2011, cambriolage en hausse de 10%! Peut mieux faire sur la sécurité...

Publié le 11 Janvier 2012

Républicain Lorrain.fr

2011, année riche en actualité judiciaire et législative, a vu surtout l’entrée en vigueur de la réforme de la garde à vue, un bouleversement qu’a longuement évoqué le procureur général de la cour d’appel de Nancy, Christian Hassenfratz, lors de la rentrée solennelle. Il a reconnu qu’elle avait subi durant les années précédentes « une augmentation déraisonnable » avec 800 000 mesures par an. « En 2010, elle a fléchi de 10 % dans le ressort de la cour d’appel et ces six derniers mois, il y a eu une forte déflation : 39 % en zone police, 22 % en zone gendarmerie. » Le magistrat a souligné que la garde à vue avait obligé à changer de méthode, « pour passer de la culture de l’aveu à celle de la preuve » et eu une incidence sur le taux d’élucidation. Et de glisser que certains avocats ne facilitaient pas la tache des enquêteurs en imposant à leurs clients de garder le silence.

Dans le ressort de la cour d’appel de Nancy, qui englobe la Meuse et les Vosges, la délinquance n’a pas connu d’évolution majeure à l’exception d’une augmentation de 0,42 % des crimes et délits (43 095). Si les violences crapuleuses ont baissé de 2,5 %, en revanche les cambriolages eux ont explosé : 10 %. Le procureur général a brossé un tableau rapide de la délinquance dans le Grand Est. Elle s’est internationalisée et même segmentée : groupes locaux pour le trafic de stupéfiants, braqueurs venus de la région parisienne ou lyonnaise, groupes turcophones contrôlant l’approvisionnement d’héroïne venant des Balkans, groupes issus de l’ex-Yougoslavie spécialisés dans le vol et les raids, Roumains et Bulgares axés sur les vols aggravés, de fret, d’engins de chantier, ou le skimming (escroquerie à la carte bancaire). Et, dernière évolution, l’arrivée de groupes russophones, venus du Caucase ou des Pays Baltes. Il y a tout de même une bonne nouvelle, la cour d’appel de Nancy se redresse. M me Entiope, sa première présidente, l’a annoncé hier. La situation du civil, du commercial, de la chambre sociale qui ont baissé leur stock d’affaires en cours, et même des cours d’assises de Nancy, Epinal et Bar-le-Duc est assainie. La cour d’appel est désormais sortie de l’ornière, après un contrat d’objectif signé avec la Chancellerie et des moyens supplémentaires.

M. R. 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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