Les SDF sont-ils nécessaire? Je ne comprend pas ce gâchis!

Publié le 26 Novembre 2008

Fin Novembre, les premiers morts de froids. Ceux du bois de Vincennes et ceux qui ne tarderont pas à mourir d’ici peu là ou ailleurs. Il y a peu j’étais à Strasbourg et les bancs des arrêts de tramway était occupés par cette misère. Elle est encore visible. A Paris, elle se réfugie dans les bois environnants. Car c’est cela aussi Paris.

Est-il possible que chaque année ce scénario macabre se répète. Que l’on retrouve ces visages défaits par la fatigue, l’alcool et la misère sans que rien ne puisse se faire.

Certes, la Croix-Rouge, le Samu social, les associations diverses et variées font des efforts louables et c’est fantastique.

Des bénévoles consacrent des heures de luttes épuisantes pour aider et secourir ces indigents que la société nomme pudiquement SDF. Mais tous, vous diront que cela revient à poser un cautère sur une jambe de bois.

J’avais écris un poème il y a deux ans (Mis en bas après la note) sur ce problème gravissime. Est-il anormal d’espérer que dans un pays comme le nôtre il soit impossible d’imaginer des actions plus curatives.

Est-il anormal d’imaginer que l’on pourrait consacrer un effort budgétaire plus conséquent et à long terme pour mettre en place une politique forte afin de combattre cette indigence.

Ces hommes et ces femmes doivent être aidés y compris contre eux-mêmes si le besoin s’en fait sentir.

Pour autant, ils ont besoin d’humanisme et de chaleur. Mais cela ne veut pas dire laxisme et tiédeur. Ce n’est pas porter atteinte aux libertés que d’offrir la possibilité de sortir de la spirale infernale de la misère subite.

Je suis choqué de voir des bénévoles obligeaient de « négocier » leur aide et que les réponses de ces indigents restent les mêmes.

     -   La peur du Centre d’hébergement.

-   le refus du compagnon (souvent le chien, source de chaleur et d’affection).

-    les vols dans les Centres.

-    les bagarres.

-    La sortie obligatoire à 6 heures de matin. Rejetés en quelque sorte dans la rue.

Est-il impossible d’imaginer la mise en place de structure à échelle humaine et individualisé à l’année avec un programme de réinsertion dans la société et le monde du travail ?

- De mettre en place un programme adapté en fonction du degré de dépendance aux addictions diverses ?

- De tenter, avec la personne, de retisser des liens avec la famille si cette famille existe encore ?

- De mettre en place des programmes d’apprentissages d’un métier pour ceux qui n’en n’ont pas ou une remise à niveau pour ceux qui en ont un ?

- De se tourner vers des entreprises pour faciliter la réinsertion ?

Bref, de recoller des morceaux de vie éclatée par le temps et la vie.

 

Alors oui, il y a sans doute un problème d’éthique de la liberté! Doit- on mettre en place des obligations à ces personnes d’intégrer ces lieux d’accueil et de réinsertion si toutefois ils devaient exister ? Je le reconnais.

Mais alors, devons-nous les laisser mourir de froid et de faim chaque année ?

Sommes-nous obliger d’assister à la condescendance des médias larmoyants sur la misère des rues ? Entre deux canapés au saumon ou au caviar et autres verres de champagne.

Pour ma part, je crois que non ! Même si je vais encore passer pour un naïf ou un dirigiste ou pire encore.

Ce qui se passe chaque hiver dans nos rues et dans notre pays est immoral. Point final.

Gérard Brazon

 

 

Poème de 2006:

Tu vas crever

 

Je vous ai vu ce matin. Accoudé.

Vous étiez là, déjà vieux, fatigué

J'ai vu ce regard. Votre regard vous savez!

Si loin, profondément absent, comme étranger

Encore, une de plus! Une incontournable journée.

Péniblement vous disiez: "Une autre journée"

Longue, interminable, vide et sans intérêt

A regarder l'inaccessible...

A imaginer l'impossible...

Souvenirs en bribes.

Il y a longtemps. Une vie, perdue à jamais.

Si longtemps et pourtant. Vous aussi vous étiez...

Comme ceux qui passent et vous ignorent désormais.

Qui défilent peureux, honteux, le regard baissé.

Ils vous évitent comme on évite un danger?

Un étron? L'anachronisme? Se questionner?

