A Karine et à toutes les victimes du multiculturalisme et des fourberies du système par Nancy VERDIER

Publié le 19 Novembre 2011

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1ère partie

Cela n'arrive pas qu'aux autres

 

 

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Karine (20 novembre 1974 – 2 mai  2004)

 

Septembre 1991. Un soir, inquiète d’être sans nouvelles de son petit ami, elle décida d’appeler ses parents. Elle tomba sur le père du jeune homme qui lui annonça la terrible nouvelle. J’entendis le hurlement déchirant, désespéré de Karine….Il est mort, il est mort !!!  Ma fille venait d’apprendre que Médérick D. avait été assassiné. Il avait tout juste vingt ans et venait de s’installer à Nantes pour y faire des études. Ce soir là, se promenant sur les quais en compagnie de son frère, il avait croisé un jeune arabe. « T’as du feu ? »  « Non ».  Des insultes, une empoignade et un coup de couteau en plein cœur.
Médérick  s’était effondré, tué sur le coup.

 

 

Un crime racial, une vie fauchée pour une peccadille et une idylle de jeunesse à peine éclose brisée et sans retour. Ce drame marqua profondément Karine. Elle se rendait très souvent sur sa tombe en Province. On ne sait ce qu’il advint du tueur, probablement relâché au bout de quelques années… A cette époque, les attaques inopinées de paisibles passants par des groupes de jeunes commençaient à susciter l’inquiétude, l’usage de couteaux faisait son entrée dans les mœurs et s’il y avait  mort d’homme, on était sans illusion sur la sévérité de la peine encourue. On commençait à avoir droit aux incantations du « très politiquement correct » et il nous arrivait de voir à la télévision, un père dont le fils venait d’être assassiné déclarer face aux caméras : « Je ne veux pas de manifestations, je ne veux pas que l’évènement soit récupéré par le FN ».
Aujourd’hui, seuls les medias locaux et régionaux réservent un entrefilet à ce type d’évènement.

 

 

Juin 1997. Ayant achevé des études commerciales, Karine  perfectionnait ses connaissances linguistiques à l’Université de St Denis. Tous les jours je l’accompagnais et venais la rechercher à la sortie de la Fac.

Je l’avais mise en garde contre l’improbable. Nous habitions à proximité de Neuilly où dans les années 80, une étudiante hollandaise avait été tuée par balles, puis dévorée par son ami japonais…D’autres affaires graves avaient parfois lieu dans ce secteur notamment des attaques dans des parkings.  « Ne sors pas le soir, prends un taxi si tu es seule, fais attention. » C’était une grande femme au visage délicat, au corps de mannequin, une sportive accomplie, elle connaissait les risques. Elle avait 23 ans et une bande de copains….

Le 5 juin 1997 au soir, nous fêtions l’anniversaire de ma mère. J’étais confuse, désolée et inquiète. Karine dont j’étais sans nouvelles depuis trois jours, nous faisait faux bond. Elle réapparut enfin le lendemain en milieu de matinée. Lasse et défaite. Sans un mot elle alla prendre un bain. Et comme aucun bruit ne filtrait de la salle de bain, je fis un rapide contrôle.  Elle était allongée dans la baignoire, la tête sous l’eau. Avec vigueur je la tirai de ce piège mortel. Que se passait-il ? Quelque chose d’anormal s’était produit…Mais quoi ?  Elle m’affirma qu’elle se baignait toujours ainsi, que je ne devais pas m’inquiéter, tout allait bien. Elle s’habilla et la vie reprit son cours.

Elle poursuivait ses études, mais s’éloignait progressivement de la maison.  Normal pensais-je, à vingt-quatre ans, bientôt vingt-cinq. Les années passaient si vite. Les vacances en famille étaient au rayon des souvenirs. Elle m’appelait rarement et changeait fréquemment de téléphones portables et de domiciles. Elle renoua quelques temps avec nous pour venir au chevet de sa grand-mère mourante. Puis à nouveau plus rien.

