Guadeloupe: Pourvu que ce ne soit pas de futurs "évenements"

Publié le 23 Février 2009

Il fallait bien que cela explose un moment ou un autre. La Martinique et particulièrement la Guadeloupe n'en peuvent plus de passez pour des Îles ou il fait bon vivre sur la plage. Ou il n’y a qu’a ramasser les fruits par terre pour manger en sus du RMI.

Ces Îles ont bien changé ! Et même si tous savent que sans la métropole elles ne se seraient sans doute pas remise aussi facilement des cyclones qui viennent régulièrement les dévaster, elles ne veulent plus passer pour des capteurs de subventions et d’allocations.

 

Pour y avoir été pendant trois ans, j’ai pu voir que ces Îles ne sont pas industrialisées et je me suis souvent demandé pourquoi ?
Pas de grands groupes de mécaniques, de nouvelles technologies, d’informatiques, on est pourtant si proche des Etats-Unis et de l’Amérique latine ! Bien plus proche que de l’Europe ! Même sur l’idée du tourisme de masse ou culturel, pas de « Puy du fou » en formation et pourtant...

A quoi cela tient-il ? Au manque de main d’œuvre? A la formation ? Au climat ? Vous ne manquez jamais de réponses !
Il n’en reste pas moins que ces Îles sont quasiment condamnées à être des sites touristiques de bases. On peut comprendre que cela ne satisfasse pas les Îliens qui sont obligés, la plupart du temps, de venir en métropole pour travailler ! Pendant ce temps là, les principaux postes de fonctionnaires hauts et moyens sont dévolus aux métropolitains ! Que reste t'il ?


Tout est cher sur ces Îles
 
! Tout est trop cher pour des habitants à qui l’on répète qu’ils sont français mais qu’ils ne le sont pas tout à fait dans la réglementation et surtout dans le panier de la ménagère !


Beaucoup parle de crise identitaire
 ! Cela me semble évident.
De plus en plus d’Antillais se tourne vers la partie noire de leur identité et de ce fait, se tourne vers l’africanité ! Oubliant qu’ils ont su créer un peuple avec sa propre culture. Une culture forte qui comprend la langue, l’écriture et les arts comme la cuisine, la peinture, la sculpture, la danse, la musique, etc. Si l’on devait comparer la culture antillaise avec les nombreuses émanations de la culture africaine, celle-ci n’aurait pas à rougir ! Loin de là.

Les Antillais sont radicalement et irrémédiablement différents de leurs ancêtres africains. Il peut y avoir des ponts mais en aucune manière fusion ! L’histoire antillaise passe par un traumatisme effrayant que les africains actuels n'imaginent pas! Ils se souviennent de la colonisation. Mais l'Histoire antillaise est assise sur des monceaux de souffrances non-dites et la pire de toutes: L’esclavage !


L’esclavage est un fait qui ne pourra jamais être oublié.
Les antillais ont eu des ancêtres issus de différentes tribus qui ont été vendus par des guerriers issus d’autres tribus pour de la verroterie et autres pacotilles et biens  à des négriers blancs. Ceux-ci en firent un commerce juteux sans vergogne! C'est désormais un "crime contre l'humanité" même si je regrette que la loi Taubira l'est circoncis dans la géographie et l'espace du temps.
Il faut le savoir pour mieux comprendre la culture antillaise et savoir pourquoi elle s’est construite de cette façon et en dehors de l'Afrique!


Les blancs d’Europe ont été des serfs autrefois
. Ils appartenaient aux seigneurs locaux qui avaient le droit de vie ou de mort et même celui de cuissage ! Il n’était pas rare de voir pendre un serf pour le bon plaisir du seigneur ou parce que, mourant de faim, il avait braconné dans une forêt seigneuriale.

Mais nous n’en avons pas gardé en mémoire cette souffrance. C’est si loin.
Le temps est passé ainsi que la révolution !


Les Antillais n’ont pas bénéficié du temps de l’oubli et ils gardent en mémoire ces événements à la fois proche dans les mémoires et anciens dans le temps.