Mais oui! Vous aussi, oui, vous avez existé

 

Elle est partie l'insouciance. Crevé un matin.

Partie dans un rêve. Dans un verre de chagrin.

Un chagrin, ou un drame impossible à noyer

Une peine sans nom. Au plus profond enfermée

Dans les vapeurs d'alcool. C'est ça, évaporée

Dans la fumée des cigarettes, oubliée.

 

Nouveau nom, des S.D.F. vous êtes appelé!

Clochard, vagabond. Misérable identité...

Perdu votre nom. Et nul ne vous reconnaît.

Ombre sur un trottoir. Une honte de société.

 

La parole engluait, déjà vous vacillez.

Incompréhensible monologue abreuvé.

Quel avenir? Vous la voulez la vérité?

 

S.D.F. Sans domicile fixe. Tu vas crever!

Un soir d'hiver. Au soleil, un beau jour d'été.

Une froide nuit d'hiver. La "Une" de la Télé.

Discours habituels et regards apitoyés.

Le grand classique d'hiver et de nos soirées.

Pitoyable, minable écoeurant à gerber.

 

Tu vas crever. Tout le monde t'auras ignorer.

Salut à toi mon frère. Mon ami, l'étranger.

 

Gérard Brazon

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

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elisabeth 29/11/2008 17:55

On devient SDF à force de voir des portes se fermer une à une, c'est bien trop complexe, trop emmêlé et pour s'en sortir il faut de la force, ce que les SDF n'ont plus. Il faut vivre leur vie pour comprendre. Malheureusement, bien peu peuvent se mettre à leur place et c'est là tout le problème.

laurent MELIZ 27/11/2008 17:55

Donc : Anarchie Vaincra, peut être :... Les idées des anars sont en vogue donc !

scoobydu41 27/11/2008 14:22

texte dur mais c'est la triste réalité!
Ce problème ne devrait plus être d'actualité et il est vrai que chacun d'entre nous pourrait se demander ce qu'il peut faire à son niveau pour aider ces personnes

Gérard Brazon 27/11/2008 12:45

L'approche de Madame Boutin que je découvre n'est pas la mienne.Boutin est une erreur de casting dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Pour moi l'approche doit-être individualisé et sur le long terme. pas quelques jours histoire d'éviter d'avoir des morts en hiver qui font "mauvais genre".
Ma note ne dit rien d'autre qu'une prise en charge de l'individu en détresse pour qu'il redevienne non pas un être humain mais un citoyen dans la société. Cela passe par une reconstruction de cet individu mais avec lui pas contre lui.
Des associations doivent y être associées si ce n'est que pour exercer un contrôle de base.
Bien à vous.

Paul Marais Hayer 27/11/2008 12:39

«Bonsoir,

Il y a un proverbe chinois qui dit que quand la mer descend ceux sont les petits bateaux qui touchent le fond avant les gros.

Il serait trop facile de tomber dans le cliché syndical des riches face aux pauvres si l'on devait répondre d'une façon "endiablé" à tes propos, toutefois la gestion du nombre humain sur notre planète devient un élément comptable, le résultat est mathématiquement alarmant, c'est que nous sommes trop nombreux sur notre planète et qu'elle n'a pas les ressources (dans tous les domaines) pour apporter des solutions équitables à tous. Les précédents siècles avaient (sur un point mathématique) apportés leurs suites de guerres, de maladies qui régulaient l'équilibre.

Avec l'avancé des technologies médicales, le peu de conflits actuellement la population terrestre n'arrête pas de grandir, ce qui entraîne obligatoirement des disparités.

Les pays occidentaux disposent eux aussi de leurs disparités, et les SDF des grandes villes en sont un exemple à l'œil, ils sont inclus dans un système de gestion où ils n'ont plus d'enregistrements ce qui les conduit obligatoirement vers l'exclusion.. De plus le système affecte un coût (de rentabilité humaine) à l'individu qui lui même est tributaires des autres, on appelle cela chez nous la Sécurité Sociale et son n° magique !

La France vit beaucoup avec le système associatif et le système se donne "bonne image" avec des aides aux plus défavorisés, mais cette gestion est hors de prix pour la collectivité, surtout que de nos jours, sincèrement l'individu qui paie, se fiche royalement de celui qui est dans le besoin, non pas parce qu'il est égoïste, mais parce qu'il craint pour lui même (60 % des français ont peur de devenir SDF), pour la simple est bonne raison c'est que l'avenir ne se voit plus à long terme, l'emploi non plus, et que le jour le jour est plus difficile pour la majorité de ceux qui travaillent réellement...»