Mais les années passant, j’avais de plus en plus de mal à supporter cet éloignement. N’ayant plus aucun contact avec elle et trouvant la situation inacceptable je pris la ferme décision de tout faire pour la retrouver.
De 1999 à 2004, je renouais contact avec tous ses anciens amis et camarades de classe et par quatre fois fis appel à la RIF (Recherche dans l’Intérêt des Familles) prétextant d’un héritage ou d’une donation, ou de problèmes de santé. Je savais que légalement, un enfant majeur n’a aucune obligation à rester en contact avec les siens, ni à leur donner ses coordonnées. Mais le comportement étrange de Karine, contrastait avec l’attachement qu’elle avait toujours manifesté pour ses proches, pour toute sa famille et ses amis.
Plus de quatre ans de recherches s’ensuivirent. Rien. Toujours rien. Par trois fois la RIF me signala, qu’elle avait été retrouvée, interpellée même, convoquée au Commissariat, mais qu’il y avait un refus net et catégorique de sa part. Mes amis me réconfortaient avec la formule « pas de nouvelles, bonne nouvelles » et ma belle-famille ne prenait pas au sérieux cette « disparition ». Je pris contact avec un enquêteur spécialisé dans les impayés et les fraudes administratives. Rien. On ne trouva rien du côté de la sécurité sociale, rien du côté fiscal, rien du côté de l’université, ou d’un employeur éventuel. Pas d’adresse. Pas de trace de ma fille. En France on peut disparaître, si ce n’est physiquement, du moins administrativement.

En mars 2003, n’y tenant plus, je me rendis au service d’état civil de sa mairie où une jeune employée finit par me donner avec beaucoup de réticence, une adresse à Vanves.

Pour ne pas gâcher mes chances, j’engageai un détective privé chargé de vérifier l’authenticité de l’adresse, de suivre ma fille, de me donner un aperçu de sa vie et de ses activités, de prendre des photos d’elle, et de me signaler une anomalie frappante. Il empocha ses honoraires et me fournit par téléphone, des résultats insignifiants ou inutilisables. Il ne prit même pas la peine de m’adresser un rapport écrit à la  fin de sa « mission. » Manifestement, il ne s’était jamais déplacé et avait fait ses recherches depuis son officine.
Je voyais bien que tout se liguait contre moi, que je ne progressais plus. Les recherches restaient infructueuses, j’avais l’impression d’avoir épuisé toutes les ressources existantes.

 

                                                                  *************

Bien qu’absorbée par mon activité professionnelle, je repris seule les recherches et dès septembre 2003, je  passais des soirées et des week-ends entiers à faire le guet au pied de son immeuble de Vanves aux portes closes et codées, à attendre que quelqu’un veuille bien sortir pour me laisser entrer, puis je montais au 8ème étage, et frappais à la porte de Karine, mais sans résultat. J’avais remarqué que les volets de ses fenêtres étaient toujours clos. La voisine de palier voyant mon manège finit par entrer en contact avec moi. Elle ne voyait ma fille que très rarement, mais était chaque fois frappée par son regard « éteint et dépressif »,  son comportement de fillette soumise à son compagnon. J’étais révoltée…de qui parlait-elle ??? Elle fut surprise quand je lui montrai des photos de Karine, belle, altière et souriante… 
Elle ajouta que la précédente occupante de l’appartement, une femme de 75 ans, s’était suicidée en se jetant du 8ème étage.


 

 

Je m’empressai d’aller au Commissariat de Police de Vanves en les suppliant de faire quelque chose. C’était grave, ma fille était soit malade soit séquestrée. Ils prirent note, envoyèrent les pompiers qui à plusieurs reprises trouvèrent porte close et renoncèrent à intervenir. Aux dires de la voisine, ma fille vivait bien là, dans l’obscurité. Son compagnon ingénieur et gérant d’une société informatique avait rapatrié tout son matériel et travaillait à ses côtés depuis quelques mois. Le couple sortait uniquement le soir en voiture, dans l’énorme  Mercedes qu’il venait de s’offrir….La télévision fonctionnait jusqu’à des heures avancées de la nuit.

 

 

Les mois passèrent. Noël, Nouvel An. Rien. L’année 2004 débutait dans l’angoisse. Je me rendais toujours à Vanves, sans jamais croiser ma fille. Je lui avais adressé plusieurs lettres recommandées et son compagnon m’avait répondu que tout allait bien, mais que Karine ne m’écrirait pas. Alors je lui envoyais des mails qui restaient sans réponse.  Parfois je montais et frappais à sa porte en l’appelant. Rien.

 

 

Ce Samedi 1er mai 2004, me rendant sur place je constatai que pour une fois les volets étaient grand ouverts. Une lueur d’espoir.  Peut-être allait-t-elle mieux ?

Dimanche 2 mai, vers midi trente,  j’eus comme un pincement de cœur, un vague à l’âme. J’étais à bout de nerfs après toutes ces recherches infructueuses. Il fallait en finir avec cette situation. Si je ne revoyais pas ma fille prochainement, si elle ne voulait plus me revoir…..alors, c’est moi qui partirais…. qui partirais loin…loin, en Australie. Ma vie y sera plus douce qu’ici.

