte que votre prédécesseur a édité en 2013 et qui est, à proprement parler, monstrueux.

Premièrement, s’il fait mention de manière très claire à la neutralité dans l’entreprise en interdisant tout port de signes religieux en mentionnant la kippa, la croix, le voile islamique, il oublie le signe religieux essentiel à celui des hommes dans l’islam.

Bon nombre de vos agents affichent ostensiblement la barbe islamique telle que l’ordonne Mahomet dans les hadiths et rien dans ce guide n’en fait mention. Or, son port sert aux musulmans à être reconnus immédiatement. C’est d’ailleurs grâce à son apparition, au sein de la communauté de travail, que sont apparues de graves dérives de prosélytisme ainsi que nombre de pratiques et d’atteintes à la dignité des femmes de votre entreprise.

Le guide sur lequel vous vous appuyez fait bien mention de la religion juive et la religion catholique, comme si c’était elles qui posaient problème, alors que ce qui représente un réel danger aujourd’hui c’est l’islam.

Deuxième point, vous osez dire qu’aucun cas d’atteinte à la laïcité ne vous a été rapporté depuis votre arrivée en mai 2015 et que tout ce qui est sanctionnable sera sanctionné. Je vais juste développer ce qui constitue, à mon sens, la plus grave erreur contenue dans ce guide que votre prédécesseur a édité et sur lequel vous vous appuyez.

Page 16, vous accordez aux hommes musulmans de ne pas serrer la main de leurs collègues féminins. Or, cette marque de salut spécifique émane de la charia, elle est contraire aux lois de la République, celles contre les discriminations et l’égalité Hommes/Femmes et même contraire aux droits de l’homme. Elle est clairement religieuse et se trouve donc en opposition totale avec l’objectif de ce guide. D’ailleurs, en parlant de droits de l’homme, je voudrais vous signaler que de nombreux collègues originaires des Antilles ou d’Afrique noire ne voient pas d’un très bon œil votre accord pour la pratique de l’apartheid au sein de l’entreprise, même s’il ne concerne que les femmes.

De plus, c’est le point de départ de toutes les dérives que j’ai pu constater, comme le fait d’exclure les femmes en ne communiquant pas avec elles, en les ignorant totalement comme si elles étaient transparentes, ou au contraire de les regarder d’une manière qui ne trompe pas sur le mépris qu’on affiche envers celles-ci, et bien sûr, le refus de prendre le volant derrière elles, qui avait été porté à votre connaissance dès 2006 au moins. En leur accordant cette pratique, vous  assurez aux femmes l’installation durable de ces dérives et vous préparez un terrain favorable à celles qui suivront.

En outre, grâce au laxisme de bon nombre de vos acteurs locaux, tous ces comportements sont devenus tellement courants que les employées ne prennent même plus la peine de les signaler. Beaucoup d’entre elles s’y sont résignées ou craignent les représailles.

Troisième point concernant la sécurité des voyageurs : « la RATP recrute à l’image des quartiers qu’elle dessert et toute personne qui postule à la RATP doit fournir un extrait de casier judiciaire. » Sur ce point, je ne vais pas vous parler de vos agents qui portent un bracelet électronique ou ceux qui sont fichés S. Non ! Je vais juste vous parler de ces agents qui ne sont pas de nationalité française ni même faisant partie de l’Union Européenne. En 2014, la RATP comptabilisait 344 agents opérateurs de nationalité extra européenne. Je vais vous poser une question digne d’un représentant syndical : quelles garanties avez-vous sur la « virginité » de leur casier judiciaire dans leurs pays respectifs, Madame Borne ? Et avez-vous parmi eux des ressortissants turcs, syriens, algériens, irakiens … ?

On peut légitimement se poser la question lorsque l’on sait que vous ignoriez que vous aviez pour agents  des fondamentalistes islamistes.

Maud Orcel

Rédigé par Gérard Brazon

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