6 millions de Français en font vivre 65 millions Par Charles Sannat.

Publié le 8 Juin 2013

C'est une lettre d'Edouard Carmignac, l'un des plus gros gestionnaires de fonds français et également l'un de ceux dont la réussite fut la plus fulgurante.


Il a écrit au mois d'avril une lettre qui m'avait échappé au président de la République mais qui n'a toujours pas pris une ride tant la politique gouvernementale n'a pas changé de ligne d'un iota.

 

Source: Economie-Matin

Je vous la reproduis ici intégralement :

« Monsieur le Président,


Il y a à peine neuf mois, je saluais votre élection et l'opportunité historique dont vous disposiez de réformer notre pays en profondeur avec un large soutien de l'ensemble du corps social.

Je me permettais également de vous mettre en garde sur les menaces funestes que constituaient les premiers projets annoncés par votre gouvernement. N'ayant pas été écouté, je me dois de vous exprimer ma conviction que la poursuite du cap actuel mène la France à une triple impasse, économique, politique et morale.

L'activité fléchit bien au-delà des prévisions rassurantes de vos services et notre anticipation d'une chute du PIB proche de 1 % cette année ne facilitera ni une stabilisation du chômage ni une réduction du déficit budgétaire.

 

Est-ce là si étonnant ? M. Ayrault a fait le choix malheureux de ne pas réduire le train de vie de l'État et de tenter de combler le déficit public en ponctionnant ménages et entreprises. Utiliser la dépense publique comme volant stabilisateur en cas de ralentissement conjoncturel a un sens, et financer ce surcoût de charge par un prélèvement temporaire sur les plus hauts revenus n'est pas déraisonnable.

 

Maisrefuser de proposer un plan crédible de réduction du train de vie de l'Étatdans une économie condamnée par la faiblesse de sa compétitivité à une croissance durablement lente, alors quela dépense publique atteint 57 % du PIB et qu'elle n'est couverte qu'à 90 % par l'impôt, est suicidaire.

En effet, la crise de confiance engendrée par la fuite en avant des finances publiques suscite des effets en chaîne difficilement maîtrisables. Comment inciter les ménages à consommer, si la peur de l'impôt et du chômage prévaut ?

 

Comment inciter les entrepreneurs à investir dans un marché intérieur à visibilité réduite, alors qu'ils sont en outre l'objet d'une fiscalité confiscatoire ?La tentation de l'exil se renforce et pas seulement auprès des états-majors de nos entreprises, mais aussi auprès de nos jeunes diplômés, pénalisant ainsi le redressement à venir.

L'ivresse du bateau secteur public n'est pas de votre fait.La France est le seul pays développé dont la croissance des fonctionnaires excède celle des emplois du secteur privé depuis 1987.Sa mise sous contrôle devient une affaire de moralité et de salut public, tant il est équitable que l'épreuve du redressement compétitif soit partagée par tous et tant il est inconcevable que l'activité s'améliore en l'absence d'un programme de réformes crédibles permettant de mettre un terme à l'austérité.

Dotons-nous d'un gouvernement courageux et visionnaire. La France a nombre d'atouts pour faire face à l'enlisement qui nous menace, au premier rang desquels des entrepreneurs de grande qualité faisant trop souvent ces derniers mois figure de persécutés. Mais le temps presse.L'accélération de l'histoire européenne est en marche et le discrédit dont souffre la classe politique italienne doit donner à réfléchir.

Dans cet espoir, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma considération choisie. »

Je ne connaissais pas l'expression « de ma considération choisie ».Cela veut-il dire que c'est au lecteur, en l'occurrence le Président Hollande, de choisir le niveau de considération envoyé par son expéditeur ?


Bon, on s'en fiche, en tout cas je retiens le coup de ma « considération choisie ». Je suis sûr que vous aussi, en tout cas pour un certain nombre de beaufs de la France d'en bas dont je fais partie et qui ne connaissait pas cette expression.

Le problème de la dépense publique
Oui il y a une crise, oui il n'y a plus de croissance, oui c'est très compliqué, oui nous avons un problème de modèle économique au niveau mondial, oui il y a un petit souci sur la disponibilité des matières premières en raréfaction, et oui nous nous heurtons à la fin de la croissance infinie dans un monde fini.

Mais nous avons un autre problème qui nous est plus spécifique : la dépense publique.

Dans notre pays, nous sommes des malades mentaux, des psychopathes des dépenses publiques. Dès qu'il y a un truc qui se passe, nous nous tournons vers l'État et dès qu'il se passe un truc, l'État vient fourrer son nez dedans. C'est compulsif, d'un côté comme de l'autre.Une véritable dépendance mutuelle s'est instaurée depuis en tout cas la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Or Edouard Carmignac soulève dans son courrier au président de la République un élément central.

« (...) la dépense publique atteint 57 % du PIB et (qu'elle) n'est couverte qu'à 90 % par l'impôt (...) »

Les conséquences d'un tel chiffre
Les conséquences d'un tel chiffre sont dramatiques. Pour Carmignac, c'est même « suicidaire », et il a raison puisque cela ne mène qu'à un seul résultat, inéluctable...la faillite de notre pays, de notre État, de nos institutions et à un drame social inévitable.

Chaque semaine qui passe, le gouvernement nous annonce la hausse d'un impôt ou d'un prélèvement obligatoire pour pouvoir poursuivre une politique de redistribution devenue obèse et qui ponctionne désormais largement plus de la moitié de la richesse produite dans notre pays.

Rajoutons quelques chiffres pour bien comprendre
...Pour bien comprendre l'étendu du problème.

