Trump dope le Mouvement Anti-Establishment en Europe « Cette année sera l'année du peuple » Par Soeren Kern

Publié le 25 Janvier 2017

  • « Le génie ne retournera pas dans la bouteille, que cela vous plaise ou non. » - Geert Wilders, député et chef du Parti pour la liberté, Pays-Bas.

  • Un nombre croissant d'Européens se rebelle contre des décennies de multiculturalisme imposé par les gouvernements, les codes du politiquement correct et la migration de masse en provenance du monde musulman.

  • En Europe, les partis de l'establishment, plutôt que de répondre aux préoccupations des électeurs ordinaires, tentent de faire taire les opposants en les traitant de xénophobes, d'islamophobes et de néo-nazis.

  • « À bien des égards, la France et l'Allemagne montrent qu'ils n'ont pas compris le sens du Brexit. De manière mécanique, presque religieuse, ils continuent à suivre le chemin qui a engendré la crise existentielle que traverse actuellement l'UE. » - Ambassadeur John R. Bolton, ancien ambassadeur américain aux Nations Unies.

  • « La prise de conscience va croissant que l'arrivée de Trump à la Maison Blanche amorce un mouvement de plus grande ampleur au plan mondial. Les critiques qui ont suivi la candidature de Trump et qui ont écouté son discours d'hier hurleront à la montée du populisme. Mais il s'agit tout simplement d'un retour à la démocratie et aux valeurs propres à chaque Etat-nation.... C'est une révolution politique. » - Nigel Farage, ancien chef du parti UKIP de Grande-Bretagne, qui a joué un rôle clé dans la sortie de la Grande Bretagne de l'Union européenne.

  • « Cette rupture est féconde. Les tabous des dernières années sont désormais à l'ordre du jour : immigration clandestine, islam, le non-sens de l'ouverture des frontières, les dysfonctionnements de l'UE, la libre circulation des personnes, des emplois, des lois et de l'ordre. Les prédécesseurs de Trump ne voulaient pas évoquer ces sujets, mais la majorité des électeurs l'ont fait. C'est ça la démocratie. » - Roger Köppel, rédacteur en chef de Die Weltwoche, Suisse.

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Stimulés par l'investiture du président américain Donald J. Trump, les dirigeants des principaux partis anti-establishment en Europe ont organisé un rassemblement pan-européen dans le but de coordonner une stratégie politique susceptible de mobiliser, à l'occasion des élections qui auront lieu prochainement en Allemagne, aux Pays-Bas et France, les millions d'électeurs désabusés.

Pour la première fois, Marine Le Pen, leader du Front national, Frauke Petry, leader de l'Alternative pour l'Allemagne (Afd), Geert Wilders, chef du Parti néerlandais pour la liberté (PVV), Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord italienne et Harald Vilimsky du Parti de la liberté en Autriche ont tenu une conférence de presse commune le 21 janvier à Coblence, en Allemagne. Ils ont appelé les électeurs européens à un « printemps patriotique » qui renverserait l'Union européenne, réaffirmerait la souveraineté nationale et sécuriserait les frontières nationales.

 

Les leaders des principaux partis anti-establishment en Europe ont tenu une réunion de presse commune, pour la première fois, le 21 janvier à Coblence, en Allemagne. (Image source: Marine Le Pen/Twitter)

 

Le rassemblement a duré deux heures et a eu lieu sous la bannière de l'Europe des nations et de la liberté (ENF), un groupe créé en juin 2015 par des membres du Parlement européen de neuf pays pour s'opposer au fédéralisme européen et au transfert du pouvoir politique aux bureaucrates non élus de Bruxelles, la capitale de facto de l'Union européenne.

Marine Le Pen, se référant au choix des électeurs britanniques - en juin 2016 - d'opter pour une sortie de l'Union européenne et à l'arrivée au pouvoir du président Donald Trump aux Etats-Unis, a dit :

« Nous vivons la fin d'un monde, et la naissance d'un autre. Nous vivons le retour des Etats-nations. En 2016 le monde anglo-saxon s'est réveillé. 2017 sera, j'en suis sûre, l'année ou les peuples du continent européen se redresseront. »

Wilders a ajouté :

« Le monde change. L'Amérique change. L'Europe a aussi commencé de changer. L'an dernier c'était le Brexit, hier c'était Trump et aujourd'hui les partis épris de liberté se réunissent à Coblence pour élaborer une position commune. Le génie ne retournera plus dans la bouteille, que cela vous plaise ou non. Les peuples occidentaux se réveillent. Ils rejettent le joug du politiquement correct ».

Les sondages montrent que le virage politique radical qui s'est opéré aux Etats-Unis a redonné de la vigueur aux partis anti-establishment d'Europe. Outre la colère sur l'érosion de la souveraineté, un nombre croissant d'Européens se rebelle contre des décennies de multiculturalisme imposé par les gouvernements, les codes du politiquement correct et la migration de masse en provenance du monde musulman.

En France, un récent sondage Ipsos/Le Monde a montré que Marine Le Pen sera vraisemblablement présente au premier tour de la présidentielle qui aura lieu le 23 avril 2017. Avec 25 % à 26 % des intentions de vote, elle fait désormais la course en tête, François Fillon du parti de centre-droit Les Républicains n'obtenant que 23% à 25%. En décembre 2016, Fillon surclassait Le Pen de trois points.

