Rubrique poésie: Confidence sur un banc.

Publié le 9 Juillet 2008


Au détour d’un long sentier, un vieil homme assis.
Je m’approche et m’assois à côté de lui
Il me regarda longuement et me sourit.
Sa canne tremblait. Son regard semblait si loin.
Une voix faible mais douce s’éleva soudain.

« Il ne faut pas oublier. Jamais oublier.
Souvent, il faut mettre beaucoup d’eau dans son vin.
Fermer les yeux bien sûr et admettre parfois.
Les femmes savent. Elles ont ce génie divin
De pardonner nos faiblesses. D'avoir la foi.
Ce que nous sommes incapables de faire
Sans sombrer dans le doute, l'alcool ou l'enfer
. »

Assis sur un banc vous me déroulez.
L’amour, la vie qui en a découlait.
Celle qui a partagé votre folie.
Sans espérer un repos dans sa vie

Bien sur, vous avez eu des colères
Des combats dont vous n’êtes pas si fier
Votre bateau a si souvent tangué.
Personne ne peut y échapper.

Un bateau comme un ancrage
Que vous quittiez trop fréquemment
Pour des chaloupes de passage.
Aux rondeurs provocantes qui enflamment.
Tendres et doux calices de femmes
Aux ventres brûlant l’instant présent.
Vous reveniez à bord rapidement.
Comme un marin enivré et honteux.
Son regard vous faisait baisser les yeux.

Dans un long silence, discrètement,
Elle s’éloignait. Vous l’entendiez pleurer.
Vous aviez si honte de ses tourments.
Honte de vos impossibilités.

Le charybde d’enfance est apprivoisé.
Vos abîmes, ces gouffres sont presque comblés.
Et les rancunes s’éloignent à l’horizon 
Devant vos réponses à bien des questions.

Assis sur un banc vous me déroulez.
L’amour, la vie qui en a découlait.
Celle qui a partagée votre folie.
Sans espérer un repos dans sa vie
Toujours là, plus solide que la canne.
Elle est vôtre pays de cocagne
Vous la regardez comme un ange
Vous, le vieux fou à la barbe blanche.

Puis un grand silence. Un sourire aux lèvres.
Sans un mot. Vous êtes parti. Comme dans un rêve !
Vous vous êtes levé et vous m’avez planté là.

  

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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sarang 23/08/2008 11:07

Bonjour Gérard,
Je ne pense pas qu'il vous a planté là!
Ou du moins, il vous a laissé quelque chose.
Et puis, doucement, il s'est relevé, et vous a laissé avec vos pensées.
Car si tel n'est pas le cas, il aurait perdu son temps.
Je suis triste de dire, qu'homme-femme, on a tous envie de regarder ailleurs.
Afin, peut-être de se rendre compte de la richesse qu'on a.
De pourvoir évaluer.
En tout cas, j'espère ne point faire les frais de cette expérience.
Et pour répondre à la question sur mon blog, je ne suis ni en premium ni en privilège. Je suis juste en " avancé"
Bon week-end.
A bientôt

Marlène 12/07/2008 12:36

Merci pour tes poésies, ça change des attaques permanents des opposants sur la majorité municipale. Quant tu lis les conneries des uns et des autres sur le blog de CG (pour ne pas changer) et que tu vas sur le blog de Frédéric C. qui est fort heureusement plus intéressant et plus démocrate grâce à la liberté d'expression qu'il procure, il n'y a rien de poétique, je t'assure !. Le tien, est reposant et nous offre de petits moments de détentes en lisant tes jolis poèmes. L'idée est excellente, il faut continuer !!.

scoobydu41 10/07/2008 13:56

belle poésie!!

Chantal 09/07/2008 14:54

Merci de nous faire partager ta passion de l’écriture et de déposer ces traces dans nos cœurs et nos esprits…
Comme disait Gaston Bachelard : « «le poète est celui qui a le pouvoir de déclencher le réveil de l’émotion poétique dans l’âme du lecteur»
Merci pour cette belle danse de mots …..et Merci pour ce partage,
Chantal

elisabeth 09/07/2008 14:03

Je te dis simplement Bravo.