Affaire Al-Dura une remise en mémoire - par Nancy Verdier.

Publié le 19 Mai 2011

Aprés la vidéo relatant d'une manière claire la façon dont fût mis en avant le prédentu assassinat par l'armée israèlienne d'un enfant, voici un article de Nancy Verdier sur cette affaire.  Bonne lecture.

Gérard Brazon

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On connaît  Hollywood et Bollywood (1). A présent bienvenue à « Pallywood » (2)

L’affaire Al-Dura ou comment France 2 devient complice d’un mensonge médiatique, par la diffusion un faux reportage destiné à  mettre en cause l’armée israélienne.

 
Depuis des années Philippe Karsenty (3) se bat pour rétablir la vérité.
Assisté de spécialistes militaires, balisticiens, chirurgiens, ambulanciers, responsables de morgue etc..,  il mène sa propre enquête dans les territoires palestiniens, au cœur et dans les coulisses du mensonge organisé.

 

L’affaire al Dura est désormais bien connue (6). Le 30 septembre 2000, au tout début de la seconde Intifada, un enfant palestinien et son père semblent pris sous des tirs au carrefour de Netzarim, dans la Bande de Gaza. La scène a été filmée et les images vont faire le tour du monde provoquant une vive émotion. Très vite des questions vont se poser quant à l’origine exacte des tirs puis sur l'authenticité de la scène filmée. Enquêtes et contre-enquêtes se succèdent. C’est le début de l’affaire al Dura qui va ensuite se judiciariser. Qu’en est-il vraiment ?

 

Les Faits

 

  • Donc le 30 septembre 2000 France 2 diffuse dans son journal télévisé de 20 heures, un faux reportage, une mise en scène pure et simple, tournée par un cameraman palestinien, Talal Abu Rahma, puis montée et commentée par leur correspondant local, Charles Enderlin (qui n’a pas assisté au tournage).  La cassette du « reportage » est envoyée à CNN qui  flairant « le faux » refuse de relayer  l’information au motif « qu’il n’y a pas de garanties d’authenticité »

La séquence dure 55 secondes. Il est 15 heures selon Charles Enderlin quand les tirs débutent. Les images  montrent une scène avec des tirs croisés palestiniens et israéliens, des adolescents, des enfants, quelques adultes fumant tranquillement ou  courant dans tous les sens, se tapissant sur un trottoir, des tirs, l’arrivée d’une ambulance qui charge un « blessé » qui ne souffre d’aucun impact de balles, aucune blessure, puis l’arrivée d’une autre ambulance et là cette fois « le blessé » saute joyeusement à l’intérieur du véhicule tandis que ses copains égrillards applaudissent.  Et enfin, la caméra se fige sur un père et son fils, en attente du tournage ; il se tiennent prêts, adossés  à un mur et sont en position accroupie depuis le début de la séquence.
Quand la caméra se tourne vers eux, on entend des crépitements, il sont supposément atteints par des tirs, le père blessé et l’enfant mort…..sauf que ces « deux acteurs principaux » ne portent aucun impact de balles, aucune trace de sang sur leurs vêtements, que l’enfant lève le  coude, tourne la tête vers la caméra, baisse le coude et garde le pied suspendu au-dessus du sol. Quant au père, il change de position pour mieux simuler sa condition  de blessé….Les deux se figent dans ces positions le temps que la camera fasse un zoom sur eux. C’est cette scène finale qui fera le tour du monde, le père Djamal Al Dura, assis au pied d’une borne de béton, la tête collée au mur, le Tshirt intact et les bras sans traces de blessures sanguinolentes, bien droits le long du corps et le petit Mohamed Al Dura allongé près de son père, apparemment indemne, mais supposément mort.

 

Charles Enderlin  commente la scène en évoquant la mort en direct d’un enfant palestinien, qui se réfugie dans les bras de son père pour éviter le pire.

