2014 : les "bons citoyens" contre le "socialisme chic". Par Denis Bonzy

Publié le 20 Mai 2012

L'opinion publique française vit de stéréotypes. Par leur simplicité même, par la place excessive accordée aux seules émotions ou impressions au-delà de la raison, ces stéréotypes sont faux. En 2007, l'opinion a vécu la présidentielle comme le rebelle énergique (Sarkozy) face au "roi fainéant" (Chirac) et à "l'inclassable inorganisée" (Ségolène Royal) : élection sans problème car l'opinion voulait du mouvement après ce qu'elle avait perçu comme de l'immobilisme.

En 2012, la présidentielle a été réduite à des clichés émotionnels analogues mais sur des bases différentes : le candidat à la simplicité provinciale (Hollande) face à" l'ami des puissants" qu'aurait été Nicolas Sarkozy. L'opinion voulait de la proximité et elle avait faim de revanche face aux inégalités devant la crise. Nicolas Sarkozy a été battu remportant au passage un score remarquable qui mérite beaucoup d'analyses.

Si en 2007 les stéréotypes étaient déjà faux. En 2012, ils le devinrent tout particulièrement.

Mais l'opinion française procède ainsi par des coups brutaux de balanciers. Ceux qui veulent participer à la vie publique doivent accepter l'opinion telle qu'elle est.

En 2014, date du prochain rendez-vous avec le suffrage universel direct sur des bases "expérimentées" de la gestion Hollande à la différence des prochaines législatives intervenant dans un calendrier qui est la négation même de la reconnaissance de l'Assemblée Nationale, l'opinion va pouvoir se prononcer sur le "socialisme chic".

1) Dans les prochaines semaines, elle va redécouvrir les dépenses à crédit celles qui ont déjà contaminé la quasi-totalité des collectivités locales dans des proportions particulièrement inquiétantes.

2) Elle va redécouvrir les conséquences d'une sur-administration qui, derrière de grands principes parfois généreux, est d'abord un facteur de paralysie, de nouvelles dépenses et souvent d'irresponsabilité.

3) Elle va redécouvrir le fossé entre les apparences nées des seuls discours et les actes concrets.

Le Gouvernement Ayrault est la caricature de la "vieille gauche" qu'aucune économie moderne ne connaît en dehors de la France. Cette "vieille gauche" est au-dessus des moyens financiers de tous les pays dont le nôtre.

Elle parle de principes mais Duflot est assise aux côtés de Fabius qui avait accordé l'ordre de "neutraliser" le Rainbow Warrior avec un mort pour conséquence directe.

Elle parle d'innovation mais c'est l'innovation aux frais des contribuables avec des opérations qui privatisent les profits et qui font supporter les investissements et les risques aux ... contribuables à l'exemple de Minatec à Grenoble qui est le symbole de l'économie mixte à éviter.

Elle parle de respect d'autrui mais c'est surtout au prix du renoncement de l'identité historique qui a fondé tant de sacrifices pendant des décennies.

Des pays ont connu un réformisme social intéressant à l'exemple de Blair en Grande - Bretagne ou de Schroeder en Allemagne. C'est le cas actuellement d'Obama aux Etats-Unis qui, avec les caractéristiques de ce pays, vit une approche moins capitalistique que les républicains mais terriblement éloignée du "socialisme à la française".

Par sa composition, le Gouvernement Ayrault est à l'opposé de cette culture de modernité. La "vieille gauche" française est bien de retour.

Sa culture est en total contre-sens avec les nécessités du nouveau siècle mais aussi avec les valeurs majoritaires dans l'opinion. Très rapidement, une allergie populaire va prendre corps tant les décalages sont grands.

Dans 10 mois, le terme même de gauche risque d'être passé de mode en France.

La "parole de gauche" sera celle qui fait le contraire de ce qui avait été annoncé.

La "décision de gauche" sera celle qui coûte cher sans avoir la moindre efficacité.

La "gestion de gauche" sera celle qui dépense trop en impôts donc en perte de pouvoir d'achat par famille, aujourd'hui priorité de toutes les priorités.

La "vertu de gauche" sera celle de snobs qui parlent de crise mais qui ne l'ont jamais croisée personnellement bien à l'abri des statuts protecteurs et / ou des fortunes familiales non assumées ouvertement.

C'est le retour d'un "establishment" éloigné des réalités quotidiennes.

Le "socialisme chic" vient de vivre ses "plus belles heures".

Le départ du balancier dans une autre direction s'engage. Cette direction sera celle des "héros du quotidien" : les citoyens. La seule inconnue est de savoir si le nombre et l'importance des décalages ne sera pas le creuset d'un populisme outrancier en réaction. C'est aujourd'hui la principale inconnue à terme. Qui canalisera demain les "bons citoyens" revenus du "socialisme chic" déconnecté des réalités du quotidien ?

 

Denis Bonzy

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

Commenter cet article