Socièté: Jeune, vous avez dit jeune? Mais c'est quoi un jeune maintenant ?

Publié le 29 Août 2009

Nous avons franchi dans l’hebdo MARIANNE une nouvelle étape. En effet ce journal, qui fait rarement dans la dentelle mais plus sûrement dans l’anti Sarkozysme primaire, repousse la définition du mot  jeune  au-delà des 30 ans.

Il nous relate donc qu’un jeune manifestant de 34 ans perdit un œil lors d’une manifestation pacifique ou il balançait d’innocents pavés en compagnie d’une cinquantaine de jeunes angéliques ayant la même volonté de protestation. Ils les jetaient benoîtement sur une quinzaine de redoutables pandores armaient jusqu’aux dents de flash ball! Ces hommes, insensibles aux messages des lanceurs de pavés, refusant d’entendre les prières leur tombant sur les casques, n’ont écouté que leur horrible devoir qui consistait à rétablir l’ordre bourgeois en place.  Bilan, le jeune perd un œil pour ne pas avoir vu venir le coup. C’est triste, car au fond, s’il n’avait pas lancé des pavés sur les méchants représentants de l’ordre établi (un vulgaire régime politique élu par le peuple), il  s’en battrait l’œil.

Bien entendu, la police des polices fait son enquête, le policier est sur la sellette. Justice populaire sera faîte.

Il en résulte que tous jeunes manifestant (entre 18 et 34 ans désormais) recevant ou non, mais ayant à se plaindre que la police ne le laisse pas manifester, ni casser tranquillement, pourra comme tous citoyens responsables, porter plainte en cas d’un bleu, (petit ou grand ?), d’un choc, (violent ou non ?)

Mais revenons au sujet de la jeunesse. De mon temps, (hé oui !) il n’y avait pas d’adolescents. Cette expression n’existait pas. Les jeunes étaient jeunes jusqu’à l’apprentissage ou jusqu’au secondaire. Au pire, jusqu’au service militaire. Dans tous les cas, vous étiez après ce passage, considéré comme un homme et traité en adulte. C’est dur non ?

Grâce au progrès social et à la recherche des sociologues, la jeunesse à gagner du terrain. L’irresponsabilité aussi puisque vous êtes jeune au-delà de 30 ans maintenant. C’est pratique. Ce qui pose un souci tout de même, c’est l’âge du policier auteur du coup porté avec le flash ball. Car enfin, si ce policier à moins de 34 ans, dans quelle catégorie doit-on le mettre. Parmi les jeunes ? Mais alors, est-il responsable en tant que jeune ?

On voit bien que tout devient plus compliqué avec le mot jeune !

De mon temps (bis), on disait « jeune con » sans que lui ne songe à porter plainte pour insultes ? Maintenant on dit « jeune défavorisé » ou alors « jeune issu des banlieues difficile » ou tout simplement « jeunes » quand ce sont manifestement des voyous ou quand ils fuient un contrôle de police. Il y a aussi « jeune motard » quand après l’appel de voisins acariâtres, des policiers se retrouvent nez à nez avec lui.  

Imaginez le dilemme ! Un jeune motard pris d’une naturelle frayeur devant des pandores, s’enfuit. Si par malheur il se tue dans la fuite, cela devient un jeune sans histoire. Ce qui serait étonnant puisque de fait,  il ne risquerait plus d’en avoir.

Alors je délire sur ce mot  jeune. Est-ce  une manie de vieux ? Une jalousie de presque vieillard ?

J’ai bon espoir car dans quelques années, à la vitesse ou les journalistes traitent l’information, je serai sûrement, un jour, un jeune de 80 ans, claqué quelque part d’une maladie injuste : la vieillesse ! On n’arrête pas le progrès.

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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