Aide médicale d'Etat (AME): ces vérités qui dérangent...

Publié le 28 Octobre 2010

Par Sophie Roquelle  du FIGARO

            Depuis dix ans, les étrangers en situation irrégulière peuvent se faire soigner gratuitement en France grâce à l'Aide médicale d'Etat (AME). Mais le coût du dispositif explose Le Figaro Magazine a enquêté auprès des médecins, des hôpitaux et des pharmaciens.  Une enquête sur l'Aide médicale d'Etat? Sauve qui peut! Dans les ministères, les administrations, les associations humanitaires, la simple évocation de ce dispositif qui permet aux étrangers en situation irrégulière de se faire soigner gratuitement déclenche une poussée d'adrénaline. «Le sujet est explosif! s'étrangle un haut fonctionnaire qui connaît bien le dossier. Vous voulez vraiment envoyer tout le monde chez Marine Le Pen

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a pris la mesure de l'hypersensibilité du dossier lorsqu'elle a timidement évoqué devant les parlementaires, en juillet, l'idée de faire acquitter aux bénéficiaires de l'AME une contribution forfaitaire de 15 à 30 euros par an. Les associations ont aussitôt accusé Mme Bachelot de vouloir grappiller quelques euros sur le dos des damnés de la terre.

Silence gêné à Bercy, où l'on prépare un tour de vis sans précédent sur le train de vie de la nation: «coup de rabot» sur les niches fiscales, suppressions de postes de fonctionnaires, déremboursements de médicaments... Mais toucher à l'AME n'est tout simplement pas prévu au programme de la rigueur. Le projet de budget pour 2011 prévoit même une augmentation de 10 % !

Depuis deux ans, la facture de la couverture médicale des sans-papiers s'envole. Son rythme de progression est trois à quatre fois supérieur à celui des dépenses de santé de tout le pays: + 13 % en 2009 (530 millions d'euros pour 210.000 bénéficiaires) et encore + 17 % au début de cette année. De toute évidence, l'enveloppe de 535 millions d'euros prévue en 2010 sera largement dépassée., Pour l'an prochain ce sont 588 millions d'euros que Bercy a mis de côté pour l'AME. Soit, à peu de chose près, le montant des recettes fiscales que le gouvernement veut récupérer sur les mariés/pacsés/divorcés, ou encore le coût global du bouclier fiscal, qui fait tant couler d'encre.

Pour la première fois, les parlementaires pourraient rencontrer le soutien de la communauté médicale. Car médecins, pharmaciens, infirmières et même certains militants associatifs commencent à dénoncer un système sans limite ni contrôle, parfois détourné de son objectif initial, voire carrément fraudé.

 

Du tourisme médical aux frais du contribuable? Claudine Blanchet-Bardon n'est pas loin de le penser. Cette éminente spécialiste des maladies génétiques de la peau voit parfois débarquer à sa consultation de l'hôpital Saint-Louis des patients AME venus du bout du monde exprès pour la voir. «Je vais vous dire comment ça se passe, confie-t-elle. Ils tapent le nom de leur maladie sur internet au fin fond de la Chine, tombent sur mon nom parmi d'autres et découvrent qu'en France, ils peuvent se faire soigner gratuitement. »

Avec certains pays proches comme l'Algérie, l'affaire est encore plus simple. Un cancérologue raconte, sous le couvert d'anonymat : «Nous avons des patients qui vivent en Algérie et qui ont l'AME. Ils viennent en France régulièrement pour leur traitement, puis repartent chez eux. Ils ne payent que l'avion...»

De plus en plus de médecins réclament un «véritable contrôle médical lors de l'attribution de l'AME». Ou, au moins, un accord de la Sécu avant d'engager certains soins. Car, à la différence de l'assuré social lambda, le bénéficiaire de l'AME n'a nul besoin d'obtenir une «entente préalable» avant d'engager des soins importants.

C'est ainsi que des femmes sans-papiers peuvent faire valoir leurs droits à des traitements d'aide médicale à la procréation. Chaque tentative de fécondation in vitro (FIV) coûtant entre 8000 et 10.000 euros, la question mérite effectivement d'être posée.

