Afghanistan: un gamin de chez nous s'est fait descendre.

Publié le 21 Février 2011

           Un gamin de plus se fait descendre en Afghanistan. Il s'appelait Clément Chamarier. Il avait 18 ans. Il était en Afghanistan depuis novembre 2010. Il avait la vie devant lui. Peut-être, j'espère tout du moins, des rêves pleins la tête et sans doute le coeur lourd des horreurs vues sur place.

           Alors, après avoir lu l'article de France Soir que je met en suivant, j'ai pensé à tous ceux qui sont déjà morts, grièvement blessés, amputés, marqués à jamais. Je me demande pourquoi tous ces morts? Ces blessés? Pour un oléoduc ? Pour la démocratie afghane ? Pour les femmes traitées comme du bétail ? Il n'y a rien dans la presse qui rappelle ces faits contrairement aux journalistes qui se sont volontairement mis dans la panade. Oui je sais, le droit à l'information, la liberté des reporters.

          Je me souviens aussi du rapport d'un aumônier qui expliquait l'extrême complaisance envers les autorités afghanes si peu démocrates, si peu complaisantes envers les femmes et tellement proche de la mentalité des talibans, tellement croyantes qu'au fond, mourir pour cet Afghanistan allait sûrement devenir un problème pour nos militaires mais, surtout pour la France et son opinion publique. Pourtant, j'ai en mémoire Sharbat Gula-2 le visage magnifique de cette petite fille aux yeux verts. Cette souffrance en devenir, cette violence qu'elle aura dû affronter par la suite. Et je m'étonne encore et toujours qu'il y ait si peu de français d'origine musulmane dans les troupes françaises qui sont en Afghanistan. Quelle en est la raison? Possible que je me trompe mais...

              Un gamin de plus s'est fait descendre et je pense à sa famille. Il n'avait que dix-huit ans. Je leurs présente toutes mes condoléances.

Gérard Brazon

De France Soir du 20 Février 2011.

Aucun nom n'est cité. Il faudra attendre le lendemain en page 12 pour savoir qui est notre soldat mort en Afghanistan.

 

 

(...) Samedi en début de soirée, à l'issue d'une opération dans la vallée d'Alasay, une colonne de véhicules militaires a été attaquée par des insurgés à proximité de Landarkhel, a expliqué l'Elysée dans son communiqué. Un tir d'une arme antichar a alors atteint un des blindés et l'un de ses occupants, un chasseur de 1ère classe, a été mortellement blessé.

Un caporal du 132e bataillon cynophile de l'armée de terre de Suippes (Marne), qui se trouvait à bord du même véhicule, a été gravement blessé.

"Il a été immédiatement évacué par hélicoptère en direction de l'hôpital militaire de Kaboul", puis vers la France dimanche matin, a précisé à l'AFPTV le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état major des armées. "Son état est bien sûr grave, mais néanmoins, ses jours ne sont pas en danger".

Enfin, un troisième soldat, un caporal-chef du 7e BCA, a été plus légèrement atteint et a pu être soigné sur place.

Selon le colonel Burkhard, lors de l'incident, "le contact a été très bref" avec les insurgés qui ont ouvert le feu sur la colonne de véhicules. "Malheureusement un coup a porté".

Les soldats participaient à "une opération de sécurisation de la vallée d'Alasay qui était conduite en coordination avec les forces de sécurité afghanes (et) visait à ravitailler les postes que nous avons dans cette zone-là", a-t-il poursuivi.

Nicolas Sarkozy a présenté à la famille et aux proches du soldat tué "ses plus sincères condoléances". "Il souhaite aux militaires blessés de se rétablir au plus vite et les assure ainsi que leurs familles de toute sa sympathie dans cette douloureuse épreuve", selon le communiqué de l'Elysée.

"Dans ces circonstances difficiles, le Premier ministre tient à saluer le dévouement et le professionnalisme de nos unités engagées en Afghanistan qui oeuvrent quotidiennement en opération au service de la paix et de la sécurité", ont souligné les services de François Fillon dans un autre communiqué.

Quelque 4.000 soldats français sont actuellement déployés au sein de la coalition internationale en Afghanistan sous commandement de l'Otan, qui compte environ 150.000 hommes.

Le chasseur alpin tué samedi est le deuxième soldat français tué depuis le début de l'année. Le 8 janvier, Hervé Guinaud, caporal-chef du Régiment d'infanterie de chars de marine (RICM) de Poitiers, était décédé au cours d'une opération dans la région de Tagab en Kapisa.

Au total 53 soldats de la coalition internationale ont été tués depuis le 1er janvie


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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island girl 22/02/2011 00:39



18 ans,je pense à ce garçon trop jeune qui a quitté  sa famille pour aller faire la guerre dans un coin perdu de la planète,je pense à ses parents,à ses amis...et à la france qui en parle si
mal...repose en paix ,courageux gamin ,magnifique gavroche!



Sébastien 21/02/2011 18:34



Tout à fait d'accord avec Bonapartine, pourquoi la France envoie-t-elle en Afghanistan des jeunes de 18 ans dont l'expérience militaire est encore très limitées. Et l'Afghanistan est un des
terrains de combat les plus dangereux.


J'adresse toutes mes condoléances à la famille de ce soldat mort à mon avis trop tôt. Il pouvait pratiquement être mon fils.



Bonapartine 21/02/2011 14:23



Bonjour,


J'adresse également mes condoléances à Monsieur et Madame Chamarier. Pourquoi la France envoie-t-elle des jeunes gens seulement âgés de 18 ans en Afghanistan ? Seuls des militaires aguerris et
d'expérience devraient aller se battre sur le terrain miné et meurtrié de l'Afghanistan. Mais en aucun cas des gosses de 18 ans !


Bonapartine.