Ils ont surtout, en permanence devant eux, la résultante de ces événements qui se traduit concrètement par le fait que toute la puissance économique est quasiment aux mains blanches.
Pire, trop souvent aux mains des descendants de propriétaires d’esclaves qui prennent bien soin d'éviter le « mélange » des genres !
Quel est le Français qui accepterait d’être traité de cette manière par des descendants de seigneurs locaux  dans sa ville ou son village?

Alors cette crise est d’abord identitaire !
Rendons aux Guadeloupéens et aux Martiniquais ce qui est à eux en leur laissant la possibilité de choisir leur mode de fonctionnement culturel et politique.
Favorisons l’émergence d’une élite antillaise productive et industrieuse.
Ouvrons les entreprises actuelles à des comités d’entreprises ayant un droit de regard sur l’activité économique comme en métropole. Car enfin, il est anormal qu’un produit des Îles coûte plus cher qu’un produit de la métropole.
Ouvrons et faisons confiance à ces femmes et ces hommes qui se battent pour leur dignité sinon, l’on verra une radicalité des positions attisée par les mêmes « révolutionnaires » de salons de la métropole qui, au fond, se moquent bien des Antillais pourvu que l’on est du Rouge, du rhum, du Ché et du sang sur les trottoirs!

Gérard Brazon

 

Guadeloupe, extrait de (Valeurs Actuelles)

C’est le LKP qui mène la danse : Liyannaj kont Pwofitasyon, ce qui peut se traduire par “L’alliance contre l’exploitation”. Il s’agit d’un collectif regroupant quarante-huit associations, partis et syndicats, dont le fer de lance est l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe : la puissante UGTG a recueilli 52 % des suffrages dans l’île aux élections prudhomales de décembre.

Cette centrale syndicale est née en 1973, à l’initiative d’ouvriers « en lutte contre l’exploitation sauvage des industriels du sucre et de gros propriétaires fonciers », précise l’UGTG dans un document disponible sur son site (www.ugtg.org). Ses analyses empruntent au marxisme tiers-mondiste : l’UGTG se présente comme « une organisation populaire, de lutte de masse, de revendications de classe, pratiquant la confrontation avec le pouvoir colonial, les capitalistes et leurs alliés locaux comme méthode de lutte et de conscientisation » du peuple guadeloupéen.

Son secrétaire général, Élie Domota, 42ans, est également le porte-parole du collectif LKP. «La Guadeloupe reste une colonie asservie à la métropole », estime-t-il. Directeur général adjoint de l’ANPE locale, Domota porte souvent un teeshirt rouge sur lequel est écrit : “Sé neg ki libéré neg”. Le rouge – la couleur du LKP – est aussi celle des insurgés qui combattirent le rétablissement de l’esclavage dans l’île en 1801. « Cette crise est le résultat de trois siècles d’exploitation et de mépris contre les Noirs, auxquels il est temps de mettre fin », lance Domota dans ses réunions publiques, en créole.

La Gwadeloup se tannou, /

la Gwadeloup a patayo /

Yo péké fé sa yo vlé /

Adan péyi annou», chantent les manifestants dans les cortèges :

La Guadeloupe est à nous /

La Guadeloupe n’est pas à vous /

Vous ne pourrez plus faire ce que vous voulez /

Dans ce pays qui est le nôtre.

 

Députée de Guyane, Christiane Taubira, qui est allée soutenir les grévistes, n’a pas tort de parler de « lutte identitaire ».

Source « Valeurs Actuelles »

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Jean Pierre Descroix 24/02/2009 08:53

je suis surpris de voir des elus socialistes avec un type de la bas se manifester, mais alors qu ont ils fait depuis qu ils sont elus de ma gwadeloupe
RIEN
ils ont defendu leur situation a coup de % sur certaines collectivites. Quand j entends La Miss TOUBIRA J AI HONTE
IL FAUT ATTAQUER SURTOUT LES POLITIQUARS DE LA BAS QUI ACCEPTENT DEPUIS TRES LONGTEMPS CETTE SITUATION
AMICALEMENT
JEAN PIERRE DESCROIX

Wina Senecias 24/02/2009 08:51

Bonsoir Gérard,
C'est une très belle tribune que vous avez écrit là!
J'adhère!