 

  • . Or tous les reporters le savent, filmer « la mort en direct » est rarissime.
    Dans le cas Al Dura, avec des mouvements de caméra qui vont et viennent depuis  les supposés tireurs, des crépitements de tirs qui correspondent à des bruitages,  des plans sur les postes et guérites des soldats israéliens, des ambulances garées à proximité qui démarrent  au quart de tour et arrivent dans le champ de la caméra une seconde après que les personnages soient « tombés », des zooms sur les supposés victimes -  toutes ces prises de vues correspondent forcément à  une mise en scène.
    La seule mort en direct qui ait été filmée est celle de JFK où précisément plusieurs caméras étaient postées le long du cortège et se relayaient à des endroits précis à des instants précis…mais ce n’étaient pas une mise en scène. Le monde entier a vu ce que représente un impact de balle sur la boîte crânienne du Président JFK. Dans le cas Al Dura, rien, pas d’impact, pas une goutte de sang.

 

Dans un premier temps, un responsable de l’armée israélienne endossera la responsabilité des tirs en direction des Al Dura. Puis, après avoir examiné les circonstances et les angles de tirs, il se rétractera. L’enquête retrouvera  les rushes du film. On s’apercevra que deux secondes exactement après le « clap final » de cette scène, le cameraman a recommencé à filmer le plan. Et là, curieusement le père et l’enfant ont disparu du champ de la caméra, ils ont quitté leur position respective au pied de la borne….Pour un mort et un blessé, c’est franchement rapide. Aucune ambulance n’est venue les prendre.
Où sont-ils passés  en cet après-midi du 30 septembre 2000, à un peu plus de 15 heures, en ce deuxième jour de la deuxième  Intifada ??? S’ils avaient été amenés en ambulance dans un Hôpital, ils y seraient arrivés vers 15h30. L’enquête montrera qu’aucun père avec son enfant n’ont été conduits à l’hôpital cet après-midi là.

  • On retrouvera le père : Mais par ce jour-là. On verra plus tard des photos du père, hospitalisé, avec des bandages un peu partout. Encore un montage photos. On finira par le rencontrer des années plus tard. Il exhibera des blessures datant de 1992 (et non pas 2000) et  aucune trace des blessures correspondant à celles présentées par le cliché à l’hôpital….. En 1994, il avait subi un autre accident et avait été soigné par le Dr. Yehouda David Amsellem qui témoignera de l’origine et de la date de toutes les blessures qu’il porte. Le père n’a donc pas été blessé par les tirs du 30 septembre 2000 montrés par Antenne 2 et commentés par Charles Enderlin.
  • L’enfant : On ne le retrouvera pas. On ignore ce qu’il est devenu. Le père prétend qu’il est mort ce jour là.
  • Enquête à la morgue, où le médecin palestinien responsable affirme qu’un enfant a été amené à la morgue ce 30 septembre 2000 à 10 heures du matin. Ce ne pouvait donc pas être le petit Mohamed, qui était bien vivant à cette heure-là, et qui s’apprêtait « à tourner » le film.
  • Cet enfant déposé à la morgue est le seul enfant mort ce jour-là. Il a été autopsié et ce n’est pas Mohamed  Al Dura. Cet enfant porte des blessures qui ne correspondent pas aux blessures supposées de Mohamed Al Dura qui en principe a reçu une balle en pleine poitrine ressortie à l’arrière.  L’enfant qui a été enterré ce jour-là, c’est l’enfant autopsié et ce n’est pas Mohamed Al Dura.