«Cette crainte est d'autant plus inquiétante qu'elle touche toutes les catégories socio-professionnelles y compris les plus hautes (comme les patrons et les cadres).

A l'inverse de penser qu'il faudrait aider les plus pauvres en premier, j'opterais, sur du long terme, pour aider d'abord les décisionnaires et ceux qui disposent encore de capitaux, pour relancer tout un système économique, car même si l'on sait que ceux qui sont très hauts ne sont pas de nature généreuse (remarque cela se comprend après avoir payer les impôts !), nous savons tous, qu'il y a quand même une cascade des richesses qui dévale vers le bas...

Attendant une solution de relance qui devrait s'organiser entre les U.S.A. et l'Europe, dès l'investiture du Président Obama, je ne vais pas tomber dans le champs des sirène du postier de Neuilly, mais me regarder Matrix, comme cela je serais hors du système.

laurent MELIZ 27/11/2008 11:57

Tout ceci est tres complexe. Ceux qui se cachent de leur misère, ceux qui ne veulent être assister, ceux qui ont vécu des drames et qui ne reprendront pas pied. Notre bonne volonté ne suffit pas. Tout nous échappe. Quel député va nous refaire son appel de « l''hiver 54 » ? Oui il faut y aller, c'est simple comme tout... Un coup de fil chez Emmaüs et donner de son temps, tout simplement. Mais il faut mettre les mains dans la machine et accepter d'être un chiffonnier héroïque.

Demandez à nos fonctionnaires de polices, surtout la nationale. C'est quasiment leur première mission. Je ne parle pas des missions imposées par les lubies des politiques, et leurs pathologies du bâton (pas le tonfa, celle du stylo à bille pour remplir les cases et faire des rangées de bâtonnets) non la vraie mission de la police. Pourtant il ne faut pas entretenir une politique de la compassion, comme un mal nécessaire ou une fatalité sociétale. Notre imaginaire politique doit transcender, inventer, proposer sans cesse, de nouveaux fonctionnements de nouvelles évolutions. Cette part d'utopie, cette part d'idéal que nous portons en chacun de nous peuvent se transformer en acte politique concret.

James Careyre 26/11/2008 19:20

Madame MORANO était ce mercredi invitée de LCP ( CHAINE PARLEMENTAIRE ); elle fit allusion à un SDF de Lorraine, bien connu pour refuser régulièrement les offres d'aides humanitaires. S'agissait-il d'un esprit primaire et obtus ???

Dans une autre vie, il était PROFESSEUR d'UNIVERSITE !!

" tu aimeras ton prochain comme toi même " ... tant que l'Humanité préférera fêter noel ( soi disant "chrétienne" alors qu'il s'agit d'une commémoration sataniste célébrant le SOLSTICE d'HIVER ) avec un maximum de dépenses ( en période de crise, les sociétés pratiquant le "revolving" font d'excellentes affaires avec des clients futurs surendettés ), il restera des gens lucides pour refuser de prendre part à ces agapes.

Gérard Brazon 26/11/2008 19:18

Mon propos était surtout de mettre en avant la réinsetrtion et non pas d'éloigner ou de créer des camps. L'idée étant d'individualiser afin de répondre au besoinde l'individu en détresse. C'est vrai qu'il y a un vrai risque de faire passer l'ensemble par une machine infernal et pourquoi pas totalitaire. mais les associations pourraient se charger de la mise en place et du devenir individuel de chacun.
Mettre en parallèle les logements libres, les appartements non loué et protester contre nantis qui ne font rien ne réchauffera personne.
Passons par l'action concrète qui est de la responsabilité de collectivité ou de l'état. Encore une fois ces hommes et ces femmes seraient mieux pris en charge par une structure que rien et des responsables qui pontifieraient à perdrte haleine sur le comment et le pourquoi et parce ce sont les riches!
Utopie? Stupidité? naïveté? Les trois certainement.

