Frédéric Pichon, militant patriote infatigable.

Publié le 9 Novembre 2015

Foi, engagement, Front national, SIEL, Printemps français, Manif pour tous, Europe, soutien à Victor Orban. Novopress est allé à la rencontre d’une figure militante infatigable, l’avocat Frédéric Pichon.

Frédéric Pichon : “Les thématiques de l’identité, de la souveraineté et de l’écologie humaine sont indissociables”

PARIS (NOVOpress)
Foi, engagement, Front national, SIEL, Printemps français, Manif pour tous, Europe, soutien à Victor Orban sur l'invasion migratoire, etc.
Novopress est allé à la rencontre d’une figure militante infatigable, l’avocat Frédéric Pichon (photo).
 
 
Pouvez-vous retracer votre itinéraire politique et métapolitique pour les lecteurs de Novopress ?
Je me suis engagé très tôt, à partir de l’âge de 15 ans, avant tout par anticommunisme. C’était en 1985 au FNJ, à l’époque de Martial Bild, Eric Iorio et Catherine Salagnac. Mais en ce temps-là, le Front était sur une ligne ultra-libérale sur le plan économique et atlantiste sur le plan géopolitique.
 
J’ai donc rejoint la mouvance solidariste qui m’avait séduit par son positionnement géopolitique, la fameuse troisième Voie et les réflexions économiques alternatives à la fois au marxisme collectiviste et capitalisme financier.
En 1992, cette mouvance a connu plusieurs scissions entre ceux, dont je faisais partie, qui voulaient se rapprocher du Front – également les plus jeunes du Renouveau Etudiant – en raison notamment de son évolution suite à la première guerre du Golfe, et ceux qui prétendaient défendre la ligne de l’orthodoxie idéologique.
A la même époque, je suis parti m’engager dans les rangs de la Garde nationale Croate à Osijek puis en Herzegovine à côté de Ravno. A mon retour, je ne peux passer sous silence un retour profond à la foi chrétienne, ce qui a décontenancé certains de mes camarades séduits à la fois par le paganisme et tentés par un activisme désordonné à mon sens, et une violence souvent recherchée pour elle-même ou pour les émotions qu’elle suscitait. Sans compter sur le racisme biologique qui me semblait incompatible avec ma foi.
J’ai pris mes distances à cette époque, passé mon concours d’avocat tout en assurant certains travaux avec l’association catholique Ichtus. A partir des années 2000, j’ai fondé avec des amis italiens et allemands un think tank de réflexion qui s’appelait Europae gentes et qui était destiné à réfléchir sur la construction européenne. Il s’agissait d’une synthèse originale entre certaines réflexions de la Nouvelle droite et une dimension chrétienne assumée. Pour ne pas sombrer dans l’intellectualisme, nous organisions également de nombreuses manifestations notamment contre l’entrée de la Turquie dans l’Europe ou par la défense des chrétiens persécutés.
En 2009 nous avons publié un ouvrage collectif, Les Alter-européens – Cette autre Europe de Paris à Moscou via Berlin, synthétisant l’essentiel de nos travaux. Enfin, j’ai été engagé l’année dernière dans le combat contre la loi Taubira en tant qu’avocat mais aussi en tant qu’animateur de la mouvance du Printemps français.
 
Pourquoi vous êtes-vous récemment engagé au Front national ?
En 2012, après plus de 25 ans de militantisme et après avoir beaucoup reçu, il m’a semblé nécessaire de m’engager dans une voie peut être moins romantique et spectaculaire mais qui me semble aujourd’hui la plus réaliste. Or, si l’on fait l’inventaire des forces en présence, il n’y a pas 36 000 solutions. J’ajoute que Marine, contrairement à son père malgré les qualités indéniables qu’on lui doit, a compris le monde moderne et donne véritablement le sentiment de vouloir prendre le pouvoir.
Bien entendu, cela ne doit pas se faire à n’importe quelle condition. Mais j’étais las d’entendre certains catholiques se plaindre de telle ou telle déclaration qui n’allait pas suffisamment dans le sens des points non négociables et prétendre « avoir les mains pures » sans agir en politique. Alors je me suis dit que la meilleure façon d’apporter ma pierre à l’édifice, c’était de m’engager à mon tour.
Ces personnes seront donc orphelines et il faudra une structure adéquate pour les accueillir. En défendant nos racines chrétiennes, en luttant pour la défense de la famille et d’une anthropologie enracinée et véritablement humaniste, basée sur le principe de réalité, le SIEL peut leur offrir une place. Cela ne devrait pas se traduire seulement au plan électoral mais également en termes de réservoir de cadres.
 
