11 Novembre 1940: La manifestation oubliée

Publié le 10 Novembre 2009

Ils avaient 15 ou 16 ans. Ils étaient lycéens à Janson de Sailly, Henri IV, Voltaire. Ils avaient 18 ans et étaient étudiant en fac de médecine ou de droit et à la Sorbonne où les allemands organisaient des conférences antisémites.

Le 11 novembre 1940, 3000 d'entre eux, spontanément comme le futur auteur dramatique Jean Claude Brisville, ou s'étant passé la consigne, remontent les Champs Elysées jusqu'à l'Arc de triomphe pour célébrer le soldat inconnu et chanter la Marseillaise- cela au nez des allemands qui ont interdit "toute évocation d'un souvenir insultant pour le Reich"! C'est la première manifestation patriotique depuis l'armistice de juin. Elle a des conséquences terribles. Près d'un milliers de garçons et de filles sont arrêtés par les soldats allemands et par les policiers parisiens qui font la chasse à toutes expressions de l'identité nationale ! Ils furent tabassés à coup de crosse de fusil, de matraques comme Pierre Le franc, futur directeur de cabinet du général de Gaulle. Ils subissent des simulacres d'exécutions. Plusieurs sont déportés à Ravensbrück. Ces jeunes héros auraient mérités d'être célébrés au moins à l'égal de Guy Mocquet le militant communiste arrêté un mois plutôt à la gare de l'Est non pas comme résistant (Le pacte germano-soviètique n'était pas rompu) mais parce qu'il distribuait des tracts anticapitalistes! Or ils sont tombés dans l'oubli. Il fait remercier Maxime Tandonnet, conseiller à l'Elysée, auteur d'ouvrages sur l'Europe de l'immigration, d'avoir reconstitué cette journée de façon si vivante dans un petit livre bouleversant, 1940, un autre 11 novembre édition Tallandier.

Christine Clerc - Valeurs Actuelles


Ce sont des pages comme celle-ci qui nous rappellent que la France de 1940 ne fût pas celle que l’on veut bien nous dire. La jeunesse était concernée par la défaite, elle était patriote et concernée par l’identité nationale. Cette fameuse identité nationale qui devrait représenter des heures sombres pour certains, mais qui ont été aussi des lumières, celles des débuts de la Résistance !
Nous étions le 11 Novembre 1940, c’étaient des jeunes de la bourgeoisie et des nantis de l’époque. Ils furent torturés bien avant que d’autres soient entrés en résistance après Juin 1941. En même temps que d'autres partis rejoindre de Gaulle à Londres. Pourquoi donc ces gamins de 16 à 18 ans, furent-ils oubliés après guerre ?

Une pensée pour eux et pourquoi pas une évocation dans les médias.

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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c di grazia 07/04/2011 11:38



La manifestation du 11 novembre 1940 résulte de plusieurs facteurs dont l'appel de la radio de londres , l'appel du PCF, la volonté des étudiants que vous citez. et qui doivent être honnorés.
malheureusement les temps sont au révisionnisme en ce qui concerne l'histoire des communistes, c'est normal il sont vaincus et les manuels d'histoire sont écrit par les vainqueurs. En ce qui
concerne Guy Mocquet vous insistez sur le contenu du tract qu'il distrubuait le jour de son arrestation, pour anéantir son acte de résistance, et pour son exécution cherchez bien peut être qu'il
n'a pas bien chanté la marseillaise?



Gérard Brazon 07/04/2011 17:32



Je suis ravi que vous constatiez que l'histoire est écrite par les vainqueurs. Depuis 1945, ce sont les communistes qui ont écris l'histoire de France et effacés tant d'autres pages. Ils se
trouve qu'aujourd'hui, c'est la "bien pensance de gôche" qui écrit les manuels d'histoire et réduit à une page le Consulat et le premier Empire en fin de cycle et deux pages "la traite négrière".
En oubliant bien sûr la "la traite des blancs" du Caucase commise par les arabo-turcs-musulmans. J'espère seulement qu'un jour l'Histoire retrouvra toute sa dimension. 