Mais vers 17 heures, un appel téléphonique me donna le coup fatal : Commissariat de Vanves.
« Vous êtes au courant que votre fille vient de mettre fin à ses jours aujourd’hui, vers 12h30 en se jetant du 8ème étage ??? »

Mon hurlement déchira les murs, les étages… 
 Et la préposée d’ajouter froidement : « Il faudra venir demain matin faire votre déposition. Pour la visite à la morgue, il faudra attendre l’après-midi. Ah ! Pour les obsèques, c’est vous ou son compagnon ? »

« C’est moi, madame. », dis- je d’une voix blanche.

 

 

 

C’est ainsi que je retrouvais ma fille, après des années de recherche à la morgue de Vanves. L’employé de l’établissement  eut pour la circonstance un comportement digne. Je sentais qu’il avait des égards pour ma douleur, qu’il comprenait …Moi, j’étais glacée, sans réaction. Je me disais : « J’ai retrouvé ma fille, c’est déjà ça » et brusquement je réalisais ma situation. Je perdais la raison. Elle était là, sous mes yeux, et morte… C’était la fin de mes recherches et la fin de tout. Elle était morte…La situation était tragique, j’étais au fond d’un gouffre, le piège s’était refermé sur Karine, elle n’avait pu échapper à cet enchaînement de fatalités et moi, survivante, je m’étais empêtrée pendant des années dans les perversités et les fourberies du système. Et ça continuait. Au Commissariat, dans la matinée, la policière m’avait anéantie par un flot de révélations. Karine avait traversé des années d’épreuves, des années de survie loin de nous, en lutte contre l’insupportable et la monstruosité et impuissante face à l’intolérable, elle en était arrivée à cette extrémité.

 

                                                                                  

 

Commissariat de police de Vanves : Le compagnon de ma fille venait de finir sa déposition et s’était éclipsé juste avant mon arrivée. Sans douté m’avait-il dénigrée, car le policier se montra très agacé par ma présence, s’insurgea contre mon désarroi et me demanda de me calmer. Il semblait prêt à faire usage de la force et je fis mine de repartir.
Une policière m’entraîna dans une autre pièce et prit sa suite. Elle commença par me reprocher le fait d’avoir obtenu l’adresse de ma fille auprès d’une administration. Je pris la défense de l’employée de mairie, la seule personne compréhensive et solidaire rencontrée à cette époque.

Puis elle me lâcha : « Vous êtes au courant des viols ? ».

« Des viols ? Quels viols ? Quand ? » Dis-je.

« Dans la nuit du 3 au 4 juin 1997. Un arabe natif d’Algérie et de nationalité française. Né en 1961 à Annaba, il avait 36 ans au moment des faits. C’était à la nuit tombée, elle voulait rentrer chez vous. Elle avait appelé un taxi depuis une cabine. Il l’avait repérée. Il s’est fait passer pour prestataire, l’a prise à bord de son véhicule, mais au lieu de la conduire chez vous, il l’a emmenée chez lui dans son hôtel - résidence du vingtième arrondissement. C’est là que les viols eurent lieu, sous la menace d’une arme, pistolet sur la tempe. Il y a eu une bagarre. Elle a réussi à se saisir de l’arme et à la retourner contre lui. Le coup n’est pas parti. Elle a été frappée, brutalisée et violée sous la contrainte à plusieurs reprises. Son calvaire a duré des heures. Si vous voulez plus de détails il faudra voir son avocat à Puteaux. Elle a déposé plainte. Elle a gagné son procès en 2003. Lui a été condamné à  six ans de prison, mais il a fait appel.»

Devant l’énormité de la chose, je hurlais de douleur, je fulminais, révoltée de ne pas avoir été mise au courant. La policière me rétorqua que ma fille était majeure, et que ni elle, ni personne n’était dans obligation de m’informer.

Elle poursuivit : « Ah ! Il faut que je vous dise, elle a fait une première tentative de suicide peu de temps après le viol. Elle a absorbé une dose massive de médicaments ; les pompiers de votre quartier l’ont sauvée in extremis. Ils ont dû la réanimer.»
Cette fois, j’étais abattue par ces révélations. Tout cela s’était passé à deux pas de chez moi, et rien ne m’avait été dit….Omerta ? Non. C’était la loi française, l’indifférence, l’égoïsme, les automatismes des esprits ordinaires ou tout simplement ce qu’il est convenu d’appeler « le savoir vivre »….  J’appris en effet bien plus tard que des voisins eurent vent de l’évènement, mais ils étaient persuadés que s’ils étaient au courant, alors forcément, moi, je l’étais aussi. En conséquence ils avaient jugé inopportun de venir s’immiscer dans mes affaires et de venir m’en parler.