Nous sommes, en gros, 65 millions d'habitants en France. Ce qui est important, ce sont les grandes masses. Nous ne sommes plus à 1 ou 2 millions de personnes près !

Sur ces 65 millions de personnes, nous retirons les enfants et les retraités et nous arrivons à une population active d'environ 24 millions de personnes.

Dans cette population active, il y a les chômeurs qui, même s'ils sont inactifs, sont considérés comme pouvant travailler. Soit environ 6 millions de personnes au bas mot.

Il nous reste donc 19 millions de travailleurs. Auxquels il faut retrancher les 9 millions de personnes travaillant pour moins de 790 €, essentiellement en raison de ce que l'on appelle le temps partiel subi.

Nous arrivons donc àune grosse dizaine de millions de personnes appelées les « zaisées » qui travaillent et touchent un salaire égal ou supérieur au SMIC.

Hélas, dans ce lot, il y a quelques millions d'agents de la fonction territoriale et quelques millions de fonctionnaires (rien que pour l'Éducation nationale, on parle d'au moins 900 000 personnes). Faisons une cote mal taillée et considérons quele public et parapublic représentent 4 millions de personnes.

Vous obtenez un total de6 millions de personnes productives et créant de la richesse pour faire vivre, financer, et nourrir 65 millions de personnes.

Attention, lorsque je dis cela, je ne dis pas que ceux qui travaillent à l'hôpital par exemple ne travaillent pas ou qu'ils ne produisent pas quelque chose, mais ils produisent de la dépense, ils ne créent pas de richesses au sens économique du terme, ce qui ne retire rien au fait qu'ils nous soient à tous indispensables.

 

Les pompiers c'est pareil, les policiers idem et les profs la même chose, pourtant nous voulons tous bien évidemment une école !Mais l'école ne produit pas de richesses directement et pour fonctionner, en revanche, elle ponctionne beaucoup de la richesse produite.

Vous pourrez retourner ces chiffres dans tous les sens, vous arriverez sensiblement au même résultat. Un résultat effrayant qui montre la profondeur des problèmes auxquels nous faisons face et qui, disons-le, sont insolubles pour le moment.

Ces problèmes sont insolubles car nous raisonnons toujours de la même façon, comme un vieux disque rayé nous refaisons la même chose, en appliquant la même stratégie, à savoir augmenter les impôts, encore, encore et encore... Et lorsque l'on arrive à court d'idée, on augmente encore les impôts.


Sauf que ce système approche de sa fin puisqu'à force de ponctionner la richesse produite par les « zautres », ces « zautres » en produisent de moins en moins et sont de moins en moins nombreux.
Ils ne sont plus que 6 millions pour une population de 65 millions de personnes.

Alors que ceux qui ne veulent pas voir, continuent à ne pas voir, mais le choc avec le mur de la réalité sera très violent et il se rapproche.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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miledeux 14/10/2013 18:32


Pivoine vous avez raison:Le parti socialiste existe,car il a besoin de pauvres pour se déclarer utile,mais le jour ou il n'y aura plus que des pauvres le socialisme disparaitra naturellement.A
Bientôt.

Marie-claire Muller 09/06/2013 19:01


Se sont seulemnt ses sbires qui se sont ridiculisés (oups)

Marie-claire Muller 09/06/2013 18:59


Notre premier sinistre est allé faire la leçon en Suisse(quelle honte je me cache pour lui)



Dimanche 9 juin 2013




Leçon de gestion des Socialistes à Berne (Suisse)‏






 


La Suisse a reçu la
semaine dernière une délégation du Sénat français en visite à Berne…les Suisses s’attendaient à du lourd….ils ont été servis : un vrai cours de Finances Publiques comme savent les donner les
gestionnaires socialistes…





On leur a expliqué que les Suisses ne pouvaient pas comprendre la France et sa fiscalité « parce qu’ils sont en retard en matière de dépenses publiques
! » Le passage de cette délégation a laissé des traces dans la capitale Helvétique,au point qu’un conseiller national Suisse a pris la plume pour relater la visite par une
tribune dans la presse… Et il termine ainsi sa description :


 


« Désarmante France , 40 ans de déficit,une dette abyssale,mais elle continue à faire la leçon. Elle donne un cours de gestion de faillite au pays le plus riche du monde.Le cancre
fait la nique au premier de la classe : le panache laisse coi !


On a envie de dire: encore !!! Moralité : la crise française est plus grave qu’on le croit,on se trompe sur sa cause ,la France ne souffre ni de son chômage ,ni de sa dette
,elle est malade de son aveuglement…incapable de se remettre en question ,c’est le fameux « déni » : l’Allemagne a tort,la Suisse a tort,tout le monde a tort…Et la France ?
..elle a raison….. D’accord..? ..d’ accord…et pendant ce temps,elle coule encore et encore,c’est que le début ,d’accord,d’accord…! »





Les Suisses ont le sens de l’humour…

DURADUPIF 08/06/2013 23:21


De plus en plus de monde "à la mangeoire individuelle" de l'Etat et de moins en  moins de ressource pour l'alimenter. La majorité des français vivent de le redistribution. Notre faillite
économique approche et notre mort politique suivra.

Banro 08/06/2013 23:13


Excellente et très instructive analyse que je transmets à mes contacts.

Pivoine 08/06/2013 21:26


Je ne peux que souscrire à cette analyse.


Il est + facile de payer une pléthore de fonctionnaires et ainsi s'assurer d'un réservoir électoral, qu'aider les patrons à produire de la richesse, et à créer des emplois. Cela ne serait
pas payant pour la gauche, qui a besoin de son lot de chômeurs et de pauvres pour se maintenir au pouvoir.