A propos des enfants-soldats utilisés par les islamistes en Afrique, par Philippe le Routier.

Publié le 10 Mai 2013

Islamisme.com

J’insiste lourdement. J’ai élevé, scolarisé en France, trois gosses ramenés d’Afrique (avant qu’on ne les tue ou qu’on ne me tue, c’était pareil, pas d’importance, plutôt crever que de les abandonner, le bordel là-bas pendant trois mois.

Vous êtes décidemment un homme de bien, Philippe, un homme de valeur…ces trois enfants, VOS trois enfants, de coeur au moins, ont eu beaucoup de chance de croiser votre route.

J’aime à lire l’Afrique à travers vos mots, elle y apparaît telle que je l’ai connue mais avec l’espoir en plus, votre existence montre que le bon côté de l’humain est encore présent, c’est rassurant.

Mes souvenirs sont hideux à côté.

Je me souviens d’un matin où le vent faisait jaillir des étincelles du sable, un de ces jours où l’Afrique semble vous dire qu’elle seule decide et que sa force est immense, les humanitaires présents ne semblaient pas s’apercevoir que leurs puits, leurs écoles, leurs systèmes d’irrigation étaient très mal perçus par les fous d’allah, certains de ces humanitaires soutenaient même que notre présence à leur côté etait inutile…

Aux premières lueurs de l’aube les nouvelles commencèrent à tomber, un pneu crevé ici ou là, quelques radiateurs percés, les systèmes hydrauliques de notre unique C-130 étaient criblés de balles…

Pour les humanitaires c’étaient là les ultimes soubresauts de mouvements jihadistes forcément minoritaires, un baroud d’honneur avant que ces derniers ne fuient… les humanitaires sont parfois très très cons.

 Tout comme St-Ex nous étions « bien plus isolés qu’un naufragé au milieu de l’océan » mais les « petits princes » qui vinrent à nous étaient armés… des enfants-soldats envoyés pour tuer puis pour mourir pendant que les envoyeurs devaient faire route vers une frontières, vers la sécurité.

 Deux humanitaires légèrement blessés avaient suffi à faire devenir raisonnables tous les autres, quatre de ces enfants-soldats furent vite maîtrisés sans qu’aucun mal ne leur fut fait, mais il en restait et nos petits captifs n’allaient pas dire combien c’est évident.
Protéger plus de 250 civils, plus trente humanitaires, répartis dans quatre bâtiments, bâtiments africains dans toute la fragilité de la chose ça demande des yeux et des bras armés et il était certain que des bérets bleus n’allaient pas éliminer des menaces aussi jeunes, aussi petites… Mes gars n’étaient pas plus sûrs de ce côté là, trop fraîchement béret vert il leur manquait l’endurcissement, certains étaient déjà pères, et à quoi bon sortir en nombre après tout, on est donc sortis à trois, chacun sa traque…

Ca à duré, duré et duré, impossible que mes gars soient devenus si piètres tireurs, non, en fait ils faisaient tout pour juste blesser, sans réfléchir à la non réciprocité de ces enfants fanatisés venus pour tuer.

On avait tous bien sûr les mêmes armes, mais chacun pourtant pouvait reconnaître l’aboiement de celle du copain, savoir où etait le copain, alors les miens ont rabattu ces mômes vers moi, je l’ai très vite compris, ils laisseraient à celui qui avait déjà survécu au pire le plus souvent le choix final. Petite « lâcheté » bien compréhensible, à cette époque j’etais encore jeune mais déjà plus vraiment humain…eux si…

Ces enfants-soldats, le soir venu, avaient tous cet air étonné que leur vie ait été si brève, débarrassés de leurs armes leurs corps étaient paisibles, des gamins à qui le vent du désert n’avait pas encore donné la dureté de mes traits, des visages d’enfants, d’adolescents… vous devez les connaître vous, ces visages d’ebène aux dents parfaites, ces visages aux traits souvent durs et fiers de la dureté de l’Afrique qu’un sourire suffit à illuminer quand les adorateurs d’Allah ne leur apprennent pas à ne jamais être heureux.

Des musulmans de ce village, de simples musulmans, pas des fanatiques, sont venus me trouver, ils m’ont assuré que j’avais bien fait, qu’il fallait faire ainsi… ils voulaient néanmoins enterrer ces pauvres gosses selon les rites islamiques et ils ont accédé à ma demande de creuser moi même les fosses selon la direction que eux me donneraient… j’aurais creusé jusqu’à m’enterrer moi moi même… j’ignore aujourd’hui encore le nom de ces gosses.

Un ancien du village, un de ces anciens qui semble ne plus avoir avoir d’âge, m’a dit avec son beau sourire et sa grande sagesse que ces jeunes allaient m’attendre…
« pas au paradis d’Allah car ils ont échoué à te vaincre » me dit il.
« en enfer car c’est bien cela qui m’attend ? » lui répondis-je
» non, dans ton paradis car ton Dieu pardonnera leurs erreurs comme Il pardonnera les tiennes, et ces enfants seront heureux d’avoir connu ton Dieu et ils seront tes amis alors »

Ce vieux, ni musulman ni chrétien me semblait un peu fou je dois dire, mais il à appelé une petite fille qui savait écrire et il lui à dicté quatre année, la première longtemps après ce jour fut celle de mon mariage, les trois autres celles où naquirent mes filles… mystère de l’Afrique !

Voila mon cher Ph Jallade le genre de destin que vous avez évité à vos enfants, soyez en remercié.
J’espère que vous et votre famille pourrez trouver la bonté de me pardonner.

Philippe le Routier

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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marco 10/05/2013 13:39


Je ne souhaite a personne d'avoir a tirer sur un enfant,c'est quelque chose qui vous vrille le coeurs pendant longtemps,ça m'es arrivé une fois sur une fillette et j'y pense toujours.

LA GAULOISE 10/05/2013 11:30


Qelle est la religion digne de ce nom qui apprendrait aux enfants une telle haine?  Dans cette religion tout n est que souffrance  infligée aux autres . Comment peut on laisser des
enfants tuer et se faire tuer au nom de Dieu ? Mais , rappelez vous dans toute religion il est aussi question du diable   , alors ?