 

Le député Thierry Mariani n'en finit pas de citer cet article paru il y a deux ans et demi dans Libération* qui raconte l'histoire incroyable d'un couple de Camerounais sans-papiers qui voulait un enfant. Monsieur est «séropositif, il a deux autres femmes et sept enfants au Cameroun». Suivi en France pour son sida, il vient de se marier pour la troisième fois, mais sa jeune femme «n'arrive pas à être enceinte» et «s'est installée dans la banlieue parisienne depuis qu'elle a décidé de tenter une FIV. (...) Sans papiers, elle est en attente de l'Aide médicale d'Etat». Les médecins étaient, paraît-il, «perplexes» face à cette demande, mais ils finiront par y accéder.

A l'heure où les hôpitaux croulent sous les déficits, «cette distribution aveugle de l'AME», selon le mot de Mme Blanchet-Bardon, finit par excéder les praticiens hospitaliers, «coincés entre leur devoir de soignant et les limites de la solidarité nationale». C’est la Caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM) qui délivre le précieux sésame. «Nous, on est là pour soigner, pas pour vérifier les attestations AME», souligne un médecin urgentiste.

«Comme c'est gratuit, ils reviennent souvent», soupire une généraliste qui se souvient encore de la réaction indignée d'une de ses patientes, tout juste régularisée, à qui elle expliquait qu'«elle allait dorénavant payer un peu pour ses médicaments »

Aucun soignant - ni aucun élu d'ailleurs - ne remet en cause l'existence de l'AME ni sa vocation dans la lutte contre la propagation des épidémies, notamment de la tuberculose, en pleine recrudescence. Dans l'est de Paris, une épidémie de gale qui avait frappé un camp d'exilés afghans l'an dernier a pu être éradiquée efficacement grâce à l'aide médicale. Mais c'est la gratuité généralisée des soins qui choque un nombre croissant de médecins et de pharmaciens.

«Sur 60 ordonnances par jour, je fais une vingtaine d'AME», raconte la gérante d'une pharmacie. Dans le lot figurent presque à chaque fois deux ou trois trithérapies (traitements anti-sida) et autant de Subutex (traitement de substitution à l'héroïne).

Les pharmaciens sont particulièrement vigilants sur le Subutex, objet de tous les trafics. Même si la Sécu veille au grain, il est bien difficile d'empêcher un patient muni de son ordonnance de faire la tournée des pharmacies pour se fournir en Subutex avant de le revendre. Le tout sans débourser un euro. Il y a deux ans, un vaste trafic de Subutex, via l'AME, a été démantelé entre la France et la Géorgie. «L'AME, c'est une pompe aspirante», insiste un autre pharmacien, las de distribuer toute la journée gratuitement des médicaments de confort et des traitements coûteux à «des gens qui n'ont en principe pas de papiers en France, alors que les petites dames âgées du quartier n'arrivent pas à se soigner».

Les travailleurs sociaux ont aussi noté depuis le printemps 2009 un afflux d'immigrants d'Europe de l'Est et de l'ex-Union soviétique: des Roumains et des Bulgares (souvent des Roms), mais aussi des Tchétchènes, des Kirghiz, des Géorgiens, et même des Russes. Les associations sont débordées par ces arrivées de familles entières. «On ne va pas pouvoir accueillir tout le monde», soupire Geneviève, permanente dans un centre d'accueil pour étrangers.

Source Figaro 

 

Relire mon article à ce sujet.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Thouvenin 29/10/2010 17:04



Cette AME (Aide Médicale d'Etat) est un véritable scandale à tous les points de vue.


Non seulement elle permet de soigner gratuitement tous les clandestins qui, s'ils n'étaient pas malades, auraient vocation d'être immédiatement expulsés, mais elle encourage des dizaines de
milliers d'étrangers à venir se faire soigner en France. C'est un véritable appel d'air nocif. Car bien entendu, parmi tous ces malades ou prétendus tels qui arrivent en masse , il y en a qui
véhiculent des maladies "exotiques" quasiment inconnues en France ou des maladies qui avaient été éradiquées et qui reviennent !


Cette année, le budget de l'AME va atteindre le milliard d'euros, entièrement payé par les cotisants français et les contribuables français. C'est-à-dire ceux à qui on chipote un remboursement
d'ambulance par-ci ou un dépassement d'honoraire par-là. Mais pour les immigrés clandestins, aucune limite ! Sans oublier - comme signalé dans le commentaire ci-dessus - les fraudes inhérentes au
système que personne ne dénonce et qui ne sont jamais sanctionnées.


