Politique: Le RSA plutôt que le RMI. Sans la classe moyenne!

Publié le 4 Septembre 2008

Dure la rentrée sociale !

Le Revenu Solidarité Active (RSA) est à mon sens une bonne chose puisque que l’on passe enfin de l’assistanat sans contre partie de fait, à la prise en charge, par le bénéficiaire lui-même, de ce revenu. Il sera acteur de son avenir et responsable !

Le Revenu Minimum d’Insertion (RMI) n’a jamais été ma tasse de thé. Cette invention socialiste et rocardienne ne devait pas, à en croire les inventeurs de l’époque, durait sur le long terme.

Le RMI devait s’éteindre par le simple fait que les bénéficiaires de cette assistance retrouveraient naturellement du travail au fil des ans grâce à l’insertion.

Une insertion très vite oubliée dans l’esprit des inventeurs du RMI. Mais voilà, entre temps, les chiffres des bénéficiaires ne sont pas seulement montés en flèche, au fil des années, ils ont explosé. Tout comme ceux d’ailleurs de la Caisse Maladie Universelle (CMU) et de l’Aide Médicalisée d’Etat (AME).

Est-ce dû à la situation économique, sociale et politique de la France ? Bien sûr que rien ne s’est véritablement arrangé sur le front économique et social. Quant au front politique la gauche n’admettra jamais ses erreurs d’appréciations. Mais n’est-ce que cela ?

On aurait pu avoir le courage en local de demander aux Rmistes des journées de " solidarité active " auprès des communes, dans les forêts, les campagnes, les chemins, les associations caritatives, etc. Mais la gauche et une certaine droite aussi auraient hurlé à l’exploitation de la misère, les syndicats à l’esclavage des travailleurs et les entreprises à la concurrence déloyale ! C’est ainsi que va la France. L’enfer est pavé de bonnes intentions et le diable est dans tous les détails.

Pourtant, ce lourd tribut social pour l’ensemble de la société, faisait remarquer en son temps l’hebdomadaire " Valeurs actuelles " produit une faible différence de revenu dans sa globalité (revenus sociaux et de travail) entre un travailleur au SMIC et un Rmiste. Cherchez l’erreur.

En clair, sur le même palier d’une HLM de nos banlieues, de nos villes, villages de campagnes et d’Outre Mer, vous avez sûrement un homme qui se lève de bonheur le matin et va bosser à l’usine ou ailleurs pour le Smic et un autre qui reste au lit pour une faible différence de revenus au bout des comptes.

Vous m’excuserez d’avoir plus de sympathie pour le Smicard que pour le Rmiste de 2 voire 4 ans et plus !

Cette situation était devenue injuste et intenable pour les comptes publics !

Le manque de courage caractéristique de nos ex-dirigeants socialistes et la peur d’être traité de bourreaux des miséreux pour les autres ont fait que personne n’a osé toucher à cette incongruité, à cette injustice sociale.

Les premiers qui devaient s’en émouvoir, auraient dû être les "défenseurs des travailleurs " !

Est-il normal d’entendre maintenant des travailleurs pauvres (Quelle horrible définition) se demander s’il ne faudrait pas mieux être au chômage qu’au Smic ?

Le RMI est mort, tant mieux ! Vive le RSA. Ce revenu ne sera pas éternel !
Il est lié à des obligations de recherches d’emplois !
La fusion entre L’Assedic et l’ANPE devrait faciliter le suivi des bénéficiaires. C’est un minimum.
Même si c'est trés minoritaire, probablement devrions-nous trouver un système pour éviter l'accumulation de RMI pour un même bénéficiaire s'inscrivant dans différents départements! (Idem pour les allocations d'ailleurs). Osera-t'on contrarier la CNIL? 

La solidarité oui bien sûr mais pas la rente à vie et sans conditions et surtout pas le gaspillage de l'argent public!

 Pour autant, fallait-il financer le RSA en partie avec l’argent économisé durement sur des comptes d’épargne d’entreprise ?
Sur des loyers perçus par des retraités qui avaient investi leurs économies dans l’achat d’un appartement pour, un jour, compenser une faible retraite ?
Sur les économies de la classe moyenne ?
Fallait-il véritablement toucher le porte-monnaie d’une classe moyenne qui donne déjà beaucoup et ce chaque année ?
Cette classe moyenne plus souvent l’objet de taxation que bénéficiaires de rétributions sociales.
Cette classe moyenne qui a le sentiment de s’appauvrir de plus en plus !

