Une déclaration de Brice Hortefeux dans le Figaro. A lire.

Publié le 15 Juillet 2009

Dans un entretien au «Figaro», le ministre de l'Intérieur annonce qu'il réunira les préfets dès mercredi pour leur demander de se mobiliser face à la délinquance, qui a «cessé de baisser» au premier semestre.

LE FIGARO. - Les festivités du 14 Juillet sont traditionnellement émaillées d'incidents. L'année dernière, 600 voitures ont été incendiées au cours de cette période. Que faire pour éviter de tels débordements ?

Brice HORTEFEUX. - J'ai réuni les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie, le préfet de police de Paris, les préfets des zones de défense de Lille, Marseille, Lyon, Bordeaux, Rennes ou encore Metz pour anticiper ce phénomène. J'ai ainsi demandé à ce que le dispositif de sécurité soit renforcé sur l'ensemble du territoire. Dès la nuit dernière, 36 unités de forces mobiles ont été mobilisées et 34 000 policiers et gendarmes ont été déployés. Mardi, les effectifs monteront en puis sance pour atteindre 75 Compagnies républicaines de sécurité et escadrons. Au total, pas moins de 40 000 hommes seront sur le terrain sur l'ensemble du territoire. Les transports en commun d'Ile-de-France seront particulièrement surveillés. Par ailleurs, j'ai demandé aux préfets de travailler avec les élus locaux afin que ces derniers mobilisent leur police municipale, prennent toutes les mesures préventives utiles et veillent aux conditions de sécurité dans l'utilisation des feux d'artifice. À ce titre, j'ai interdit la vente de certaines catégories de mortiers. Enfin, un poste de commandement opérationnel spécifique est actionné pendant 24 heures au sein du ministère de l'Intérieur.

Firminy a été le théâtre de trois nuits d'échauffourées la semaine dernière. Que s'est-il passé ?

Quasiment heure par heure, je me suis tenu informé de l'évolution de ces incidents. À l'origine, un jeune homme, déjà bien connu des services de police pour une douzaine d'infractions, a été interpellé dans une affaire d'extorsion de fonds au préjudice d'un jeune majeur handicapé. Pendant sa garde à vue, il a tenté de se suicider et y est malheureusement parvenu malgré les efforts des policiers pour tenter de le réanimer. Le procureur a publiquement écarté tout soupçon de violences policières. La famille endeuillée, très digne, a appelé au calme tout en refusant l'idée d'un suicide. Le procureur a décidé d'organiser une reconstitution dès vendredi prochain. Pour ma part, je tiens à souligner que toutes les garanties de transparence ont été, sont et seront respectées.

Les esprits s'échauffent dans les cités. Craignez-vous un embrasement des violences urbaines ?

J'agis selon un principe simple : il n'y aura ni territoire oublié, ni catégorie négligée, ni forme de délinquance tolérée. Dès ma prise de fonction, je me suis rendu à Villepinte ainsi qu'à Tremblay-en-France où des voyous venaient de tirer des mortiers d'artifice au risque de mettre en péril la population : les engins incendiaires étaient retombés sur un balcon d'immeuble abritant des produits inflammables ! Pour enrayer tout débordement en banlieue, une série de mesures sont mises en œuvre. Le rapprochement des 105 000 gendarmes et des 145 000 policiers, placés sous le commandement unique du ministère de l'Intérieur, renforcera l'efficacité de notre action dans de nombreux quartiers sensibles. En outre, la vidéoprotection doit être davantage développée car elle a démontré son efficacité chez nos voisins, et par exemple au Royaume-Uni. En France, nous observons que la délinquance diminue deux fois plus vite dans les communes équipées de vidéoprotection. J'ajoute que nous allons redoubler d'effort contre les bandes, notamment en utilisant contre elles le nouvel arsenal législatif qui vient d'être voté à l'Assemblée.

À ce propos, quelles sont les dernières statistiques de la délinquance en France ?

Il faut regarder la vérité en face : la délinquance a cessé de baisser au premier semestre 2009. Ne l'oublions pas, ce tassement intervient après un fort recul de 15 % de la délinquance entre 2002 et 2008. Lors de la période antérieure, lorsque les socialistes étaient au pouvoir, la criminalité avait augmenté dans les mêmes proportions. Aujourd'hui, notre défi est, d'abord, de lutter contre les violences aux personnes.

Concrètement, comment allez-vous faire pour endiguer ces préoccupantes tendances ?

Dès demain, je réunirai les préfets afin d'insister sur la nécessaire et totale mobilisation dans la lutte contre toutes les formes de délinquance. Et, dès septembre, je ferai le point sur les premiers résultats obtenus avec les responsables départementaux de la police et de la gendarmerie. La sécurité est le premier droit de nos concitoyens, cela est donc notre premier devoir. Le cap fixé par le président de la République est clair : assurer la sécurité partout et pour tous, dans le respect des libertés individuelles.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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