Religion: l'islam et le plagiat religieux des rites et croyances aux zoroastriens perses.

Publié le 24 Novembre 2015

L'influence du zoroastrisme (quelque fois appelé le parsisme) sur les autres religions a été tout autant contestée par certains érudits que vigoureusement défendue par d'autres.
 Source: Peyman 

« L'importance historique des religions iraniennes réside dans le rôle primordial qu'elles ont joué dans le développement des iraniens eux-mêmes et dans l'influence significative qu'elles ont exercée sur l'occident, en particulier sur la religion juive après la sortie d'Egypte, sur les religions hellénistiques à mystères telles que le culte de Mithra, sur le gnosticisme et sur l'islam, dans lequel on retrouve les idées iraniennes à la fois dans le chiisme, la plus importante secte médiévale, et dans l'eschatologie populaire [doctrines portant sur la fin du monde]. » 

Dans Die Reigionen Irans (1965), Widengren a montré quelle fut l'influence du zoroastrisme sur l'Ancien Testament pendant l'exile des Juifs à Babylone. Morton Smith a peut-être été le premier à mettre en évidence les similitudes qui existent entre Isaïe 40-48 et les hymnes zoroastriens connus sous le titre de Gathats, surtout Gatha 44.3-5. Dans chacun de ces textes, Dieu a créé la lumière et les ténèbres. De son côté, John Hinnels a écrit sur «L'image zoroastrienne du sauveur et son influence sur le Nouveau Testament». Cette influence s'est exercée à l'occasion des contacts entre juifs et Parthes du deuxième siècle avant Jésus-Christ jusqu'au milieu du premier siècle après Jésus-Christ. L'islam fut directement influencé par la religion iranienne mais l'influence indirecte du judaïsme et du christianisme n'a jamais été mise en doute.
 
Pour ces raisons un parallèle entre le judaïsme et le zoroastrisme sera des plus instructifs. 

« Ahura Mazda, le seigneur suprême de l'Iran, omniscient, omniprésent et éternel, doué d'un pouvoir créatif, lequel s'exerce précisément au travers du médium du Spenta Mainyu (l'Esprit Saint) et qui gouverne l'univers par l'intermédiaire d'anges et d'archanges, présente les plus grandes similitudes avec YHWH (Iahvé) que l'on trouve dans l'antiquité. Le pouvoir d'Ohrmazd est entravé par son adversaire, Ahriman, dont l'empire, comme celui de Satan, sera détruit à la fin du monde. [...]
Il existe des ressemblances frappantes [...] dans leurs enseignements eschatologiques - la doctrine d'un monde reconstitué, un royaume parfait, la venue d'un messie, la résurrection des morts et la vie éternelle
 
Toutes deux sont des religions révélées : dans l'une Ahura Mazda fait part de sa révélation et formule ses commandements à [Zarathoustra] sur la Montagne des Deux Communions ; dans l'autre YHWH tient un discours similaire à Moise sur le Mont Sinaï.
Qui plus est, les lois [zoroastriennes] de purification, plus particulièrement celles observées pour enlever la souillure contractée au contact de la mort ou des objets impurs, sont données dans l'Avestan Vendidad d'une façon presque aussi élaborée que dans le code du Lévitique [...]
Les six jours de la création dans la Genèse font écho aux six périodes de la Création mentionnées dans les écritures zoroastriennes.
Pour chaque religion, l'humanité descend d'un couple unique. Mashya (l'homme) et Mashyana (la femme) sont les Adam et Eve iraniens.
Dans la Bible un déluge détruit l'humanité sauf un seul homme vertueux et sa famille.
Dans l'Avesta, un hiver dépeuple la terre sauf le Vara (l'enceinte de l'Yima bénie. Dans chaque cas la Terre est repeuplée par les plus beaux couples de chaque espèce et le monde est divisé plus tard en trois royaumes.
 
Les trois fils de Thraetaona (le successeur de Yima), Airya, Sairima et Tura sont les héritiers dans le récit persan ; Sem, Cham et Japhet dans le récit hébraïque.
[Le judaïsme] fut grandement influencé par le zoroastrisme pour tout ce qui concerne les anges, la démonologie et aussi la doctrine de la résurrection. 
Goldziher fut probablement le premier islamologue de renom à prendre au sérieux l'hypothèse d'une influence du zoroastrisme sur l'islam et cette section est abondamment étayée par ses écrits.
La victoire des musulmans sur les Perses sassanides à Qadisiya en 636 marque le premier contact direct entre les deux peuples. Les Perses fraîchement convertis allaient profondément influencer l'islam et apporter un sens nouveau à la vie religieuse. Quand ils eurent renversé les Omeyades, les Abbasides s'inspirèrent de l'idéologie politico-religieuse perse pour fonder un état théocratique. Abu Muslim qui était l'instigateur de la révolution était lui-même d'origine perse.
Les Abbasides adoptèrent de nombreuses traditions sassanides. Ils prirent le titre de roi de Perse, en parfaite connaissance de la relation qui existait entre l'institution du califat et la conception de la royauté chez les Perses. Ils exerçaient un pouvoir de droit divin et, comme les Sassanides, ils prétendaient être les représentants de Dieu sur Terre. Le gouvernement était intimement lié à la religion, voire en parfaite union avec elle. Le gouvernement et la religion étaient identiques et par conséquent la religion était le gouvernement du peuple. 
Les indulgences que l'on achète en récitant diverses parties du Coran sont l'écho des mérites que les Perses pouvaient acquérir en récitant l'Avestant Vendidad. Pour l'une et l'autre religion la récitation du livre saint soulage l'homme de ses torts. Elle est même essentielle pour le salut de l'âme. 
Musulmans comme zoroastres recommandent la lecture de leur livre saint pendant plusieurs jours après le décès d'un membre de leur famille. Les deux communautés condamnent les marques d'affliction pour le mort. 
 
