Le combat de la Femme, ses droits conquis dans le sang.

Publié le 1 Juillet 2009


Dans le cadre de la femme française libre, Madame Manon Roland est une figure célèbre.
Il y en a eu d’autres bien sûr de ces femmes qui firent la France d’aujourd’hui. Se souvenir de ces femmes est nécessaire en ses temps de retour, dans les esprits et les corps de certaines jeunes filles, de l'enfermement de la femme à travers le port de la Burqa et du Niqab.
Se souvenir que la Liberté se paie toujours dans le sang.

Se souvenir puisque trop souvent la part qu’ont prises les femmes dans l’histoire de notre Nation est souvent réduite à peu par les historiens anciens et modernes.
Ceci expliquant sans doute cela dans le déficit de repères qu’ont nos jeunes dans les écoles de la République Française et singulièrement les filles.

Sans doute, devrions-nous enseigner cette part pour éviter que ne se pérennise l’idée de la femme sujette, la femme inférieure par essence et donc la protéger politiquement à terme, de ces mouvements de balancier sociétaux en fonction des modes ou des croyances religieuses ou coutumières comme tente de le faire les tenants d'un Islam traditionnaliste voire rétrograde au point de déranger les musulmans eux-mêmes.

 

Madame Roland était la fille de Gratien Philippon, maître graveur place Dauphine homme aisé. Dès son plus jeune âge, Manon Roland est une enfant très intelligente, au caractère ferme et résolu. Elle montre de grandes aptitudes pour les études et un esprit vif et enthousiaste. À 8 ans, elle se passionne pour la lecture de la Vie des hommes illustres. Désormais, la télévision remplace les livres et nos jeunes filles ne sont plus passionnées que par des émissions "culturelles" de type Star Ac. A qui la faute ?

Avec la maturation de son esprit, Manon Roland abandonne l’idée d’entrer au couvent. Comme quoi, il ne faut pas s’affoler. Elle adhère avec enthousiasme à l'idée de la République qui l’a imprégné depuis le début de ses études. En cela, elle est inspirée par ses lectures.

En 1774, elle séjourne quelque temps au château de Versailles, ressentant comme une insulte le mépris dans lequel la noblesse tient les bourgeois. Manon n’oubliera jamais la haine qu’elle ressent à cette occasion. Une réaction moderne de jeunes nantis devant l’injustice.

Madame Manon Roland ne manquait pas de moyens et n’a pas connu la misère des rues et des campagnes ni même le joug seigneurial. Elle réagit donc en bourgeoise vexée de ne pas être reconnue. Un peu à la manière de nos parvenus qui cherchent à singer le bourgeois bien installé depuis des générations dans nos villes et nos campagnes. Ou, à contrario, le bobo parisien, plus faux cul, qui choisit de ressembler aux prolétaires en s’habillant en pauvres tout en vivant sans soucis d'argent. Il n’ y a rien de neuf sous le soleil de l’humanité.

En 1776, elle fait la connaissance du vertueux et sévère Jean Marie Roland de la Platière, de vingt ans son aîné, son égal tant au niveau intellectuel qu’à celui du caractère. Le 4 février 1780, après de multiples hésitations elle l’épouse de cette union naquit Eudora Roland.

Après les massacres de septembre qui la révoltent mais contre lesquels elle n’agit pas, elle voue à Danton une haine chaque jour plus féroce. Aussi entière et acharnée dans ses haines que dans ses affections, l’égérie des Girondins attaque Danton de plus en plus violemment, par la voix de Buzot.

Sachant d’où viennent ces attaques le tribun s’écriera : « Nous avons besoin de ministres qui voient par d’autres yeux que ceux de leur femme ». Manon dès lors devient furieuse. Cependant les Montagnards (La gauche de l'époque) multiplient les attaques contre les Girondins (La droite de l'époque- Le marais étant le MoDem actuel et les Centristes) et en particulier contre Roland, « Coco Roland » Manon devenant « Madame Coco » ou « la reine coco ».

Au matin du 1er juin 1793, elle est arrêtée et incarcérée dans la prison de l’Abbaye.  Elle est libérée le 24 juin, relâchée pendant une heure puis de nouveau arrêtée et placée à Sainte-Pélagie. Elle est transférée à la Conciergerie. En prison, elle est respectée par les gardiens et certains privilèges lui sont accordés. Ainsi, elle peut avoir du matériel pour écrire et peut recevoir des visites occasionnelles de ses amis dévoués. Là-bas, elle écrit son Appel à l’impartiale postérité, ses mémoires destinés à sa fille Eudora où elle montre une étrange alternance entre louanges personnelles et patriotisme, entre l’insignifiant et le sublime

Elle est jugée le 08 Novembre 1793. Toute vêtue de blanc, elle se présente devant le Tribunal révolutionnaire.  Le procès se déroule entre 9 h et 14 h 30. Manon Roland monte, avec une grande sérénité, presque avec de la joie, dans la charrette qui la conduit vers le lieu du supplice.

Sa sentence est mise à exécution le soir même, sur la place de la Révolution (rebaptisée depuis place de la concorde. Passant devant la statue de la Liberté (installée afin de commémorer la journée du 10 août 1792), elle se serait exclamée, peu avant que ne tombe le couperet de la guillotine :

Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom !

C'est aussi cela la Révolution Française.
Ces femmes comme Charlotte Corday sur un autre échiquier politique ou comme Olympe de Gouges sont des femmes puissantes et fortes. Elles sont les phares de la lutte pour la liberté des femmes.
D'autres vinrent par la suite relever le flambeau de la lutte des femmes pour obtenir les mêmes droits que les hommes. A une époque, la nôtre, ou des hommes comme la FDH parlent de la "liberté des femmes" de revendiquer l'enfermement sous la Burqa ou le Niqab,  il est plus que temps de les faire revenir et de les faire parler.
Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire de France

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