Médias : Chasse en Meute et Aveuglement Comment rater le Brexit et Trump en cinq leçons Par Yves Mamou

Publié le 19 Décembre 2016

  • Pour que la signature d'un journaliste s'affiche en Une de son propre journal, pour qu'il fasse l'ouverture du journal télévisé, il doit être porteur du « scoop qui tue » – l'info qui tue toutes les autres infos - au point que les autres médias n'auront pas d'autre choix que le copier et le coller.

  • Au quotidien, les journalistes agissent en meute, mais chacun aspire à diriger la meute. Dans cette logique, il ne peut y avoir qu'un seul nouvel article par jour - répété et reproduit à l'infini.

  • La pauvreté peut faire la Une quand les statistiques officielles du chômage sont publiées, mais qui se soucie de ce que les pauvres pensent ?

  • Le problème surgit quand les personnes qui sont ordinairement sous le radar des médias deviennent la majorité de la population, et que cette majorité fait « dissidence ». Quand ces invisibles (au sens médiatique du terme) s'engagent dans le processus démocratique et protestent par le vote, l'effet est celui d'une bombe: Personne n'a anticipé !

  • Selon les médias, les seuls pauvres qui ont besoin d'aide, de soutien et d'attention sont ceux qu'ils ont sous les yeux, les migrants. Les autres pauvres - en particulier les Blancs – ont perdu le droit à l'existence médiatique. Et quand ils ne protestent contre l'immigration, ils sont traités de racistes.

  • « Faire passer les classes moyennes et populaires pour « réactionnaires », « fascisées », « pétainistes » est très pratique. Cela permet d'éviter de se poser des questions cruciales. Lorsque l'on diagnostique quelqu'un comme fasciste, la priorité devient de le rééduquer, pas de s'interroger sur l'organisation économique du territoire où il vit. » - Eric Guilluy, Géographe français, Le Point .

  • Trump a bien compris cette déconnexion des médias et de la population. Pendant la campagne, il a très peu parlé aux journalistes : il est devenu lui-même son propre média, tweetant presque chaque jour, obligeant les grands médias à reprendre ses propos quotidiennement.

  • La démocratie dépend pour sa survie que les journalistes fassent correctement le travail pour lequel ils sont payés : rapporter des faits et non pas stigmatiser les personnes qui ne leur ressemblent pas. Il n'est pas de leur « noble » devoir d'empêcher les choses de se produire. Il suffit de rapporter les faits, de proposer une analyse, et de laisser le public libre de se forger une opinion.

Quelque chose ne va plus avec les médias – et ce, à l'échelle internationale.

En Grande-Bretagne, les médias ont été incapables de prêter l'oreille aux Britanniques qui réclamaient un « Brexit ». Aux Etats-Unis, ils ont refusé de prêter l'oreille aux Américains qui ont opté Trump. Et en France, ils ont été incapables de prédire la victoire « inattendue » de François Fillon, vainqueur haut la main des primaires de la droite.

En Angleterre et aux Etats Unis, les médias et les journalistes ont stigmatisé et porté des jugements de valeur sur la majorité de la population - ceux qui voulaient Brexit, ou Trump – au point de les traiter parfois, d'idiots et de racistes.

La crédibilité des médias est aujourd'hui en question : les journalistes ont-ils encore pour fonction de décrire le monde tel qu'il est? Et si oui, comment ont-ils pu se tromper aussi massivement et presque sans exception sur des enjeux électoraux aussi importants ? La question corollaire qui suit : les médias jouent-ils un autre jeu que celui pour lequel ils sont payés ? Si oui, lequel ? Et pourquoi ?

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Médias : Chasse en Meute et Aveuglement Comment rater le Brexit et Trump en cinq leçons  Par Yves Mamou

Rédigé par Gérard Brazon

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jean-luc 20/12/2016 15:21

Oui, les médias devraient être objectifs, c'est avant tout ce que l'on demandait à ses acteurs quand il n'y avait que la presse comme moyen d'information.
Ces dernières années, nous subissons outrageusement une manipulation en guise d'information: bonjour la déontologie.
Le quatrième pouvoir semble viser le tableau d'honneur en visant les troisième et seconde place ... si ce n'est déjà fait.