Politique: l'excision, le mariage forcé n'est pas une vue de l'esprit. Témoignage.

Publié le 21 Juillet 2009

Excision, mariage forcé.(suite)

Lorsque l’on parle de l’action de Nicolas Sarkozy c’est toujours pour critiquer tel ou tel aspect de sa politique. Ce n’est pas assez, pas suffisant ou trop injuste.  

Jamais on ne parle de son action à travers son gouvernement sur le plan de l’humanisme et de la simple justice. Ou sont les associations défenseurs du faible et de l’opprimé, les chevaliers Baillart socialistes, les don quichotte de la veuve et de l’orphelin de gauche. Ils ne disent rien tandis que Valérie Lètard se bat sur le terrain des us et des coutumes barbares qui sévissent en France à travers les nouveaux arrivants.
Le gouvernement a lancé mardi une campagne d'information contre les mutilations sexuelles et les mariages forcés. Des victimes de ces violences faites aux femmes racontent leur douloureuse histoire.
Gérard Brazon

http://diary94.skyrock.com/
70 000
adolescentes de 10 à 18 ans, vivant en France, sont menacées d'être unies contre leur gré à un homme.
Espoirs et combats de femmes
Entre 55 000 et 65 000 fillettes et femmes mutilées sexuellement ou menacées de l'être résident dans l'Hexagone.
Ces chiffres ont été rappelés hier par la secrétaire d'Etat à la solidarité, Valérie Lètard, qui a lancé une campagne d'information contre le mariage forcé et l'excision, "ces fléaux que ni la tradition ni la coutume ne peuvent justifier". Alors que s'ouvre aujourd'hui au Parlement européen de Bruxelles une conférence internationale contre les mutilations sexuelles féminines, 100 000 brochures représentant soit un anneau nuptial en fil barbelé –contre les mariages forcés- soit une lame de rasoir –contre l'excision- dans un panneau d'interdiction vont être distribuées aux femmes via les associations de lutte contre les violences, partenaires de l'action gouvernementale.

L'enfance volée de Bah Diaryatou, excisée et mariée de force. 
Elle a 23 ans et déjà un lourd passé derrière elle.
Issue d'une grande famille guinéenne – son père a quatre épouses et 32 enfants -, elle est élevée jusqu'à ses dix ans par sa grand-mère, dans un village sans confort. Chaque fois que sa mère lui rend visite, elle insiste pour que Bah soit excisée "parce que sinon tu es pas comme les autres", explique la jeune femme, visage rond et sourire lumineux. L'excision est pratiquée quand elle a huit ans. "Je me souviens de la douleur, qu'il n'y avait pas d'eau chaude et que le couteau qui m'a coupée a aussi servi à d'autres petites filles sans être nettoyé."
A 13 ans et demi, son père la marie de force à un homme de 45 ans, polygame, qu'elle ne connait pas et qui vit en Hollande. C'est là qu'elle le rejoint avant qu'ils ne partent pour la France en 2002. "Violée", car elle n'a "pas choisi" son mari qui lui a imposé des relations sexuelles, "douloureuses" qui plus est en raison de son excision, Bah accouche de trois enfants morts nés.
A 18 ans, elle finit par être répudiée. Elle apprend alors à lire et écrire. En 2006, elle publie le livre "On m'a volé mon enfance" (éd. Anne Carrière), traduit en cinq langues et fonde l'association Espoirs et combats de femmes.

Bah n'en veut pas à sa famille "mais aux coutumes, à l'ignorance et au silence qui ont fait de moi une marchandise et une victime". "Pas encore tout à fait réconciliée" avec son histoire, la jeune femme sait qu'il lui faudra du temps pour se décider à se faire reconstruire le clitoris. D'ici là, Bah, qui veut être perçue "comme une battante et pas comme une femme à qui on tend un mouchoir » veut ouvrir un centre socio-éducatif à Conakry, capitale de la Guinée « pour éduquer au respect de la femme".

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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