Rubrique poèsie: Un hommage à tous les oubliés de l'Histoire

Publié le 4 Août 2008

Je voulais faire un poème pour les combattants de cette guerre qui ne disait pas son nom. De cette guerre gagnée sur le terrain militaire et perdue sur le plan politique. De cette guerre que l'on passe sous silence mais qui détermine depuis 50 ans nos relations avec l'Algérie d'aujourd'hui.
Ces morts furent-ils nécessaire? Napoléon III en son temps souhaitait le départ des troupes françaises.
Tournons cette page mais cessons de nous repentir. Honneur aux Braves
 
Guerres lointaines (Algérie)

En ce temps là, ils avaient vingt ans! L'âge d'or.
Un âge dangereux ou l'on se croit si fort.
La vie est éternelle ou méprisable!
La vie naturelle. La mort improbable.
Ils ne la craignaient pas. Ils l'ignoraient encore.


Ils avaient vingt ans et ils partaient si confiants.
C'est un peuple qui les attendait. Accueillant.
La mer à traverser. l'Algérie à sauver!
L'Algérie qui fait si peur! Mais aussi rêver.

Ils avaient vingt ans. Ignoraient tout du monde.
Le monde? C'était leur famille. Leur mère!
Des copains et une fiancée furibonde.
Il va bientôt partir. Elle est en colère.

Les mères et les familles se rejoignent.
Les derniers au revoir, les dernières larmes.
Sur le pont l'angoisse, le bateau s'éloigne.
Les premières corvées, l'examen des armes.

Le sentiment tragique d'une réalité.
Face aux souvenirs d'amour de la fiancée.
La mer à traverser. l'Algérie à sauver!
L'Algérie qui fait si peur! Mais aussi rêver.

Là bas? Pour un breton, c'est déjà l'étranger.
Pour Jacques où Lucien, c'est déjà le danger.
Pour Alain, Paul et Pierre, c'est encore la France.
C'est l'Algérie, la terre des espérances.

Demain, ils connaîtront la triste réalité.
Et demain, ils perdront de leur humanité.
Ils verront des hommes, des soldats débordés.
Des hommes effrayés, des hommes torturés.
Des faux innocents, des victimes coupables.
Des lâches et des héros inoubliables.

Sous le soleil de plomb et dans les rues d’Alger,
Dans des grands restaurants à la mode piégées !
Ils ramasseront des victimes explosées.
Au nom d'un idéal. Au nom de la liberté.
De cette liberté qui tue les innocents.
Victime de l'ombre aux mains rouge de sang.

C’est demain qu’ils perdront de leur humanité.
Verront des femmes, des enfants assassinés.
Des faux innocents, des victimes coupables.
Des lâches et des héros inoubliables.
Des camarades de combat. Décapités.
Ils connaîtront cette peur incontrôlable.
Et plus jamais ils ne pourront les oublier.

En fonction de l'histoire, de l’événement !
Les négociations. Les abandons du matin,
Décideront pour eux, de leur futur destin.
Ils seront soit des héros soit des assassins.

Mais là, qu'importe, ils ont tellement changé.
Et leur esprit et leur âme sont tourmentés.
La société, les gouvernants ont oubliés.
Les survivants n'ont même plus de fiancées.

Ils avaient vingt ans et ils partaient si confiants.
C'est un peuple qui les attendait. Accueillant.
C’est la guerre qui a détruit leur âme d’enfant.

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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elisabeth 08/08/2008 10:58

Je pense aussi à mon grand père paternel qui avait 20 ans pendant la guerre 14-18. Bonne journée.