Pourquoi vous êtes-vous tournés vers le SIEL et qu’en attendez-vous ?
Le SIEL, de par son positionnement idéologique, me semble la structure idoine pour accueillir les gens déçus par la droite classique et qui se sont « radicalisés » ces derniers mois.
La Manif pour tous y est assurément pour beaucoup. Mais je pense aussi aux Unes de Valeurs actuelles, qui lui ont permis d’augmenter ses ventes de 30 % sur des thématiques identitaires ou sécuritaires. Il y a ce que Guillaume Bernard appelle un « mouvement dextrogyre ». Malheureusement, s’il y a de très bons journalistes à Valeurs actuelles, Yves Kerdrel ne cache pas qu’il joue le rôle de rabatteur pour Sarkozy. C’est un peu un Buisson bis.
Mais je crois que la mayonnaise ne va plus prendre. Ces personnes seront donc orphelines et il faudra une structure adéquate pour les accueillir. En défendant nos racines chrétiennes, en luttant pour la défense de la famille et d’une anthropologie enracinée et véritablement humaniste, basée sur le principe de réalité, le SIEL peut leur offrir une place. Cela ne devrait pas se traduire seulement au plan électoral mais également en termes de réservoir de cadres.
 
Quelles sont les valeurs cardinales de votre engagement politique ? Y a-t-il des points non-négociables ?
Je l’ai déjà écrit, mais pour moi les thématiques de l’identité, de la souveraineté et de l’écologie humaine sont indissociables.
On ne peut dénoncer le mondialisme destructeur et l’idéologie libérale-libertaire sans défendre une vision globale de l’existence basée sur l’enracinement et le principe de réalité. L’oligarchie mondialisée, elle, a une vision globale : elle veut la destruction de la famille, des identités charnelles et des Etats souverains pour réaliser ce grand marché de consommateurs, atomisés et déracinés. À nous d’engager une riposte globale !
 
Vous êtes bien connu pour votre militantisme catholique. Comment concilier l’exigence chrétienne d’intégrité personnelle, dont sa condamnation ferme du mensonge est l’un des aspects, et la part de machiavélisme qui semble être nécessaire pour conquérir le pouvoir ?
Je crois véritablement qu’en politique comme ailleurs, la vérité rend libre. Je le mesure sur le plan professionnel où je n’ai jamais caché mes convictions. Vous aurez toujours des bassesses, des jalousies et des mesquineries, mais si vous êtes droits dans vos bottes, sans arme ni haine ni violence, vous parviendrez à vous faire respecter. Cela n’exclut pas d’être combattifs, ni même rusés. Le Christ disait lui-même : « Soyez doux comme des colombes mais rusés comme des serpents ».
L’alternative à l’angélisme n’est pas le cynisme ou le machiavélisme. Le gros drame d’aujourd’hui, c’est que certains chrétiens pensent qu’un dilemme se pose à eux. En réalité, il suffit d’être pleinement soi-même tout en se souvenant que chaque chrétien, par son baptême, est prêtre, prophète et roi.
L’oligarchie mondialisée, elle, a une vision globale : elle veut la destruction de la famille, des identités charnelles et des Etats souverains pour réaliser ce grand marché de consommateurs, atomisés et déracinés. À nous d’engager une riposte globale !

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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