Berlin : par leur défausse, nos journaleux sont complices de l’assassin - Par Jean Sobieski

Publié le 20 Décembre 2016

Pour Riposte-Laïque

Jamais, autant qu’hier soir, la défausse généralisée des médias français sur des chimères interchangeables n’a été aussi clairement démontrée. Le grotesque est devenu, dans cette affaire, paradigme de ce qu’est aujourd’hui l’information dans un pays désormais officiellement bâillonné par ceux-là mêmes qui devraient l’éclairer.

Quiconque aura erré d’une chaine à l’autre, au long d’un interminable et répétitif tunnel d’ignorance, de faux-semblants, de péremptoire et d’enfumage, sera sorti de l’épreuve comme ivre, saoulé de coups, plein d’un brouet impossible à digérer. Un sommet de la gastronomie journalistique.

On aura tout entendu de ce qu’il est licite de nommer désinformation : du peut-être-pas-terroriste à la « bande à Baader » (!), de Trump à l’extrême droite européenne, des cathos intégristes aux nostalgiques du Troisième Reich, rien ne nous aura été épargné. Aux questions débiles des animateurs de plateau (des journalistes, ça ? Avec carte de Presse ?), genre « Quelles sont les raisons pour lesquelles l’Allemagne pourrait être ciblée » ? répondirent les esquives autorisant jusqu’au farfelu des hypothèses du style « Attention, on a aussi vu des gens alcoolisés foncer sur la foule, les soirs de fête« . Des saloperies de chrétiens imbibés en quelque sorte. Moult fois il convint de se pincer pour se persuader que ce fatras tactique pouvait ainsi s’étaler publiquement, obscène.

J’ai dit « tactique ». Je le maintiens.

Car s’il est une chose dont à aucun moment il ne fut question, sur BFM, sur LCP, sur Itélé comme sur la Une, la 2, la 3  et la smala des autres, ce fut bel et bien la cause réelle, profonde, intangible et pérenne de ce 14 Juillet à la mode Santa Klaus : l’Islam.

Au royaume de la périphrase, l’omission est reine. Dans les principautés du mensonge, l’ellipse sert de mitre à nos nouveaux pontifes. Il est donc des mots, celui-là notamment, qu’il convient plus que jamais de garder pour soi. Islam. Les tabous tombent l’un après l’autre, voici que surgit celui du siècle en cours. Il tient en cinq lettres. Et terrorise au point qu’on ira se coucher, sa pauvre besogne exécutée, sans l’avoir un seul instant entendu sortant de sa propre bouche.

Alors, pour ce peuple hagard et logorrhéique des studios de radio, des plateaux de télé et autres lieux où l’on truque, voici la vérité.

L’assassin d’hier soir, à Berlin est un faux réfugié venu d’un pays certes secoué lui aussi par des attentats, mais nullement ravagé par la guerre : le Pakistan à 98% musulman. Personne, hier soir, n’a souligné ce fait.

Il est arrivé en Allemagne avec dans la tête l’idée, à défaut du projet précis, de frapper le pays qui lui ouvrait sa porte. Il a frappé ce pays-là. Personne, hier soir, n’a relevé cette évidence.

Il l’a fait au nom d’un Dieu et d’un Prophète qui lui commandaient par écrit de le faire. Cet homme est leur soldat. En mission. Personne, hier soir, n’a signalé ce point du dogme.

Le livre se nomme Coran. Le Prophète, Mohamed. Tout le monde les a tus.

Leur créature impatiente de mourir pour eux n’est, je le prétends, ni un islamiste, ni un terroriste, ni un fondamentaliste, ni un quelconque sujet de thèse se terminant par « iste ».

Il est musulman, point unique et final, couvert comme ses devanciers coupables de quelques 30.000 Bataclan depuis quinze ans par le sépulcral silence de sa communauté toute entière, de Rabat à Islamabad, de Tachkent à Rawal Pindi en passant par Kairouan, Montreuil et Saint-Denis.

Quant à ceux de chez nous qui refusent encore aujourd’hui de l’appeler par son nom, ils ne sont, par lâcheté, calcul, devoir, incompétence, bêtise ou frivolité, ni plus ni moins que ses complices.

Jean Sobieski

Rédigé par Gérard Brazon

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jean-luc 20/12/2016 16:05

Belle analyse de Jean Sobieski. Ce qui suit n'est pas un "cheveu sur la soupe" mais une réflexion au sujet de cette citation en tête de chaque article: "Un peuple qui élit des politiques corrompus, des renégats n'est pas une victime, il en est complice." Moi qui ai voté pour la première fois à 21 ans (âge légal à l'époque pour être électeur) et pour qui la politique était le dernier des soucis, je crains le pire si le droit de vote passe à 16 ans et j'ai bien peur que, s'il vivait encore, George Orwell réviserait son propos en y joignant l'inconscience.