Aux Pays-Bas, Geert Wilders se classe désormais en tête des sondages concernant les intentions de vote à l'élection générale du 15 mars 2017. Le PVV est crédité de 29% à 33% des voix contre 23% à 27% pour le Parti pour la liberté et la démocratie du peuple (VVD) actuellement au pouvoir.

En Allemagne, le parti anti-immigration Alternative pour l'Allemagne (AfD) est devenu le troisième plus grand parti du pays, et il est aujourd'hui crédité de 15% d'intentions de vote. L'AfD, déjà représenté dans 10 des 16 parlements régionaux (Lander), espère se faire une place au Parlement fédéral (Bundestag), pour la première fois, aux élections nationales du 24 septembre 2017.

Les partis de l'establishment, loin de répondre aux préoccupations des électeurs ordinaires, tentent de faire taire les opposants par la stigmatisation en les traitant de xénophobes, d'islamophobes et de néo-nazis.

En Allemagne, par exemple, le vice-chancelier, Sigmar Gabriel, dans un effort sournois pour faire taire les critiques contre la politique migratoire dite de la porte ouverte, a fait appel aux services de renseignement pour surveiller l'Afd.

Le ministère de l'intérieur allemand projette également la création d'un « Centre de lutte contre la désinformation » (Abwehrzentrum gegen Desinformation) pour combatte les « fausses nouvelles ». Un projet que l'opposition a décrit comme un « monstre de censure » visant à faire taire toute opinion dissidente.

Et voilà que Trump entre en scène. Si en Europe, un nombre suffisant d'électeurs estime être concerné par la transformation politique qui a lieu actuellement aux États-Unis, l'équilibre du pouvoir politique européen peut évoluer en faveur des partis anti-establishment. Les élites politiques et médiatiques européennes perçoivent d'ores et déjà Trump comme une menace contre l'ordre politique tel qu'il est établi en Europe.

Dans un entretien accordé le 16 janvier au Times de Londres et au journal allemand Bild, Trump a déclaré que le Brexit « sera au final une bonne chose. » Il a ajouté que la chancelière allemande Angela Merkel avait commis une « erreur hautement catastrophique en autorisant tous ces clandestins dans le pays »

Trump a ajouté qu'il considère l'OTAN comme « très important », mais il l'a jugé « obsolète » face à la menace du terrorisme islamiste à l'ouest. Il s'est plaint également des pays qui « ne paient pas ce qu'ils doivent payer ». Sur les 28 pays de l'alliance, seuls cinq - la Grande-Bretagne, l'Estonie, la Grèce, la Pologne et les Etats-Unis – ont atteint l'objectif de porter le budget de leur Défense à 2% du PIB.

Les commentateurs européens ont vertement critiqué Trump pour les propos qu'il a tenu et certains ont accusé les Etats-Unis d'être un « partenaire peu fiable. » Les dirigeants européens ont renouvelé leurs appels à une armée pan-européenne, un objectif de longue date des fédéralistes européens, qui entraînerait un transfert sans précédent de souveraineté de chacun des Etats-nations européens à l'Union européenne.

Le Président du Gatestone Institute, l'Ambassadeur John R. Bolton, dans une récente tribune au Boston Globe, a utilement rappelé le contexte du débat sur l'OTAN. Il a écrit :

« L'OTAN a subi une intense critique de la part de Donald Trump, provoquant l'indignation de divers dignitaires de la politique étrangère. Ces mêmes dignitaires savent cependant, que Trump utilise simplement un mégaphone pour énoncer des choses qu'ils se disent entre eux au calme : le système de prise de décision au sein de l'OTAN est aujourd'hui sclérosé, la mission de cet organisme n'a pas été redéfinie comme elle aurait dû l'être après la guerre froide, et trop de membres ont manqué à leur contribution financière ou militaire de trop longues années durant.... Trump a toutefois souligné que ses critiques avaient pour but d'encourager le débat sur l'amélioration et le renforcement de l'OTAN, pas de couler l'organisation. Le débat est nécessaire.

Bolton a ajouté :

« À bien des égards, la France et l'Allemagne montrent qu'ils n'ont pas compris le sens du Brexit. De manière mécanique, presque religieuse, ils persévèrent sur le chemin même qui a engendré la crise existentielle que traverse actuellement l'UE. Chaque échec en vue d'une intégration plus étroite au sein du « projet européen » amène un appel en vue d'une intégration plus étroite encore. Qu'il s'agisse d'établir une monnaie sans gouvernement, de financer sans jamais y parvenir des capacités militaires collectives, ou de faire de l'UE un acteur des affaires mondiales que personne en dehors de Bruxelles ne prend au sérieux, le « plus d'Europe » est toujours la réponse

Rédigé par Gérard Brazon

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jean-luc 25/01/2017 15:29

«À bien des égards, la France et l'Allemagne montrent qu'ils n'ont pas compris le sens du Brexit.»
Pas d'accord, il ne l'ont que trop bien compris et pour preuve, ils voudraient nous faire prendre des vessies pour des lanternes, ne serait-ce que par les propos du constipé, alias Toto: Surtout pas d’amalgame ! Pas de stigmatisation ! L'immigration est une chance pour la France ! J'en passe et des meilleures, mon hypertension atteignant un seuil critique.