555 Officiers Iraniens morts, tués par l'ISIS (Etat Islamique).

Publié le 14 Janvier 2015

Debkafile

Adaptation française

Thérèse Zrihen-Dvir

                                                        Iranian Gen. Mehdi Norouzi taken out in Iraq by ISIS
                                  Iranian Gen. Mehdi Norouzi taken out in Iraq by ISIS

Selon le rapport exclusif de Debkafile pour la lutte contre le terrorisme et des sources militaires, tôt le lundi 12 janvier, l’unité d'élite de l'état islamique a anéanti le groupe du commandement de front de la force d’un commando appartenant aux Brigades Al Qods iraniennes, tuant son commandant, le général Mehdi Norouzi.

L'attaque a eu lieu à Hashimiyah, petite ville située à 125 km au nord de Bagdad. C’est l'exploit le plus frappant de la nouvelle tactique de l'ISIS, qui est de porter atteinte aux meilleurs commandants des forces ennemies afin de les plonger dans le désarroi et saper leur moral.

Norouzi était le second général iranien qui combattait en Irak et succomba à cette tactique.

La semaine dernière, un sniper ISIS avait abattu le Brig. Gen. Hamid Taghavi à son poste de commandement à Samarra, au centre de l'Irak. Téhéran a tenté de prétendre qu’il ne s’agit que d’un conseiller militaire attaché à l'armée irakienne. Toutefois, sa véritable mission était beaucoup plus déterminante : Commandant militaire des milices chiites iraniennes et irakiennes et des forces des Gardiens de la Révolution en lutte contre l’ISIS dans la région centrale de l'Irak.

Le général défunt Norouzi était à peine arrivé pour prendre le relais de Taghavi quand il a été descendu.

La nouvelle tactique de l’ISIS appliquée depuis la semaine dernière a été prouvée sur un autre front, quand le 5 janvier, une force djihadiste menait un raid à travers la frontière irakienne au nord de l'Arabie saoudite près de Suwayf dans la région d’Arar. Parmi les trois gardes saoudiens tués on comptait aussi le général al-Balawi Odah, commandant de la garde de frontière saoudienne dans ce secteur.

La force Al-Qaïda-ISIS était entièrement composée de djihadistes saoudiens.

En examinant le contexte de ces trois épisodes, le modus operandi actuel de l'état islamique prend forme, comme indiqué ici par les analystes militaires de DEBKAfile :

Il débute par un dépistage détaillé des mouvements des commandants ciblés et du personnel, suivi par l’infiltration d'espions- habituellement des habitants convertis à la philosophie djihadiste- dans leurs états-majors.

Ces taupes mettent leurs patrons de l’ISIS au courant des mouvements des commandants ciblés, leur agenda, les aides du personnel et les forces affectées à leur sécurité.

Les tacticiens de l’ISIS utilisent cette information pour définir les moyens et le timing des assassinats.

À Taghavi à Samarra, ils ont choisi une unité de tireurs d'élite, qui aurait été informée à l'avance de la visite prévue à son centre de commandement.

Après ce coup, les Gardiens de la Révolution iraniens avaient déplacé le centre de commande de Samarra à Hashimiya, et nommé son successeur.

Moins de deux semaines plus tard, le nouveau chef a été abattu. Cette fois, les moyens choisis par l’ISIS étaient une unité d'hommes armés, certains d'entre eux des kamikazes qui se sont fait exploser au sein du groupe de commandement d'Al Qods du général Norouzi et ses collaborateurs.

Selon nos sources militaires et de renseignement, les forces de l’ISIS ont pu effacer 555 officiers iraniens en quatre mois depuis Octobre dernier, la plupart d'entre eux par le biais de commandos djihadistes.

Ceci et d'autres développements inquiétants ont été soulevés par le lieutenant général Benny Gantz, chef d’état major israélien, lors de sa rencontre avec Martin Dempsey, Chef du Staff US au Pentagone à Washington le 8 janvier.

Israël est extrêmement préoccupé par l'expansion de l’opération militaire iranienne en Irak - et plus encore par l'approfondissement de la coopération militaire et la coordination entre Washington et Téhéran dans ce pays, en particulier, les consultations étroites entre leurs officiers dans les arènes de combat irakiens.

Dempsey a noté exceptionnellement ce point de vue et mis les préoccupations d'Israël de côté.

En effet, il s’attela à défendre la position de Washington, en déclarant aux journalistes : « Si c’est une voie qui relie les deux pays [l'Irak et l'Iran] plus étroitement économiquement et même politiquement, aussi longtemps que le gouvernement irakien reste attaché inclusivement à tous les différents groupes à l'intérieur du pays, alors je pense que l'influence iranienne sera positive ».

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire d'Islam

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