Office des ténèbres : une somme et un argumentaire de combat - Par Fabrice Dutilleul

Publié le 26 Septembre 2016

« Il se trouve que presque tout ce qui avilit notre pays s’est trouvé comme condensé dans la politique menée par la IVe et la Ve République. Et c’est avec elles, et contre leur malfaisance, que j’ai grandi, muri… et vieillis ! »
Entretien avec Alexis Arette, auteur d’Office des ténèbres
(Propos recueillis par Fabrice Dutilleul) pour http://eurolibertes.com/politique/office-tenebres-somme-argumentaire-de-combat/
Vous revenez donc sur votre engagement politique avec votre dernier livre Office des ténèbres quel en est l’esprit ?
Cet ouvrage fait suite à Fils d’homme, je t’ai fait sentinelle, publié l’année précédente chez le même éditeur, où j’avais rassemblé les textes prophétiques qui me paraissaient propres à éclairer notre temps. Office des Ténèbres, lui, est une somme et un argumentaire de combat. J’y prends en quelque sorte le contrepied de Voltaire qui, dans une lettre fameuse, éructait ainsi : « Il faut mentir comme un diable ! Non pas pour un temps, mais hardiment et toujours ! ». J’avais pensé en découvrant cette phrase, à celle que Kipling mettait dans la bouche des morts de la Grande Guerre : « Nous sommes morts parce que nos Pères ont menti ! ». Dès lors, face au mensonge meurtrier, la plume ne doit-elle pas se vouer à « démentir », pour renouer avec les lois de la Vie ? C’est à cette tâche que je me suis voué, avec bien d’autres, en présentant l’enchaînement des faits qui nous ont conduits au seuil de la IIIe Guerre mondiale, avec l’espoir qu’un sursaut des gens avertis pourrait nous l’éviter… rejoignant ainsi ces chroniqueurs, journalistes et polémistes, qui, depuis Henri Coston jusqu’à Éric Zemmour et de tant d’autres, se sont voués a dégager les Français des utopies mortelles, socialistes ou libérales, qui nous amènent vers de nouveaux totalitarismes.
Y’a-t-il un élément déterminant qui vous a fait prendre conscience de la nécessité de ce combat ?
D’abord, permettez-moi de vous dire que je n’ai pas « rejoint » cette magnifique entreprise nationale, car à la sortie d’un de mes séjours en prison pour mes engagements politiques, la joyeuse équipe littéraire des « Hussards », m’a accueilli comme un des leurs ! Et en effet, je me suis toujours senti, naturellement, en réaction contre la laideur et l’extrême lâcheté de notre temps. Or, il se trouve que presque tout ce qui avilit notre pays s’est trouvé comme condensé dans la politique menée par la IVe et la Ve République. Et c’est avec elles, et contre leur malfaisance, que j’ai grandi, muri… et vieillis ! Cela a motivé mes engagements sur les champs de bataille, mes luttes syndicales, mes séjours en prison, et enfin mes écrits par lesquels je continue la guerre, qui, selon le Livre de Job, est « ordonnée aux mortels sur cette terre » !
Vous indiquez qu’il s’agit « d’un argumentaire et d’une somme ». Cela suppose des références ! Quels sont les personnages qui vous ont motivé ou qui ont le plus influencé votre pensée ?
J’aime à penser que la Providence a guidé mes choix ! J’ai appris l’économie de l’écriture avec Anatole France. J’ai compris la logique avec Jean Madiran, L’inventaire avec Henry Coston, la poésie allusive avec Paul Valéry, L’ironie avec Jean Giraudoux et Jacques Perret. Mais, Philosophiquement, j’ai été très marqué par Gustave Thibon et c’est Simone Weil qui m’a donné le goût de fouiller dans les religions antiques pour y confronter ma propre foi. Mais si j’ai pu discuter avec des personnages d’importance, comme Georges Bidault ou François Mitterrand, ce sont deux personnages beaucoup moins connus qui se reconnaitraient en partie dans mon dernier ouvrage, soit Francois-Marie Algoud, extraordinaire documentaliste qui ne laissait rien passer de l’évènement, et l’éminent Dr Polacco de Menasce, juif de Grande famille, que j’ai tenté de convaincre, pendant dix ans de polémiques serrées, qu’Hitler n’était pas le bienfaisant génie qu’il s’obstinait à défendre ! Leurs archives précieuses ont complété les miennes. J’ajouterais a ces éléments un peu disparates, les noms de Jacques Bergier et Louis Pauwels, qui, dans les années 60, m’incitèrent à remettre en cause les vérités « officielles ». Ils m’ont aidé à dégager ma foi des conventions, et à devenir un homme libre !
Un mot encore pour terminer ?
Non ! Un mot pour continuer. Car pour paraphraser l’Évangile, nous n’en sommes pas à la fin, mais au commencement de la fin ! Face à l’immense corruption démonocratique, il faut continuer à se tenir au créneau de l’espérance, en attendant « comme un veilleur attend l’aurore » que sonne la diane française.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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