Les divisions des droites nationales font le jeu des Européistes et tuent la France patriote. Par Gérard Brazon

Publié le 4 Mai 2016

A l'heure où l'Europe des Nations devient une idée de fond, quand des partis politiques dits populistes gagnent des élections en Hongrie, Pologne, Autriche, et même en Allemagne, après celles du Front National suite aux régionales, on se dit que l'espoir d'un changement n'est pas une folie de patriotes attardés.

On se dit que la raison commence à émerger des flots, à apparaître dans la brume médiatique. Que nous sortons progressivement d'un enfumage opaque européiste. Qu'un jour prochain, entre patriotes de toutes les nations européennes, nous allons pouvoir nous serrer la main et construire, pourquoi pas, une Europe des Nations.

Le nationalisme n'est pas la guerre contrairement à ce qu'affirment les européistes, bien au contraire. Le nationalisme nourri de notre histoire réciproque, est l'outil patriote pour que les peuples soient et restent libres de leur destin à travers et en premier lieu, la souveraineté. Le nationalisme c'est l'amour de la Nation, de sa Nation. Rien de plus, rien de moins. Nous autres peuples d'Europe, nous avons beaucoup souffert des impérialismes divers qui ont émergé de la volonté des socialistes. Qu'ils soient internationalistes à la mode Socialo-Communiste ou National-Socialiste. Tous, à des degrés divers, porteurs de la mortifére table rase du passé, de l'homme social nouveau, du refus de l'histoire et qui tous, se sont terminés par la mort de millions d'Européens victimes de la barbarie.

Une fois établis ces faits, et contrairement aux oublieux, aux ignares habituels de la gauche fascisante qui sévit actuellement,  j'exprime le regret que les droites nationales (hormis la volonté de Robert Ménard de réunir les patriotes lors des journées du 27, 28, et 30 mai à Béziers), n'ont toujours pas trouvé les moyens de se rencontrer et de mettre en place une volonté commune de travailler et militer ensemble a minima, sur une plateforme patriote soulignant la France, la Patrie comme message premier, la souveraineté, le rétablissement des frontières (vues comme des filtres et non comme un enfermement,) la monnaie, la suprématie des lois françaises sur celle d'une Europe technocratique, l'armée, la police, la justice, etc.

Je n'enfonce pas une porte ouverte en disant et affirmant que tous les partis patriotes ont sensiblement le même programme. Alors quoi, que se passe-t-il ?

Nous avons pu observer lors de ce 1er mai, des hommages à Jeanne d'Arc qui ont dû la faire pleurer. Les familles patriotes se déchirent le plus souvent et rappellent que les haines les plus fortes sont le plus souvent issues de la famille. Les frères et sœurs ont le plus de mal à se pardonner. Les enfants ont souvent la rancune la plus tenace envers leurs parents. Tous ont les mêmes souvenirs et au lieu que cela unisse, cela approfondit la rancune au mieux, la haine au pire.

Nous n'avons pas besoin de faire étalage de nos divisions, de nos différences d'appréciation sous l'œil amusé de la presse de gauche, c’est-à-dire, de quasiment l'ensemble des médias radio-télévisés et des grands groupes de la presse écrite.

L'exemple le plus frappant étant la commémoration de Jeanne d'Arc par Jean Marie Le Pen d'un côté, en compagnie de Bruno Gollnisch et de Marie Christine Arnautu et celle, devant une autre statut de Jeanne d'Arc par Marine Le Pen en compagnie d'élus.

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La Jeanne des Pyramides (Jean Marie Le Pen)

Une forêt de caméra pour surveiller le déroulement de celle de Monsieur Le Pen, des journalistes tombant comme des moustiques sur le spectateur lambda pour lui soutirer le mot qui tue, faire une comparaison avec la fille, tirer le jus d'une éventuelle déclaration savoureuse à diaboliser. Les journalistes étaient partout dans cette petite foule qui attendait l'orateur, grappillant de ci de là, un mot, une réflexion. Il est venu et les présents ont participé à l'ovation du vieux briscard qui entama son discours fait d'appels à la réconciliation et de reproches. Le public était là. Pas aussi nombreux qu'il l'avait espéré. Certains oubliant le temps, l'actualité, la réalité politique des choses ont scandé "Jean Marie Président". Comme quoi, le sens de la politique était bien loin des préoccupations des "fidèles" du vieux bretteur. Ils étaient là pour lui, pour le voir, l'entendre et pestaient sur les conditions de l'exclusion du "fondateur". Florian Philippot a dû sentir ses oreilles siffler...

Quand on est patriote avant tout, que l'on prend un peu de distance, que l'on se souvient des 1er mai d'antan, on ne peut que ressentir une grande tristesse face à ce gâchis étalé devant la presse.