Samia 26/11/2008 19:10

La coercition...! où sont les vraies solutions, celles qui demandent du courage, du travail, de l'évaluation, de la concertation, des moyens financiers à la hauteur du problème, et de l'organisation? Je crois que Mme Boutin se fourvoie. Je pense également qu'il serait sage de se concerter avec les personnes qui sont sur le terrain avant de faire de telles annonces : leur travail risque en effet de se compliquer car parfois ils mettent des mois à obtenir une confiance qui permet de faire un lien et de commencer un travail réel avec la personne en difficulté. Il n'y a pas de solution simple, mais il n'y a aucune solution efficace sans celles et ceux qui se tiennent à coté des plus fragiles, ni sans moyens...Enfin à mon humble avis.
par ailleurs, je trouve étrange qu'on propose la coercition des victimes de la rue, sans envisager celle des propriétaires de logements vides (je ne parle pas des petits proprio forcément mais c'est assez choquant de voir des tours de bureaux vides depuis des mois...)...
"La liberté des uns commence où s'arrête celle des autres..."

Théo Arnaud Buffet 26/11/2008 19:07

Gérard, ce poème est particulièrement fort et parlant. C'est toujours une source d'inspiration et un besoin de se pencher sur l'autre que sussite la lecture de quelqu'un qui fait l'effort de comprendre et d'intégrer la réalité des autres. J'aimerais que mon compliment ne soit pas un simple salut à l'artiste et que cet instant vécu dans cette lecture soit porteur de changement... mais celà en restera là.
Des hivers, nous en avons connu des milliers, des dizaines pour notre génération mais rien n'y fait, il y a toujours des victimes du rejet, des victimes d'une société au sein de laquelle on est rentable ou perissable... celà en restera là cet hiver 2008... encore!

Est-il possible d'imaginer autre chose? Bien sûr! mais on restera à l'imaginaire parce que celui qui a ne veut pas lâcher! On parle de 100.000 SDF dans Paris et de 100.000 logements que détiendraient les banques, les assureurs et les maisons de crédits, tous trop soucieux de ne pas perdre une plus-value potentielle. On a pourtant dit que la réquisition était la solution, mais on a bien comprsi désormais que l'homme est loin d'être la mesure de toute chose!
Donc on en restera là!

Est-il possible de forcer les indégeants, les sans logis à entrer dans des centres ou des bungalos pour l'hiver? bien sûr que non! Ces lieus sont dénoncés pour la violence qui y règne et le sentiment de guettoïsation qu'ils génèrent; forcez les à entrer et l'horreur l'emportera: si on se tue, si on se suicide en prison, qu'en sera -t- il dans des camps de concentration pour miséreux?
Donc on en restera là cet hiver encore!

Ho oui! Chaque pauvre a existé avant cette décadence qui le confine à nos regards plein de condécendance quand nos coeurs les voient en silence!
Et elles sont nombreuses ces ombres qui assombrissent le paysage quotidien de nos belles civilisations au sein desquelle il faudrait "cacher cette misère que je ne saurais voir!!"...
On en restera là... cet hiver... encore!

Karine 26/11/2008 19:02

Oui chaque année, au moment où l'oppulence arrive aux étalages des magasins, ils sont là, dans le froid, sous le regard indifférents de centaines de gens pressés ! De plus en plus nombreux, ils ont tout perdu ! Personne n'est à l'abri pourtant.
C'est beau d'avoir écrit ces lignes pour eux

Samia Tahraoui-Rodrigues 26/11/2008 19:00

«Ca fait du bien de te lire Gérard...
60% des Français ont peur d'être SDF et mon histoire personnelle fait que le sujet me tient tout particulièrement à coeur. Le problème est celui de la volonté politique. Les Français ne comprennent pas le fossé qu'il existe entre les mesures d'urgences prise pour sauver le système financier (je ne suis pas contre car responsable mais c'est un autre sujet...) et le peu de cas qui est fait de nos concitoyens les plus fragiles (je trouve scandaleux la condamnation des associations qui luttent auprès d'eux et je ne suis pas la seule). Les conséquences de cette précarité, outre le gâchis humain et l'immoralité de cette situation,que tu condamnes à juste titre et cela t'honore, coûtent plus cher que l'organisation efficace de la réinsertion de ces hommes et ces femmes (et ces enfants)dont l'espérance de vie est sérieusement amputée. C'est un paradoxe insupportable. Et c'est vrai que là, plus que pour les "autres réformes", on attend du courage politique»