 La gauche qui s’en lavait les mains se les frotte aujourd’hui ! Elle se frotterait les mains avec du cambouis s’il le fallait. Elle n’a plus d’idées, plus de chefs, plus d’ambitions sauf celles des barons et baronnes du parti socialiste. Elle est vidée. Elle s’agite encore mais, comme un pendu !

 C’est dangereux pour la démocratie parlementaire. Laisser la contestation à des partis extrêmes comme celui du Nouveau Parti Anticapitaliste n’est pas l’idéal ! Eux n’ont rien oublié de Lénine, Trotski et de Staline ils n’ont surtout rien appris !

Mais alors, pourquoi leur faire de tels cadeaux politiques et sociaux?

  N’y avait-il vraiment pas d’autres solutions que de taxer encore et encore les mêmes qui n’en peuvent plus de verser à l’Etat près de la moitié de la valeur de leur travail et qui pourtant ne sont pas riches. Pire, ils rencontrent désormais des difficultés pour boucler leur fin de mois ?

 

Espérons que dans l’année qui vient, le RSA soit véritablement efficace comme on nous l’annonce et que ce ne soit pas une énième mesure sociale assumée financièrement par les mêmes.

Sinon l’avenir sera chaud pour tous ceux qui croient en cette politique et qui ont voté pour la droite et pour Nicolas Sarkozy. J’en fais partie.

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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zeblo 15/03/2009 21:50

Bonjour,

Je suis un jeune travailleur social qui fait de l'accompagnement exclusif d'allocataires du RMI.

Cet accompagnement de type global s'oriente principalement sur l'insertion sociale et l'emploi. Dans la majorité des cas, les personnes bénéficiaires de ce dispositif ont de lourdes problématiques médico-sociales comme la toxicomanie, l'éducation, le logement, les problèmes psy, etc...
D'autres, une minorité, correspondent à une typologie définie par les collectivités territoriales comme proche de l'emploi. On y trouve des jeunes diplômés, des accidents de parcours,etc...
Pour ces personnes proches de l'emploi, la reprise d'activité peut être freinée par l'absence de mobilité dans les zones rurales notamment, la garde d'enfants ou bien par l'intérêt financier de rester dans le dispositif RMI.
A cela le RSA peut être une réponse par son incitation financière et par le déblocage rapides des aides de retour à l'emploi.
Que va concrètement apporter le rsa aux personnes loin de l'emploi, aux difficultés sociales importantes ou aux allocataires de l'API ? Hormis une pression supplémentaire autour de l'emploi (souvent précaire) et rare en ces temps de crise, ce dispositif ne changera rien !

Ces politiques sociales européennes basées sur une solidarité subordonnées aux travail ne sont pas nouvelles (ci-rma, intéressement rmi en autres) et n'ont guère fait leurs preuves.
Selon Martin Hirsch et Jean-Louis Destans, le président du conseil général de l'Eure, où l'expérimentation a semble t-il été concluante, la clé de ce dispositif est toujours la même : l'accompagnement ! Étant sur le terrain, je ne peux être que d'accord.
Malheureusement, les reines de l'exclusion sociales vont être en grosse confiées à des professionnels du pôle emploi (déjà bien préoccupé par la fusion ASSEDIC-ANPE)et les fonds alloués aux rsa seront misérables aux regards de la pauvreté croissante.
Car contrairement à vos arguments dignes d'une conversation dans un bistrot de quartier après quelques ballons de rouge, le budget consacré à cette lutte contre les exclusions est faible. Une étude de la DRESS montre qu'à la fin 2008, le budget total, je dis bien TOTAL, des minimas sociaux représentait 0,0044 % du PIB !!!!!! Je pense que le train de vie de votre mentor de l'executif est,par contre lui, un vrai gaspillage de l'argent public !

Ceci dit, le capital sera effectivement taxé pour financer l'immense générosité de l'empereur sarko 1er pour environ 2 milliards. Mais au final, deux milliards d'euros pour faire croire aux libéraux que les assistés vont trouver du boulot ou faire croire aux gauchos qu'on se préoccupe des indigents, ce n'est qu'un budget de communication et un petit bonus pour renforcer la paix sociale !

Cher monsieur, tant qu'il n'y aura pas plus d'argent sur la table et que l'offre d'emploi ne sera pas suffisante, le rsa sera, pour vous citer : "une énième mesure" ! Ceci dit, on gagnerait une bataille sur le retour à l'emploi des bénéficiaires des minimas sociaux, si certains chefs d'entreprise ne véhiculaient pas, comme vous avec cet article,des arguments populistes et des représentations douteuses sur une population si fragile !