Ma rencontre avec Obama devenu chauffeur de tuk-tuk - Par Gérard Brazon

Publié le 12 Mai 2016

J’ai surpris à Chang Raï  Barak Hussein Obama en phase d’apprentissage pour son nouveau travail dans quelques mois.

 
Je visitais la ville de Chang Raï il y a quelques semaines et la fatigue aidant, sur le bord de la route, j’ai hélé l’un des multiples tuk-tuk qui circulent. Mais quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer Obama en personne aux guidons de cet engin.

J’en perdis mon latin et me mis à lui poser des questions en anglais alors que je ne parle pas la langue de l’envahisseur, l’idiome de la perfide Albion, auteur de l’assassinat de Jeanne d’Arc, de l’Empereur Napoléon 1er, du lâche bombardement de la flotte française à Mers-El-Kebir, et j’en passe…
-Bonjour Monsieur le Président ! Qu’est-ce que vous faite sous ces latitudes et dans ces conditions ?
-Je suis en phase d’apprentissage. Cela fait des années que je n’ai pas conduit et ma foi, j’aime ça !
– Certes Monsieur le Président, mais tout de même, comment faites-vous pour gouverner l’empire le plus puissant du monde et prendre des touristes en si triste équipage?
-Et bien justement, mon cher Monsieur sans vouloir vous outrager, je ne gouverne pas ! Je n’ai d’ailleurs jamais gouverné. Il faut être du peuple ou bien naïf  pour le croire !
– Oui mais toute de même, cela ne doit pas être facile d’être sur cet engin si peu confortable et puis être le lendemain à la Maison Blanche.
– Mais mon brave Monsieur, vous êtes bien niais ! Je vous dis que je ne gouverne pas !
Il ajouta agacé :
-Je ne prends aucune décision, et je laisse faire les vrais dirigeants, les grands patrons de la finance, ceux des entreprises multinationales, la CIA, la NSA, le FBI, les médias, bref tous ceux qui organisent tous les 4 ans la grande fête de l’esbroufe électorale. Dans quelques mois, je perds mon boulot et il faut bien que je gagne ma vie.
-Pas même une retraite, une pension ?
Je sentais bien que je commençais à l’énerver. Il cherchait sa route et mes questions l’agaçaient vraiment.
-Pendant huit ans, j’ai été le centre du monde. Logé, nourri, lavé avec toute ma famille. C’était le deal. Je devenais le premier noir Président des États-Unis, et je me recyclais ailleurs en fin de mandat.
– Oui mais ailleurs, ce n’était pas forcément le nord de la Thaïlande ?
-J’ai tiré le plus mauvais lot ?
-Comment ça le plus mauvais lot?
–  Vous êtes aux USA. C’est ça le rêve américain. J’ai tiré la mauvaise carte. C’était un tuk-tuk  ! J’aurais pu tomber sur un engin à pédales et là, je ne pourrais même pas vous répondre puisque j’aurais craché mes poumons depuis longtemps.
– Alors comme ça, les anciens présidents des Amériques sont recyclés de cette manière.
-Pas tous ! Ceux qui ont une famille blindée sont rentrés à la maison. Mais moi, avec Michelle et mes filles, mettre des ronds de côté ce n’était pas si évident. Donc recyclage.
-C’est pas pareil en France ?
– Ben non,  les anciens présidents qui ne servent plus à rien sont recyclés avec l’argent des contribuables dans des fonctions ou plus jamais ils ne sont véritablement sollicités. De temps en temps on leur pose des questions, histoire que les contribuables pensent qu’ils servent encore à quelque chose. En fait, ils ont la planque.
-Ah ok.
-Si vous voulez, vous pourriez venir en France! Nous avons un tas de « braves gens » qui seraient prêts à payer cher pour vous permettre d’être élu Président. Cela fait un tas d’années qu’ils rêvent d’avoir un Président noir. Alors même recyclé ici, ils seraient ravis de vous déposer à l’Élysée.
– Oui mais je n’ai pas le droit ! C’est dans le contrat de recyclage.
-Bon vous êtes arrivé à votre hôtel. Je vous dépose et je file, car j’ai un avion dans 2h pour Bangkok. Puis départ pour quelques jours à Washington pour faire des photos.  C’est dans le contrat. Si vous êtes encore là dans deux semaines, on se revoit et on se fait une bouffe !
En descendant, je manque de me faire renverser et là, je réalise que ma femme est furieuse.
-Pourquoi tu n’arrêtais pas de le fixer ! C’est vexant pour ce monsieur, d’autant plus que tu ne m’écoutais pas !
Mais, tu ne te rends compte,  c’est Obama !
Et ta sœur, c’est Michelle?
Heureusement que j’ai pu prendre quelques photos à défaut d’avoir enregistré la conversation. Quant au fait que je ne parle pas un traître mot en anglais, ça restera un mystère.
Gérard Brazon
Petit récit imaginaire. Les photos sont authentiques et appartiennent à l’auteur.

Rédigé par Gérard Brazon

Commenter cet article