Rubrique poèsie: Le temps, une vie

Publié le 31 Mars 2008

Quel est donc cet enfant dit la pauvre vieille.

Il vient à la vie à l'amour et au soleil.

Il ne sait rien. Il ignore tout  le bienheureux.

L'avenir n'est pas seulement un grand ciel bleu.

 

"Tais-toi la grand-mère. Tu radotes tant l’aigrie".

La vieille s'éloigne alors. Ils n'ont donc rien compris.

Tout n'est qu'instant fugitif, tout n'est que moment.

Une odeur, un beau matin, la mer et le vent.

 

Tu es si belle disaient les yeux de ses amants.

Il y a longtemps déjà, avant ses enfants.

 

Ses yeux désormais, ne voient plus que le passé.

Le temps s'écoule si vite. Sa jeunesse s'est enfuie.

Elle a mangé la pomme, courue les prés, donné.

De l'amour, de la tendresse et offert la vie,

La laissant pantelante, entre fauteuil et lit.

Pourtant,

Elle l'aime déjà ce petit. Mais comment lui dire ?

Elle est fatiguée, trop de bruit. Trop de rire.

Ses yeux, déjà inutiles, se ferment un instant.

 

Sur son fauteuil, la vieille ne dort pas. Elle attends.

Ce soir ou demain, viendra le temps de partir.

Elle ne sera pour l'enfant, qu'un vague souvenir !

 

G. Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article