Toujours selon la policière, Karine était en contact sur Internet avec des groupes suicidaires. J’ignorais que cela existait, et ma naïveté la fit bien rire.

Je lui posai une question qui me brûlait les lèvres : « suicide ou  meurtre ? »

« Je me doutais que vous me poseriez la question, madame. Il est possible que son compagnon l’ait poussée, mais ça, on ne le saura jamais vraiment.» me répondit-elle d’un ton égrillard.

J’étais abasourdie. Effondrée. Sans réactions. Cette femme venait de laisser planer un doute terrible dans mon esprit, un doute que le temps n’a toujours pas évacué.

 

 

 

Son compagnon avait jadis été son professeur de math. quand elle préparait le bac. Elle avait 16 ans quand ils s’étaient connus, et lui avait au moins treize ans de plus qu’elle. Ils s’étaient retrouvés à plusieurs occasions et se voyaient fréquemment, mais à mon insu,  depuis fin 1996. C’était un français originaire du Bénin. Un beau black comme on dit.
Alors forcément, il n’avait aucun tort. La policière me parla de lui comme d’une divinité.
« Il dépensait des sommes folles pour elle, il s’est sacrifié pour elle…Si vous saviez comme elle était exigeante !!! Elle n’en faisait qu’à sa tête. Il a amené tout son matériel pour travailler chez lui et rester auprès d’elle. J’ai bien vu l’état dans lequel il était quand il l’a retrouvée étendue au sol, après sa chute…. Il pleurait, il criait, il se frappait la poitrine, ses mains étaient en sang, il s’arrachait les ongles aux murs … »

« Il a commis une grave erreur », madame, dis-je à la policière, « Il nous a tout caché pendant des années. »

Mais l’objection de la policière ne tarda pas : cacher la vérité, la masquer, ou mentir sont des fautes morales. En aucun cas des délits justiciables.

 

 

Mon ex-mari vint à la rescousse. Il vivait en Californie, mais par le premier avion, arriva à temps pour faire sa déposition.

Il fit une enquête serrée auprès du compagnon de ma fille.  Ce dernier changea au moins trois fois de versions pour expliquer les circonstances du suicide de Karine.

Je demandai à la police de faire une autopsie. On m’opposa un refus. Son corps  resta cependant plus de dix jours à la morgue dans l’attente de « prélèvements » dont on ne me donna jamais les résultats malgré mes réclamations.

 

 

Certes on retrouva à leur domicile, une pile d’ordonnances inutilisées ou des  feuilles de mutuelles non remboursées. Karine était dépressive, avait besoin de soins, mais n’en reçut aucun. Ma fille était morte comme une indigente, sans traitement approprié après le viol et le terrible procès qui s’en était suivi. Elle s’était soignée à sa manière avec des somnifères pour calmer ses angoisses, et s’était épuisée dans une procédure longue et coûteuse.  Son statut et son état psychique de  victime n’avaient jamais été ni reconnus ni pris en charge comme ils auraient dû l’être. Elle avait sombré dans la dépression et avait renoncé à se soigner.
On retrouve  encore aujourd’hui sur des blogs et des sites Internet dédiés,  toutes les discussions qu’elle avait sous ses divers pseudonymes – non pas avec des suicidaires – mais avec des gens en grande souffrance qui n’étaient pas suivis médicalement. J’ai même rencontré le psychiatre qu’elle avait consulté en dernier. Lui, aurait dû intervenir et sans doute la faire hospitaliser. Lors de notre entretien, il s’est lové dans son fauteuil, comme s’il me craignait et voulait se protéger de moi, et m’a avoué qu’il n’avait pas pris au sérieux le mal dont elle souffrait. Trop belle, trop rayonnante, elle savait cacher son jeu, dira-t-il. 
Par contre, j’appris plus tard que son compagnon, traumatisé par le drame, fut immédiatement pris en charge par des équipes de soins et reçut moult attentions de la part de services sociaux et médicaux – des soins que ma fille n’avait jamais reçus et qui auraient dû lui être administrés d’office.

