L'U.M.P contre l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Tant mieux...

Publié le 30 Mai 2009

La Turquie est enfin dans le débat dans les élections européennes. L’UMP a dit clairement son opposition à cette entrée. Le Président Nicolas Sarkozy a sur ce sujet tranché. Mais la méfiance demeure pour les tous ceux qui ne souhaitent en aucun cas  l’entrée de ce pays.

La Turquie n’est pas européenne. Par sa géographie mais aussi son histoire politique qui n’a était qu’une succession de confrontations de l’Empire Ottoman contre l’Europe.

Sans revenir à la chute de l’empire de Byzance Chrétien conquis par l’envahisseur Turc pour établir, en lieu et place, un empire ottoman de religion musulmane. La Turquie tenta, pendant des dizaines d’années, de poursuivre ses conquêtes en envahissant plusieurs fois l’Europe et ce jusqu’aux portes de la Vienne Autrichienne ou elle fût vaincu. Les boulangers Autrichiens, pour commémorer cette victoire, inventèrent le fameux croissant que l’on aime tant chez nous.

Par la suite,  jusqu’à la moitié du 18éme siècle, l’Empire Ottoman pilla le Causasse et mit en place une traite des blancs particulièrement meurtrière. Les esclaves blancs étaient vendus, dans tout l’empire, aux marchands arabes et autres. Ce sont les Russes qui mirent fin à ce pillage d’esclavagistes. Cependant, il se poursuivit dans tout le bassin méditerranéen pendant encore plus d’une centaine d’années sous la forme des pirates barbaresques et des razzias sur les côtes italienne, française, espagnol et même jusqu’aux lointaine rives irlandaise. C’est historique même si, en France, on préfère souligner la traite des noirs et la colonisation. Tous les pays ont de toutes les façons des cadavres dans les placards.

Outre le fait qui devrait-être suffisant par lui-même que la Turquie n’est pas dans l’Europe géographique, nos cultures sont radicalement différentes. Même si la Turquie moderne n’est plus l’empire Ottoman elle n’est plus celle de Mustapha Kemal ce grand visionnaire qui avait mis en place un régime véritablement laïc. Aujourd’hui, nous voyons bien poindre à l’horizon, un régime semi-religieux qui avance masqué.

La Turquie n’est pas le petit Kosovo puisque si actuellement ils y a 72 millions d’habitants, c’est entre 90 et 100 millions de citoyens qu’il faudra intégrer dans 10 ans étant donné la démographie de ce pays. Sans compter qu’elle deviendra de facto le premier pays en nombre de députés au parlement de Strasbourg.

Son coût financier et son poids politique seraient énormes et certainement destructeur de l’idée politique de l’Europe. Bref, c’est un grand peuple, une grande Nation. Un partenaire oui, mais certainement pas un adhérent à l’Union.

 

Pour autant, la France serait plus convaincante dans son refus de l’adhésion de la Turquie à l’Europe si elle mettait tout de suite son véto à l’ouverture des chapitres d’adhésion à l’Union Européenne. Les hésitations françaises sont troublantes. Comme ses allers et retours d’un Président Chirac qui demande l’ouverture de l’adhésion de la Turquie pour, peu après, mettre un verrou référendaire qui obligeait de demander au peuple français son avis sur une nouvelle adhésion. La France aurait été plus convaincante, si notre Président n’avait pas supprimé ce verrou référendaire imparable.


Donc, la Turquie se pose des questions par rapport à ces modifications permanentes. Il en reste pas moins qu’à ce jour, les chapitres d’adhésion s’ouvrent les uns derrière les autres et qu’il n’ y n’a plus de possibilité pour le peuple français de dire non dans 8 ou 10 ans au moment de la possible entrée de la Turquie. Le personnel politique en France ayant, entre temps changé, ils s’en laveront sans doute les mains.

 

Mais à ce jour, je suis ravi qu’un grand parti politique s’inscrive dans le refus. Que ce parti politique continu avec d’autres dans l’Assemblée européenne à s’opposer. Sinon, cela serait extrêmement mal ressenti par les électeurs qui auront fait le choix de venir voter le 7 Juin. La démocratie n’a pas besoin de ça.

 

Sur cette prise de position de l’UMP et du Président de la République Nicolas Sarkozy, que cela ne plaise pas aux Etats-Unis et à l’Angleterre est plutôt bon signe. Nous savons tous que le but poursuivi par ces deux pays est la noyade d’une Europe politique forte dans un grand ensemble ingouvernable. De ce point de vue, ils ont en partie gagné plusieurs manches. En fait, ce qu’ils veulent c’est un grand marché libre et ouvert. Un marché de consommateurs aux caddies greffés sur l’estomac et en aucun cas une entité politique forte pouvant agir sur la scène internationale.

Il en reste pas moins que c’est 250 entreprises françaises qui sont implantées en Turquie (La Tribune de Vendredi) et qu’en période de vaches maigres il est sans doute préférable pour les dirigeants de ces entreprises de faire le dos rond. L’argent ne fait pas toujours bon ménage avec les sentiments nationaux et la culture.

Pour conclure ce rapide tour d’horizon, la Turquie est en demande depuis qu’Alain Juppé, ancien ministre des affaires étrangères négocia et mis en place en Janvier 1996 la libre circulation des marchandises, une préférence tarifaire commune, un rapprochement des législations fiscales et commerciales, etc. La Turquie attend mieux désormais. Déjà, elle commence à toucher de larges subventions de l’Europe pour ses mises aux normes. Mais celles-ci ne sont rien par rapport à ce qu’elle devrait toucher si elle entrait véritablement dans l’Europe. Au point d’en assécher les fonds ? Sans doute pas, mais des questions devront être posées pour le financement des infrastructures de cet immense pays en proie à une guerre interne avec les Kurdes et économiquement émergeant par endroit si ce n’est du tiers monde par ailleurs. Je conclurai sur une question que l’Europe de peut ignorer: le défaut d’égalité des droits de la femme dans la société culturelle Turque.

Gérard Brazon

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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