Danielle Hierso Belhamou 23/02/2009 14:59

A tous les dirigeants & militants syndicaux du Lyannaj kont pwofitasyon (LKP), vous êtes contradictoires dans vos propos, dans votre essence.

1) Vous militez pour la liberté de votre peuple, mais vous en reniez une, fondamentale : Le LIBRE ARBITRE. Dieu lui-même (pour ceux qui y croient) a laissé le libre arbitre à l’homme dans le jardin d’Eden. Pour qui vous prenez-vous donc ? Vous dites que les patrons prennent les employés pour les enfants, mais vous, que faites-vous, quand vous me faites quitter mon lieu de travail ? N’est-ce pas me traiter comme un enfant ?

Respectez le droit de la libre circulation, libre entreprise, et simplement le droit à la liberté.

Je ne VEUX PAS faire grève. Je VEUX aller travailler. Vous n’avez pas le DROIT de m’en EMPECHER. La liberté des uns, commence, où s’arrête celle des autres. Pourquoi me faire sortir de mon entreprise, quand J’AI DECIDE de ne pas soutenir un mouvement de grève qui ne me parle pas. Je n’ai jamais été consultée pour savoir si j’approuvais une seule des 123 revendications de votre collectif.

2) Vous reniez le gouvernement que vous avez mis en place, vous reniez votre appartenance à une société colonialiste, capitaliste. Mais vous leur demandez plus d’aides, vous leur demandez 100 millions d’euros ??? !!! Vous n’aimez pas l’américain, mais vous aimez ses biscuits – proverbe de chez nous !

3) Une société en crise, réduit sa consommation. Ce qui n’est pas le cas chez nous.
Vous voulez de belles routes, de belles voitures, de belles maisons, de belles chaussures, de beaux vêtements, toute sorte de belles choses.
Vous buvez du champagne, du whisky, vous vous endettez pour fêter Noël.
Et un mois plus tard, vous vous plaignez à l’État de votre faible POUVOIR D’ACHAT !

Soyez crédibles dans vos propos.
Décembre 2008, est je crois, la période de fin d’année où j’ai vu le plus de voitures à Jarry, dans les centres commerciaux. Des caddies pleins à ras bord, une consommation à outrance, poussée à l’excès. Tellement mes compatriotes ont dépensé à Noël, ils n’avaient plus d’argent pour faire les soldes qui ont commencé le 3 janvier !

Mangez des ignames, des pois d’angole, du cochon local, buvez du jus de groseille, du rhum de chez nous, chantez les cantiques, allez chez les voisins….
Pas besoin de robes hors de prix ni d’aller chez le coiffeur pour visiter la famille.
Apprenons à vivre simplement, et là, nous pourrons parler de pouvoir d’achat.
Vous dépensez des sommes folles dans le Carnaval.
Quand il n’y a pas d’argent, la première chose qui saute, c’est le superflu ! Sauf en Guadeloupe.

4) Je me suis cassé le derrière à l’école.

J’ai appris, et aujourd’hui, j’occupe le poste que je MERITE.

Je ne le dois à aucun syndicat, ni à aucune revendication.

J’ai appris des langues étrangères, au collège, au lycée, comme tout le monde qui va à l’école en Guadeloupe. Mais je n’ai pas considéré ça comme une perte de temps.

C’est ma ténacité, mon envie de progresser qui m’ont mise là où je suis aujourd’hui. Tout le monde part avec les mêmes cartes dans la vie.

Un enfant, c’est une page blanche. (je ne sais plus qui a dit ça).

Après, il faut avoir envie de faire quelque chose et, s’en donner les moyens.
Yes we can, right ?
Régulariser les transporteurs clandestins ???
J’ai sué, j’ai utilisé mon intelligence, mes compétences pour obtenir la capacité de transport. Pourquoi régulariser les personnes qui ne l’ont pas ? Dans ce cas, que tout le monde gagne 5000 euros par mois qu’ils aient fait des études ou non, qu’ils aient des compétences ou non, qu’ils soient cadres ou caissières.
Simplement, La vie, ce n’est pas ça !