Madame Roselyne Bachelot ne se rend pas compte du ridicule à demander 15 euros "aux damnés de la terre". D'abord, parce qu'on ne refusera abolument rien à ceux qui refuseront de payer. Ensuite
parce que cette prétendue mesure est une goutte d'eau dans l'océan des pertes occasionnées par cette AME. Elle sera seulement l'occasion d'embaucher des fonctionnaires pour gérer cette
comptabilité nouvelle qui coûtera plus cher que ce qu'elle rapportera.


Cette AME devrait être purement et simplement supprimée. La France n'a pas vocation de soigner toute la misère humaine, c'est Michel Rocard qui le disait naguère. 



Gérard Brazon 30/10/2010 21:04



Il y a aussi la CMU qui est une catstrophe budgetaire.



mfh 28/10/2010 11:55



MY GOD....sida, drogue...ces traitements ne sont pas bon marche...en plus ils ont "le droit" de se reproduire...sans compter ceux qui viennent avec la carte vitale du cousin et pour qui il serait
tres imprudent de se fier a la carte de groupe sanguin...donc a refaire etc etc...et pdt ce temps le cousin  en question qui n est pas de le lit d hopital est en arret maladie..quand par
miracle il travaille!!!!.bingo..du vecu par un"mechant" patron de PME,qui etant sur place dans un hopital ,en ile de france , s est "lance" a aller faire une petite visite de "courtoisie" a un de
ses employe...oblige de constater que ce n etait pas le "bon" dans le lit!!!!et hier a la pharmacie j en ai eu pour 28€ car les preparations faites par les pharmaciens ne sont plus remboursees
depuis 2ans (dixit).....je ne suis  pas comme au temps de Zola(loin s en faut)et bien qu ayant un salaire largement au dessus de la moyenne, mais ayant opte pour des choix/a futur
incertain  et a l avenir de ma fille, j assume en ce moment ,ordonnance en poche ,de differer le changement de mes lunettes quelques peu "sophistiquees" suite a un accident de voiture...no
comment...mf



henri 28/10/2010 08:33


et un copié/collé à propos : Cette pétition sera adressée à Mme Roselyne Bachelot, ministre de la Santé. Madame le Ministre, Le projet de loi de finances pour 2011 a été présenté au Parlement par
votre gouvernement récemment. Dans le contexte actuel de crise économique, on aurait pu s’attendre à ce que chaque poste budgétaire soit réduit de façon égale. À plus forte raison, on aurait pu
penser quel’Aide médicale d’État (AME), financée par le contribuable français pour des immigrés clandestins, serait réduite. Or, son budget, de 546 millions d’euros en 2009, a été augmenté de 10 %
pour 2011. Non seulement ces personnes sont présentes illégalement sur le territoire français, mais elles ne cotisent pas pour les soins qu’elles reçoivent. Il semble qu’au moment où l’on demande
aux Français de se serrer la ceinture, il convient a fortiori de le demander à des personnes qui, si l’on appliquait les lois en vigueur, seraient expulsées du territoire national. Vous avez
proposé une contribution forfaitaire de 15 euros par bénéficiaire de l’AME. C’était évidemment trop peu, mais cela impliquait au moins une responsabilisation des bénéficiaires de l’AME : leur
panier de soins moyen est de 2500 euros par an, contre 1500 euros pour les autres assurés, qui, eux, cotisent ! L’AME représente 30 % du budget de votre ministère. Je vous demande donc, Madame le
Ministre, de vous appuyer sur votre légitimité pour demander aux parlementaires d’introduire dans la loi une disposition imposant une contribution à chaque bénéficiaire de l’AME pour qu’il
participe enfin au financement de ses soins. Je vous prie d’agréer, Madame le Ministre, l’expression de ma plus haute considération. Soyez nombreux à signer cette pétition en cliquant ici, et à la
faire circuler largement autour de vous ! Transférez ce courriel à votre carnet d'adresses, merci !
http://le-cri-du-contribuable.pro-petition.fr/non-a-la-gratuite-des-soins-pour-les-immigres-clandestins