 

                                                     *****************

 

Défenestration volontaire ou « provoquée », je ne le saurai jamais. Les volets ouverts trottent toujours dans ma tête. Mais n’est-ce pas normal que des volets soient ouverts dans la journée m’a-t-on objecté ?….La voisine me dira simplement : « Non, elle n’a pas dû être poussée ; votre fille avait l’air très calme et détendu….au moment de mourir. Il y avait un psychologue à ses côtés pour lui tenir la main  »

 

 

A trente ans à peine, elle quittait ce monde indigne et féroce. J’ai souhaité que son départ fût à la fois chaleureux et paisible. Un rabbin libéral, un hazan se déplaça jusqu’au cimetière. Il entonna des chants religieux en hébreux et lut des psaumes et commentaires bibliques en français. Les amis de Karine récitèrent des poèmes. Dans une homélie, son père rappela qui elle fut et combien elle aimait la vie. Tous mes voisins et amis étaient là. Un soleil bienveillant illuminait le ciel cristallin, l’air printanier était frais. Un train passait au loin. Il y avait une atmosphère de calme et de sérénité.

 « Repose en paix mon Ange. Ta vie aurait pu  être pleine et heureuse. Il t’a  manqué  d’un peu de chance et d’assistance. Ne crains plus rien. Ce monde qui part à la dérive n’est plus le tien. Il  t’a volé ta joie de vivre, tes jeunes années et ta beauté. Il m’a donné en héritage toute ma souffrance au quotidien. Mais tous les jours nous sommes ensemble. Pas une seconde tu ne me quittes et je te parle et te retrouve et ta présence est évidence. C’est bien cela l’éternité. »

 

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Nancy VERDIER

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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Annie Lecomte-Billard 29/11/2011 20:19


Nancy, je ne sais que dire... alors, permets-moi de t'embrasser.


Prends soin de toi.   Annie

Nancy VERDIER 20/11/2011 14:37


Merci Yasmine. Je comprends votre douleur, elle était si jeune et c'est si injuste. ...et on ne peut pas dire que la peine que l'on ressent s'arrange forcément avec le temps. Mais écrire fait du
bien. Il est peut-être encore trop tôt pour vous, mais dans quelques temps, si vous voulez écrire ce témoignage, nous le publierons volontiers sur notre BloG. Bien à vous

Yasmine 20/11/2011 11:55


J'ai été bouleversé par la lecture de ce témoignage. J'ai perdu ma nièce en décembre dernier tuée de 15 coups de couteau par un arabe qui n'acceptait pas sa joie de vivre, son independance de
jeune fille bien dans sa peau et sa vie professionnelle.


Aujourd'hui, en prison il continue de menacer sa famille ,sans aucune compassion.Une vie arrachée à seulement 28 ans.Quelle souffrance!

Gérard Brazon 21/11/2011 12:12



Nancy nous a raconté un épisode douloureux, une blessure encore béante qui suinte encore de sa douleur lancinante qu'aucune morphine le peut calmer! Le pardon est souvent impossible! La mort d'un
enfant est destructeur de famille et irréparable. Ayant deux filles, je n'ose imaginer cette situation de la perte d'un enfant, les souvenirs de son regard d'enfant, ses rires, ses pleures et ses
chagrins de petites filles ou d'adolescentes qui accompagnent tous les parents qui vivent leurs enfants comme des coeurs dans la poitrine! Aucune personne ne peut comprendre les déchirements
d'une mère, d'un père si elle n'a pas eu d'enfant! Alors lorsque en plus on se heurte à l'indifférence d'une administration, d'un service, ou au discours d'avocats ou de
magistrats lénifiants, la douleur peut devenir de la haine et vous détruire de l'intérieur! Ou devenir une bombe qui ne vous fera pas revenir l'amour d'une vie! Ni ses yeux, ni son sourire,
ni ses peines ni ses joies ni ces phrases d'amour glissées dans l'oreille quand un jour de calme elle vous disait combien elle vous aimait! Vous son petit papa d'amour ou sa petite
maman en or ! 


Qu'importe alors que l'expert, l'avocat vous disent que le meurtriers a des remorts, qu'il est jeune, qu'il prend conscience de son crime, que l'on étale sa misère de prisonnier, qu'on le
transforme même en victime de la société! Rien ne vous rendra votre enfant et tout vous paraîtra dérisoire! Je ne sais même si l'on peut survivre à cette violence ni comment ! Je remercie Nancy
pour son témoignage. 


Bien à vous tous.


Gérard



Esther Cohen-Tanugi 19/11/2011 14:39


Ce récit est déchirant...
Je pense aux parents et à cette belle Jeune Fille, à qui la vie souriait...!
Merci Nancy de ce témoignage bouleversant...!
Que soit bénie son souvenir et que vienne la consolation pour sa famille....!


Nos lois devant la vie moderne, sont devenues obsolètes...!
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