Quant à Guy Mocquet. Il se fit prendre en distribuant des tracts communistes. C'est ballot! D'autant plus que son Parti collabora avec l'allemagne nazi jusqu'en juin 1941. 


Cela dit, mourir à 17 ans, c'est vraiment trop triste. Mourir pour un Parti de collabos, c'est affligeant. Guy Mocquet l'ignorait. C'est pour cela que c'est injuste. Bien à vous.



Gérard Brazon 10/11/2009 15:21


Merci de ce commentaire fort riche et instructif.


Ch. Romain (Nanterre) 10/11/2009 09:45


Cher Gérard,

attention de ne pas tomber, vous aussi, dans la propagande. Cette manifestation trop oubliée du 11 novembre 1940, le PCF tente régulièrement de la récupérer en faisant croire qu'elle fut organisée
par des communistes. Or, tous ceux qui s'intéressent à la question savent qu'en 1940 le PCF était plutôt collaborationniste (même si de nombreux communistes, à titre personnel, ne l'étaient pas) et
que son chef, Maurice Thorez, s'était réfugié en URSS après avoir appelé à la grève contre la déclaration de guerre à l'Allemagne et avoir lui-même déserté sur ordre de Moscou.

Pour autant, il est un peu abusif d'écrire que les manifestants du 11 novembre 1940 étaient "des jeunes de la bourgeoisie et des nantis de l'époque". En fait, il semble que c'étaient pour la
plupart des jeunes étudiants de toutes les nuances politiques, depuis les communistes jusqu'aux royalistes en passant par toutes les couleurs du spectre politique. L'appel à manifester fut par
exemple fortement relayé par l'UEC (Union des Etudiants Communistes) et l'événement qui mit le feu aux poudres fut l'arrestation, le 8 novembre, du scientifique Paul Langevin, professeur à la
Sorbonne et sympathisant communiste. D'ailleurs, durant la manifestation elle-même, les cris anti-Pétain ou anti-occupants furent mêlés de "Libérez Langevin !".

Au passage, on pouvait tout à fait être communiste et "jeune de la bourgeoisie nantie". Par exemple François Lescure, l'un des animateurs de l'UEC, était issu de la haute bourgeoisie et les
dirigeants de l'UEC se réunissaient discrètement chez ses parents, dans un très bel appartement du VIe arrondissement...

Cette manifestation transcenda les appartenances politiques. Elle fut la preuve qu'une certaine jeunesse refusait l'embrigadement proposé par Vichy et se révoltait contre l'occupation de son pays.
Elle préfigura l'union sacrée de la Résistance et, à ce titre, fut un énorme encouragement pour ceux qui, autour de De Gaulle, voulaient continuer et organiser la lutte. Elle est une page
importante de notre Histoire, justement parce qu'elle montra que le sentiment national dépassait les clivages politiques.

Bien cordialement,


Gérard Brazon 17/11/2009 10:58


Le PCF depuis la Libération a toujours cherché à faire oublier sa collaboration avec les forces occupantes allemandes. Ses trahisons en tant que Parti politique ne signifie pas bien sûr que tous
les communistes étaient des collabos nazis. Dont acte... Que Maurice Thorez ait "obéis" à Staline et qu'il ait déserté pour ce faire ne l'excuse en rien. Cet homme est la honte de la France au
même titre que d'autres collabos. Cependant il fût gracié par de Gaulle. Le fait communiste étant patent. Il était impossible de fusiller Thorez. La page des trahisons communistes se tournait au
profit des collabos bon teint de la droite et des socialistes. Plus simple de transformer un parti collabo en parti des 75 000 fusillés.
C'est pourquoi j'appelle de mes voeux un procès du communisme comme celui du nazisme. Il est trop facile aujourd'hui de faire la distinction entre l'idée du communisme et sa réalisation en niant
que c'est au nom de cette idée que plus 100 millions de femmes et d'hommes sont morts. D'autres font la même chose avec le nazisme. Sauf qu'il y a eu son procès et des documents, des traces, des
faits que cette idée du nazisme était nocive.
A quand le procès du communisme pour en être définitivement vacciné.
Bien à vous