Politique: La France est-elle encore une démocratie?

Publié le 19 Juillet 2008

 

La révision des institutions est révélateur d'un malaise profond dans notre démocratie.
Dans un pays qui se réclame sans cesse des droits des citoyens (rarement des devoirs) et de la démocratie, nous pouvons-nous rendre compte, chaque jour, que celle-ci est mise à mal !
Je ne suis pas contre cette révision de la constitution si ce n'est qu'elle n'autorisera que deux mandats présidentiels consécutifs.
Mitterrand 14 ans et Chirac 12 ans c'était vraiment trop! Aussi bien pour le premier que pour le deuxième.
Qu'elle réduise la portée du 49,3 ce n'est pas un mal non plus si la conséquence est d'avoir plus de démocratie responsable au lieu du "bras de fer" permanents à coups de d'amendements jusqu'au ridicule entre la majorité et l'opposition.
Sur beaucoup d'aspects cette réforme sera une avancée certaine, mais...

Mais pourquoi donc ces méthodes dénoncées par beaucoup de députés de droite et entre autres Monsieur Philippe de Villiers (MPF)
(il) a dénoncé vendredi les méthodes de la majorité UMP pour convaincre les parlementaires MPF de ne pas s'opposer à
la réforme des institutions, qui fera l'objet d'un vote du Congrès lundi. (...)
«Je viens de faire savoir de manière véhémente au président de l'Assemblée nationale et au président du groupe UMP (à l'Assemblée) que les cinq parlementaires MPF et moi-même étions choqués par les méthodes utilisées par eux, qui relèvent de la menace, du chantage, et de la tentative d'achat» (...)


Pourquoi en sommes-nous arrivés là?
1/
Tout simplement parce que la gauche veut se payer le Président de la République Nicolas Sarkozy. A tous prix.
Cette gauche socialiste en est rendu là. C'est un désastre pour elle et une aubaine pour la LCR du sieur Olivier Besancenot le révolutionnaire-bourgeois!

2/
Mais aussi, beaucoup de députés de l'UMP ne souhaitent pas que l'on supprime le verrou référendaire sur l'élargissement de l'Union Européenne à la Turquie.

Car il faut le savoir, si les députés de droite étaient libre de leur vote, la révision ne passerait pas à cause de la suppression ce verrou.
Ceux qui insistent se voient gentiment remis au pas!
Il faut donc un certain courage pour résister "aux amicales pressions"!

- Pourquoi "faut-il donc" supprimer ce verrou mis en place par l'ancien Président Jacques Chirac?
- Pourquoi cet entêtement, cet acharnement ?
- Quel est donc cette ardente obligation d'accepter la Turquie dans l'Europe?
- Pourquoi avoir voulu mettre dans le panier de la révision des institutions le verrou référendaire?
Nous nous en serions bien passé!
Mais d'après certains, (Députés mais en majorité des Sénateurs) "il ne faut pas froisser la Turquie"! Un comble. Comme si la Turquie se gênait.

A la place du verrou il est proposé un référendum d'initiative populaire qui n'a de populaire que le nom!
Comme d'ailleurs l'initiative.
Personne ne s'y trompe!
C'est un leurre!
J'écrivais sur mon blog le 30 juin 2008 :
Quid du référendum d'initiative populaire que chaque français connaît bien sûr dans le détail ?(humour)
Une consultation peut-être organisée à l'initiative d'un cinquième des membres du parlement (577 députés /5= 115) soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales (soit 4,5 millions d'électeurs). La question sera présentée sous forme d'une proposition de loi soumise à un contrôle de constitutionnalité.
Cette loi sera soumise à la "sagacité" du Conseil Constitutionnel composé par neuf "sages"! Ce n'est qu'au bout de ce parcours du combattant que le référendum sera organisé.
En clair, jamais!

La Turquie entrera dans l'Europe
(que cela nous plaise ou non) avec la complicité bien comprise de tous les dirigeants politiques actuels y compris Nicolas Sarkozy fervent opposant dit-il de l'entrée de la Turquie! 
Il est facile de dire aujourd'hui "je suis contre" alors que l'on sait très bien que l'on aura aucun moyen de s'y opposer dans 10 ou 15 ans!
C'est aujourd'hui que l'on peut interdire l'entrée de la Turquie dans l'Europe par l'action du référendum obligatoire.
Ne pas le faire revient à l'accepter! Le reste, c'est du pipeau Monsieur le Président.

Après on peut dire ce que l'on veut de la démocratie, du peuple, de ces choix. Les dirigeants de notre pays, ceux de l'Europe de droite comme de gauche n'écoutent pas les peuples. Ils les trouvent trop stupides pour comprendre sans doute.
"Si les peuples ne disent pas comme vous, changez de peuple" disait, à peu près, Berthold Brecht.
Depuis nous avons encore un peu plus évolué dans la perfection de la démocratie!
On ne demande plus rien aux peuples tout en lui faisant croire, par médias interposés, que ce sont ses décisions qui sont appliquées. Bien joué...
Jusqu'à quand les peuples accepteront ce jeu de dupe?
Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Enriqueta 23/07/2008 09:45

Cette réforme là n'est pas mauvaise, une fois n'est pas coutume! Les détracteurs feraient mieux de se concentrer sur les vrais scandales : les lois racistes anti Sans Papiers, anti SDF, les lois assassines pro OGM...Cela ne m'étonne pas que les UMPistes se conduisent comme des mafieux. Mais que Sarko se méfie, on arrivera à l'avoir, comme Al Capone.

Gérard Brazon 23/07/2008 14:27


Cette réforme n'est pas une mauvaise réforme certes! Toutefois elle autorise de facto l'entrée de la Turquie en supprimant le verrou référendaire! En mettant en place un référendum d'initiative
populaire impossible à faire.
Etant à l'UMP, je te rassure Enriqueta je ne suis pas un mafieux comme l'énorme majorité des adhérents de l'UMP. Pour autant, je ne suis pas d'accord avec tout ce que fait Nicolas Sarkozy.
Mais la gauche n'est plus depuis longtemps, la gauche française a le parti le plus conservateur des partis politique européen. C'est pitoyable.
Quant aux clandestins, la misère les poussent vers la richesse. Comme un miroir elle les attire. Mais à la place, c'est une autre misère. Plus violente. Mais la France n'a pas vocation à recevoir
la misère du monde. C'est un coût qui devient prohibitif. Il y a là vraiment un travail à faire dans les pays même d'immigration. Surtout lorsque l'on connaît les fortunes des dirigeants de ces
pays.
Dans ce genre de réflexion il vaut mieux rester calme. Sinon beaucoup exploitent les tensions.