Laissons parler les spécialistes (4) :

 

  • Des examens biométriques faits par un laboratoire allemand, avec des logiciels de recomposition et décomposition des parties du visage confirment que le seul enfant déposé à la morgue ce jour puis enterré, ne peut pas être Mohamed Al Dura.
  • Impacts de balles : Selon France 2 les tirs ont été effectués par l’armée israélienne depuis une position située à 80 mètres du père et de l’enfant.  Il y aurait eu 45 minutes de tirs israéliens. 12 balles auraient atteint le père  et 3 balles auraient atteint l’enfant. Or on ne voit aucune trace de balles, ni sur le père, ni sur l’enfant, pas de sang. Ces 45 minutes d’où sortent-elles ?? Et puis à 80 mètres de distance, l’armée israélienne n’a pas besoin de 12 balles ni 3 balles pour blesser ou tuer quelqu’un. Une ou deux balles suffisent. Les israéliens savent tirer. Toutes ces affirmations sont donc de pures inventions.
  • Position du corps de l’enfant soit- disant mort : Une contre-expertise par Gérard Hubert : Tout spécialiste sait reconnaître le corps d’un individu mort. Ce n’est pas le cas ici. Il est impossible que cet enfant soit mort sur cette séquence filmée.
  • L’une des balles qui aurait touché Mohamed Al Dura lui aurait transpercé l’abdomen, provoquant l’éclatement de ses boyaux….. Selon Patrick Bloch, l’orifice de sortie d’une balle de 5 mm est énorme et les dégâts occasionnés par le type de balles utilisées par les israéliens seraient importants et visibles sur les images. Or, on ne voit rien.
  • Les impacts de balles constatés sur le mur contre le quel est adossé le père de Mohamed Al Dura sont des petits impacts de balles qui ne correspondent pas aux balles utilisées par les Israéliens. Elles n’ont donc pas été faites par les Israéliens.
  • Les Israéliens ne tiraient d’ailleurs pas dans cette direction au moment où la scène est tournée.

Mensonges médiatiques :

 

France 2 a reconnu que souvent les Palestiniens manipulent les images. Sachant cela, il est inquiétant de voir que France 2 n’a fait aucun effort pour admettre sa faute  qui consiste à avoir diffusé à une heure de grande écoute, un reportage qui n’était qu’un simulacre de la réalité, un faux.
Dans ces conditions, nous sommes enclins à nous questionner sur la valeur de nos chaînes télé et encore plus sur une chaîne que nous finançons, puisqu’il s’agit de France 2, chaîne d’état. Combien de faux reportages nous sont servis sur nos écrans ??  

Le paysage médiatique est un champ clos d’hypnose et auto hypnose.
 
Le téléspectateur croit regarder la réalité, mais ce qu’on lui présente n’est pas la réalité.C’est une réalité tronquée, manipulée, orientée, voire inventée, construite. Le téléspectateur se contente  de ce qu’il voit et ne veut pas aller au-delà. Sa crédulité est exploitée avec habileté.  Rechercher la vérité au-delà des images qu’on lui  présente est un exercice auquel ils ne veut et ne peut plus adhérer. Ce miroir satisfait pleinement son imaginaire d’autant qu’il lui renvoie une  réalité conforme à la propagande qui a autorité (sur Antenne 2 du moins) : ce sont les Israéliens les agresseurs et les Palestiniens les victimes.
Charles Enderlin  a même fait parler des témoins de la scène : ceux-ci sont allés jusqu’à parler de missiles envoyés par les Israéliens et non des balles. D’autres ont même parlé de tirs depuis des hélicoptères. On voit bien combien la réalité peut-être interprétée, défigurée, enflée pour mieux servir la cause palestinienne.

 Hommes et discours politiques s’entendent merveilleusement avec le monde médiatique pour  que tout converge vers ce modèle d’hypnose.

Jacques Chirac avait parlé de son émotion à la vue de ces images. Mais on ne gouverne pas avec de l’affect, qui d’ailleurs dans le cas de Jacques Chirac était toujours orienté dans le même sens. L’impartialité n’était pas sa plus grande qualité.