La doctrine eschatologique du mizan, c'est-à-dire les plateaux sur lesquels les actes des hommes seront pesés, est emprunté aux Perses (Coran sourate XXI.47). A leur instar, les musulmans calculent la valeur des bonnes et des mauvaises action comme autant d'unités de poids. Par exemple, le Prophète est réputé avoir dit : «Quiconque dit une prière sur la pierre d'un mort gagne un kirat, mais celui qui assiste à la cérémonie jusqu'à ce que le corps soit enterré mérite deux kirats, chacun étant aussi lourd que le Mont Chod.» La prière récitée en communauté a vingt-cinq fois plus de valeur qu'une prière individuelle. 
Selon les commentateurs musulmans, au jour du jugement dernier, l'ange Gabriel tiendra la balance sur laquelle les bonnes et le mauvaises actions seront pesées, un côté suspendu au dessus du paradis et l'autre au dessus de l'enfer.
De la même façon, dans le parsisme, au dernier jour, deux anges se tiendront sur le pont qui sépare le paradis et l'enfer, interrogeant chaque personne qui passe. Un ange, représentant la miséricorde divine, tiendra dans sa main une balance pour peser les actions des hommes. Si leurs bonnes actions l'emportent ils pourront aller au ciel, autrement le deuxième ange, représentant la justice de Dieu, les jettera en enfer. D'autres éléments de la représentation islamique de la balance viennent des sectes hérétiques chrétiennes. 
 
L'institution musulmane des cinq prières quotidiennes a aussi une origine perse
Au début, Muhammad n'institua que deux prières quotidiennes. Mais, comme cela est raconté dans le Coran, une troisième prière, celle du matin, fut ajoutée, puis la prière du soir et finalement celle du milieu, toutes trois correspondant au prières juives shakharith, mikado et rabiot.
 
Les musulmans qui ne souhaitaient pas être surpassés en dévotion par les zoroastres, adoptèrent simplement leurs coutumes. Dorénavant, les musulmans rendirent cinq fois par jour hommage à leur Dieu, à l'imitation des cinq gahs (prières) des Perses. 
Comment ces idées perses ont-elles pénétré l'Arabie pré-islamique ? Les marchands de La Mecque étaient constamment en contact avec la culture perse et il est avéré que plusieurs poètes arabes tels qu'al-Asha, qui utilise fréquemment des mots du persan dans sa poésie, ont voyagé vers le royaume arabe d'al Hira sur l'Euphrate, qui resta pendant longtemps sous l'influence de la Perse et qui «fut un grand centre de diffusion de la culture iranienne parmi les Arabes.» Le nombre de mots et d'expressions perses dans l'arabe est élevé, en particulier des mots de l'Avestan et du moyen persan (c'est-à-dire Pahlavi).
On a même la preuve que des Arabes païens (animistes) de cette région s'étaient convertis au zoroastrisme. (On notera au passage que les Yazidie ont fait un syncrétisme de ces deux religions ndlr Gérard Brazon).
 
Des dignitaires perses avaient exercé une autorité au nom des Sassanides dans le sud de l'Arabie. Par dessus tout nous avons le témoignage du Coran lui-même qui se réfère aux zoroastres comme des magus et qui les place au même niveau que les juifs, les sabéens et le chrétiens, comme ceux qui croient, « ahl al Kitab », les gens du Livre (sourate XXII.17).
 
Ibn Hisham, le biographe du Prophète, nous raconte qu'un certain Nadr Ibn al-Harith avait l'habitude de raconter aux Mecquois des contes du Grand Rustem, d'Isfandiyar et des rois de Perse, en se vantant toujours que les contes du Prophète n'étaient pas meilleurs que les siens. «Muhammad voyait son auditoire diminuer et ruminait une vengeance, qu'il prit après la bataille de Badr. Cet adversaire trop divertissant, capturé pendant la bataille, paya ses histoires de sa vie.» (Voilà l'homme parfait de l'islam tuant un poète.ndlr GB)
Ibn Hisham nous apprend aussi que parmi les compagnons du prophète, un Perse nommé Salman avait enseigné à Muhammad des choses sur la religion de ses ancêtres. 
 
L'hostilité de Muhammad contre le sabbat et l'idée absurde que Dieu aurait eu besoin de se reposer après avoir créé le monde en six jours pourrait avoir été influencée par les zoroastriens. Les théologiens parsis avaient en effet adopté une position similaire contre le sabbat des juifs. Pour Muhammad et pour tous les musulmans, vendredi n'est pas le sabbat, un jour du repos, mais un jour de rassemblement pour la célébration hebdomadaire du culte. 
Selon les traditions, Muhammad aurait fait un voyage nocturne au paradis sur un animal ailé appelé le buraq, un animal blanc plus gros qu'un âne mais plus petit qu'une mule. On dit que le buraq ressemble au griffon assyrien, mais Blochet a montré que la représentation musulmane du buraq doit tout aux idées perses. Les détails de l'ascension au paradis et de sa rencontre avec Gabriel, Moïse et Abraham sont aussi empruntés à la littérature zoroastrienne.
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Rédigé par Gérard Brazon

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