Politique: La femme ne doit jamais baisser sa garde. Sa liberté en dépend.

Publié le 30 Juin 2009

La femme a toujours dû se battre pour être admise dans la société des hommes. Les sociétés ont utilisé différents moyens pour justifier la faiblesse des femmes, pour la réduire à un citoyen de seconde zone.  Dans ce combat pour la liberté et l'égalité des droits, l'affaire du burqa et du Niqab vient nous rappeler que rien n'est fixé dans le marbre.
Que les droits des femmes sont toujours l'objet d'une remise en cause possible. Les femmes, toutes les femmes y compris celles qui ne considèrent pas la politique comme un engagement pour elles mêmes et pour leur liberté. Qu'importe le parti politique dans lequel elles militeraient car l'important est de défendre ses droits.

Un rappel sur le rôle de la femme dans la société postrévolutionnaire :

Avant la Révolution, l'infériorité de la femme était fondée sur l'idée de nature. En effet, l'Encyclopédie de 1751 définit la femme comme étant « la femelle de l'homme ». Elle y est présentée comme le  sexe faible au plan physique comme intellectuel. D'ailleurs, de nombreux philosophes approuvaient cette idée. En effet, selon Aristote, la femme est un être non-humain parce que radicalement autre que l'homme. Sa thèse permet le rejet de la femme et donc son exclusion radicale. Platon, lui, pense que la femme est un être humain mais infantile, qu'elle est plus proche de l'enfant que de l'homme. Cette thèse donne lieu à une hiérarchie et donc à une exclusion modérée. Par contre, Jean Jacques Rousseau veut une « sexuation » des rôles sociaux fondée sur la biologie : à l'homme la création, à la femme la procréation. Pour lui, la place de la femme est à la maison, pour faire le ménage et s'occuper des enfants. Son rôle est celui de reproductrice. Sa vie ne s'effectue que sous la dépendance de l'homme, la femme ne doit jamais paraître en public car, selon Jean Jacques Rousseau, toute femme qui se montre se déshonore.

 

La femme avant la Révolution :

Condorcet : Pour ce dernier, c'est le fait d'être propriétaire qui accorde le droit de vote, Condorcet serait favorable au vote de femmes chefs de famille et propriétaires. Seules les veuves non remariées pourraient exercer le droit de vote.
Dans la logique de Condorcet, seraient donc exclus les domestiques au même titre que les femmes.
Sieyès : Ce dernier fait la distinction entre citoyen actif ou citoyen passif, pour lui, quel que soit le statut social de la femme, elle ne peut pas voter. Sieyès justifie son point de vue parce que la femme ne possède pas le sens du vrai, lorsqu'elles aiment le roi, c'est métaphysique.

Pendant la période de l'assemblée constituante les femmes sont représentées par le chef de famille. Les femmes participent par le seul biais des fêtes où elles amènent des offrandes, d'une certaine façon, elles substituent le culte de la liberté au culte de la vierge, c'est leur unique manière de pénétrer la sphère publique et politique.


La femme pendant la Révolution
 :

Depuis toujours, les femmes étaient dépendantes de l'homme. Elles n'étaient d'ailleurs même pas considérées comme humaines par certains philosophes. C'est pourquoi, elles n'ont pas hésité, lors de la Révolution française, à se révolter, elles aussi, pour l'égalité et la liberté. Grâce à de grandes femmes telles Olympe de Gouges, Charlotte Corday ou Manon Rolland, les femmes se battirent pour leur liberté et l'égalité entre hommes et femmes.
Malgré tout, au lendemain de la Révolution les femmes demeurent exclues de la vie politique et sociale par le code civil. Elles sont les grandes perdantes de la Révolution.

 
Le droit de vote des femmes :

L'hostilité à l'égard du droit de vote des femmes se prolonge et un homme comme René Cassin acceptait que la femme puisse être éligible sans lui accorder le droit de vote. En 1944, les femmes obtiennent le droit de vote mais les algériennes devront attendre 1956, on a constaté qu'en 1946, les femmes hésitaient à exercer leur droit de vote.

 

Les femmes militaires :

Les femmes faisaient partie de la société militaire française sous l’Ancien Régime. Elles sont restées présentes dans les espaces militaires tout au long du XIXe siècle, mais la société française, très longtemps tolérante, l’est devenue de moins en moins. Au début du XXe siècle les dernières femmes militaires ont disparu. (...)

Le spectre de femmes en uniforme est devenu très dérangeant dans la deuxième moitié du XIXe siècle, à tel point que certains les ont considérées comme étant un troisième sexe.

Le militaire devient le modèle de la virilité française, son incarnation et le porteur par excellence de ses attributs corporels. L’armée devient l’école de la virilité. Dans ce climat culturel où la virilité représente une valeur majeure, une femme militaire constitue un sacrilège.

 

La femme ambulancière :

Elles ont côtoyé la souffrance des blessés, entendu le dernier râle des mourants, fermé les yeux de ceux qui n'avaient pu tenir jusqu'à la table du chirurgien. Au volant de leurs ambulances, de jour comme de nuit, leur mission était de transporter les victimes du champ de bataille, dans les meilleurs délais, sur toutes les routes, par tous les temps. Pour jalonner leur course contre la mort : l'ennemi embusqué, les mines, les éclats d'obus, les balles perdues...

 

La femme résistante :

Moins nombreuses que les hommes, les femmes représentent 15 à 20 % des résistants et environ 15 % des déportés politiques (Danielle Casanova, Lise London, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Charlotte Delbo, Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Yvonne Pagniez, Anise Postel-Vinay, Jacqueline d'Alincourt...).

Elles sont généralement cantonnées à des rôles subalternes. Lucie Aubrac, résistante emblématique, cofondatrice de Libération-Sud, n'a en fait jamais eu de rôle défini dans la hiérarchie du mouvement. Hélène Viannay, davantage diplômée que son mari Philippe Viannay, le fondateur de Défense de la France, n'écrit jamais un seul article pour le journal clandestin du même nom, pas plus que les autres compagnes des chefs de DF, alors qu'elles assistent à toutes les réunions de rédaction.

Toutefois, Marie-Madeleine Fourcade est l'unique femme chef de réseau (en faisant croire aux Britanniques que le vrai chef d'Alliance est un homme !) et l'« Organisation civile et militaire » a une section féminine, présidée par Marie-Hélène Lefaucheux, qui est également membre du comité parisien de Libération et sera à la libération député puis sénateur. Aucune n'est chef d'un mouvement, d'un maquis, ni commissaire de la République ou ministre à la Libération.

 

La femme d’aujourd’hui est une femme libre. Une femme qui bien souvent a oublié son histoire. Une histoire ou elle fût souvent déconsidérée dans la société. Ce n’est plus le cas depuis le combat des féministes. Mais gageons que ce combat pour les droits de la femme sera remis en cause d’une manière ou d’une autre. Par la religion ou par la société future. Celle que nous, Français d'aujourd'hui, sommes entrain de construire. C’est pourquoi, les femmes doivent rester attentives et être prêtes à se lever pour défendre ces droits acquis parfois dans le sang des femmes le plus souvent.


Gérard Brazon

Remerciement aux travaux de Christine Faure et Gil Mihaely

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article