Un article de Libération journal bobo. A lire surtout au regard de la politique de remboursement des médicaments. Nos anciens apprécieronts...

Publié le 18 Avril 2008

Un couple de précaires souhaite une fécondation assistée

Éric FAVEREAU
– LIBERATION  jeudi 24 janvier 2008

Les médecins se disent perplexes. Ils hésitent. Est-il «raisonnable» d’aider ce couple à avoir un enfant ? Leur histoire est, il est vrai, compliquée. Tous les deux sont d’origine camerounaise. L’homme a une petite cinquantaine. Séropositif, il a deux autres femmes, et sept enfants au Cameroun.
Récemment, il s’est marié avec Leica, mais voilà, celle-ci n’arrive pas à être enceinte. Et peu à peu, elle découvre qu’elle a des soucis d’infertilité. Il y a quelques mois, ils se sont donc adressés à un service d’aide médicale à la procréation (AMP) à Paris.
Et ils ont raison. Car, d’un point de vue médical, tout est jouable : les difficultés de la femme sont minimes, et aujourd’hui les techniques de purification du sperme peuvent éviter tout risque de contamination. Reste que l’homme, pour les médecins, est compliqué à saisir : il voyage beaucoup, vit entre le Cameroun et la France. Il est suivi pour son sida en France et c’est à ce titre qu’il bénéficie d’une autorisation provisoire de séjour pour soins. La jeune femme, elle, s’est installée dans la banlieue parisienne depuis qu’elle a décidé de tenter une fécondation in vitro. Pour les médecins, il n’y a guère de doutes : elle veut un enfant, autrement on peut supposer qu’elle quittera son mari. Pour autant, sa vie n’est pas simple. Sans papiers, (Clandestins) elle est en attente de l’Aide médicale d’Etat (les contribuables français)
. Et le couple dort chez des amis, ou dans un foyer Sonacotra.
Dans ce contexte, que faire ? N’y a-t-il pas trop «d’éléments défavorables» ? La maladie du père, mais aussi sa polygamie ? Quel est l’avenir du couple? Et celui de leur enfant, entre une mère sans-papiers et un père séropositif ? Ne sont-ils pas, eux médecins, redevables des conditions de vie de l’enfant à venir ? Ou doivent-ils éviter ce genre d’interrogations ?

Finalement, l’équipe médicale saisit le Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin (1). Avec cette question sous-jacente : faut-il toujours accéder à la demande d’un couple, sous prétexte que nul ne peut juger du bien-fondé de sa demande ? Mais d’autres questions surgissent. L’Aide médicale d’Etat est faite pour financer des soins. L’AMP, est-ce toujours du soin ? De plus, les centres d’AMP sont souvent débordés. Répondre à telle demande d’un couple n’est-ce pas le risque d’exclure telle autre ?
Après de longues hésitations
, le centre AMP accède à la demande. Et la femme est, aujourd’hui, enceinte.

(1)  Lire l’ Ethique clinique à Cochin (éditions de l’AP-HP).

Je ne ferai aucun commentaire car ce sujet est classé top-dangereux dans ce pays. J'imagine déjà les noms doux et chaleureux d'une certaine intelligencia droits de l'hommisme allant de xénophobe à racisme en passant par fascisme! Heureusement que c'est Libération qui a écrit ce texte!
Pour autant, il est déplorable d'entendre, sur les ondes, la volonté des différents ministères de droite comme de gauche de faire des économies pour combler le déficit de la Sécurité Sociale. Y compris récemment sur les boîtes de médicaments. Alors que penser de cette volonté de payer sur nos deniers cette insémination et les conséquences qui vont avec?
Si vous avez une idée allez-y mais... avec prudence car la liberté d'expression n'est pas sans limite sur ces sujets là! (sourire)

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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