 

  • Conclusion :
    On a assisté là à une mise en scène palestinienne, l’illustration  au niveau médiatique, de l’effet de vague amplifiée qui au final peut produire des effets dévastateurs à l’échelle planétaire.
    Mohammed Al Dura est devenu une icône pour le monde musulman, Car à la suite de cet « évènement » deux soldats israéliens ont été lynchés, le journaliste Daniel Pearl a été kidnappé puis égorgé par ses ravisseurs pour venger cette « mort », des rues portent le nom de cet enfant dans des villes arabes et palestiniennes, une plaque commémorative a été installée Place de l’enfant Martyr à Bamako,  des timbres à l’effigie de Mohammed sont édités dans de nombreux pays.

 

  • Philippe Karsenty vient de transmettre une lettre au Président Sarkozy : ce document est écrit de la main du père de Daniel Pearl qui y expose sa peine, son désarroi et demande au Président Sarkozy de faire établir la vérité sur le simulacre de Netzarim. La mort simulée de Mohamed Al Dura et l’amplification médiatique qui lui a été donnée par les médias et la propagande palestinienne  ont coûté la vie de son fils.  Al Qaïda a pris l’affaire Al Dura comme prétexte pour kidnapper, torturer et pour finir mettre à mort  de la façon la plus abominable qu’il soit, son fils Daniel Pearl.

 

Monsieur le Président,

Pas un jour ne passe sans que j’entende la voix de mon fils, Danny qui me demande :

« Le Président Sarkozy va-t-il dénoncer le mensonge antisémite qui m’a ôté la vie ?
Va-t-il entendre l’appel de l’Histoire et rejoindre Emile Zola, ou laissera-t-il l’affaire al Dura devenir à tout jamais la honte des médias français ? »

Respectueusement,

 

 

Philippe Karsenty poursuit le combat. Le jour où France 2 reconnaîtra que c’est un « faux » qui a été diffusé le 30 septembre 2000 au Journal de 20 heures, ce combat-là sera terminé. Il en fera d’autres, n’en doutons pas.  

 

En attendant, il importe que nous tous soyons vigilants et gardions un œil critique  sur la nature et le contenu des documents qui nous sont fournis par nos médias.

 

Le terme « Bollywood » est un mot-valise combinant l'initiale du nom « Bombay » - ancien nom de la ville indienne (aujourd’hui Mumbai)  - et  le suffixe de : « Hollywood ». Il  désigne un genre cinématographique haut en couleurs.

Palestinian Hollywood

Philippe Karsenty est Maire-adjoint de Neuilly

L’AMIF en collaboration avec le service culturel du FSJU a organisé une conférence  « Les aspects scientifiques du dossier al Dura » le mardi 17 mai 2011
Avec : Philippe Karsenty : Maire-adjoint de Neuilly-sur-Seine, acteur important du dossier al Dura.
Docteur Patrick Bloch : Professeur des Universités, Chirurgien des Hôpitaux de Paris Docteur Richard Prasquier : Président du CRIF Modérateur
Docteur Gérard  Hubert : Psychanaliste
Docteur Stéphane Romano : Chirurgien, spécialiste de la main. Hôpital américain de Neuilly.
Débats animés par Paule - Henriette Levy : Journaliste.

Revue Médias N° 26 / Automne 2010 : Entretien réalisé par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard.

Riposte Laïque : Entretien Philippe Karsenty : les conséquences du reportage de France 2 de Charles Enderlin. Publié le par Bonapartine - Article du nº 104

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

Commenter cet article

island girl 21/05/2011 14:17



C'est un choix coup de coeur pour ce caillou"piti pelli ", melting pot,mais tellement français!



island girl 20/05/2011 00:39



Depuis que le net existe les médias ne sont heureusement plus pris au sérieux ....de plus dans  notre COM de st Martin ,nous n'avons pas cette chaine France 2 et cela ne nous manque
absolument pas!



Gérard Brazon 20/05/2011 14:33



Quelle chance de vivre sur une île au soleil. Bien à vous Françoise.