Jeanne d'Augustin

La Jeanne d'Augustin (Marine Le Pen)

Place des Augustins, la cérémonie était plus simple. Pas de déballages, pas de grands drapeaux, pas d'appels, pas de démesure. Les militants du FN n'avait pas été appelés à venir sur cette place. Ils n'étaient donc pas là en foule ce qui finalement était une bonne idée. La presse moins nombreuse, a fait le service minimum. Photos et interviews des personnalités bien sûr. Marion Maréchal Le Pen et Gilbert Collard étant les plus sollicités. D'autres aussi, comme Nicolas Bay, ainsi que Karim Ouchikh du SIEL. Marine, souriante, après son dépôt de gerbe, a fendu la troupe de journalistes et s'est refusée à toutes interviews. Elle est monté dans sa voiture, se réservant sans nul doute pour le "Banquet populaire et Patriote" avec ses militants Porte de la Villette. Aux dernières nouvelles, ils étaient plus de 2500 militants à l'attendre.

Bien entendu, la presse se lécha les babines, les mouches trempèrent leurs ailes dans la séparation du père et de la fille, les corbeaux annoncèrent un FN de la discorde. Comme j'ai de la sympathie pour les chiens, je ne ferai donc pas de comparaisons désobligeantes pour eux.

J'ai appris par la suite que des personnalités comme Bruno Gollnisch, Marie Christine Arnautu avaient été décrétés, "Personna non grata" à ce banquet. Incompréhensible et inutile coup de patte. Il y aurait eu de la grandeur, de la noblesse de les laisser participer et de faire finalement bonne figure en exigeant de leur part, la discrétion bien sûr. Ces anciens, si ce n'est ceux de la première heure du FN, fidèle au père par amitié et respect, fidèle à Marine également pour les mêmes raisons, faisant le grand écart affectif de fait, ne méritaient pas cette ostracisme. Là encore, la bonne presse y a trouvé son compte. Les militants qui ne sont pas trop disciplinés, un peu gaulois-rebelles, un peu trop volontaires, grandes gueules parfois, savent désormais que le silence doit se faire dans les rangs du Front National. Plus une tête ne doit dépasser ! En sera-t-il pour autant, plus efficace ? Plus convaincant ?

Un chroniqueur socialiste sur RMC, sévissant dans l'équipe de Jean Jacques Bourdin,  Hervé Gattegno nous a affirmé que malgré "la division" au Front National, il fallait toujours "avoir peur" du FN. Il alla le bougre, jusqu'à imaginer un quasi plan concerté entre le père et la fille pour faciliter le passage du FN, en parti normal dédiabolisé". L'esprit socialiste est l'un des plus tordus qui soit. Faut-il croire que ce triste sire préférerait un parti anormal ? Et qu'est-ce qu'un parti anormal d'ailleurs ? Pour Hervé Gattegno, un parti anormal est un parti qui privilégie la Nation, le peuple de France, veut une France souveraine et conspue l'Union Européenne. Suis-je anormal docteur Gattegno ?

Lorsque l'on sait que ce chroniqueur venant du Monde, passé au Point est un ami proche d'Arnaud Montebourg, le petit ami d'Aurélie Fillipéti, (deux ex ministres de François Hollande) celle-là même qui a dit que: L’immigration a été, est, et sera la chance de ce pays » « Cette France moisie, on n’en veut pas. Bref, on ne peut qu'avoir une chronique orientée et anti Front National. On notera au passage que la vidéo de cette déclaration de Fillipeti est désormais introuvable sur Youtube. Étonnant ! Jean Jacques Bourdin finira par se noyer avec des poissons de cet acabit dans son équipe.

Je regrette profondément cette division. Je suis particulièrement stupéfait des propos tenus par des fidèles de Jean Marie Le Pen n'ayant pas, semble-t-il, d'autres adversaires que Florian Philippot et en second lieu, Marine Le Pen. Au moment où le patriotisme n'est plus ringardisé, que la souveraineté redevienne une idée neuve, que la France redevienne une espérance, je suis effaré que des patriotes se disputent. Surtout au moment où enfin, des jeunes de plus en plus nombreux votent en masse pour le Front National. Certes, il y a dit-on, la catégorie des retraités encore méfiants. Il est vrai que 46 ans de travail médiatique européiste sur des personnes se situant entre 60 à 80 ans, et qui plus est, n'ont jamais connu le chômage, ne peut que laisser des traces sur les esprits. Ils ne sont pas l'avenir.

Patriotes de France, arrêtez ce travail de sape contre vous-mêmes. Cessez ces combats d'ego surdimensionnés. Vous avez tous, ceux qui étaient Place des Pyramides, ceux qui étaient  Place Saint Augustin, au banquet populaire et patriote, le même désir, le même amour de la France. Pourquoi voulez-vous que notre pays continue de souffrir pour des querelles intestines dont finalement, on ignore tout. Les tenants surtout, à défaut des aboutissants.

Unissons-nous, appelons à la victoire. Cessons ces démarches séparatistes qui ne pourront qu'être suicidaires, in fine.

Gérard Brazon (Liberté d'expression)

Rédigé par Gérard Brazon

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