5) Vous vous ridiculisez aux yeux des ‘blancs’ que vous méprisez tant. Quand ils s’adressent à vous, ils maîtrisent leur sujet, sans avoir les yeux rivés sur une feuille.
Vous n’êtes pas capable de faire un discours sans LIRE.
Quand des mots viennent du cœur, on n’a pas besoin de LIRE.
Vous n’êtes pas crédibles !!!

6) Vous militez contre le racisme, mais vous le pratiquez et le revendiquez ouvertement.
Embauche prioritaire aux Guadeloupéens ?
Entre un Blanc ou un Asiatique qui a exactement le profil que je recherche et un Guadeloupéen qui n’est pas compétent ?
Je choisis sans hésiter l’étranger qui travaille bien.
Je ne suis pas nèg a tou pri.
Je suis noire et fière de l’être mais je reconnais la valeur des gens, comme l’a voulu Martin Luther King, que vous mentionnez si souvent, dans son fameux discours, I have a Dream, “J’ai l’espoir qu’un jour, mes enfants seront jugés, non sur la couleur de leur peau, mais sur leur personnalité ”. Je ne me sens pas esclave pour un sou. Je ne renie pas mon passé. Je sais d’où je viens mais ce n’est pas mon moteur. Je ne ramène pas le problème de la race dans tous les aspects de ma vie.

Y’a des cons partout et c’est là le seul racisme que je m’autorise : j’aime pas les cons.

7) Vous demandez 200 euros net de plus sur les salaires.
Comment un petit garagiste qui a eu le mérite de vouloir ENTREPRENDRE, pourra-t-il payer ses mécanos 200 euros de plus par mois (sans parler des charges sociales qui paient ceux qui ne foutent rien), s’il n’a pas d’activité justement A CAUSE DE VOTRE GREVE.

Vous ne dîtes pas à ceux qui vous suivent, que les jours de grèves ne sont pas rémunérés, sauf pour les représentants syndicaux.
Ils vous suivent en bons moutons de panurge, mais ce n’est pas vous qui paierez leurs factures, le s traites de la Soguafi.
Les prélèvements sur leurs comptes bancaires ne font pas grève.

Presque tous les dirigeants des organisations syndicales de chez nous, travaillent dans le public. Ce n’est pas l’Education Nationale, ni la Sécurité Sociale qui mettront la clé sous la porte demain. Leur emploi est assuré, leurs revenus sont assurés.
Qu’ils vous parlent des heures de délégation syndicale.
Mais les petits, qui sont simplement syndiqués, comment feront-ils ?

Je travaille dans le privé, et après 1 semaine de grève, on voit déjà les dégâts.
Avec un mouvement qui dure et perdure, nombre de petites entreprises, qui n’ont pas les reins solides, seront forcées de mettre la clé sous la porte.

Et voilà le devenir des petits travailleurs que soi disant vous défendez.

Réfléchissez un peu. Quand vous faîtes grève, faîtes-le de façon intelligente.

Arrêtez de tuer le pays.

En fait, vous ne recherchez qu’une chose, l’indépendance.

Le jour où la France en aura marre de ce tonneau des Danaïdes, un trou sans fond où se déversent aides et subventions, contributions, allocations, pour une population toujours en train de pleurnicher parce qu’elle en veut toujours plus, elle s’en ira.

Et là vous verrez ceux qui aiment vraiment la Guadeloupe, et ceux qui recherchent le pouvoir.

Nous avons l’exemple d’Haïti.

Ce sont des noirs qui s’entretuent, des noirs qui créent le malheur chez leurs frères.
Parce que tous ceux qui décident de bloquer le pays aujourd’hui, qui veulent faire la pluie et le beau temps, ce sont ceux là même qui seront nos Papa Doc, nos Aristide de demain.

Ce jour là, je vous le dis franchement, AN KA FOUKAN. (Pas besoin de traduction).
J’aime mon pays, mais en ce moment, j’ai honte d’être Guadeloupéenne, à cause de certains, qui “ parlent en mon nom ”.

A tous ceux qui pensent comme moi, faites le savoir pour revendiquer un droit élémentaire :
LE LIBRE ARBITRE.

Gérard Brazon 23/02/2009 15:11


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